30 janvier 2009

L'air du temps ?

L’Eglise catholique vient d’inaugurer le tout nouveau domaine de l’Asnée, à Nancy. Ce qui était autrefois le grand séminaire est devenu un lieu privé et commercial, "ouvert à la société civile", selon les mots des évêques. En clair, l'Eglise propose des salles de réunions aux tarifs qu'elle veut. C'est une bonne façon de renflouer le denier du culte et d'assurer par la même occasion la liberté de réunion et d'expression pluraliste. On imagine tout de même que ce domaine ombragé au coeur d'une enceinte religieuse n'accueillera pas le salon de l'érotisme. Enfin, bref, rien d'anormal.

Le problème, c'est que l'inauguration a eu lieu en présence officielle de plusieurs élus locaux de la République (de droite comme de gauche). Sans aller jusqu'à l'extrêmisme des Libres Penseurs (laïcards souvent outranciers), il faut peut-être rappeler que la loi de 1905, dans son article 2, précise que La République ne reconnaît aucun culte.

Même si la collectivité publique a pu contribuer à certaines facilités de travaux pour le domaine de l'Asnée, comme elle le fait pour la plupart des permis de construire, l'inauguration de ce lieu ouvert, certes, mais religieux malgré tout, n'avait pas besoin de la présence d'élus républicains. Mais c'est sans doute ce qu'on appelle l'air (l'esprit ?) du temps. A quand l'inauguration républicaine d'une banque islamique ou d'un commerce juif ?

LW

29 janvier 2009

Climat : trop dur pour l'Europe ?

La commission européenne vient de présenter, ce mercredi 28 janvier, son projet de proposition pour les nouvelles négociations mondiales sur le climat. Il s'agit de préparer le nouveau traité international pour limiter les gaz à effet de serre. Ce futur accord, qui doit être validé à Copenhague en décembre prochain, remplacera le protocole de Kyoto (1997).

Le commissaire européen a l'environnement, Stavros Dimas, explique que « pour parvenir à un accord, il sera crucial de trouver de nouveaux modes de financement ». L'exécutif européen propose une alternative : ou bien un engagement annuel des pays riches en faveur des pays en développement basé sur les émissions de gaz relatif au PIB ; ou bien un prélèvement sur les recettes de leurs enchères d’émissions.

Si les pays industrialisés devraient porter la plus grande part de l’effort, en réduisant collectivement leurs émissions de gaz à effet de serre de 30% d'ici 2020 (par rapport aux volumes de 1990), la Commission européenne souhaite aussi que les pays en croissance économique prennent leur part de responsabilité. En outre, la Commission de Bruxelles propose un marché commun du carbone au sein de l’OCDE d’ici à 2015. Ce serait une étape vers un marché mondial, selon les experts de l'UE. L'Europe des 27 a déjà prévu de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 (30% en cas d'accord à Copenhague).

La crise financière mondiale risque de peser lourd dans la négociation, et probablement dans un sens défavorable à la planète. A moins que les Etats développés comme en développement se mettent d'accord sur la nécessité de développer - en commun ! - des énergies sans conséquence sur le changement climatique. En tout cas, la maîtrise des énergies et des matières premières est au coeur de toute nouvelle donne internationale. Et dans ce domaine, l'Europe dans son ensemble paraît avoir peu de moyens de pression, à l'heure qu'il est.

21 janvier 2009

Mauvaise nouvelle, urgence européenne

Comment freiner la crise ? La réponse sera européenne ou ne sera pas. D'après les prévisions de la Commission européenne, la zone euro devrait connaître une récession économique. C’est la première fois qu’un organe officiel européen affiche clairement l’ampleur de l'inquiétude collective. Barack Obama, avant même son entrée officielle en fonction, avait précédé les dirigeants européens dans l'annonce des conséquences du désastre venu des Etats-Unis.

Les conséquences probables de cette crise en 2009 pour l'Europe sont une forte hausse du chômage et des déficits publics dans tous les pays d'Europe. Le Produit intérieur brut (PIB) devrait reculer de 1,9% dans la zone euro, selon les économistes de Bruxelles. Ils envisagent ensuite une petite reprise économique, en 2010 (autour de 0,4%).

Selon le commissaire européen aux finances, Joaquim Almunia, "les mesures de stabilisation du marché financier, l'assouplissement des politiques monétaires et les plans de relance économique nous permettront d'enrayer la détérioration de l'économie cette année et de créer les conditions d'une reprise progressive au cours du second semestre de l'année". Et le commissaire précise : "la mise en oeuvre efficace de ces
mesures doit constituer notre priorité".

Le chômage dans la zone euro atteindrait 10,2% en 2010 (plus fort taux depuis la création de l’espace monétaire unifié). Dans certains pays, l'envolée pourrait être spectaculaire, toujours selon la Commission. En Espagne, le chômage devrait passer à 18,7% de la population active, contre 8% fin 2006. En France, il devrait monter jusqu'à 10,6%.

Sous l'effet de cette dégradation, et des dépenses liées aux plans de relance, Bruxelles prévoit une croissance des déficits publics, qui atteindraient 4,4% du PIB l'an prochain, en moyenne.

Plusieurs dirigeants européens estiment que les objectifs du Pacte européen de stabilité et de croissance doivent être respectés malgré les
plans de relance. C’est notamment le point de vue du gouvernement allemand, partagé par celui des Pays-Bas.

Quels que soient les cadrages bugdégaitres finalement retenus, les Européens convaincus peuvent difficilement se contenter d’une simple
coordination des plans nationaux. D'autant qu'elle semble difficile. Pour les partisans d’une Europe politique, un gouvernement économique fédéral devient nécessaire urgemment. C'est aussi une question démocratique. Les candidats de juin prochain poseront-ils cet enjeu clairement ?

En tout cas, si l’Europe ne se construit pas plus solidairement, elle risque d’en payer le prix fort. Et les nationalismes ne régleront rien.

Laurent Watrin

20 janvier 2009

Faut-il supprimer le juge d'instruction ?

A première vue, grossièrement, on pourrait se dire que le juge d'instruction peut disparaître. Que fait-il ce juge ? Il "instruit", il conduit une enquête judiciaire afin de rassembler les éléments d'une affaire avant son renvoi devant un tribunal. Le juge d'instruction est censé éliminer les zones d'ombres. Théoriquement, il regarde à la fois ce qui accuse le suspect et ce qui peut l'innocenter. On appelle ça instruire à charge et à décharge.

Dans les démocraties européennes, la France et la Belgique sont des exceptions. Seuls ces deux pays ont encore un juge d'instruction. Ailleurs, c'est un procureur (représentant l'Etat) qui dirige l'enquête, avec des variantes. En Italie, le procureur est indépendant. En Allemagne, le procureur dépend de l'exécutif mais sous contrôle d'un juge garant de l'équité de la procédure. La défense a également la possibilité de mener sa propre contre-enquête.

Où en est le modèle français ? D'abord, les réformes de la procédure pénale font que le juge d'instruction est devenu de plus en plus un enquêteur et de moins en moins un juge. C'est ce que note très bien le rapport parlementaire sur l'affaire d'Outreau (accusés à tort dans une affaire de pédophilie, en 2005). Philippe Houillon, le rapporteur, explique que le juge d'instruction "a été dépossédé d'importantes prérogatives", notamment "ordonner le placement en détention provisoire des personnes mises en examen". . Et le rapporteur d'ajouter : "si le juge d'instruction cessait d'être un enquêteur, il faudrait confier cette mission au ministère public et aux officiers de police judiciaire. Or, en quoi ce transfert de compétence prémunirait-il les justiciables des errements qui ont pu être observés dans l'affaire d'Outreau ? En effet, rien ne permet de postuler que les critiques adressées au juge d'instruction quant à la partialité de ses investigations ne soient pas applicables aux enquêtes dirigées par le parquet et les services de police".

Petit rappel pour finir. La démocratie, c'est l'équilibre des pouvoirs fondé sur la séparation de ces pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). Si l'on supprime le juge d'instruction pour le remplacer par un juge directement lié au Ministère (ce que redoutent les magistrats et une bonne partie des avocats), où sera l'indépendance de la justice face au pouvoir politique ?

Alors, en attendant une réforme démocratique, si on gardait le le juge d'instruction à la française ?

Laurent Watrin

16 janvier 2009

Un café pour les droits de l'Homme...

"Les droits de l'homme sont-ils menacés ?"

C'est la question qui sera débattue ce samedi, à Metz, à partir de 15h, dans le cadre des rencontres du "Café citoyen en Lorraine".

Volonté de réforme du système judiciaire français, défaillances des conditions de vie des prisonniers dans notre pays, inquiétudes humanitaires au Proche-Orient, minorités opprimées, crise financière et crise sociale... Les sujets d'actualité ne manquent pas pour étayer le débat, dans la liberté et le respect de la parole de chacun.

Rendez-vous au "Café Jehanne d'Arc" - Place Jeanne d'Arc - Metz - 15h / 17h

(happy hour sur la bière et café pas cher !)

11 janvier 2009

Sympathique Besancenot

Olivier Besancenot, vous l'aimez bien ? Il est sympa, hein ? Il dit des trucs que plein de gens pensent, non ? Et pis il est jeune et rebelle, sans effrayer complètement sa belle-mère. Le chef de file dynamique de la Ligue Communiste Révolutionnaire (oui, la "LCR", ça veut dire ça, rappelons-le !) n'est pas certain de vouloir se présenter aux élections européennes. On apprend ça dans le journal Le Parisien (daté du 9 janvier).

Mais pourquoi ?!

Le facteur idéologue n'a pas très envie d'aller au parlement européen parce que l'Europe, selon lui, n'aurait pas grand chose à apporter à la situation française. Et puis, il faut bien voir que stratégiquement, c'est pas très bon l'Europe. Les médias français (que Besancenot aime bien et c'est réciproque) ne s'intéressent pas trop à l'Europe. Et du coup, le petit facteur, il serait un peu embêté, s'il était élu, non ?

Non. Allez, j'arrête. Je suis pas cool avec Olivier. Il est sympa, quand même... Il faudrait juste lui rappeler que si l'écologie progresse un peu dans notre pays, c'est en grande partie grâce à l'Europe. Que si la crise n'a pas ravagé rapidement tout le système, c'est que le système monétaire européen n'est pas si mauvais que ça. Que si le CNE (contrat nouvelle embauche) a été abandonné en France, c'est grâce aux lois internationales sur le travail inspirées par l'Union européenne. Que si la formation professionnelle et la "sécurisation des parcours professionnels" commencent à intéresser les politiques français, c'est parce qu'on en discute au niveau européen depuis quelques années (certains voisins sont en avance). On pourrait aussi parler de l'égalité homme-femme au travail, de la lutte contre les discriminations, des droits de l'Homme, de la défense des minorités et des langues régionales, de la solidarité avec les pays en développement (sujet qui intéresse, en général, l'extrême gauche), largement financée par l'Europe, ce qui favorise les bonnes relations entre la France et certains pays...

Et n'oublions pas un point clé important : un député européen est aussi élu pour apporter un éclairage national et préserver les intérêts de son pays dans une législation qui vient de l'Europe à 80% !

Finalement, on se demande si Besancenot ne veut pas éviter les Institutions européennes parce qu'il est tout simplement ignorant... comme tant de Français mal informés ! Oui, il est sympa, Besancenot, et en plus il est honnête !

En attendant, si vous voulez, en juin prochain, choisir des Européens qui veulent plus de démocratie dans l'Union, y'aura les candidats du Modem !

LW

05 janvier 2009

Confusion européenne au Proche-Orient, selon Bayrou


Le président du MoDem, François Bayrou, estime que la visite de Nicolas Sarkozy au Proche-Orient provoque "un risque de dispersion" de l'action de l'Europe dans la région. C'est ce que François Bayrou a expliqué, lundi 5 janvier, sur l'antenne de France Inter. Le président du Modem redoute la confusion entre l'initiative française et la mission diplomatique de l'Union européenne, menée par la nouvelle présidence tournante de l'Union, assurée par la République tchèque. "Le risque, c'est la dispersion", selon le député Modem des Pyrénées-Atlantiques. Bayrou rappele que "si chacun des pays de l'Union européenne s'exprime en son propre nom, ça veut dire évidemment que l'Union européenne n'a pas de voix et si l'Union européenne n'a pas de voix, eh bien nous ne pouvons pas nous faire entendre".

Le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, est en visite diplomatique en Egypte, en Cisjordanie et en Israël. Dans le même temps, une mission européenne, pilotée par le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, est également présente depuis dimanche dans la région, dans l'espoir d'obtenir un cessez-le-feu.

04 janvier 2009

Bonne année...

Bonne Année ! Oui, mais laquelle ?

Une date à venir : prochain café citoyen à Metz, le samedi 17 janvier sur le thème des Droits de l'Homme.

A bientôt pour de nouvelles réflexions et échanges d'idées

Amicalement, meilleurs voeux pour 2009

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