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01/04/2008

OGM : quel choix de société ?

En octobre dernier, pour clore le Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy avait énoncé, parmi des mesures phares à venir, la suspension des cultures OGM. La loi qui sera votée par le Parlement risque de ne pas mettre en œuvre cette intention.

Jusqu’à jeudi, l'Assemblée nationale examine le projet de loi sur les OGM. Déjà adopté par le Sénat, contesté en bloc par les écologistes et les « faucheurs », ce texte doit aboutir à la transposition honnête d'une directive européenne de 2001. On peut s’étonner que le débat parlementaire français ne soit pas plus éclairé scientifiquement alors que la directive a déjà 7 ans. Les députés sont divisés, à droite comme à gauche, sur la conduite à tenir pour respecter la nature tout en poursuivant la science. La majorité a donc choisi une posture prudente. La loi ne doit pas remettre en cause les progrès de la science, selon les partisans de l’équilibre. A la quasi-unanimité, les députés de notre pays refusent de laisser la technique et la commercialisation des OGM à une firme unique comme Monsanto (comme cela a été fait aux Etats-Unis). Quant aux progrès de la recherche, aucun élu de la Nation ne les remet en cause. La production d’insuline et certains matériaux peu polluants sont issus des biotechnologies de la transgenèse, notamment dans l'industrie du papier (peupliers GM).

Dans une tribune publiée par le Figaro, mardi 1er avril, 72 parlementaires UMP dénoncent les « discours simplificateurs et caricaturaux ». Mais que dire de l’argument – réfuté par de nombreux spécialistes agricoles – selon lequel l’indépendance alimentaire de la France et de l’Europe passerait pas les plantes transgéniques ?

La Commission européenne a précisé la définition commune des OGM pour les 27 Etats membres de l’Union : "un OGM est un organisme dont le patrimoine a été modifié de manière non naturelle". Les scientifiques partisans de l'agriculture bio insistent sur cette différence avec les plantes modifiées par reproductions ou croisements naturels (ce qui existe depuis des décennies). Le projet de loi, tel qu’il a été élaboré et retoqué par le Sénat, avant d'arriver à l'Assemblée, tente de ménager la chèvre et le chou sans apporter de garanties techniques pour permettre la coexistance sans risque entre la recherche scientifique sur les OGM et une agriculture conventionnelle ou biologique. C’est visiblement l'un des points de doute de la discussion parlementaire qui doit se terminer jeudi. Mercredi, le député PS Jean-Yves Le Déaut, ancien président de la mission d'information sur les OGM, a demandé le renvoi du projet de loi en commission pour remettre l'ouvrage sur le métier. Le parlementaire lorrain estime que le texte est mal préparé et ne répond pas au principe de précaution.

Ce débat relève d’un véritable choix de société, pas seulement d’une question d'agriculture.

Laurent Watrin

Écrit par eurocitoyen | Lien permanent | Tags : OGM, assemblée, société, agriculture, députés, bio, Le Déaut | |  Facebook | | |

Commentaires

La manipulation génétique empirique par croisements et la production de cultivars (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cultivar) est vieille comme l'agriculture. Elle a permis la production de plantes de meilleure qualité au détriment des génériques indigènes qui ont presque tous disparu. Doit-on regretter dans les vallées vosgiennes le remplacement du blé poulard, non panifiable et de très mauvaise qualité nutritive, par des blés modifiés génétiquement par les moines de l'abbaye du val de Galilée au XII° siècle ? Ce ne sont pas les modifications génétiques en elles-mêmes que l'on doit combattre, mais des transformations contre nature (introduction de gènes animaux dans des plantes par exemple) et des jeux d'apprentis-sorciers (gènes antibiotiques, par exemple, dont on connaît déjà les futurs désastres à cause des résistances qu'ils ont déjà commencé à provoquer).

Parmi les questionnements que posent les OGM, il en est 2 dont on parle moins que ceux, spectaculaires, qui sont avancés par les associations anti-OGM:
- les semences stériles vendues aux paysans, surtout dans les pays pauvres, ne leur permet plus de gérer comme il le faut la balance entre plantation, vente et entretien de la ressource; cela les rend de plus totalement dépendants de gigantesques entreprises dont la moralité est en dessous de tout. Le modèle économique basé sur la totale dépendance que ces entreprises souhaitent imposer est dangereux, pour les équilibres fragiles du rapport nord-sud comme pour toute l'activité agricole des pays les plus riches.
-de par leur nombre même, la contamination de toute végétation indigène, faisant disparaître en même temps que les espèces cultivées les espaces végétaux sauvages.

Écrit par : Kat | 01/04/2008

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