30 octobre 2008
Débat nourri au café citoyen de Nancy
Une trentaine de personnes ont échangé leurs points de vue, ce jeudi 30 octobre, à l'occasion de la reprise du café citoyen de Nancy, organisé au Melkim'Pot, bar convivial qui nous accueillera désormais chaque dernier jeudi du mois.
Pour ce premier rendez-vous de la saison, le débat portait sur l'identité et la citoyenneté en Europe. Les participants ont exprimé majoritairement leur attachement aux valeurs de l'Union européenne tout en soulignant la difficulté de définir clairement ce que peut être la notre identité commune dans un espace politique de droits et de devoirs en évolution. Certains participants ont évoqué la nécessité d'un cadre social européen plus solide pour donner corps à la citoyenneté européenne. La possibilité d'un impôt européen et les fondements d'une Europe sociale ont notamment été abordés.
Pour ceux qui ont manqué le débat, voici une petite synthèse qui a servi de point de départ à ces échanges du café citoyen :
L'Union européenne repose sur des principes : liberté et démocratie, respect des droits de l'homme et libertés fondamentales. Son identité est d’abord politique (Etat de droit si l’on s’en tient aux textes qui organisent l’Europe). L’UE doit respecter les droits fondamentaux, garantis par la Convention européenne des droits de l’homme. La citoyenneté européenne est exprimée formellement par le Traité de Maastricht (1992). Le Traité Constitutionnel Européen (TCE rejeté en France, au Pays-Bas et en Irlande) affirme que l'Union doit promouvoir la diversité de ses cultures, tout en "mettant en évidence l'héritage culturel commun".
Une identité sans frontières
Tout Etat peut prétendre adhérer à l’UE, s’il respecte la démocratie et l’économie de marché. Les frontières de l’UE restent indéfinies. Certains pensent que l’identité européenne ne peut pas reposer sur les seules Institutions communes. Des désaccords profonds sont apparus dans la discussion sur TCE. D’où le conflit d’idées sur l’héritage religieux et les tensions sur les questions de la Turquie et l'immigration.
Identité locale d’abord ?
Des études révèlent que les citoyens européens s'identifient avant tout à leur pays ou à leur région. Selon un Eurobaromètre sur le sujet en 2004, 47% des citoyens européens se sentaient à la fois citoyens de leurs pays et Européens. 41% se disaient exclusivement "nationaux" et 68% étaient fiers d'être européens. En général, les citoyens sont davantage attachés à leur pays (92%), à leur région (88%) ou à leur ville (87%) qu'à l'Europe. C’est peut-être une des raisons du faible taux de participation aux élections des députés européens.
Europe « nationale » ou Europe « constitutionnelle » ?
Les communautaristes estiment qu'une entité politique doit s’ancrer dans une histoire et une culture communes. Pour leurs opposants, cette vision conduit à des politiques d’exclusion, notamment à l’égard des immigrés d’origine extra-européenne. Le professeur Samuel P. Huntington y voit même un risque de "choc des civilisations".
Les républicains et certains libéraux défendent avant tout une culture politique commune, c’est-à-dire une identité qui repose sur la citoyenneté et sur des principes universels liés à notre organisation sociale et politique, ce que le philosophe allemand Jürgen Habermas appelle "patriotisme constitutionnel". Inconvénient : cette vision distingue artificiellement public et privé, subjectif et universel, personne et citoyenneté. La synthèse est-elle possible ?
Les penseurs constructivistes le croient. Selon eux, une identité européenne naîtrait des échanges intenses au niveau civique, politique et culturel. Cette idée motive en fait la construction du projet européen. Encore faut-il que l’Europe donne les moyens à ses habitants d’être en relation permanente les uns aux autres. Ce qui passe probablement par une éducation à la citoyenneté dans le respect de la diversité. C’est a priori le sens des politiques communes de l’Europe.
Prochain café citoyen de Nancy, le jeudi 27 novembre, sur le thème "protectionnisme contre libéralisme ?"
Laurent Watrin
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25 octobre 2008
L'Europe sera-t-elle inspirée ?
La question de l'Etat fédéral européen est appelée au coeur de ce "carrefour" dans lequel nous sommes. Que voulons- nous pour notre espace commun ? Comment défendre nos valeurs ? Un Etat fédéral, peut-être, mais pour quoi faire ? Quel modèle de société réinventer ? Quelles inspirations nouvelles ?
Le clivage politique devient global. Il n'est même plus social contre libéral. Il n'est peut-être pas non plus jacobin centralisateur contre fédéraliste régionalisteur, mais plutôt valeur de la personne humaine contre absurdité d'un système qui nous précipite dans un mur, à grande vitesse et à l'échelle mondiale.
La situation apparaît pré-insurrectionnelle, comme l'avait d'ailleurs exprimé François Bayrou pendant la campagne présidentielle. Prenons garde aux relents d'une dictature de l'esprit, qui commencent toujours à se faire sentir en période de crise aigüe. La propagande risque de faire son oeuvre pour "acclimater" le peuple (joli mot si dévoyé) à l'idée de ne pas se plaindre et de ne pas imaginer autre chose...
Question écoLoNomique : comment dépasser le système financier délirant et rompre avec la mesure classique de l'économie réelle, fondée sur des valeurs ajoutées pas forcément utiles (un mort sur la route rapporte plus qu'un lit d'hôpital !).
Les citoyens peuvent, et doivent, agir avant de se faire berner. Difficile ? Pas tant que ça. Exprimons un peu de bon sens. Quelques propositions : défendons collectivement et incarnons individuellement les valeurs modernes de l'Europe que sont la paix et l'écologie (au sens économique des ressources pour tous). Si nous modifions notre vision de la valeur utile (ajoutée) des choses et des projets humains, alors on a peut-être une chance de proposer du neuf pour l'intérêt général et les générations futures, dans le respect des identités et dans la liberté des personnes. Le micro-crédit, l'économie sociale, les projets d'agriculture de proximité ont jeté quelques bases dans ce sens.
Le nouveau modèle est aussi un enjeu démocratique - au sens politiquement libéral. Aucun banquier, aucun tenant du système actuel, aucun Etat, aucun rapport de force nationaliste ne devrait décider sans demander l'avis du peuple. Et le seul bulletin dans l'urne ne suffira pas.
Il faut sans doute concevoir la mise en relation du système économique (productif) avec le choix des citoyens (la demande active réelle). Sortir de la consommation suscitée par la publicité et l'anxiété du besoin perpétuel et infondé. Il faut aussi donner de l'air à la participation locale du citoyen.
Quelques pistes : référendum d'initiative, multiplication du débat régional, réflexion sur le revenu d'existence universel, développement de l'économie de proximité, du micro-crédit personnel ou crédit souscriptif (= l'offre et la demande s'accordent dès le départ), et instauration de mesures négatives de la production (exemple : les productions les plus polluantes feraient baisser le PIB alors qu'elles l'augmentent aujourd'hui comme toute autre entreprise).
En attendant - sans vouloir endosser le rôle de Cassandre - constatons que l'économie classique est dans une sombre panade. Les PME les plus fragiles (celles qui embauchent et délocalisent très peu, ne l'oublions pas !) ne savent pas comment payer leurs factures. Les garanties nationales bancaires ne suffiront pas à régler la dette des dites banques. Et les grandes entreprises anticipent une crise longue en commençant à sacrifier "les troupes" (chômage technique annoncé chez Renault).
Le sacrifice n'est jamais bon pour la démocratie.
Alors, réveillons-nous ! On peut rêver, il est même temps : l'alternance est "jouable", mais pas en Bourse.
Laurent Watrin
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23 octobre 2008
Un groupe de travail européen pour le système financier
Le groupe d’experts indépendants chargé de réfléchir à la future supervision financière en Europe devrait commencer son travail dans les jours prochains. C'est ce qu'a indiqué, ce mercredi 22 octobre, le président de la Commission européen, José Manuel Barroso. Le président de ce groupe d'experts européens, Jacques de Larosière, souhaite éviter « un énième rapport que personne ne lirait ». L'objectif est d’identifier les faiblesses du système actuel et de proposer des pistes neuves. Les premières conclusions de ce groupe de travail sont attendues pour le Conseil européen programmé en mars 2009.
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22 octobre 2008
L'Islande en crise pense à l'Europe
La crise financière provoque le débat en Islande sur une éventuelle adhésion du pays à l’Union Européenne. Les syndicats islandais y sont favorables. L’adoption de l’euro fait partie du débat. Selon un sondage national, 70% des Islandais interrogés souhaitent un référendum sur la question, et 49% des sondés souhaiteraient rejoindre l'Europe. Le Commissaire à l’élargissement, Olli Rehn, estime que les négociations d’adhésion pourraient s’ouvrir rapidement, l’Islande étant un pays démocratique européen et membre de l’Espace Economique Européen.
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20 octobre 2008
Café citoyen, reprise à Nancy
Les cafés citoyens de Lorraine viennent d'entamer un cycle de débat sur l'Europe. La notion de culture européenne a été discutée à Metz, samedi dernier (18 octobre). Le café citoyen de Nancy lance le débat, jeudi 30 octobre, sur notre appartenance commune. Question posée : "lorrain, français, européen : 3 identités, 1 citoyenneté ?".
Rendez-vous le jeudi 30/10 au café restaurant le Melkim'Pot, rue de l'île de Corse, un lieu chaleureux et convivial à deux pas de la place Stanislas, tout près des lignes de tram et de bus, avec parking à proximité pour les voitures personnelles.
POUR VOIR ET IMPRIMER L'AFFICHE DU CAFE CITOYEN DE NANCY : CLIQUER ICI
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15 octobre 2008
Culture européenne au café citoyen de Metz
Si la culture est ce qui reste quand on a tout oublié, le citoyen européen aurait-il trop de mémoire ? OU bien serait-il si peu fier d'appartenir à sa communauté qu'il ne la revendiquerait pas comme une culture à part entière ?
"Existe-t-il une culture européenne ?"
C'est à cette question que le café citoyen de Metz, ce samedi 18 octobre, vous invite à réflechir. 27 Etats membres dans l'UE, 23 langues officielles, des tensions historiques persistantes, mais aussi des liens réels, une mobilité qui brasse les pratiques personnelles et les points de vue... Peut-on pour autant parler de culture européenne ?
Débattons-en ensemble, samedi prochain, à Metz, café Jehanne d'Arc (place Jeanne d'Arc). 15h/17h (happy hour sur les bières !)
Pour jeter un oeil à l'affiche officielle du café citoyen, cliquer ICI
Et puis un lien pour vous inspirer : l'Europe des cultures... un panorama signé INA
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07 octobre 2008
7 ans de malheur, et ça continue...
La crise financière actuelle trouve son origine aux Etats-Unis, après les attentats du 11 septembre 2001. Après ce « séisme », la stratégie américaine oriente dangereusement les finances du pays et du monde. A l'époque, la FED, la Réserve Fédérale (banque centrale américaine), abaisse ses taux directeurs de 6,5 % à 1 %. L'économie américaine se trouve emballée par le crédit rendu accessible à des millions de foyers.
Cela fonctionne si bien que les prêts consentis deviennent de plus en plus risqués. La solvabilité des emprunteurs se fait douteuse. Les fameux "subprimes" commencent à inonder le marché américain.
Février 2007, les paiements sur les crédits "subprimes" sont de plus en plus défaillants. C'est l'heure des premières faillites de banques américaines.
Janvier 2008. Baisse des taux directeurs de la plupart des banques américaines et rachat, à petit prix, de certains établissements. Deux organismes importants du crédit hypothéaire sont placés sous tutelle du Trésor américain.
A la mi-septembre, la banque d'affaires Lehman Brothers dépose le bilan, Merrill Lynch est rachetée.
26 septembre, l’Europe est touchée réellement. Le bancassureur belgo-néerlandais Fortis s’effondre. Il est renfloué quelques jours plus tard par les autorités belges, néerlandaises et luxembourgeoises. En Grande-Bretagne, la banque Bradford and Bingley est nationalisée.
Le 3 octobre, le plan « Paulson », très attendu par les places boursières du monde, est adopté par le Congrès américain. Ce pacte fédéral débloque 700 milliards de dollars pour sauver le système bancaire étasunien.
Depuis, la chute des valeurs boursières continuent... et les banquiers se regardent en chiens de faïence...
Les dernières infos sur la crise en Europe, sur le site EUROPE-MODEM-EST.EU
Laurent Watrin
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02 octobre 2008
Crise bancaire et Europe fédérale
La crise financière mondiale, conséquence des faillites américaines, remet en question le modèle institutionnel de l’Europe. L’Union européenne n’est pas adaptée pour lancer un plan de sauvetage du système bancaire, comme le font les Etats-Unis d’Amérique. Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet l’a expliqué, ce jeudi 2 octobre. Le « grand argentier » de l'Europe est dans son rôle en soulignant que l’Europe n’a "pas de budget fédéral".
Ce propos renvoie à la question du modèle européen et de sa capacité à trouver des réaction en cas de crises aiguës. Seule une Fédération européenne pourrait avoir la légitimité et le poids suffisant pour réguler la finance mondiale.
La crise actuelle renvoie notamment à la question - sensible - d’un possible impôt européen, en remplacement de l'actuelle contribution des Etats au budget de l'UE. Que voulons-nous ? Une Europe du libre échange articulée sur la concurrence entre les Etats membres et les entreprises du Continent ? Ou bien une Europe qui s’intéressent aux grands équilibres pour l’intérêt général. Cela ne veut pas dire que l’Europe politique doit s’occuper de tout, mais qu’elle puisse trouver une juste réponse aux grandes menaces futures. C'est en fait la question d'un Etat de droit européen mieux armé qui est posée.
En attendant, les choix se font au cas par cas, pays par pays. Comme en Irlande, où le parlement a voté, ce jeudi, le principe d'une garantie nationale illimitée pour les grandes banques du pays qui seraient en difficulté. Le débat sur le sujet a été tendu au pays du boom économique et du « non » au traité européen. Les citoyens de l’Union seraient bien inspirés de porter le débat au niveau… fédéral.
Samedi 4 octobre, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a appelé les pays européens à agir ensemble face à la crise financière. Propos tenu après son entretien avec Nicolas Sarkozy, à Paris.
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