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29/08/2006

La décadence ou le progrès

UNE TRIBUNE DE CHRISTIAN CHAVRIER, président du Parti fédéraliste, candidat à la présidentielle

"Que cachent les discours sur la décadence et le redressement de la France ?"

Cette question, aperçue souvent ces derniers temps, a de quoi provoquer la sagacité d'un énarque moyen. N'étant pas moi-même issu d'une grande école de l'Etat, ma réponse sera pragmatique et fidèle à mes convictions pro-européennes, écologistes et fédéralistes. Car seule la réalité peut donner du sens à l'action politique. La réalité, c'est que la France est devenue un petit pays, qui ne peut plus compter sur sa seule renommée pour exprimer des valeurs universelles, ni sur sa seule puissance - supposée ou réelle - pour imposer une direction économique.

C'est l'Europe qui peut et doit prendre le relais. En cela, le fédéraliste que je suis se pose en double héritier du libéralisme et du radicalisme : libéralisme au sens originel de garantie de la liberté de la personne dans un Etat de Droits, et radicalisme au sens de la primauté des valeurs politiques et démocratiques sur celles des pouvoirs religieux et obscurantistes.

Ceux qui rejettent aujourd'hui l'idée d'un compromis pour une Europe politique se fâchent inutilement avec le monde moderne. L'Europe en tant que construction politique inachevée représente selon moi la meilleure réponse à la "décadence", si tant est qu'on puisse s'entendre sur une définition de ce terme galvaudé.

Pour les Fédéralistes, l'ambition européenne est aujourd'hui le meilleur argument pour tirer vers le haut et consolider collectivement les valeurs de la démocratie, n'en déplaise aux réactionnaires de droite et de gauche qui rêvent encore à la "grandeur de la Nation", au "patriotisme économique" ou à "un autre monde possible".

Alors, décadence ou progrès ?

Il est vrai que du point de vue européen, le constat rend triste. Mais le projet Europe reste digne d'espoir.

En politique étrangère, par exemple, l'Europe ne parle pas d'une seule voix sur la scène internationale. C'est un handicap souvent affirmé, à juste titre. Mais le poids de l'Europe dans le jeu diplomatique pour l'équilibre de la planète reste conséquent. Un indice : l'aide financière accordée (unanimement) par l'Union européenne au Proche-Orient est 8 fois plus importante que celle des Etats-Unis d'Amérique. En outre, l'Europe distingue entre l'aide destinée aux gouvernements et celle qui sert la société civile. Ce qui a permis de donner un avertissement au Hamas en Palestine sans pour autant couper les vivres aux associations qui oeuvrent ouvertement pour la paix dans la région. Malheureusement, la cacophonie des diplomaties européennes, qui jouent chacune dans son coin, n'aide pas à la compréhension de l'Europe et à sa force de conviction en tant que puissance d'équilibre. La première direction d'un gouvernement français fondé sur les valeurs du fédéralisme européen serait donc de proposer à nos voisins cette ambition collective pour que l'Europe s'unissent face aux rsiques mondiaux et aux nouveaux géants qui "menacent" la planète et ses ressources (en particulier la Chine).

Autre chapitre à la fois pénible et enthousiasmant pour l'Europe : l'écologie. Sans l'Union européenne, le protocle de Kyoto n'aurait certainement pas vu le jour. Certes, il s'agit surtout d'un catalogue d'intentions pour limiter le réchauffement climatique et bâtir une économie consciente de la fragilité des ressources naturelles, bien commun de l'humanité tout entière. Mais la communauté européenne, qui oeuvre depuis plus de 50 ans pour la protection du consommateur et la santé - au sens large - de notre environnement, a fini par peser de tout son poids pour faire avancer l'écologie mondiale. Le problème, c'est que chaque pays membre de l'UE voit les solutions d'un oeil isolé. Ensemble nous serions plus forts, plus efficaces. L'indépendance énergétique de l'Europe, qui rejoint la gestion des ressources naturelles, réside aussi dans l'instauration d'une Union politique. Un des projets les plus importants pour l'UE devrait être de bâtir une économie des ressources énergétiques pour le Continent, s'appuyant sur les progrès technologiques et la limitation des excès de l'économie productiviste. Seule, la France n'y parviendra pas. Dans le domaine de l'écologie, on ne peut pas véritablement parler de "décadence" mais plutôt de "cadence à trouver", pour s'engager sur la voie d'une union politique européenne efficace, qui permettrait à nos enfants de se réjouir de leur héritage. Un gouvernement européen s'impose.

Troisième chapitre : l'économie. Elle doit être intimement à nos choix écologiques. C'est une obligation morale, en tout cas une priorité pour les Fédéralistes. Le cycle économique que nous vivons peut sembler décadent au sens où les notions de travail et de richesse produite sont en pleine mutation. Non, le travail n'est plus une valeur sûre. Non, la richesse n'est pas seulement une production quantifiable selon la tradition économique. Il nous faut trouver un modèle soutenable et qui mette fin à l'exclusion. C'est possible. La priorité des Fédéralistes est d'instaurer pour chacun un revenu inconditionnel de base (RIB). Ce modèle, nous le souhaitons pour l'Union fédérale européenne. Je vous renvoie à la lecture de mon site de campagne pour en savoir plus.

Enfin, en matière de culture et de rayonnement artistique, le "déclin" - relatif - de la France et de l'Europe dans le monde sont probablement liés à l'absence de gouvernement européen, ainsi qu'à cette nostalgie - parfois inconsciente - des puissances coloniales que furent des pays comme la France. Là encore, l'Europe a déjà fait beaucoup pour le patrimoine culturel de ces régions et de ses Etats membres, mais il faut continuer le travail. Regarder le monde dans sa modernité, c'est avoir à l'esprit aussi bien l'urgence de la diversité que la nécessité de notre communauté d'intérêts.

La réalité mondiale s'impose à nous, la volonté politique doit imposer la meilleure façon de vivre avec cette réalité.

Christian Chavrier, président du PF, candidat à la présidence de la République

site de campagne : http://www.chavrier2007.eu

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