Le sablier

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La communication de Nicolas Sarkozy mériterait parfois qu'on la boucle

Le chef de l’Etat a dit une grosse bêtise, lors de sa visite en Lorraine, ce mardi 11 décembre. Ce n’est pas la première fois. Mais celle-là est de taille. Heureusement il y avait quelques journalistes - informés – dans la salle des fêtes de Vandoeuvre-lès-Nancy.

La communication du super-président Sarkozy enfile parfois des grosses perles. La dernière "production" du chef de l’Etat a failli tomber aux oubliettes. C’était à Vandoeuvre-lès-Nancy. Le président de la République s’est rendu dans la deuxième ville de Meurthe-et-Moselle pour détailler ses mesures nationales concernant le logement. En marge du thème du jour, Nicolas Sarkozy s’est laissé aller – tout seul - à contrer les critiques du moment sur les contrats industriels signés par la France à l’étranger...

Le chef de l’Etat a carrément glissé en martelant, avec la hargne qui le caractérise, sa volonté de maintenir des usines et des ouvriers en France : « j’en parle dans cette région lorraine qui a tant souffert et à qui on a expliqué que la sidérurgie, c’était fini, et on a l’air bien malin, maintenant, alors que le prix de l’acier n’a jamais été aussi élevé… et qu’il faudrait que, dans cette région, il y ait encore de la production d’acier ». Passons sur le style café du commerce - déjà connu - et disons le tout net : le propos de Sarkozy, en l’occurrence, ne vaut pas un clou ! Sur l'acier, son silence aurait été d'or.

Rassurons-donc le locataire de l’Elysée : la production d'acier en Lorraine existe toujours et elle a de l'avenir. On la trouve dynamique dans les usines du groupe Arcelor-Mittal, à Florange (Moselle) notamment. Dans une note de conjoncture de l'été dernier, l’INSEE Lorraine souligne que la production sidérurgique régionale - plusieurs millions de tonnes par an - a progressé de plus de 4% entre 2005 et 2006. Mieux encore, Arcelor-Mittal continue d'investir dans la recherche sur les aciers spéciaux (la Rollex du chef de l’Etat en contient peut-être).

En Lorraine, la sidérurgie pèse aujourd'hui 3.000 emplois directs et indirects. Cette réalité n'aurait pas dû échapper à un candidat élu sur sa priorité à l'emploi. Le pire, c'est que la bourde a failli passer inaperçue. Il faut dire que personne - ni les journalistes, ni les acteurs locaux - n'a eu la possibilité d'interpeller Nicolas Sarkozy, après son discours de Vandoeuvre-lès-Nancy. L'hyper-président n'avait pas le temps de s'attarder : son agenda de super-communicant le pressait de rentrer à Paris pour y retrouver un certain... Kadhafi.

Laurent Watrin

Commentaires

  • Merci Laurent de mettre le doigt sur les dérapages de plus en plus incontrôlés de la tête de l'Etat

  • Bien vu !

Les commentaires sont fermés.