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03/07/2008

La présidence française de l'Europe : une coquille vide !

Maintenant qu'Ingrid Betancourt est libre, passons aux choses sérieuses !

Nicolas Sarkozy a le droit de se féliciter d'avoir contribué à cette issue heureuse pour la Franco-Colombienne, mais cela ne doit pas masquer la triste réalité du moment, celle qui concerne l'Europe et la présidence française de l'Union. Réalité française en plein marasme européen.

Le contexte

Le président de la Pologne refuse de signer le Traité de Lisbonne tant que l'Irlande n'aura pas signé le texte. Après le "no" populaire irlandais, c'est un coup d'arrêt supplémentaire et un délirant exercice de parole reprise. Petit rappel : le parlement polonais a adopté le Traité. Le président polonais, Lech Kaczynski, a, quant à lui, signé le Traité avant le début du processus de ratification à travers les 27 Etats membres et aujourd'hui il contredirait sa propre signature. Voilà dans quelle situation se retrouve l'Europe tandis que commence tout juste la présidence française du Conseil de l'Union européenne. Cette présidence est une coquille vide, un machin (comme dirait De Gaulle) sans ambition, un projet sans autre contenu que de l'affichage et de la communication franco-française vide de sens. Avec une panne institutionnelle à régler.

Halte au double langage et au discours insensé

Nicolas Sarkozy veut « changer profondément » l’Europe pour qu’elle « protège les Européens contre les risques que fait peser la mondialisation ». Et notre président d'ajouter que « nos concitoyens se demandent si finalement l’échelon national n’est pas mieux à même de les protéger que l’échelon européen ». C'est justement l'échelon national le problème. Pourquoi continuer à faire du commerce avec la Chine en mettant en avant la politique nationale et la "grandeur" supposée de la France dans la conquête des marchés asiatiques. Cette démarche commerciale vers l'Asie est le moyen le plus sûr de ne pas faire l'Europe (les Chinois en rient bien, et les Américains aussi). Faire de l'Europe une protection, c'est arrêter avant tout le nationalisme commercial et commencer à revoir les échanges à l'intérieur de l'espace européen, en harmonisant les politiques sociales, et certainement pas en les mettant en concurrence.

Nicolas Sarkozy dénonce la politique de la Banque centrale européenne en estimant qu'elle « devrait se poser la question de la croissance » et « pas simplement de l'inflation ». Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir inscrit comme priorité de la présidence française un relèvement du budget de l'Union et la question d'un impôt commun lisible pour l'opinion qui permettrait une politique budgétaire d'investissement au niveau européen ? Encore faudrait-il que nos Etats veuillent bien se mettre d'accord pour une politique industrielle commune (compétence nationale). On ne peut pas demander à la BCE de proposer une politique économique alors qu'on n'a pas de vision économique de l'espace européen mais seulement une vision nationale des questions du pouvoir d'achat et de la marge de manoeuvre de ses propres entreprises en concurrence avec celles des voisins proches !

Où va-t-on ?

Les fonctionnaires français qui travaillent à la présidence de l'Union européenne le savent bien : les missions de cette présidence sont floues et mal préparées. Les priorités affichées reprennent les grandes lignes de l'agenda 2000 (stratégie de Lisbonne) sans projets précis. Où va-t-on ? Pour ainsi dire, nulle part...

Le premier danger de l'Europe, c'est le manque de vision européenne des dirigeants nationaux qui sont censés l'animer. Nicolas Sarkozy peut toujours dire que "la France est de retour en Europe". La question prioritaire serait plutôt : comment faire que l'Europe se protège et pèse dans le monde ?.

Laurent Watrin

Écrit par eurocitoyen dans Edito | Lien permanent | Tags : Europe, Sarkozy, présidence, Union, Betancourt, sondage | |  Facebook | | |

Commentaires

Plus qu'une otage, Ingrid Betancourt est de la race des grandes héroïnes. Elle est alimentée par un feu intérieur et une espérance qui guident les peuples.

Là est l'essence même de la Politique, loin des médiocres bavardages.

Une politique sans émotion ni sensibilité c'est aussi une politique sans humanité. Loin des discours techniques et rébarbatifs le message que nous livre implicitement Ingrid Betancourt est celui du courage et de l'abnégation.

Je désapprouve ton introduction : "Maintenant qu'Ingrid Betancourt est libre, passons aux choses sérieuses !"

Tu es polémiste au sens étymologique du terme (un guerrier). La Politique c'est aussi apaiser et rassembler autour des valeurs et qualités qui font de certains Hommes des êtres à part.

Amicalement,

FOP

Écrit par : FOP | 04/07/2008

Mon cher FOP, tu confonds polémique et provocation. Cela dit, je m'attendais un peu à ce type de commentaire. Mais le sujet de cet article n'était pas la libération d'Ingrid Betancourt, dont le courage et la valeur humaine ne font aucun doute à mes yeux, et dont je salue comme toi le caractère digne et imposant. Non, le sujet de cet article, c'est la vacuité de Nicolas Sarkozy et de son équipe européenne, à l'heure d'une présidence française qui se targue d'avoir contribué à la libération des otages en Colombie. Dans ce dossier diplomatique, il y a effectivement matière à polémique : la méthode Sarkozy a bien failli faire des victimes. La famille Betancourt a d'ailleurs dénoncé l'attitude française qui a joué les FARC contre la position du président Colombien Uribe, finalement payante. Il est intéressant de souligner qu'Ingrid Betancourt a salué Dominique de Villepin et Jacques Chirac, dont le comportement diplomatique et les réseaux d'influence étaient, semble-t-il, plus pertinents. Enfin, on peut aussi noter que Mme Betancourt est non seulement une figure héroïque, comme tu le dis, mais aussi une bête politique raisonnable et implacable : dès sa libération, ses premier mots ont été très politiques, elle a envoyé des signes très clairs de reconquête du paysage politique dans sa "patrie" électorale qu'est la Colombie.

Laurent

Écrit par : watrin | 04/07/2008

rassurez moi, on a encore le droit de trouver que l'événement ne mérite pas le ramdam auquel il donne lieu actuellement ? Je dirait même qu'on a le droit de s'en désintéresser totalement ? est on pour autant le pire des citoyens ?

Écrit par : dramelay | 04/07/2008

"Ingrid Betancourt est de la race des grandes héroïnes. Elle est alimentée par un feu intérieur et une espérance qui guident les peuples."
Rien que ça ?
C'est un peu un papillon de lumière...

Écrit par : dramelay | 05/07/2008

Je vois, je vois... C'est le jeu de la provocation et du second degré...:) Je persiste et je signe. Betancourt fait partie de ces rares personnages qui, par leur vécu, ont gagné une dimension qu'aucun autre ne pourra égaler par un quelconque déclaratif.

Au demeurant, aucune approche technique, une réflexion politique au "fil de l'eau", je te le concède. Pourtant, elle incarne la notion même du courage pour une nation toute entière, du même acabit (j'ose la comparaison) que Nelson Mandela ou Martin Luther King dont l'action politique se résume à la libération d'un peuple. Rien que ça!

Je ne sais si l'histoire retiendra Ingrid Betancourt. Elle a su lever les foules. A présent, elle doit maintenir son engagement au niveau de l'espérance qu'elle a suscité chez des millions d'individus.

Mon cher Dramelay, il y a parfois du mystique chez les hommes politiques. C'est en ce sens que j'ai évoqué le terme d'espérance. Les peuples en quête d'identité, de reconnaissance ou de souveraineté sont parfois portés par des aspirations irrationnelles. Sans être démagogique, le cas Betancourt représente la dimension suprême de la Politique.

Je sais, nous sommes loin de l'Europe des 27 et de sa nécessaire dimension technique. Nous parlions d'absence de Projet concernant l'Europe. Sans doute que celle-ci aurait aussi besoin d'un politique pour faire lever les foules? Si ça te tente?

Quant au papillon de lumière, je ne vois pas le rapport entre Ingrid Betancourt et Sandy Sanders.:)

FOP

Écrit par : FOP | 05/07/2008

par son vécu ou par les médias ?

Écrit par : dramelay | 05/07/2008

Les commentaires sont fermés.