08.06.2008

MoDem : rassurer les Français sur l'Europe

François Bayrou a donné, ce week-end, le ton de la préparation de la campagne des candidats MoDem pour les élections au parlement européen, en 2009. A l'occasion d'un Conseil national, consacré aux questions européennes, le président du Mouvement Démocrate a annoncé des listes autonomes dans toutes les régions.

La magistrate Eva Joly, ancienne juge d'instruction de l'affaire Elf était l'invitée exceptionnelle de ce Conseil national organisé à Paris. La Franco-Norvégienne pourrait être l'une des figures de la campagne européenne du MoDem. Aujourd'hui conseillère spéciale du gouvernement norvégien sur la corruption, Eva Joly est aussi une opposante farouche de la politique et de la méthode Sarkozy. Eva Joly considère François Bayrou comme "un vrai européen" et affirme que "l'avenir passe par l'Europe". François Bayrou a expliqué que la campagne européenne du MoDem aura pour ambition de répondre aux "angoisses des Français" sur l'avenir de l'Union.

Le président Bayrou a par ailleurs décidé que les élections dans les fédérations départementales du MoDem, ainsi que celles des 3.000 membres composant la "conférence nationale" du parti, auraient lieu le 27 septembre. C'est-à-dire quelques jours après l'université d'été, prévue du 12 au 14 septemebre, au Cap Estérel (Var).

Laurent Watrin

20:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe, MoDEM, Bayrou, Eva Joly, Sarkozy, PS

22.05.2008

Le revenu d'existence comme complément du RSA

En plein débat sur le pouvoir d’achat et sur la généralisation du RSA (revenu de solidarité active), une autre piste solidaire pour l’insertion sociale et contre la pauvreté est à l’étude en ce moment en France.

Un groupe de travail mandaté par le premier ministre, François Fillon, étudie depuis quelques mois la faisabilité d’un revenu d’existence (appelé aussi dividende universel ou revenu de base). Cette mission de réflexion prend appui sur les propositions très argumentées de l’Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence (AIRE) qui, depuis 20 ans, fait la promotion de cette idée « révolutionnaire ».

Un principe simple et humaniste

Le revenu d’existence est un revenu versé sans condition, à chaque citoyen du seul fait de son existence, c’est à dire sans justification de ressource ou d’emploi préalables. Par là même, il concrétise l’appartenance de chacun à la communauté et contribue, ainsi, à la prise en compte et au respect de la personne humaine. Ce revenu, cumulable avec toute autre source de revenus, est faible au départ (de l’ordre de 300 € mensuels d’après la proposition de l’Aire) mais il est appelé à croître avec l’enrichissement de la nation. Le RE doit permettre d’éradiquer l’extrême pauvreté. En outre, il offre à chacun, en toutes circonstances, un filet de sécurité face aux aléas de la vie. On sort de la logique « travailler plus pour gagner plus », pour entrer dans une philosophie de la dignité de la personne reconnue en tant que telle, indépendamment de son statut familial et de son activité.

Puisque chaque individu, quels soient ses revenus, appartient à la même communauté humaine, le pauvre comme le riche reçoivent le même revenu d’existence, une meilleure redistribution des richesses s’effectuant ensuite par la voie de l’impôt au nom de la solidarité.

Une réforme de société

La simplicité du revenu d’existence -inconditionnalité et égalité pour tous - déroute souvent le plus grand nombre : « vision utopique » pour les uns, « impossible réforme » pour les autres. Les ultra-libéraux y voient une incitation à l’oisiveté, la gauche radicale l'interprète fréquemment comme la fin des acquis sociaux. Pourtant, le revenu d’existence répond à 5 objectifs admis par toutes les sensibilités politiques:
- meilleure justice sociale car reconnaissance de la personne, fin des passe-droits et suppression des effets de seuils
- simplicité de gestion : il suffit d’être enregistré sur un dossier national, puis complète automaticité des versements
- lisibilité pour le citoyen car totale transparence
- encouragement au travail puisque cumulable avec les autres revenus et fin de l’assistanat car tout le monde le touche
- meilleure contrôle de la dépense publique puisque suppression du maquis des multiples aides à la personne auxquelles le revenu d’existence se substitue pour l’immense majorité.

Ainsi, pourraient être supprimées :
• La Prime de Noël.
• La Prime pour l'Emploi
• L'ASS et l'AI traités de la même façon que le RMI.
• L'AER, l'API et l'APA
• Les allocations familiales, l'allocation de jeune enfant, le complément familial, l'allocation d'adoption, l'allocation de présence parentale et l'allocation de rentrée scolaire
• L'allocation parentale d'éducation est réduite à une compensation pour la perte de revenu d'activité d'un parent qui fait choix d'élever son enfant.
• Les bourses d'études pour critères sociaux
Seules seraient maintenues des bourses de mérite ou des bourses de compensation de handicaps et toutes les aides pour handicaps physiques ou maladies.

Précision importante : l'assurance-chômage est conservée.

Un débat qui gagne du terrain

Instaurer un revenu d’existence est non seulement possible mais cela existe déjà. En Alaska, depuis 1998, chaque citoyen perçoit une rente d’existence versée annuellement, tirée de la manne pétrolière. Ailleurs, en Europe et dans le monde, le débat est lancé. Au Brésil, le principe du revenu d’existence a été adopté en 2004. La ville de Sao Polo l’expérimente. En Belgique, la proposition est étudiée. En Irlande, une taxe sur les capitaux finance les retraites de base, dans un esprit proche du RE. En Espagne, la Catalogne vient de lancer le débat. En Finlande, il y a quelques années ,le ministre des Affaires Sociales en était un chaud partisan. Le débat reste ouvert. Au niveau mondial, le revenu d’existence est soutenu par un réseau d’universitaires regroupés au sein du BIEN (Basic Income Earth Network)

Financement

Plusieurs modalités sont envisageables. On ne les exposera pas ici. Pour sa part, l’Aire propose une approche innovante et originale pour le financement des 5 premières années de lancement. Le capital nécessaire sur cette période serait apporté par le réseau bancaire (1), par le biais d’une rente perpétuelle (donc jamais remboursée), la charge des intérêts de la rente à taux modique étant financée par l’Etat (2).

Au delà de la 5éme année, la relève serait assurée par l’impôt, mais dans le cadre d’une vaste réforme fiscale à préparer durant la phase de démarrage (3).

Mise en œuvre

Pour l’Etat comme pour le citoyen, la mise en œuvre du RE passe par la fin d’une barrière psychologique : admettre la perception d’un revenu sans contrepartie en travail, alors que l’on oublie que par le biais des transferts sociaux près de 40% du PIB sont déjà ainsi répartis !

II s’agit aussi de bien mettre en évidence que ce revenu ne peut être une « désincitation » au travail puisque, modique au départ, il ne peut apporter l’opulence, alors qu’il se cumule avec les revenus tirés du travail ou des rentes financières de chacun.

Un idée d’actualité

A terme, le RE remplacerait le RMI. Dores et déjà, il pourrait venir en complément du revenu de solidarité active (RSA). Les deux systèmes ne s’opposent pas. Avec le RSA, on vise l’insertion de l’individu par le travail. Avec le RE, au nom de la dignité de la personne, on commence par lui verser un revenu qu’elle a tout intérêt à compléter par son travail et son insertion dans la vie active. Donc RE et RSA se complètent harmonieusement.

Le RE facteur d’intégration sociale

Le RE n’a pas la prétention d’être une solution miracle à toutes les formes d’exclusion ou de dérives sociales, mais il se révèle un puissant levier contre la pauvreté. Financé au départ avec le concours des banques, selon la proposition de l’Aire, il donne un regain de pouvoir d’achat sans émarger au Budget de l’Etat, en cette période d’austérité et de contraintes budgétaires. Ce regain de pouvoir d’achat impulsé par le RE est à même de doper l’activité économique et de générer du travail. Il ne supprime pas les orientations politiques plus ou moins libérales ou sociales, mais il est - ce qui est essentiel - un socle de solidarité universelle.

Conclusion provisoire

Si l’on considère que l’Etat a encore un rôle à jouer dans une économie mondialisée, les citoyens méritent de participer à un débat constructif sur le revenu d’existence car l’Etat pourrait ainsi assurer sa mission principale : créer les conditions favorables pour la libre réalisation de chacun au sein d’une économie libérée, d’un système bureaucratique lourd, où la personne est trop souvent paralysée pour vivre et créer. Et puis, le RE pourrait même être au fondement d’un modèle social européen. Espérons que le rapport commandé par le premier ministre sur le sujet permette d’ouvrir ce débat.

Laurent Watrin, avec l'aimable éclairage de Jacques Berthillier, secrétaire général de l'Aire, venu exposer le RE à Jarville, mardi 13 mai 2008, à l'invitation du MoDem 54.

(1)Proposition admise par l’union des banques
(2)Pour une plus ample information consulter le site : www.revenudexistence.org
(3) Réforme reprise ultérieurement sur le site : www.allocationuniverselle.com

21:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Revenu d'existence, pouvoir d'achat, RSA, Hirsch, Fillon, gouvernement, précarité

18.05.2008

De la vraie place du centre

Le Nouveau Centre a tenu ce week-end son congrès fondateur à Nîmes. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a été élu à la tête du parti, avec 87% des voix. Le chef des troupes "néo-centristes" a rappelé que les premiers ralliés du NC, issus de l’UDF, avaient quitté François Bayrou quand celui-ci avait annoncé qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy, au second tour de la présidentielle. Aujourd’hui, le traître du PS Eric Besson pourrait rejoindre le Nouveau Centre.

Avec ses 7 mille adhérents revendiqués et ses 22 députés alliés de l’UMP, le NC revendique « l’héritage de l’ancienne UDF » et un positionnement de « centre solide arrimé à droite » selon les termes de François Sauvadet, président du groupe NC à l’assemblée nationale.

Quelle est la philosophie de cet étrange parti ? « Mieux vaut essayer de faire bouger les choses de l’intérieur » dit Maurice Leroy, lui aussi ancien compagnon de route de Bayrou. Mais qu’a changé réellement le Nouveau Centre annexé par Sarkozy ? Le chef de l'Etat n'a d'ailleurs pas l'intention de voir prospérer ce mouvement... Et demain, si le MoDem ou le PS prennent le pouvoir, le NC voudra-t-il toujours faire bouger la politique de l'intérieur ou continuera-t-il à affirmer son "arrimage" à droite ?

De ce congrès pseudo-centriste, on peut tirer une double conclusion : le Nouveau Centre, ce n’est pas franchement nouveau et cela n'a rien à voir avec le centre.

Laurent Watrin

19:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Centre, Bayrou, Sarkozy, politique, nouveau

10.05.2008

9 mai férié : "non" de Rossinot, "pourquoi pas" de Fillon

A l'occasion de la Fête de l'Europe, vendredi, les Jeunes Européens de Lorraine ont interpellé le maire de Nancy, André Rossinot, pour savoir ce qu'il pensait de l'idée d'un jour férié qui serait célébré le 9 mai, pour la journée de l'Europe.

Le président de la Communauté urbaine du Grand Nancy a estimé que la mise en oeuvre de ce nouveau jour férié était "compliquée". Julien Carpe, le président des JE Lorraine, a précisé la proposition déjà formulée, l'an dernier, par l'association des JE à Nancy : pourquoi ne pas remplacer les commémorations et le jour férié du 8 mai par une célébration à vocation européenne le 9 mai ? La démarche aurait le mérite de donner un sens nouveau aux commémorations de l'après-guerre.

Cette petite révolution symbolique pour la France, qui pourrait fédérer l'ensemble des Etats de l'Union européenne, est appuyée par le premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, ainsi que par l'ancien premier ministre français Michel Rocard. Mais pour André Rossinot, ce n'est pas si simple. L'élu lorrain est même carrément hostile à cette démarche. "S'il y a l'Europe aujourd'hui, c'est parce qu'il y a eu la fin de la guerre. Il faut à tout prix éviter la confusion", selon André Rossinot.

Le maire de Nancy, qui fut naguère lui aussi un jeune militant du Mouvement Européen, a rappelé qu'à l'époque, il demandait l'élection du parlement européen au suffrage universel. Les idées qui font avancer l'Europe sont peut-être une affaire de génération.

Ce vendredi 9 mai, également, le premier ministre François Fillon, interrogé à ce sujet par une journaliste française, lors de sa visite à Nicosie (Chypre), a affirmé que l'idée d'un jour férié le 9 mai serait discutée au parlement bientôt. Espérons que la question d'un déplacement du 8 au 9 fasse également partie du débat. En attendant, les jeunes du Mouvement Européen d'aujourd'hui devraient continuer d'interpeller les élus de tout bord.

Laurent Watrin

17:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Europe, fête, férié, 9 mai, 8 mai, paix, guerre

26.04.2008

Deux Etats de plus favorables au Traité de Lisbonne

Le Portugal et le Danemark viennent d’adopter le projet de nouveau traité européen. Le parlement portugais a approuvé, mercredi, le texte par 208 voix contre 21. Les verts, les communistes et l’extrême-gauche ont voté « non ». Le chef de l’Etat, Anibal Cavaco Silva, doit promulguer le traité dans les jours à venir. Jeudi, les parlementaires de l’Allemagne et du Danemark ont aussi adopté le Traité. Le Bundestag (équivalent de l’assemblée nationale française) a voté le texte par 515 voix contre 58 et une abstention. L’opposition est venue de l’extrême-gauche. Le Bundesrat (représentant les Etats-régions allemands) se prononcera le 23 mai. Le résultat devrait être positif.

Au Danemark, le parlement (Folketing) a approuvé le traité de Lisbonne par 90 voix contre 25. L’extrême-gauche et l’extrême-droite ont voté « non ». C’était la première fois que le Danemark n’avait pas recours à un référendum pour ratifier un traité européen. Le peuple danois avait rejeté le traité de Maastricht (1992) et l’euro (2000). Une fois que le Portugal, l’Allemagne et le Danemark auront officialisé leur ratification, il y aura 12 Etats membres signataires du nouveau Traité européen. La Hongrie, la Slovénie, Malte, la Roumanie, la France, la Bulgarie, la Pologne, l'Autriche et la Slovaquie avaient adopté le texte précédemment. Le débat sera plus vif en Irlande, qui a choisi de soumettre le texte à référendum (voir ci-dessous).

Laurent Watrin

20:14 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Europe, Traité, Allemagne, Danemark, Portugal, Irlande, démocratie

23.04.2008

Menace contre le traité de Lisbonne ?

Les Irlandais doivent voter le 12 juin sur le projet d’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, qui organise le fonctionnement de l’Union Européenne à 27. Le climat de contestation d'une partie de la population irlandaise pourrait peser dans le résultat de ce vote. L’Irlande est le seul Etat membre à avoir choisi la consultation du peuple pour valider le nouveau Traité.

En visite à Dublin, jeudi 17 avril, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a été accueilli par une manifestation d’agriculteurs : 10 000 protestataires contre les propositions européennes de négociation dans le cadre de l’OMC. Comme bon nombre de leurs collègues professionnels en Europe, les agriculteurs irlandais estiment que les termes de l’échange international menacent l’élevage de bovin et la production laitière.

Ce lobbying pèsera-t-il dans le référendum irlandais ?

Selon un récent sondage d’opinion , 60% des électeurs hésitent encore. 28% des Irlandais seraient favorables au Traité, 12% voteraient « non ». En cas de rejet du texte par l’Irlande, le Traité de Lisbonne serait enterré. Et cette fois, « il n’y a pas de plan B », selon M. Barroso.

Laurent Watrin
Tél. 00 - 33 - 06 87 85 64 04

19:35 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Traité de Lisbonne, Europe, OMC, agriculture, Irlande, Barroso, UE

09.04.2008

Nos valeurs sont-elles à vendre ?

L'organisation des JO par la Chine dans un contexte de violences nous renvoie une question fondamentale : sommes-nous capables d'assumer nos valeurs collectives ? Lors du dernier café citoyen, à Metz, nous avons eu l'occasion justement de débattre de ce sujet, en tentant de répondre à une autre question : "les Droits de l'Homme sont-ils à vendre ?". Je me souviens qu'une participante prétendait qu'on ne pouvait pas imposer nos valeurs à d'autres et que les cultures institutionnelles se valaient toutes (je résume grossièrement sa pensée, et si vous passez par ici, Madame, veuillez me pardonner ou même rectifier mon propos). Je crois que si l'on ne doit effectivement rien imposer (principe cher à la pensée fédéraliste), les cultures ne se valent pas. Ni sur le plan des Institutions, ni sur celui de la morale et des pratiques sociales.

Il se trouve que certains défenseurs des JO chinois ferment les yeux sur le Tibet, en prétextant que ce petit pays n'a rien à dire et qu'il n'est pas un "modèle". Que le Tibet soit régi partiellement par un archaïsme religieux n'est pas faux mais ce n'est pas notre affaire. Mais avez-vous déjà vu un Tibétain imposer sa loi et affirmer qu'il avait raison contre le monde entier ? Pour avoir rencontré quelques moines tibétains et croisé des représentants du peuple tibétain en exil dans le Nord de l'Inde, je peux vous dire que nos valeurs européennes de démocratie et des Droits de l'Homme sont largement compatibles avec les leurs. Le Tibet célèbre même un "Democracy Day", au mois de septembre. Je précise que je ne suis pas bouddhiste et que la religion généralement m'ennuie. Libre à chacun de la vivre à sa façon. Fin de la parenthèse.

Liberté d'expression et valeurs démocratiques

Lorsque nos policiers français cassent la gueule à un photographe de la presse (libre ?) et déchirent les drapeaux de manifestants pacifiques qui n'ont rien de menaçant ou d'excité, les citoyens de ce pays sont en droit de s'interroger sur la portée de leur propre "modèle" et sur la valeur de "leurs" Droits de l'Homme, tels qu'on les pratique en France. Lorsque Robert Ménard, président de l'association Reporters sans frontières, attire l'attention en Grèce, il se fait emmener au poste de police et risque un procès. Depuis quand, en démocratie, enferme-t-on les gens pour leur liberté d'expression pacifique ? Depuis quand, en démocratie, chez nous, en France, les policiers ont-ils des pratiques qui rappellent certaines milices de dictature ? La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, dément qu'il y ait eu des consignes. Certaines de mes informations tendraient à prouver le contraire. Mais il est difficile de savoir qui a donné les ordres.

Les Jeux ont un objectif commercial


Au moment où la flamme olympique traverse la capitale, l'unité de lieu et de temps compose le drame que nous vivons et qui doit nous faire réflechir. Soyons clairs : le CIO (comité international olympique) est un organe mondialisé qui fait du commerce, tout en promouvant les valeurs du sport olympique (que l'on retrouve à peu près dans celles des démocraties occidentales). Le commerce, c'est l'objectif caché mais prioritaire. Le CIO est une sorte de VRP, vendu lui-même aux sponsors des Jeux. Sans sponsors, pas de Jeux. Cette fois, les fabricants et les lobbies (pour moi ce n'est pas un gros mot) ont décidé de se vendre à la Chine. Pourquoi pas ? C'est dans l'air du temps. C'est l'économie globalisée. Je ne porte pas de jugement de valeur en l'occurence. En revanche, sachant que l'unité de lieu et de temps des compétitions sportives en Chine permet de signer des gros contrats, il ne faudrait pas oublier la seconde partie - officielle et publique - de la mission du CIO : les valeurs. C'est là que les citoyens - amateurs de sport ou pas - doivent se réveiller. A mon humble avis.

Où va-t-on ?


En conséquence, dans cette unité - imposée par notre système - de lieu et de temps, que nous devons donc assumer, on peut considérer que "le partenaire" (en l'occurence la Chine) a sa chance sur le plan de certaines valeurs politiques. Les unités de lieu et de temps sont - principe théâtral - les révélateurs des scènes clés. A ce stade de la "pièce" - drame collectif - le régime chinois se campe dans la posture de l'acteur qui non seulement ne joue pas la pièce, mais en plus méprise le public et, par-dessus le marché (c'est le cas de le dire), le vole et le viole.

A titre personnel, ce qui me choque le plus, c'est l'attitude de nos propres institutions, soumises aux ordres de Pékin en plein Paris. Les services de sécurité chinois ont dirigé une partie des opérations. Rien que pour ça, je suis Tibétain.

Aux dernières nouvelles, même George W. Bush, qui impose la démocratie quand ça l'arrange, vient d'affirmer qu'il envisageait de ne pas assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux. Décidément, nos valeurs foutent le camp.

Laurent Watrin
tél. 06 87 85 64 04

14:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Jeux, CIO, Chine, Tibet, JO, démocratie, valeurs

22.02.2008

Kosovo - Serbie : carrefour brûlant de l'Europe

Des manifestants serbes ont incendié, jeudi soir (21 février), l'ambassade des Etats-Unis à Belgrade. Un corps carbonisé a été découvert dans le bâtiment. Les forces de l'ordre ont dû contenir des violences dans plusieurs quartiers de la capitale serbe, toute la soirée, après un rassemblement contre l'indépendance du Kosovo, auquel 150 000 personnes ont participé. Bilan : 90 blessés à Belgrade, dont une trentaine de policiers.

Les Etats-Unis ont officiellement protesté et demandé aux autorités serbes de renforcer la sécurité de leur ambassade. D'autres ambassades occidentales, dont les pays ont reconnu l'indépendance du Kosovo, ont également été visées. La diplomatie américaine a été la première à reconnaître le nouvel Etat kosovar. Les dirigeants serbes ont reproché aux Etats-Unis de jouer le premier rôle dans l'indépendance du Kosovo.

L'Europe dans une position délicate

La Serbie et le Kosovo ne font pas partie de l'Union mais ces deux pays mettent l'Europe à l'épreuve, et contribuent à interroger la stabilité du Continent et la formation de sa politique commune. Ce vendredi 22 février, le représentant de la diplomatie de l'Union, Javier Solana, a indiqué que les négociations sur un accord d'association entre la Serbie et l'Europe ne reprendraient pas dans un climat de violence. C'est la parole minimale que l'on pouvait attendre de la part de l'Union.

Dans ce dossier, la politique commune européenne s'est mise dans une posture délicate depuis la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo. L'UE a choisi de ménager ses divergences internes en n'organisant ni majorité, ni position collégiale. L'Union européenne en tant que telle n'a donc pas reconnu l'indépendance du Kosovo. Elle a préféré laisser à chaque Etat membre le soin de se prononcer unilatéralement. Fallait-il procéder ainsi, au risque d'entretenir le flou et les tensions locales entre Serbes et Kosovars ? Les Européens ont-ils tellement peur de réveiller les démons de l'Histoire qu'ils préfèrent la tiédeur des non-décisions ? On sait aussi que plusieurs pays de l'UE qui connaissent des problèmes avec leurs propres minorités indépendantistes (l'Espagne et la Grèce notamment) ne veulent pas entendre parler de reconnaissance d'un nouvel Etat sur le Continent. Celle-ci pourrait en effet créer un précédent.

Une porte ouverte aux tourbillons fous

Les valeurs de l'Europe, et son Histoire, plaident pourtant en faveur d'une attitude commune claire et ferme dans ce type de crise. Peut-être fallait-il reconnaître le Kosovo en bloc, ou au contraire condamner cette déclaration unilatérale d'indépendance ? Peut-être fallait-il affirmer que la négociation avec l'UE devrait passer par le préalable de la reconnaissance mutuelle des Etats serbe et kosovar ? En ne donnant aucun signal pour forger une réelle politique commune, respectueuse des identités des peuples et des cultures, l'Europe fait-elle le jeu du pire ? Au lieu de répondre à ces questions, l'absence d'Europe laisse la porte ouverte aux tourbillons les plus fous. La classe politique européenne, dans son ensemble gestionnaire plutôt que visionnaire, est la grande coupable de ce flou persistant. Le Traité de Lisbonne, qui n'est pas encore entré en vigueur, ne garantit pas de sortir de ce marasme.

Une fois encore, on a le sentiment que les passions nationalistes prennent le pas sur l'ambition de fédérer une Europe qui en a pourtant besoin. Et une fois de plus, les Balkans sont le centre du drame européen.

Laurent Watrin

11:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe, Kosovo, Serbie, Union, nationalisme, fédéralisme, diplomatie

04.02.2008

Rions un peu... avec la France

Je suis de retour d'Afrique, où ma réflexion politique a pris un peu de hauteur, jusqu'au sommet du Kilimanjaro (5 895 m). Je reviens en forme, merci. Mais rassurez-vous, je ne vais pas vous conter mes vacances, à la manière de Carla et Nicolas dans l'excellent magazine "pipeul" illustré Paris-Match.

Non, ce petit édito est juste là pour souligner que la France, ce grand pays où les hommes d'action sont appréciés de l'intérieur, est en fait un petit pays, assez ridicule vu de l'extérieur, ou du moins passablement oublié. En passant successivement par Amsterdam, Nairobi (Kenya) et Arusha (Tanzanie), dans le sens aller-retour, en l'espace d'une semaine, j'ai pu constater que les colonnes des grands journaux étrangers, ces derniers jours écoulés, n'ont évoqué la France (quand la France est évoquée, soit rarement) que pour exposer les frasques de notre président. L'action politique ou diplomatique de Sarkozy ou de son gouvernement ? A la trappe !

Ainsi, vendredi dernier, le quotidien national tanzanien The Guardian, journal libre de référence dans ce pays pluraliste, inscrivait à la une l'attaque de Sarkozy contre la compagnie irlandaise Ryan Air au sujet d'une photo du couple présidentiel utilisée pour une pub. L'article du Guardian tenait sur un quart de page, à la rubrique... Sports et Loisirs. Autre exemple : ce récent dimanche, le grand quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung s'amusait (normal, c'était dimanche) à sa Une avec le mariage de notre cher chef de l'Etat. Le titre : "Der Kleiner Nick hat geheiratet". Traduction : "le petit Nico s'est marié".

Voilà comment la presse étrangère remplit parfois des pages peu glorieuses, comme les journaux de chez nous. Mais au moins, elle n'est guère complaisante. En tout cas, une chose est sûre, en Afrique ou chez nos voisins européens, on ne trouve pas beaucoup de trace de l'activité politique de la France sur la scène internationale. Ce qui relativise un peu nos discours nationalement entendus... et relayés par "nos" médias.

A bientôt !

Laurent Watrin

18:25 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Action, Sarozy, journaux, politique, presse, Afrique, Amsterdam

23.01.2008

Défendre la Justice contre l’obsession sécuritaire

Une pétition vient d’être lancée en Lorraine par un collectif de personnels de Justice, éducateurs et psychiatres, pour dénoncer le projet de loi sur « la rétention de sûreté », voté par les députés dans la nuit du 9 au 10 janvier. Le texte prévoit la possibilité d’enfermer, après l’exécution d’une peine, et sans limitation de durée, des personnes considérées comme dangereuse. Cette décision d’enfermer, éventuellement à vie, des détenus sortant de prison serait prise par un collège d’experts, sans nouvelle infraction jugée, sans nouveau procès.

Ce nouveau texte sécuritaire du gouvernement vient confirmer une position pratiquement obsessionnelle du chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy pense que certains individus sont prédisposés à devenir des monstres (c'est la part d'inné qui gagne selon), et que la société doit tenir ces individus à l’écart à cause de ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils ont fait. On ne condamne plus l’acte mais la personne. L’être est jugé avant les faits. Ce projet de loi sur la « rétention de sûreté » soumet la Justice à un diktat insupportable et place l’individu social dans une situation de suspect permanent a priori. Qui peut dire aujourd’hui si sa propre fragilité ou les circonstances de sa vie ne seront pas demain une porte ouverte à sa détention définitive parce que des « experts » auront pu en décider de la sorte, à un moment précis, parce que notre loi aura permis de se débarrasser du problème ?

Des représentants professionnels ont donc décidé de mobiliser l’opinion sur les conséquences d’une vision de la Justice en rupture totale avec l’Histoire de notre démocratie, les Droits de l’Homme et les lois européennes. Les initiateurs de cette pétition rappellent que la Constitution de notre République, dans son article 66, affirme que « nul ne peut être arbitrairement détenu. L’autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle, assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi. »

Le président de la République avait eu l’occasion d’évoquer sa vision sécuritaire et, en quelque sorte, pessimiste de l’Homme, en avril 2007, dans un dialogue très instructif avec le philosophe Michel Onfray. Dialogue retranscrit par le mensuel Philosophie Magazine. C’était avant l’élection présidentielle. Mais pendant la campagne que l'on a vécue, nous n'avons guère eu le temps de réfléchir à ce côté obscur du personnage devenu premier homme de l’Etat. Dans cet entretien avec le philosophe Onfray, Sarkozy déclare qu’il se « méfie de cette attitude qui consiste à rechercher pour tout acte, aussi mauvais soit-il, des explications pour le justifier ». Un peu plus loin, il dit : « j’inclinerais à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie ». Et que doit-on comprendre lorsque Nicolas Sarkozy affirme qu’il croit en la transgression ? Sarkozy postule : « l’intérêt de la règle, de la limite, de la norme, c’est justement qu’elles permettent la transgression. Sans règles, pas de transgression ».

Les magistrats, avocats, personnels pénitentiaires, psychiatres et éducateurs qui ont choisi, en Lorraine, de barrer la route au projet de loi sur « la rétention de sûreté » soulignent que « en l’absence de toute définition scientifique et médicale de la notion de dangerosité, l’enfermement ne reposera que sur un pronostic, forcément arbitraire, sous la pression d’une opinion publique, bercée par le mythe du risque zéro ».

Car cette loi soumet en effet la Justice sociale et la civilisation à ce qu'on pourrait appeler la domination de la peur des transgressions. En ce sens, c'est un texte éminemment dangereux.

Pour signer la pétition : www.contrelaretentiondesurete.fr

21:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Justice, rétention, sûreté, prison, détenu, Sarkozy, peur

19.01.2008

La politique du virage permanent

(Chiffres ajoutés en fin d'article)

C'est une nouvelle volte-face du chef de l'Etat. A l’occasion d’un déplacement à Boulogne-sur-Mer, ce samedi 19 janvier, Nicolas Sarkozy a déclaré son intention de remettre à plat les quotas de pêche européens.

Rappelons quelques fondements et principes.

Les quotas de pêche sont de la compétence de l’Europe et la France fait (encore) partie de l’Union. Les dernières directives de la politique de la pêche ont été approuvées par la France, en même temps que ses partenaires de l’Union européenne, il y a un mois. C’était le 19 décembre. Cette politique européenne de la pêche s’appuie sur des expertises transparentes, et validées au niveau mondial, qui disent, en résumé, ceci : trop pêcher aujourd’hui, c’est mettre en danger l’économie de la pêche très vite et déstabiliser demain l’ensemble de l’écosystème marin connu et exploité par l’Homme. L’accord européen de décembre visait notamment les quotas de cabillaud. Les scientifiques jugent depuis des années que la surpêche du cabillaud est telle que cette espèce est menacée de disparition. La politique européenne de la pêche fait partie des préoccupations écologiques et économiques globales ; la France en est l'une des premières visées en raison d’un littoral qui borde les trois quarts de son territoire national. La politique de la pêche est démocratique, au sens où les représentants des Etats ont choisi une voie commune sur la base de données raisonnables et concertées. Voilà pour le rappel de quelques bases, dans le cadre des compétences et des Institutions de l’Union européenne.

Le contexte et les mots.

Que fait Sarkozy ? Il détruit ce qu’il a lui-même validé au niveau européen, au nom de la France, par la voix de son ministre Michel Barnier, en décembre dernier. Voici des extraits du discours que Nicolas Sarkozy a tenu, à Boulogne-sur-Mer, devant plusieurs centaines de marins pêcheurs : "la France va présider l’Union européenne, du 1er juillet au 31 décembre, c'est une opportunité pour sortir de l'affaire des quotas (…) Il faut un dialogue très approfondi et très fort avec la Commission européenne sur la question des quotas (…) d'ici à la fin du mois (…) Il faut apporter une réponse beaucoup plus souple aux problèmes de la pêche que celle des quotas et cela quelles que soient les espèces et les lieux de pêche. On ne peut plus avoir d'un côté les scientifiques, de l'autre les pêcheurs, ce n'est pas possible. La pêche est globale et les premiers à défendre la ressource sont les pêcheurs".

Petit décryptage des mots du président.

« Sortir de l’affaire des quotas ». L’expression balaie d’un revers de main toute la vision européenne et la construction d’une méthode, de façon unilatérale. En clair, Nicolas Sarkozy se moque de ce que la France - avec pourtant son mandat de chef d’Etat - a validé dans le cadre de l’Union. Sarkozy n’avait-il pas annoncé, pourtant, il y a quelques mois, qu’il voulait sauver l’Europe ? Ensuite, prétendre que les pêcheurs sont les « premiers à défendre la ressource » est totalement faux. Les entreprises du secteur maritime pêchent pour tirer un revenu suffisant apte à assurer leur avenir. Elles ne pêchent pas pour défendre la ressource hallieutique. Les entreprises de pêche, dans leur majorité aujourd’hui, ne sont plus celles du passé, familiales et coopératives. Pour être compétitifs et vendre du poisson tous les jours, y compris à des milliers de kilomètres de la mer (non-sens écologique), il faut être gros et puissant. Il faut pêcher beaucoup, avec peu de personnel. Qu’il y ait une impasse économique pour les petites sociétés de pêcherie est indéniable. Mais, même dans la difficulté, la politique européenne préserve celles qui existent aujourd'hui en instaurant des mécanismes d'aides à l’activité et à la reconversion. Et la vérité, c'est que moins il y a de quotas européens et plus ces petites entreprises risquent de souffrir.

Une anecdote révélatrice.

A Boulogne, ce samedi, le ministre français de la Pêche, Michel Barnier, était présent. Le mois dernier, il avait annoncé que l’accord européen sur la pêche serait appliqué avec une "totale intransigeance". Le ministre a dû ravaler sa salive en direct. Une fois de plus, Sarkozy vient de montrer qu’il aime casser en solo ce qui est élaboré en équipe, avec ses « collaborateurs ».

En conclusion

Les déclarations de Sarkozy sur la pêche, comme sur d’autres sujets, n’ont malheureusement rien d’étonnant. Il s’agit d’un nouvel exemple de la méthode et de la communication à la manière de Nicolas Sarkozy. Une communication du virage permanent et du mensonge pour flatter le dernier qui l'écoute ou le dernier qui lui parle, et surtout conforter une posture personnelle de l’instant. Souhaitons que les minorités silencieuses de ce pays, qui n’en peuvent plus de ce gouvernement du mensonge organisé, se lèvent et fassent grossir leurs rangs pour redresser la barre et changer de cap. Seule l’intelligence collective, fondée sur une réelle vision politique, peut donner espoir en l’avenir. Les credos virevoletants de Sarkozy ne répondent pas à cet espoir démocratique.

Quelques chiffres sur la politique commune de la pêche (PCP) :

- La France arrive au 4è rang des captures de poissons dans l'UE avec environ 600 mille tonnes. Premier pays pour la pêche : le Danemark, avec 1 million 500 mille tonnes. Viennent ensuite l'Espagne (1 million 80 mille) et le Royaume-Uni (741 mille tonnes).
- La pêche et l'aquaculture représente environ 60 mille emplois en France, en prenant en compte l'industrie de transformation et les filières de commercialisation (environ 25 mille salariés pour la seule capture de poissons). L'Italie et l'Espagne sont les Etats membres où le secteur pêche, au sens large, emploie le plus de monde (plus de 100 mille personnes).
- Plus de 8 mille bâteaux de pêche en France (4è rang européen, selon les chiffres de 2002). La flotte grecque est la plus importante avec près de 20 mille bâteaux (devant l'Espagne et l'Italie).
- Sur la période 2000/2006, la France a reçu plus de 7% des aides européennes dans le secteur pêche et aquaculture (pour un total de 552 mille €). L'Espagne a obtenu plus de 2 millions d'euros.

(source : office des publications européennes - )

Pour en savoir plus sur la politique de la pêche en Europe : ICI

Laurent Watrin

17:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe, pêche, marins, économique, écologie, écosystème

12.12.2007

La communication de Nicolas Sarkozy mériterait parfois qu'on la boucle

Le chef de l’Etat a dit une grosse bêtise, lors de sa visite en Lorraine, ce mardi 11 décembre. Ce n’est pas la première fois. Mais celle-là est de taille. Heureusement il y avait quelques journalistes - informés – dans la salle des fêtes de Vandoeuvre-lès-Nancy.

La communication du super-président Sarkozy enfile parfois des grosses perles. La dernière "production" du chef de l’Etat a failli tomber aux oubliettes. C’était à Vandoeuvre-lès-Nancy. Le président de la République s’est rendu dans la deuxième ville de Meurthe-et-Moselle pour détailler ses mesures nationales concernant le logement. En marge du thème du jour, Nicolas Sarkozy s’est laissé aller – tout seul - à contrer les critiques du moment sur les contrats industriels signés par la France à l’étranger...

Le chef de l’Etat a carrément glissé en martelant, avec la hargne qui le caractérise, sa volonté de maintenir des usines et des ouvriers en France : « j’en parle dans cette région lorraine qui a tant souffert et à qui on a expliqué que la sidérurgie, c’était fini, et on a l’air bien malin, maintenant, alors que le prix de l’acier n’a jamais été aussi élevé… et qu’il faudrait que, dans cette région, il y ait encore de la production d’acier ». Passons sur le style café du commerce - déjà connu - et disons le tout net : le propos de Sarkozy, en l’occurrence, ne vaut pas un clou ! Sur l'acier, son silence aurait été d'or.

Rassurons-donc le locataire de l’Elysée : la production d'acier en Lorraine existe toujours et elle a de l'avenir. On la trouve dynamique dans les usines du groupe Arcelor-Mittal, à Florange (Moselle) notamment. Dans une note de conjoncture de l'été dernier, l’INSEE Lorraine souligne que la production sidérurgique régionale - plusieurs millions de tonnes par an - a progressé de plus de 4% entre 2005 et 2006. Mieux encore, Arcelor-Mittal continue d'investir dans la recherche sur les aciers spéciaux (la Rollex du chef de l’Etat en contient peut-être).

En Lorraine, la sidérurgie pèse aujourd'hui 3.000 emplois directs et indirects. Cette réalité n'aurait pas dû échapper à un candidat élu sur sa priorité à l'emploi. Le pire, c'est que la bourde a failli passer inaperçue. Il faut dire que personne - ni les journalistes, ni les acteurs locaux - n'a eu la possibilité d'interpeller Nicolas Sarkozy, après son discours de Vandoeuvre-lès-Nancy. L'hyper-président n'avait pas le temps de s'attarder : son agenda de super-communicant le pressait de rentrer à Paris pour y retrouver un certain... Kadhafi.

Laurent Watrin

13:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Lorraine, acier, sidérurgie, Mittal

10.11.2007

Peut-on croire aux effets du Grenelle de l’environnement ?

(article revu et corrigé)

Nicolas Sarkozy a du mérite. Il réussit à placer autour d’une même table des gens d’une grande diversité. C’est sans doute le rôle du politique. Le Grenelle de l’environnement a été exemplaire en la matière. Patrons, syndicats, élus, associations, experts… se sont retrouvés autour de l’urgence écologue. Les groupes de travail de ce fameux Grenelle ont formulé des propositions et des pistes d’action pour tenter de répondre à la question prioritaire qui fait désormais l’unanimité écologique : comment réduire l’activité humaine qui pollue la vie et réchauffe la planète ?

Nicolas Sarkozy, avec l’aide précieuse de son super-ministre Jean-Louis Borloo, a réussi à satisfaire, ou du moins endormir, presque tout le monde. Nicolas Hulot soi-même - initiateur de cette belle idée pendant la pré-campagne électorale – a exprimé sa satisfaction après les conclusions rendues par les groupes de travail du Grenelle. La communication officielle a été relayée avec enthousiasme et vivacité par les grands médias (télévision en tête).

Pourtant, à y regarder d'un peu plus près, les pistes d’action issues du Grenelle de l'environnement sont à la fois maigres et floues. Passons donc en revue quelques points importants qui figuraient dans les dossiers de presse.

1. Les OGM.

Version entendue par le grand public : la culture commerciale des OGM est suspendue en attendant une future loi. Le discours de Sarkozy est en fait celui-ci : "dans le respect du principe de précaution, je souhaite que la culture commerciale des OGM pesticides soit suspendue. Ceci en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance créée avant la fin de l'année (...) je m'engage à ce que la France transpose au printemps 2008 la directive sur le sujet. (...) ». Premier commentaire : la directive en question, adoptée par le parlement européen en 2001 (!), a déjà été transposée chez la plupart de nos voisins. Deuxième commentaire : cette directive a d’abord une portée commerciale, inscrite dans les règles du marché communautaire. Cette loi européenne prévoit en effet une procédure d'autorisation de dissémination volontaire et de mise sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM) plus transparente. Elle a également pour but de limiter l’autorisation de mise sur le marché à une durée de 10 ans renouvelables, en introduisant un contrôle obligatoire après la mise sur le marché des OGM. Bref, s’engager à transposer cette directive en France, c’est bien, mais cela aurait pu être fait avant le Grenelle. Et cela ne résout pas une double question fondamentale : que fait-on des OGM et avec quelle démocratie ? La Suisse a posé cette question. Résultat : les OGM sont interdits en Suisse. La France est-elle capable de poser démocratiquement ce type de question ?

Sarkozy affirme aussi : « le Grenelle de l’environnement pose de nouveaux principes pour encadrer la recherche et la culture des OGM. Je pense au principe de transparence ». Cette phrase ne fait que reprendre le principe de la directive européenne. Enfin, le président de la République insiste sur le fait que « cette suspension de la culture commerciale des OGM pesticides ne signifie pas, là aussi, je veux être clair, que nous devons condamner tous les OGM, et notamment les OGM d'avenir ».

2. Les transports

Le compte-rendu du groupe de travail « mobilité et transports » du Grenelle propose une « écotaxe kilométrique sur les poids lourds pour l'utilisation du réseau routier national non concédé ». Les autoroutes sont donc exclues de l'idée de cette taxe. Pourtant, elles représentent une part majoritaire des trajets de poids lourds.

Autre bémol - de taille - les taxes en général sont un sujet sensible. « L'objectif est de taxer plus les pollutions, notamment les énergies fossiles, et de taxer moins le travail », a rappelé Sarkozy, en insistant qu'il ne voulait pas d'impôts supplémentaires sans compensation. Vu les cadeaux faits aux riches et l’enterrement du débat sur la TVA sociale, l’instauration d’une « taxe carbone » ne semble donc pas être pour demain.

Enfin, sous ce chapitre transports, le Grenelle a évoqué « l’arrêt des constructions d’autoroute », idée reprise par le chef de l'Etat. Mais Nicolas Sarkozy a mis en avant une exception importante : « le principe de l’intérêt local ». Autrement dit, si l’Etat, en concertation avec les collectivités locales, juge qu’il faut construire un axe routier pour développer une région, on le fera. On ne sort pas du schéma traditionnel centralisateur, et on n'avance guère dans le registre écologique. A titre d'exemple, en Lorraine, quand on pose la question au préfet de région, il ne se mouille pas. Bernard Niquet répond que l’Etat doit maintenant préciser si le projet d’A32 est stoppé ou pas… C'est un projet dont les études ont été payées, et pour lequel un tracé a été choisi par les services de l'Etat. Ce qui a suscité l’opposition de nombreux élus locaux en Moselle et en Meurthe-et-Moselle... Et ça va continuer, en attendant la fin du flou. Si fin il y a.

3. Les énergies renouvelables

Sur ce plan, la France est en retard et risque de le rester. Lire à ce propos le récent dossier du mensuel Alternatives Economiques (n° 262 - octobre 2007). Le Royaume-Uni, en tête des pays européens pour ses efforts récents, a vu sa quantité d'énergies renouvelables progresser trois fois plus qu'en France depuis 1990. Et notre pays est le seul qui a diminué sa part d’énergies renouvelables entre 1990 et 2004. La commission européenne a réussi à faire adopter l’objectif de 20% d’énergies renouvelables en Europe d’ici à 2020. Mais c'est un objectif global. La voix de la France a imposé, dans ce compromis européen, que le seuil de 20% ne soit pas appliqué par chaque pays mais en moyenne à travers l’Union, en tenant compte "du point de départ" de chaque pays. Dans la moyenne générale, la France espère pouvoir maintenir son parc stratégique de centrales nucléaires, que Nicolas Sarkozy ne veut pas remettre en question. Ce qui ne l'a pas empêché de proposer, après le Grenelle, le gel de la constructions de nouvelles centrales nucléaires, histoire de calmer les écologistes (ce qui n'a pas trop bien fonctionné d'ailleurs).

4. Déchets et pesticides

Le Grenelle a permis de réaffirmer l'intention de recycler plus et de réduire notamment les emballages. Mais rien n'est concrètement proposé dans ce sens. Les industriels peuvent continuer à inonder le marché de produits venant grossir les stocks d'ordures. Et le consommateur pourrait payer plus cher ses grosses poubelles dans la taxe des ordures ménagères. Ce principe, formulé par le Grenelle, est déjà appliqué dans une communauté de communes d'Alsace, notamment. Cela n'a pas donné de réduction significative des déchets.

Sur les pesticides, le Grenelle affiche aussi l'intention de les réduire. C'est déjà ce que prévoient les directives européennes, qui n'ont pas toutes été transposées... et la France reste le principal utilisateur de produits phytosanitaires (près de 70 kg par habitant et par an selon Eurostat), et le deuxième producteur européen, derrière l'Allemagne.

Conclusion provisoire

En attendant l’application des théories du Grenelle, on peut, grâce à Nicolas Sarkozy, applaudir l’art de proposer un peu tout et son contraire.

Un truc final

Pour finir, je vous propose un truc simple afin d'éviter les produits toxiques à la maison. Remplacez les détergents par du vinaigre d’alcool blanc. Pour nettoyer les sols, la vaisselle, la baignoire... et dissoudre le calcaire en prime, c’est efficace et naturel à 100% (il suffit de s’habituer à l’odeur !)

23:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Grenelle, écologie, Sarkozy, Borloo, taxes, pollution

26.10.2007

Tripatouillage pour parti bidon

Les députés élus sous la bannière « Nouveau Centre » tentent de bricoler la loi sur le financement politique pour pouvoir profiter d’une manne publique. Cela revient à mépriser la loi en vigueur au moment des élections récentes. Il y a peu de chance - théoriquement - que cette grossière manipulation aboutisse, malgré le soutien du président de la commission des lois, d'une partie du gouvernement et d’un élu... communiste.

Le gouvernement vient de reporter la discussion parlementaire après le fiasco d’une première présentation du projet (il y avait trop peu de députés dans l’hémicycle, mercredi 24 octobre).

En tout cas, la vilaine manœuvre du Nouveau Centre prouve que la « gamelle » est la première motivation des traîtres. Modifier une loi à son profit, voilà la grandeur de la politique, selon Hervé Morin et ses amis «centristes» amarrés à l’UMP.

Petit rappel : l’actuel Ministre de la Défense avait mobilisé plusieurs membres de sa famille, son chauffeur, des secrétaires... pour participer aux élections législatives afin d’atteindre les critères de la loi actuelle qui prévoit d’accorder le financement public à un parti dès lors qu’il a obtenu au moins 1% des voix dans 50 circonscriptions. Ce qui n’est pas le cas du formidable bidonnage "Nouveau Centre", tiré du chapeau du magique Morin. Qu’à cela ne tienne, se disent aujourd’hui les députés « NC » : il suffit de tripatouiller la loi passée pour qu’elle serve notre avenir. Le Nouveau Centre propose donc que le financement politique soit donné à toute formation ayant obtenu au moins... 15 députés ! C’est un peu comme si un athlète arrivé 4è du 100 mètres déposait un recours pour qu’on attribue aussi une médaille à celui qui a raté le podium.

Dans le domaine du financement politique, en France, il y a certes une anomalie. Un parti peut avoir des représentants dans des milliers de communes, dans les régions et les départements (c’est le cas des Verts par exemple) et pourtant ne pas être financé. Ce qui fait régner les arrangements entre partis et les copinages entre ceux qui ont de l’argent et ceux qui en ont besoin (version politicienne de l’assistanat si cher à notre pays).

Pour bien comprendre, rappelons que depuis que le financement privé d’un parti est plafonné à quelques milliers d’euros par an et par personne physique (loi de mars 1988), un mouvement politique ne vit que grâce aux subventions de l’Etat accordé après les législatives (80 millions d’euros distribués, au total, pendant 5 ans). Sans la manne issue des impôts citoyens, le Nouveau Centre est donc condamné à demeurer une coquille vide.
Si l’on voulait l’équité, il faudrait que le premier député élu d’un parti ouvre la voie au financement public de sa formation… Cest d’ailleurs ce qu’a proposé le député UMP Gilles Bourdouleix.

En attendant, François Bayrou a annoncé qu’il saisirait le Conseil constitutionnel pour faire barrage à la proposition du Nouveau Centre. Espérons que les traîtres (qu’ils soient du centre ou d’ailleurs) ne se fassent pas « des couilles en or » sur le dos du peuple, avec la complicité du gouvernement. Ce serait un comble pour des gens qui n’en ont guère.

Laurent Watrin

11:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : parti, traître, centre, financement, politique

06.09.2007

Contre la méthode Sarkozy, un centre moderne ?

Les promesses non tenues sont une spécialité des responsables politiques. C’est bien connu. Le grand talent de Nicolas Sarkozy est d’avoir convaincu une majorité des électeurs d'y croire encore.

Avant l’élection présidentielle, l’illusion Sarkozy avait déjà fonctionné à merveille pour la sécurité. Les policiers honnêtes – qui ne sont pas achetés par les sirènes hiérarchiques et qui travaillent sur le terrain - savent que l'ancien ministre de l'Intérieur n'a pas révolutionné le métier, et n'a pas renforcé les moyens de lutter contre la délinquance. Sarkozy a même supprimé la police de proximité, qui commencait à donner des résultats. Les flics ont tout juste gagné quelques vêtements neufs et des armes à impulsions électriques paralysantes dont l’efficacité est incertaine. Ce sont surtout les coups médiatiques anti-délinquance et la diminution des enregistrements de plaintes qui ont favorisé le discours de Nicolas Sarkozy sur la sécurité.

La fusion entre Gaz de France et Suez est un autre exemple flagrant de fausse promesse. Lorsqu’il était ministre de l’économie, déjà en campagne, Nicolas Sarkozy avait garanti sur l’honneur, avec insistance, qu’il ne privatiserait pas GDF. C’était « clair et net », selon ses mots. Aujourd’hui, la fusion est lancée, l’Etat actionnaire minoritaire du nouveau groupe (à 36%) et le président de la République explique, sans rire, que le rapprochement des deux sociétés françaises assurera l’indépendance énergétique du pays, en mettant en orbite un groupe classé 4è mondial. A moins de penser que l’affairisme et la vision politique sont une seule et même chose, cette hypothèse peut difficilement être entendue. Dans ce dossier, c’est le patriotisme économique qui triomphe – encore une illusion médiatique - tandis que les spécialistes de la gestion des matières premières insistent d’abord sur l’importance de l’Europe dans des secteurs stratégiques pour l’avenir.

Presque tous les exemples récents « d’actes législatifs » adoptés prouvent que la communication grossit alors que l'action réelle reste maigre.

Quatre lois « majeures » ont été votées depuis l’entrée en fonction de Sarkozy. Sur l’autonomie des universités, ce qui ne plaisait pas aux syndicats, comme la sélection, a été oublié. Concession au « dialogue social », peut-être. Mais ce n’est pas « la rupture » promise. La loi dite « paquet fiscal », elle, est assez conforme aux souhaits du nouveau gouvernement. Mais on y trouve guère de mesures renforçant la solidarité nationale, même si la suppression des droits de succession fait du bien aux héritiers modestes.

Les « parachutes dorés » des gros dirigeants d’entreprise devaient être abolis. Ils seront finalement liés aux performances... Mais comment les évaluer pratiquement ?

Sur la lutte contre la récidive, le texte adopté par le parlement laisse le choix aux juges de justifier le fait qu’ils n’appliquent pas les fameuses « peines plancher » prévue par la loi. Si la loi avait dit autre chose, elle aurait été anticonstitutionnelle. La convocation par la Ministre de la Justice du vice-procureur de Nancy Philippe Nativel, qui a « osé » demandé moins que la peine plancher pour un dealer récidiviste, n’est qu’un acte de communication politicienne. La manoeuvre a suscité la réaction légitime des magistrats. Fort logiquement, le procureur nancéien ne sera pas sanctionné puisqu’il a finalement respecté la loi.

Et que dire de la loi sur le service minimum dans les transports publics terrestres ? Elle contient en elle-même ses propres freins. Un salarié pourra toujours cesser le travail le jour de l’appel à la grève (c’est constitutionnel) et le vote des employés après une semaine de mouvement pour la reprise ou non du travail n’aura qu’une valeur consultative.

L’ambition libérale de Sarkozy ne s’exercera finalement que sur la loi de finances, par la réduction des budgets. Des dizaines de milliers d’emplois de fonctionnaires seront donc supprimés. Ce n’est d’ailleurs pas forcément une mauvaise idée, selon les missions de service public. Mais les 11 200 non-remplacements de postes prévus en 2008 dans l’Education nationale sont-ils pertinents ? Quant à la carte scolaire, sa suppression est envisagée pour 2010. D’ici là, le nouveau monarque de l’Elysée aura peut-être changé d’avis…

Et puis il y a les chantiers qui peinent à s’ouvrir : la TVA Sociale et le contrat unique, notamment, se heurtent au dialogue social… dont Sarkozy a horreur.

Ce que préfère le président, c’est l’agitation. Il aime recevoir les victimes en tout genre, les héros de la Nation, les artistes en vue, flatter son épouse et faire croire qu’il est le seul sauveur de l’Europe, malgré son manque d’ambition pour renforcer l’espace commun avec nos voisins…

Les électeurs comprendront peut-être bientôt qu’il ya d’autres enjeux pour forger une vision politique : un cap pour l’avenir dans la mondialisation, des orientations sur la bioéthique, les OGM et le respect des générations futures.

Cette vision, François Bayrou l’avait effleurée pendant la campagne présidentielle. Le candidat centriste n’a hélas pas su passer la vitesse supérieure pour faire accepter l’idée que les promesses ne servent finalement à rien si la démocratie est bafouée.

Aujourd’hui, le centre, ou plus exactement le MoDem, devrait affirmer haut et fort que la centralisation du pouvoir est néfaste et que la démocratie peut renaître de ses cendres. Il s’agit de consulter le peuple après l’avoir informé réellement des problèmes, en lui livrant des diagnostics clairs. Bref, tout le contraire de la « rupture » façon Sarkozy.

L’espoir au centre suppose de définir une social-démocratie moderne. Il suppose de ne pas laisser l’Etat décider de tout. Une ambition moderne pourrait reposer sur deux idées complémentaires : le libéralisme en matière de droits publics (la démocratie permettant aux citoyens de s’exprimer) et la solidarité en matière économique (l’Etat garantissant le socle commun).

En somme, il faudrait faire de la pédagogie pour un fédéralisme à la française… vision d’horreur absolue pour un homme d’Etat-Nation comme Nicolas Sarkozy.

22:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

18.06.2007

Principe de réalité contre principe de précaution

Les 27 ministres de l’agriculture de l’Union européenne ont conclu un accord, mardi 12 juin, pour un nouveau règlement sur les productions biologiques. Une concession est faite aux OGM. A partir de 2009, des dérogations seront possibles pour utiliser des pesticides de synthèse et des intrants issus d’OGM, pour les cas où des équivalents non transgéniques n’existeraient pas.

Le Conseil européen a aussi décidé d’appliquer un seuil de tolérance pour la contamination accidentelle des produits bio par des OGM. Ce seuil est fixé à 0,9% d’un produit, comme pour l’agriculture conventionnelle.

Les parlementaires de l’Union avaient largement refusé toute trace d’OGM dans l’agriculture bio (611 voix contre, 61 voix pour). Mais cette vision idéale de l’agriculture biologique - soutenue par les voix démocratiques de l'Europe - ne résiste pas à l’épreuve des faits. Comme chacun sait, les oganismes génétiquement modifiés «voyagent» partout. Il est impossible de garantir un produit agricole 100% sans traces génétiquement modifiées. D’où la décision pragmatique du conseil européen. On peut la contester mais elle est "raisonnable".

En réalité, l’Europe fait ce qu'elle peut pour lutter contre les OGM en agriculture. La Roumanie, qui avait misé sur le soja génétiquement modifié pour doper une économie toujours très agricole, a été obligée de revoir sa politique depuis son intégration dans l’UE. Le gouvernement roumain, avec l’aide de l’Europe, accorde aujourd’hui des compensations financières (250 € / ha) aux producteurs de soja pour qu’ils abandonnent les cultures OGM et se reconvertissent. Environ 200 000 ha de cultures sont concernées en Roumanie. Mais la « pollution » OGM entraînée par ces parcelles est réelle.

Les OGM agricoles posent un problème d’environnement mondial. Face à ce problème, l’Europe ne peut pas se permettre la désunion. Mais la réalité, c’est que la firme américaine Monsanto, qui a notamment vendu aux Roumains des semences de soja OGM, a obligé l’Europe à accepter une pollution de fait.

Sans un gouvernement européen fort, sans une politique économique européenne capable de peser face aux Etats-Unis d'Amérique, comment imaginer des garde-fous contre des politiques commerciales agressives à l'égard d'une agriculture préservée ? Un traité européen simplifié, tel que le souhaite le président français Nicolas Sarkozy, sera-t-il suffisant pour prendre les bonnes décisions dans ce domaine ?

En attendant, là où Monsanto a testé ses semences et ses pesticides, les agriculteurs Bio « contaminés » sont condamnés à disparaître.

12:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : OGM, agriculture, Europe, parlement, démocratie, contamination

03.06.2007

Retournons une veste...

Allez ! Je retire tout ce que j'ai dit précédemment sur Sarkozy et sa méthode.

Notre nouveau président de la République est un type formidable, capable d'écouter les autres. La preuve, ll y a des gens de partout dans son gouvernement. Et ces gens-là peuvent parler comme ils veulent, à condition d'applaudir les joggings matinaux du chef (c'est pas grand chose).

Sarkozy peut tenir ses promesses. Il a promis qu'il les tiendrait. C'est que ça doit être possible. D'ailleurs, "ensemble tout est possible". C'était son slogan. On ne va tout de même pas risquer de diviser l'ensemble ! Ce serait risquer de remettre en question le champ du possible...

Sarkozy a raison de vouloir une assemblée majoritaire forte. Car c'est bien sûr grâce à des députés qui suivront le guide que nous pourrons résoudre tous nos problèmes sans qu'on n'ait besoin d'en débattre. L'essentiel, c'est de réussir, pas de réfléchir !

Sarkozy a raison d'avoir promis plein de choses à tout le monde. Comme ça tout le monde est content. Sarkozy est dans son bon droit quand il demande à ses futurs députés de ne jamais voter la censure et de fermer les yeux sur les budgets. Tant pis si ce n'est pas tout à fait le texte de la Constitution. De toute façon, la Constitution, plus personne ne la lit. Et puis les Institutions, ça emmerde tout le monde, pas vrai ? Il faut changer la politique, non ? Sarkozy change la politique ! C'est ça qui est chouette.

Bref, si vous êtes contents, votez donc pour les amis de Sarkozy. Plus on est de fous, plus on rit.

Voilà. J'espère que les Sarkozistes qui liront cette page apprécieront que je retourne ainsi ma veste.
C'est si facile, finalement, d'aimer la France et de décider d'y rester sous Sarko Ier.

Bon, enfin, quand même, si ça ne vous fait rien, je reste candidat suppléant aux élections législatives, avec une candidate qui en vaut la peine. Elle s'appelle Lucienne Redercher, elle réfléchit un peu trop personnellement et elle travaille bénévolement, même pas pour gagner plus. Mais c'est une démocrate, comme moi. Que M. Sarkozy veuille bien nous excuser.

Laurent Watrin

23:25 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, MoDem, aïe

31.05.2007

Vive le débat !

La campagne électorale est chaque jour plus riche en rencontres fructueuses, utiles et ouvertes. J'ai écrit, sur nos tracts de campagne, que je croyais à "l'intelligence des citoyens". C'est une réalité.

La preuve avec les discussions que nous avons eues, Lucienne Redercher et moi, ce mercredi midi, au bar « le manège enchanté » à Maxéville, route de Metz.

L’accueil chaleureux et l’esprit démocrate que nous avons ressentis dans ce commerce de proximité témoignent du désir de débat du plus grand nombre de nos concitoyens, quelles que soient leur condition, leur activité et leurs difficultés quotidiennes.

Au fil de nos échanges, nous sommes heureux d’avoir incité certaines personnes à se rendre au bureau de vote le 10 juin, alors qu'elles étaient a priori résignées face au rouleau compresseur du nouveau gouvernement. L'idée de faire contre-poids à la concentration des pouvoirs par Nicolas Sarkozy fait son chemin, de jour en jour. C'est l'ambition du MoDem. Les candidats de François Bayrou participent à la vitalité de la démocratie. C'est grâce à vous ! La démocratie a besoin que nous allions chaque jour à la rencontre des habitants de notre circonscription. La démocratie mérite cet échange et ce temps fort de la vie politique. C'est du concret !

La campagne, c’est aussi combattre certaines idées reçues. Et ça marche. Il y a, par exemple, les propos de cette habitante de Laxou Champ le Bœuf, qui se plaint, comme beaucoup, de la petite délinquance et des relations de voisinage régulièrement conflictuelles. Relativisons : ce n'est pas la guerre. Mais le climat est pénible, souvent. Au détour de notre conversation, cette dame nous avoue donc avoir de la sympathie pour Nicolas Sarkozy. Pourquoi ? D'abord parce que, selon elle, « il veut lutter contre la délinquance ». Mais en même temps, elle s'étonne de « ne plus voir la police dans le quartier » où elle vit depuis des années… Cette dame ne savait pas que la police de proximité avait été supprimée par l’ancien ministre de l’Intérieur devenu aujourd'hui chef de l’Etat. François Bayrou souhaitait la remettre en place. Nous avons donc rétabli la réalité et fait avancer la réflexion de cette électrice qui, finalement, n’ira pas voter pour la candidate de l’UMP le 10 juin.

Après de tels échanges directs, nous sommes fiers de pouvoir dire : "vive le débat !". Les candidats du MoDem vont faire le maximum pour vous informer et avancer leurs propositions afin que l’équilibre de notre société soit assuré, et que nous puissions vivre mieux ensemble. Tout en sachant que tout n'est pas possible...

Une fois encore, donc "vive le débat". Et merci à tous ceux qui nous encouragent dans la voie du respect, de l’intelligence et de la dignité, tracée par François Bayrou.

Laurent Watrin,
candidat suppléant du MoDem sur la 3è circonscription de Meurthe-et-Moselle (Nancy-Ouest, Champigneulles, Frouard, Laxou, Marbache, Maxéville, Pompey, Saizerais, Villers-lès-Nancy)

00:25 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Police, débat, Sarkozy, MoDem, démocratie

28.05.2007

Menaces sur la démocratie

Onze ministres du gouvernement formé par Nicolas Sarkozy vont se présenter aux élections législatives. C'est en quelque leur devoir, selon le nouveau chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy a insisté pour que ces éminents représentants de l’exécutif affrontent le suffrage universel. L'élu suprême du suffrage universel y voit une question de légitimité pour son équipe. Mais il s’agit en réalité d’une claque à la démocratie et à nos Institutions. L'alinéa 3 de l'article 20 de la Constitution dispose en effet que « les membres du gouvernement sont responsables devant le parlement ». C’est un des fondements de la séparation des pouvoirs.

Que devient cette responsabilité gouvernementale si les ministres deviennent députés pour aussitôt démissionner ? Car en vertu du principe légal d’incompatibilité entre un mandat d’élu et une fonction de ministre, un membre du gouvernement doit laisser tomber son mandat national.

La confusion a déjà été entretenue souvent par le passé. Mais dans l'autre sens. Jusqu'à présent, on avait plutôt l'habitude qu'un élu démissione de son siège une fois nommé ministre. Christian Pierret, le maire socialiste de Saint-Dié, par exemple, avait dû quitter son poste municipal quand il était devenu ministre de l'Industrie. Mais on sait bien que ce retrait ne l'empêchait pas de piloter les affaires de sa commune.

Avec Nicolas Sarkozy, on passe à la vitesse supérieure des pratiques anti-démocratiques qui sabordent les contre-pouvoirs. Voter aux législatives pour des ministres en exercice revient en effet à voter pour leurs suppléants, qui seront d'autant plus fidèles et attachés au gouvernement. Cela ne fait aucun doute. Non seulement Nicolas Sarkozy veut une force pour soutenir son action gouvernementale, mais il la souhaite muselée. C’est désormais très clair.

Rappelons par ailleurs que le président de la Répulbique ne remettra pas en cause l’article 49.3 de la Constitution, qui permet à un gouvernement de passer en force sur un projet de loi, sauf si l’Assemblée le renverse. M. Sarkozy a aussi annoncé qu'il y aurait une "pause dans la décentralisation". Ce qui veut dire qu'il n'entend guère laisser de pouvoir aux régions et aux collectivités locales. Et le très centralisateur premier ministre François Fillon sera aux ordres. Avec des godillots à l'Assemblée nationale, aucun risque de voir cette logique remise en question ou même simplement critiquée.

On entend bien les justifications de l'UMP sur la nécessité d'une majorité stable pour appuyer l'action d'un gouvernement issu d'un président dignement et largement élu. C'est incontestable : pour avancer une action politique, il faut une majorité pour trancher. Mais le débat et le pluralisme, eux aussi, peuvent servir l'action du gouvernement.

Encore une réflexion : imaginons que Nicolas Sarkozy, après avoir concentré tous les pouvoirs selon ses voeux, déclare une maladie génétique inconnue qui le fasse délirer et faire n'importe quoi. Sera-t-il encore temps de débattre de l'opportunité de changer des pratiques dangereuses pour la démocratie ?

Laurent Watrin,
candidat suppléant du MoDem-UDF sur la 3è circonscription de Meurthe-et-Moselle

12:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Législatives, ministres, Sarkozy, MoDem, génétique

23.05.2007

Fausse ouverture, vrai verrouillage

Au fil de nos rencontres de campagne, bon nombre d'électeurs tentent de comprendre le départ de certains députés UDF sortants, qui ont décidé de rejoindre l'UMP pour participer au gouvernement ou aux élections législatives, sous la houlette de Nicolas Sarkozy, plutôt que de monter dans le train du MoDem.

Comment croire que des élus du centre puissent être aujourd'hui des alliés objectifs et permanents du président de la République ? La question vaut aussi bien pour certains ralliements de gauche, comme celui de Bernard Kouchner.

Nicolas Sarkozy - ayant pris la mesure de sa fonction en allant passer quelques jours de vacances sur un yacht au frais de son ami Vincent Bolloré - se situe nettement dans un régime présidentiel autoritaire, et dans un affairisme de type Berlusconi. Ca, c'est pour la forme.

Sur le fond, le nouveau chef de l'Etat a promis à ses alliés internes de ne pas toucher aux Institutions de la France. Il a aussi promis une "pause" dans la décentralisation et il a recruté le plus centralisateur des premiers ministres. C'est cela l'ouverture ? Non, bien sûr. En tout cas, sur tous ces sujets, l'UDF-MOUVEMENT DEMOCRATE est en désaccord.

Autre anomalie qui confine au danger pour le pays : les députés UDF sortants ayant choisi de faire campagne dans le sillage de l'UMP sont obligés de respecter un curieux "pacte présidentiel" fondé sur des piliers hallucinants : ils devront toujours voter le budget, toujours accorder la confiance au gouvernement, et jamais la censure. Sinon, dehors ! Au temps de l'Union soviétique, c'était la même chose à Moscou.

Il est évident que ce gouvernement d'ouverture aujourd'hui affiché (qui peut encore y croire vraiment ?) ne durera pas. Martin Hirsch, ancien président d'Emmaüs, qui n'est pas ministre (heureusement pour Sarko), vient déjà d'adresser une pique à Sarkozy en émettant des doutes sur certaines de ses promesses dans le domaine social.

Dans quelques mois, si jamais les élections législatives lui donnent une majorité écrasante, Nicolas Sarkozy aura probablement repris son vrai combat personnel et univoque : la concentration des pouvoirs, avec un gouvernement verrouillé, dont les membres seront strictement à ses ordres, et une majorité parlementaire peuplée de pantins, moulés dans une chambre d'enregistrement. Drôle d'idée de la démocratie et dangereuse pente - qui risque d'être bien raide - pour la France des années qui viennent.

Il est donc urgent de voter pour des candidats libres, indépendants, qui sauront être vigilants afin de rééquilibrer les pouvoirs et de faire valoir le pluralisme.

Le 10 juin, votez MOUVEMENT DEMOCRATE ! Sur la 3è circonscription, vous ne pouvez pas vous tromper : c'est Lucienne Redercher, la candidate la plus dynamique et la plus proche des citoyens !

20:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, MoDem, bayrou, indépendance

22.05.2007

Débat sur le droit au logement à Nancy

Lucienne Redercher participera ce mardi soir à une table ronde organisée par le collectif lorrain Alerte, sur le thème du logement social, à la Fac de Droit de Nancy (20h30). ll y sera question en particulier du droit opposable au logement.

Le conseil de ministres du précédent gouvernement a validé ce projet en janvier dernier. Le texte prévoit que, à partir de la fin 2008, les personnes dont les situations sont les plus difficiles pourront engager un recours en justice pour obtenir un logement.

Quel est le sens de cette notion de droit « opposable » ? Existe-t-il une hiérarchie des droits ? Un droit « normal » serait-il inutile ? Lorsqu'un droit existe, la justice n’est-elle pas censée le faire respecter ?

Le droit au logement est établi depuis 1990. C’est la loi Besson. Elle dispose que garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l'ensemble de la nation. Toute personne éprouvant des difficultés particulières, en raison notamment de l'inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d'existence, a droit à une aide de la collectivité, dans les conditions fixées par la loi, pour accéder à un logement décent et indépendant et s'y maintenir. Commenons donc par appliquer ce texte ! Quelle différence entre cette loi Besson et le projet de « droit opposable » ?

Le dernier projet gouvernemental offrira probablement peu d’amélioration. Il prévoit surtout une procédure plutôt complexe, à plusieurs niveaux : un recours amiable d’abord, un recours contentieux si le premier niveau n’aboutit pas, et ensuite éventuellement - après un délai de trois mois suivant un avis d’une commission de médiation déclarant une demande prioritaire - la possibilité d’un recours devant la juridiction administrative. On imagine mal un sans abri démuni s’engager dans un tel labyrinthe. A moins que le droit opposable ne soit une nouvelle niche d’activité pour des associations ou des structures para-publiques soutenues par les pouvoirs publics, avec le risque d’installer un nouveau clientélisme humanitaire.

Mais contre qui se retournera le mal logé ? L’Etat, la région, la commune ? L’idéal serait que les communautés de commune maîtrisent la compétence logement. Ce qui supposerait de passer à une VIè République réellement décentralisée…

Les sans-abris et les femmes seules avec enfants