08 mai 2012

Le Parti fédéraliste européen souhaite une dynamique

Je reproduis ici le communiqué officiel du Parti Fédéraliste Européen (PFE). Ce mouvement démocrate européen a déploré l'absence de vision de l'Europe durant la campagne présidentielle en France. Le PFE redoute aujourd'hui les positions nationales du chef de l'Etat élu ce dimanche 6 mai 2012.

Le second tour de l'élection présidentielle vient de s'achever par la victoire de François Hollande sur Nicolas Sarkozy.

Le Parti Fédéraliste Européen tient à dénoncer l’europhobie du vainqueur de l’élection présidentielle, à peine moins prononcée que celle du vaincu.

Comme annoncé, c'est un partisan de l'Europe du statu quo et de la division des peuples qui a été élu. Tout dans son programme porte à croire qu'il prolongera la politique de fonctionnement intergouvernemental plébiscitée par son prédécesseur.

La méthode des Traités que François Hollande propose de réactiver pour relancer la croissance au sein de l’UE, n’aura pas plus de succès que les engagements précédents : pacte de stabilité et de croissance, stratégie de Lisbonne, Traité Merkel-Sarkozy.

Cette méthode a largement montré son inefficacité pour résoudre les crises financières et vaincre le chômage. Elle ne fonctionnera pas mieux sous François Hollande.

C'est pourquoi nous appelons les militants fédéralistes des partis de gauche à se mobiliser pour pousser leur leader socialiste à plaider pour des institutions européennes fédérales et démocratiques à l’opposé de celles, bureaucratiques et engourdies, qui au final portent préjudice aux Européens.

François Hollande est le président d'une France faible, isolée, endettée qui n'endiguera la spirale de son déclin, que s'il engage notre pays sur la voie d’une Europe unie et ambitieuse.

03 mai 2012

L'Europe ignorée par "Bouvard et Pécuchet", candidats du 6 mai

L'Europe restera la grande oubliée de la campagne présidentielle française. C'est confirmé et c'est bien triste.

Dimanche 6 mai 2012, l'électeur choisira donc en méconnaissance de cause.

Versé à gauche ou à droite, n'importe quel citoyen européen - tout Français est aussi Européen de plein droit depuis 1993 - sait l'importance d'une vision de l'avenir commun pour l'économie de son pays comme pour le poids stratégique de l'Europe face aux économies du monde.

Les économistes, de toutes tendances, expriment l'intérêt d'une Union mieux coordonnée pour stabiliser le Continent et générer des emplois. Même les experts partisans d'une sortie de l'euro (rares, ils existent) savent le chaos que leur projet pourrait provoquer, tout en rêvant d'un regain pour l'Union (voir l'article de Marianne).

Face à la mondialisation, il faut peut-être une autre Europe, mais il faut surtout plus d'Europe. Une Europe solide garantit la protection des citoyens en même temps que les libertés de circulation.

Prétendre simplement "changer" - les deux prétendants français emploient le même terme - ne suffit pas à nous convaincre d'un cap utile à suivre. Nicolas Sarkozy et François Hollande sont d'autant moins convaincants qu'ils font trop de place, tous les deux, au couple franco-allemand et à la discussion inter-gouvernementale.

Le débat Hollande-Sarkozy, ce mercredi 2 mai, n'a pas permis de comprendre le projet européen de chaque candidat. Le face-à-face a exposé simplement certains désaccords, notamment sur l'Europe, comme le note Le Point.

Le ton agressif et la teneur nationaliste des argumentaires ont surtout révélé le vide sidéral des deux candidats en matière d'Europe. Les rédactions des principaux médias d'information chez nos voisins européens - souvent moins révérencieux qu'en France - soulignent majoritairement cette lacune...

Pourtant, 52% de Français sondés estiment que l'Europe est la clé de l'avenir économique et social pour leur pays. C'est ce que montre le baromètre européen de la Fondation Robert Schuman.

L'Europe de Nicolas Sarkozy, c'est la révision des frontières. Le candidat de l'UMP agite ainsi le fantasme de l'immigration. Electoralisme dangereux. Le chef de l'Etat sortant méprise les acquis des accords de Schengen et leur capacité à être renforcés dans le cadre de l'Union. Il néglige les politiques européennes de coopération et de voisinage permettant de réguler les flux d'immigrés. Il oublie aussi la qualité des coopérations judiciaires européennes.

François Hollande, quant à lui, critique le sortant pour n'avoir pas convaincu l'Allemagne de favoriser la relancer de la croissance. Le chef de file de la gauche en conclut qu'il faut "renégocier le traité". Comment le leader socialiste peut-il prétendre "changer" ainsi l'Europe ? Le candidat oublie les Etats de l'Union qui ont déjà ratifié le traité. Il nous fait croire que la France peut renverser seule toute l'Union. Enfin, il remise honteusement la méthode communautaire européene, et la démocratie qui l'accompagne. L'erreur vient d'être rappelée par son "ami" socialiste Jacques Delors...

Au second tour de cette présidentielle, c'est un peu comme si nous avions le choix entre Bouvard et Pécuchet, ces personnages de Flaubert convaincus de leur propre vanité et relativement ignorants à propos des matières de leur glose.

Bref, le 6 mai, pas vraiment de quoi espérer en tant que Français pour les Européens...

Lire aussi : pourquoi Bayrou vote Hollande : http://www.bayrou.fr