30 novembre 2008

Le MODEM de Bayrou inspire et inquiète... et c’est tant mieux !

Le Parti Socialiste est au bord de l’implosion. C’est sans doute une question de temps. La gauche classique française risque bien de se recomposer de façon brutale. Encore quelques passes d’arme et mots doux entre les dirigeants du PS, et la situation devrait se clarifier. Commentaire amusant ce dimanche, celui de Bernard Tapie, dans Le Parisien. L’ancien homme d’affaires, reconverti dans le théâtre (autre facette de son art ?) estime que Martine Aubry est la meilleure candidate pour la gauche. Tapie dit aussi que le PS ne doit pas s’allier à Bayrou, accusé de populisme façon Le Pen ! C’est amusant, Tapie ne parle jamais du populisme de l’extrême gauche et ses conseils de sulfureux comédien, avide d’argent partout sur son passage, sont sans doute à suivre avec attention. Que François Bayrou fasse peur à cette gauche-là, c’est bien normal. Le président du MoDem et ses troupes ont un projet de société, alors que les « éléphants » plus ou moins vieillissants du PS n’ont que des envies de pouvoir. Tristesse.

Et à droite, quoi de neuf ? Comme chacun sait, le sigle UMP cache un seul homme. Un arbre devant une forêt victime de l'échauffement du climat politique. Et ceux qui osent exprimer une certaine liberté de parole le payent un jour (au gouvernement, la purge est engagée). N’oublions pas la « soupape de sécurité » : le Nouveau Centre (étiquette Non Communiquée ?). Que dit le machin plus ou moins centriste et plus ou moins allié de la droite au pouvoir ? Qu’il faudrait peut-être envisager des "emplois chance" pour relancer l 'économie française. C’est quoi, ça ? La possibilité pour une entreprise de moins de 20 salariés de recruter sans payer de charges sociales pendant trois ans. C’est ce que proposait le candidat François Bayrou. Etonnant, non ?

Autre proposition du MoDem qui fait gentiment son chemin : celle que Nicolas Sarkozy reprend timidement (ce jeudi) en Bretagne, devant le congrès des maires de France. L’idée : offrir la possibilité aux régions françaises de se rapprocher, à titre expérimental. François Bayrou, pendant la campagne présidentielle, souhaitait la fusion région-départements et une clarification des compétences entre l'Etat et les collectivités locales. Une partie des élus de gauche et des Verts sont d'accord, d'ailleurs.

Il y a au moins un sujet sur lequel les faux-semblants ne tromperont personne : l’Europe. François Bayrou et le Modem proposent une nouvelle donne et une construction plus politique et plus démocratique de l'Union. A gauche et à droite, on préfère ne rien dire sur ce thème. Ce serait trop risqué : Bayrou pourrait passer pour un mec bien.

Laurent Watrin

29 novembre 2008

Avenir de l'Europe


La crise qui touche l'Europe trouvera sans doute quelques solutions matérielles les 11 et 12 décembre prochain. Le conseil européen se penchera alors que les propositions de la Commission pour renflouer le système bancaire tout en relançant la consommation. Interventionnisme classique fondé d'abord sur la coopération des Etats nations. A quand une Europe concrète et unie ? A quand un changement de modèle ?

Le prix Charlemagne pour la Jeunesse européenne est destiné à promouvoir le sentiment commun d'appartenance et de servir de modèle pour les jeunes européens, en présentant des exemples concrets d'Européens parvenant à vivre ensemble. Tous les citoyens ou résidents des 27 pays membres de l'Union européenne (UE), âgés de 16 à 30 ans peuvent y participer, a titre individuel ou à titre associatif. Le 2 avril 2009, un jury européen, formé de trois députés européens, du président du Parlement européen et de quatre représentants de la Fondation du prix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle se chargera de choisir les trois meilleurs projets parmi 27 dossiers préselectionnés.

Serait-ce là le moyen de trouver de nouvelles initiatives pour le futur de l'Union ? On peut rêver. Allez, les jeunes, c'est le moment !

Si vous êtes jeunes et souhaitez participer au concours, un petit clic ICI

19 novembre 2008

Histoire et présent...

Une page de littérature historique adressée par un de mes amis fédéralistes...

"Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire... Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé".


Ce texte est tiré du pamphlet de Victor Hugo contre Louis-Napoléon Bonaparte.

14 novembre 2008

Quelle voix européenne dans le sauvetage planétaire ?

Le G20 est réuni à Washington depuis vendredi soir pour tenter d'apporter des réponses concrètes à la crise. Les dirigeants des grands pays industrialisés et des Etats en développement doivent tenter d'élaborer une stratégie globale pour éviter une crise économique dure dans le monde entier. L'Europe veut obtenir une méthode de travail et un calendrier de travail.

Selon le gouvernement américain, le G20 devrait mettre en place un "collège de superviseurs" chargé de contrôler les 30 plus grandes banques du monde afin d'éviter les risques excessifs. Des organismes tiennent déjà ce rôle : le Forum de Stabilité Financière (FSF), la Banque des Règlements Internationaux (BRI) et l'Organisation Internationale des Commissions de Valeurs (OICV), qui réunit près de 200 régulateurs de marchés. Une partie des membres du G20 souhaitent un système de prévention précoce des crises financières. Le FMI et le FSF sont candidats.

Les Américains sont favorables à une réforme du FMI et de la Banque Mondiale pour y accroître le poids des pays émergents. Mais les Etats-Unis n'accepterent pas l'idée d'une coordination de la surveillance financière. Washington refusent de voir apparaître un régulateur unique supranational des marchés et établissements financiers. Améliorer les règles comptables de chaque pays concernant les titres financiers fait aussi partie de la réflexion. Question : quels instruments peut-on mettre en oeuvre au niveau mondial pour lutter contre l'opacité et les malversations sur les marchés ?

La Chine a indiqué qu'elle était prête à soutenir davantage l'économie mondiale, en s'engageant à éviter les ventes massives des gros actifs chinois à l'étranger. La Chine finance la moitié de la dette américaine. Le Japon, qui finance l'autre moitié de la dette américaine, a proposé de prêter jusqu'à 100 milliards de dollars au FMI pour renflouer les pays les plus touchés.

L'économie mondiale change de main. Les Etats-Unis ne sont plus maîtres. L'Europe a sans doute un rôle moteur à jouer dans l'instauration d'un nouveau système de régulation. Mais entendra-t-on une voix commune ?

11 novembre 2008

Citations pour une commémoration

"Le patriotisme, c'est l'amour des siens. Le nationalisme, c'est la haine des autres".
Romain Gary (Education européenne, roman publié en 1945).

Nicolas Sarkozy a présidé ce mardi 11 novembre la cérémonie internationale organisée par la présidence française de l'UE pour les 90 ans de l'armistice de la Grande Guerre. Dans son discours, le chef de l'Etat français a souhaité exprimer les leçons de la barbarie. Le discours de Nicolas Sarkozy a ouvert la voie à une réhabilitation des mutins de la première Guerre Mondiale. Réhabilitation qui avait été proposée par Lionel Jospin et refusée par Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy a donc rendu hommage à ces "Poilus" qui refusèrent le "boucherie" et qui furent fusillés pour cela. La fin du discours présidentiel a revêtu des accents européens qui marqueront cette commémoration historique. Nicolas Sarkozy s'est par ailleurs rendu au cimetière allemand de Ville-devant-Chaumont. C'était une première pour un président de la république française.

Ci-dessous un extrait du discours présidentiel

podcast

10 novembre 2008

Une certaine "pression" européenne dans la crise

Le sommet européen organisé ce week-end entre les chefs d'État et de gouvernement de l'Union a permis aux 27 d'affirmer la nécessité de coordonner leurs politiques économiques. Il s'agissait de préparer la réunion internationale du samedi 15 novembre, qui se tiendra à Washington.

Pour ce sommet du "G20", la présidence française de l'Europe souhaite faire valoir l'idée d'un renforcement des contrôles financiers dans les 100 jours. Une nouvelle réunion internationale sera proposée le cas échéant à l'issue du rendez-vous du week-end prochain. Selon l'UE, le Fonds Monétaire International (FMI) devrait avoir un rôle central dans la surveillance des finances internationales. Mais quelle forme cette intention peut-elle bien prendre ? L'Europe souhaite notamment que les paradis fiscaux et les fonds spéculatifs soient auscultés à l'avenir... Comment réaliser l'objectif ?

La position commune de l'Europe apparaît toutefois fragile. L'accord conclu ce week-end par les 27 cache mal les divisions. Si bien que la feuille de route de Nicolas Sarkozy, qui s'exprimera au nom de l'Europe à Washington, ressemble à un « mandat vague », comme l'a exprimé le gouvernement tchèque (eurosceptique)... Il faut dire que la proposition défendue par Nicolas Sarkozy pour élaborer un gouvernement économique capable de discuter sur un pied d'égalité avec la Banque centrale européenne (BCE) a soulevé l'opposition de plusieurs États. L'Allemagne, notamment, considère ce projet comme une menace pour l'indépendance de la BCE.

Parallèlement à ce sommet européen, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays les plus avancés et des grands pays émergents (G20) ont préparé le terrain pour le sommet d'urgence du 15 novembre à Washington. Les "argentiers" de ce G20 se sont engagés à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour restaurer une confiance dans les marchés et pour accorder plus de poids aux pays en développement dans les affaires économiques de la planète. Mais il n'y a pas eu de proposition concrète...

De son côté, la Chine - qui est en passe de devenir la première puissance économique du monde - a annoncé sa participation au sommet du G20 tout en décidant d'injecter plusieurs centaines de millions d'euros dans son économie, afin de soutenir sa demande intérieure. Saluée par certains économistes comme un recours supplémentaire face à la crise mondiale, la position chinoise n'aura peut-être pas pour effet durable de participer au sauvetage de la finance internationale. Jusqu'à maintenant, les plans nationaux de soutien à la croissance et à l'investissement ne remettent pas en question les règles du marché. Celles-ci seront-elles modifiées par les travaux du G20 ?

Laurent Watrin

A lire : une note de la présidence française sur la finance internationale ICI

07 novembre 2008

Vers une position commune de l'UE sur la réforme des règles financières mondiales

Un document de travail de la Présidence française de l'Union européenne a servi de base de discussion aux ministres européens des Finances réunis, mardi 4 novembre, pour entamer la préparation d'une position européenne avant le premier sommet international consacré à la réforme du système financier mondial, samedi 15 novembre, à Washington.

Ce texte avance onze pistes pour un possible accord européen sur la réforme. L'encadrement des agences de notation financières (en savoir plus) fait partie des propositions. La révision des règles comptables internationales est également envisagée. De même que le renforcement de la coopération transfrontalière entre autorités de supervision. L'Europe souhaite aussi valoriser la rémunération des systèmes qui évitent les risques excessifs.

Le premier document élaboré par les ministres des finances de l'Europe sera retravaillé sur la base des remarques faites par les délégations. Un rapport de propositions concis devrait être soumis au conseil de l'Europe extraordinaire prévu le 7 novembre.

La volonté de la présidence française de l'UE soulève une certaine inquiétude chez ses partenaires. La Finlande, par exemple, craint un excès de réglementation. De son côté, l'Allemagne redoute l’émergence d’un gouvernement économique européen. Ce serait pourtant une bonne nouvelle d'un point de vue fédéraliste...

Laurent Watrin

04 novembre 2008

Changement aux Etats-Unis... d'Europe ?

L'Obamania contre le méchant Mc Cain, héritier de Bush... Obamania ! C'est le mot à la mode en Europe depuis plusieurs mois, mode confirmée par le résultat de l'élection présidentielle américaine. Les Européens préfèrant John Mc Cain n'ont qu'à se planquer. Ils sont hasbeen comme on dit en langue mondialisée... Mais le rêve américain des Européens est-il si prometteur ?

Cette petite introduction n'a pas pour ambition d'indiquer ce que j'aurais voté moi-même si j'avais été électeur au pays de l'Oncle Sam. Je préfère, ici, garder un peu de recul (même si je trouve Barack Obama plus intéressant que son concurrent, allez, j'avoue !).

Mais d'abord, petit rappel institutionnel : les élections fédérales américaines intéressent bien plus le monde extérieur aux USA que les Américains eux-mêmes. C'est curieux, mais c'est comme ça. La première puissance mondiale produit des paradoxes à cause de son propre système démocratique et de son Histoire qui a écrasé celle des autres au XXè siècle. Chez eux, les électeurs états-uniens choisissent d'abord leurs gouverneurs locaux, leurs juges (ils sont élus !), leurs shérifs (élus aussi), leurs représentants de quartier ect... autant d'élus liés à chaque législation d'Etat... Bref, il y a du boulot en démocratie américaine, et pour ce qui est du président des Etats-Unis d'Amérique - celui que les Européens attendent comme une sorte de messie pour tout changer - l'électeur américain donne sa voix à un "délégué", autrement dit un grand électeur, qui fera ensuite sa besogne de conduire au poste suprême le grand chef de l'Union américaine. Peut-être les Américains seront-ils allés voter un peu plus que d'habitude cette année mais cela ne modifie pas profondément la donne.

Et après ?

Nous, les Européens, serons peut-être surpris. Si l'Europe espère du changement après l'élection d'un nouveau président américain, elle n'a raison que partiellement. D'abord parce que les erreurs du gouvernement conservateur sortant ne seront pas effacées par une baguette magique démocrate. Ensuite, parce que, en période de crise, l'Amérique peut choisir le renforcement du protectionnisme ou, inversement, avec la force d'une image redorée dans le monde, décider une nouvelle politique unilatérale, qui ne sera pas forcément une bonne nouvelle. Quelle option représente le risque le plus vaste pour l'Europe ?

Le plus important, c'est sans doute d'affirmer la voix de l'Union Européenne dans le contexte actuel. On peut toujours se féliciter d'un résultat aux Etats-Unis qui orienterait le changement. Mais une autre échéance cruciale approche. Celle du 15 novembre prochain. Comme le note très justement, sur son blog, le président de la fondation Robert Schuman, Jean-Dominique Giuliani, les 20 plus grandes économies du monde (le fameux G20) vont essayer, dans quelques jours, de "nettoyer" et d'apaiser la finance internationale. La différence entre l'Europe et les USA est immense sur ce sujet. La dette américaine est exponentielle et elle sera encore creusée par l'application du plan Paulson. La dette de l'Europe, elle, est modérée et les plans européens de soutien aux banques appellent une réflexion nouvelle sur le système productif tel qu'il est appuyé par le réseau bancaire. L'économie européenne et l'investissement sur le Continent représentent de vrais atouts.

La question cruciale est sans doute celle-ci : l'Europe va-t-elle s'affirmer comme la première puissance économique du monde et avancer d'une seule voix pour participer à un nouvel ordre économique international ? Le plus grand marché du monde est européen. Le modèle social européen est convoité. Le compromis démocratique multinational est une force unique au monde.

En résumé, Obama ou Mc Cain, ce n'est pas le problème. L'enjeu, ce sont les Etats-Unis... d'Europe !

La mobilité des étudiants, priorité de la présidence française de l’Union


La mobilité des étudiants européens doit devenir la règle pour tous. C’est l’objectif affirmé par la Ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, lors de sa conférence à Nancy, mardi 4 novembre. Ce colloque préparatoire au conseil des Ministres européens de l'Education et de la Recherche (prévu le 21 novembre à Bruxelles) a réuni plus de 200 responsables européens, parmi lesquels le commissaire européen à l'Education. Jan Figel s’est déclaré en phase avec ce plan français pour la mobilité.

Du chemin à faire

Actuellement, 3,5% des étudiants européens voyagent à l'étranger. En France, le taux est de 4,5% (77.000).
étudiants concernés).Valérie Pécresse propose à ses partenaires de soutenir les financements de la mobilité en s’appuyant sur la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et le Fonds social Européen (FSE). La Ministre Valérie Pécresse a profité de ce colloque européen pour annoncer des mesures nationales. Le gouvernement a décidé de doubler le nombre de bourses d'étude dès cette anéne. Elles passeront donc à 30.000, avec cumul possible entre les bourses d’études et les bourses à caractère social. Les étudiants des familles les plus modestes obtiendront ainsi 846 € pour un séjour universitaire chez un voisin d’Europe. Petit bémol franco-français : les bourses sur critères universitaires (anciennement bourses au mérite) qui permettaient de soutenir les étudiants brillants, ont disparu cette année…

Enjeu primordial pour la construction européenne

Le Nancéien Jean-Pierre Finance, président de l'Université Henri Poincaré de Nancy et premier vice-président de la conférence des présidents d'université, estime que la mobilité européenne passe par des mesures financières et pratiques. « Un vrai budget pour la jeunesse et l’avenir du Continent » est nécessaire selon lui. Jean-Pierre Finance souligne aussi l’importance de la reconnaissance mutuelle des diplômes et de l’harmonisation des calendriers universitaires. Le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, pense que la crise économique peut être « un accélérateur des bonnes idées » pour renforcer les liens en Europe, et notamment doper la mobilité des étudiants.

Plan Campus lorrain et concurrence luxembourgeoise

La Ministre Valérie Pécresse a par ailleurs évoqué le plan campus lorrain, baptisé "Campus Prometteur". Un label de rattrapage, en quelque sorte, après l’échec lorrain sur l’appel d’offre national qui va permettre à 10 réseaux universitaires français de recevoir 5 milliards d’euros de crédits d’Etat exceptionnels. La Lorraine « prometteuse » aura aussi une enveloppe, promet la Ministre. La discussion est en cours, avec les partenaires de la région et l’Etat, sous la houlette du préfet Hubert Blanc. Pendant ce temps-là, le Luxembourg développe son université (4400 étudiants cette année). Les campus voisins de la Lorraine sont en concurrence avec les campus nancéiens.

Le Luxembourg, exemple de mobilité complète

Au Luxembourg, la mobilité des étudiants est obligatoire, inscrite dans la loi national. La Bourse Erasmus luxembourgeoise s’élève à 2800 € par an et par étudiant. Elle est cumulable avec des bourses sociales pour les étudiants les plus modestes. Il existe aussi des bourses au mérite. Les universités lorraines auront peut-être du mal à rivaliser avec l'expansion de son voisin.

Le développement des échanges interuniversitaires fait partie des grands objectifs du prochain conseil des ministres européens de l'Education. Mais une partie des Etats membres de l'Union pourraient accueillir fraîchement le plan porté par la présidence française. Car le projet risque de remettre en cause les systèmes d'enseignement supérieur de nos voisins dans la compétition internationale.

Laurent WatrinMardi 4 novembre 2008

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