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28/06/2006

EDITO : l'Etat Nation, c'est la mort de l'Europe

L'ancien commissaire européen, Michel Barnier, s'exprimant sur France Inter, le matin du jeudi 15 juin, a eu cet étrange propos : "je crois qu'on a besoin des Nations pour lutter contre le nationalisme et le populisme". J'ai beau retourner la phrase dans tous les sens, essayer d'y voir une lumière cachée, je n'arrive qu'à une seule conclusion : cette formule révèle une obstination à foncer dans le mur. A moins qu'il ne s'agisse d'un clin d'oeil ironique aux fans de football, dont les sentiments nationalistes sont exacerbés par l'événement mondial du moment...

Nos responsables politiques sont tellement marqués par le résultat du référendum 29 mai 2005 et le blocage de l'Union européenne que même les plus européens d'entre eux continuent de réchauffer cette vieille soupe dans laquelle fermentent tous les miasmes destructeurs de la démocratie européenne : la sacro-sainte Nation. Le concept romantique du XIXè siècle resterait donc le creuset de la société moderne, le point d'ancrage de la solidarité et l'arme absolue pour régler les problèmes du monde, au risque de pousser les voisins à se haïr mutuellement (après tout s'il faut faire du patriotisme économique...)

Les fédéralistes ne peuvent pas être d'accord avec cette pensée encore majoritaire chez nos dirigeants politiques - nationaux donc - marqués par leur appareil et leur culture de carrière... nationale.

C'est une grave erreur de croire que la Nation peut nous sauver du péril extrêmiste. C'est une erreur encore plus sévère de croire que chaque Etat Nation de l'Union européenne peut faire face, chacun dans son coin, aux défis de l'économie moderne et de la mondialisation. Même les économistes d'inspiration marxiste ne l'affirment plus.

Michel Barnier, et d'autres avec lui, devrait enfin se souvenir que l'Europe s'est toujours construite contre les Nations.
La relance du projet européen passe certainement par cette hypothèse : rejeter, une fois pour toute, la Nation. Laissons cette rengaine à Le Pen et autres partisans des idées noires, osons "sacrifier le sacré" pour s'offrir une vision collective moderne et un nouvel espoir de progrès.

Laurent Watrin

Écrit par eurocitoyen dans Blog | Lien permanent | |  Facebook | | |

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