31 mai 2009

Une Europe fédérale

Il est grand temps de revenir à l'idée des pères fondateurs de l'Europe : construire une union politique. Face à la crise, c'est une urgence. Autrement dit, il nous faut une Europe fédérale. Les candidats du Modem proposent que ce noyau dur politique se constitue en priorité autour des Etats membres de la zone euro (16 pays depuis l'adhésion de la Slovaquie à l'eurozone, cette année).

Le 17 mai dernier, la Convention Européenne du Modem, organisée à Montpellier, a permis à un grand fédéraliste européen de rappeler les grands projets concrets qui peuvent être réalisés par une union politique forte. Cet homme c'est Guy Verhofstatd, ancien premier ministre belge. Le libéral-démocrate flamand (rien à voir avec l'ultralibéralisme, j'entends déjà certaines voix !), soutenu par mes amis du mouvement Vivant Europe, a écrit un livre limpide intitulé Les Etats-Unis d'Europe (2007, éditions Luc Pire, Bruxelles). Je vous le recommande, évidemment.

A la tribune du Modem, le fédéraliste Guy Verhofstadt a donc prononcé, le 17 mai, un discours clair et volontaire, dans la perspective des élections du 7 juin.

Voici la quasi-totalité de son propos (3 minutes de lecture, pas plus !) :

“Je viens au congrès du parti le plus pro européen de France. Il faut que les pro européens se défendent et se soutiennent mutuellement (...). L’enjeu de ces élections est énorme. Tout travailleur, tout dirigeant d’entreprise le sait, il faut faire un choix maintenant, c’est-à-dire continuer l’approche actuelle assez nationaliste, avec 27 plans de redressement différents… enfin petits plans différents, ou bien avoir une approche commune proeuropéenne qui est la seule méthode pour nous faire sortir de la crise ? Ce choix va être fait pendant les élections européennes. (...) Il y a actuellement des milliers d’entreprises qui font faillite, des millions de gens qui perdent leur emploi, il y a aussi encore des milliards d’euros d’épargne qui se volatilisent et je crois vraiment que ce n’est pas encore fini ; par exemple, dans le secteur bancaire, il reste encore plus de 700 milliards de produits toxiques aujourd’hui dans nos banques européennes. L’histoire nous apprend - il faut examiner un peu l’histoire de la crise japonaise pour le savoir, pays qui, dans les années 1990, est entré en crise - que jamais il n’y aura de reprise économique sans que le problème bancaire n’ait d’abord été réglé au niveau européen. Je dis au niveau européen, car c’est inutile de le faire au niveau national. (...) Comment voulez-vous que le secteur bancaire sorte de la crise avec 27 politiques différentes ? C’est pourquoi il est aussi déconcertant de voir l’absence totale de réaction européenne commune aujourd’hui et il est également déconcertant de voir que Bruxelles garde le silence à ce point. Il n’est pas acceptable que la Commission européenne ne fasse même pas de tentative pour présenter un plan pour le problème bancaire aujourd’hui et qu’elle n’essaie même pas de venir avec un plan de relance européen unique.

Aux États-Unis, il y a un grand plan de relance de 600 Md€ aujourd’hui. Les Chinois ont un seul grand plan de relance et, nous, nous disposons de 27 mini plans sans la moindre cohérence ni la moindre coordination.

(...) Effectivement, il y a toujours cet argument qui est utilisé, l’éternel argument du désaccord au sein du Conseil européen, le fait que les chefs d’État et de gouvernement balaieront, de toute manière, toute proposition d’approche commune.

Mais je vous demande, est-ce là une raison pour ne rien entreprendre ? N’en a-t-il pas toujours été ainsi en Europe ? Je n’ai jamais vu autre chose pendant ces 9 ans où j’étais premier Ministre.

C’était pareil dans le passé, par exemple sous la présidence du président de la Commission Jacques Delors, mais ce n’était pas une raison pour nos prédécesseurs pour rester les bras croisés et ne rien entreprendre.

Que faisaient-ils nos prédécesseurs pendant les crises des années 70 et 80 ? Ils ont déposé un Livre Blanc, une stratégie d’envergure pour sortir de la crise en sachant d’avance qu’on n’allait pas tout obtenir et que, si l’on demandait par exemple 100 pour cent, on n’allait garder que 30 pour cent, mais il n’empêche que ce sont ces 30 pour cent qui ont créé le marché intérieur, qui ont fait introduire l’Euro. Si nos prédécesseurs avaient raisonné comme on le fait aujourd’hui, jamais il n’y aurait eu de marché intérieur, jamais il n’y aurait eu de monnaie unique et l’Euro. Aujourd’hui, c’est cela la réalité.

(...) Je pense que les gens demandent quelque chose d’autre. Ils ne veulent pas d’une Europe molle, d’une Europe qui se croise les bras.

Ils veulent une Europe forte et active et qui offre une réponse à leurs soucis, à leurs questions justifiées, une Europe qui démontre que nous ne sommes pas le musée économique du monde. Nous n’avons donc pas besoin de moins d’Europe maintenant, mais au contraire de plus d’Europe. La solution, aujourd’hui, de cette crise, c’est l’Europe.

À vrai dire, chers amis, ceux qui critiquent aujourd’hui nos plans, ce sont en fait des sceptiques. On connaît les sceptiques. Les sceptiques sont de tous les temps, nous en avons vu défiler des tas ces dernières décennies.

Sceptiques en fait à l’égard de chaque idée pour faire avancer l’Europe, mais contents, comme un enfant, après que le succès soit avéré, par exemple faire coopérer l’Allemagne et la France, une idée de Jean Monnet et Robert Schuman. Irréaliste, disait-on dans les années de début 50. La libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, irréaliste, une monnaie unique en Europe, irréaliste.

Toutes ces idées que l’on taxait d’être irréalistes ont été réalisées.

Ce qui, selon moi, est irréaliste aujourd’hui, ce qui vraiment est une rêverie, c’est de croire que nous pourrons sortir de la crise sans prendre des mesures au niveau européen.

Voilà ce qui est irréaliste aujourd’hui.

Il est grand temps que l’Europe s’éveille avant qu’il ne soit trop tard et avant que la crise ne réduise notre continent à une simple note en bas de page du livre d’histoire.

Voilà alors notre proposition, c’est très clair, c’est que la Commission européenne présente, avant l’été, sa stratégie pour combattre la crise, un plan concret, un plan de relance européen composé de trois volets : d’abord, le nettoyage des produits toxiques dans le secteur bancaire, car, si nous ne sortons pas les produits toxiques des banques au niveau européen, nous n’allons jamais sortir de la crise, jamais retrouver la confiance.

Ensuite, il faut un plan d’investissement européen, de la même ampleur que celui de Barak Obama aux États-Unis avec aussi des investissements dans les secteurs les plus orientés vers l’avenir, car c’est là seulement que se situent les emplois de demain.

Enfin, nous devons trouver l’argent nécessaire. Cela se trouve où ? Sur le marché international des capitaux. Je puis vous assurer que la demande existe. J’étais en Chine et les Chinois n’achètent que des bons du Trésor américain pour le moment car il n’existe pas, aujourd’hui, de bonds au niveau européen. C’est même l’épargne européenne qui passe de l’autre côté de l’Océan atlantique pour financer le redressement américain, pour le moment. (NDR : Le modem propose, dans son programme, d'émettre des euros-bonds)J’étais en Chine pour la traduction d’un livre. Ils m’ont fait comprendre que, ce qu’ils attendent, c’est cela.

Vendredi passé (le 8 mai), c’était pour moi, pour tout le monde ici dans la salle, un fait marquant : les manifestations syndicales avec 40.000 manifestants à Bruxelles, 300.000 dans l’Europe entière. Et ces manifestants parlaient vrai, ils disaient que les 27 plans nationaux n’allaient pas régler la crise, qu’il fallait un seul plan européen, qu’il fallait, en fait, une seule vision européenne et des investissements européens. C’était la première fois que cela se passait. Vraiment, le monde syndical a massivement pris position dans notre sens.

Que manque-t-il aujourd’hui ? C’est suffisamment, je crois, de pression sur les institutions européennes pour les obliger de passer à l’action. C’est aux élections européennes de donner maintenant le coup de pouce.

Ces élections vont donner la possibilité pour la première fois de créer au Parlement européen une majorité avec une mission claire, c’est-à-dire couler nos propositions et nos idées dans des actions.

Je terminerai avec cela. Je ne connais pas très bien la politique française, mais je vois quelque chose, je vois quand même que l’UMP et le PS ne parlent que d’une chose : du MoDem et de François Bayrou pour le moment ! Des articles paraissent, des tribunes libres.

Je sais quelque chose. En politique, les autres partis ne parlent de vous que lorsqu’ils ont peur ! (...)

J’espère que le Mouvement Démocrate va emporter ces élections aussi importantes parce que François Bayrou sait ce qu’il y a lieu de faire maintenant, parce que François Bayrou veut faire entrer la France et l’Europe dans une nouvelle ère, une nouvelle ère de prospérité, de solidarité, de progrès et de liberté pour les citoyens européens."

Guy Verhofstatd est candidat, soutenu par les députés démocrates, comme prochain président de la Commission européenne. Rêvons d'Europe et faisons-là, le 7 juin !

29 mai 2009

Arrangements entre amis

Les Socialistes allemands viennent d'annoncer qu'ils soutiennent le président sortant de la Commission européenne pour lui donner un nouveau mandat. L'ultra-libéral Portugais José Manuel Barroso a donc les faveurs d'une grande partie de la gauche européenne, dont les candidats se présentent au parlement de Strasbourg. Barroso a aussi le soutien des conservateurs, et notamment de l'UMP. Le PS français, comme le rappelle Martine Aubry, est fier de présenter un "programme commun" avec ses voisins socialistes. Dans ce "Manifeste", on peut lire : "la droite suit le marché, nous suivons nos convictions". Et quelle sera l'attitude des députés europeéns socialistes élus en France, face à la nouvelle candidature de Barroso, l'homme du supermarché ?

Le président Barroso, pendant son mandat, a répété au parlement qu'il ne proposerait jamais d'initiatives sans avoir obtenu, avant, l'accord des 27 Etats membres ! Ce qui a donné une Commission à la solde des marchandages entre dirigeants, pas très respectueuse des députés européens et des citoyens de l'Union. C'est contraire au pouvoir d'initiative et à l'ambition théorique de la Commission européenne. C'est contraire au sens des Traités. C'est contraire à l'idée des Pères fondateurs de l'Europe. 

La Commission doit imaginer des pistes audacieuses pour servir les citoyens, même si les Etats sont a priori contre. C'est après que ça doit se discuter, dans la démocratie, entre le Conseil de l'Union et le Parlement (ce qu'on appelle la co-décision, que le Traité de Lisbonne prévoit de renforcer). Si l'Europe n'avait eu que des présidents de Commission comme Barroso, on n'aurait jamais vu ni les fonds structurels européens qui financent les régions, ni l'euro qui stabilise l'Union dans la crise...

Le 7 juin, le vote utile pour les citoyens, ce n'est pas celui qui permettra de reconduire Barroso dans ses fonctions, à la faveur de cette entente entre socialistes et conservateurs européens. Les candidats qui veulent faire avancer l'intérêt général européen, qui croient autant à la France qu'à l'Europe, portent des valeurs humanistes, pas des programmes d'arrangements entre les amis du pouvoir déjà en place.

Non sens

"Débat" sur France 3, avec les principales têtes de liste de la circonscription Est pour les élections du 7 juin. C'était ce jeudi soir.

Un débat sur l'Europe donc. L'émission, enregistrée dans l'après-midi, est diffusée, "dans les conditions du direct", vers... 23h ! Car, comme chacun sait, "l'Europe n'intéresse personne". Puisque les "grands médias" le répètent, c'est que ça doit être vrai. Donc un "débat" à la télé consacré à l'avenir de 500 millions de personnes et 27 pays, ça peut passer en fin de soirée. Logique.

En introduction, le présentateur indique que le député sortant Joseph Daul (UMP) fait partie du PPE, "la droite européenne, groupe majoritaire au parlement européen". Erreur. 288 députés sur 785 parlementaires, ça ne s'appelle pas une majorité, même si c'est le groupe le plus important. Il n'y a pas de groupe majoritaire au parlement de Strasbourg ; il n'y a que des majorités de projets, après la conclusion des débats et des votes qui sont personnels. Notons qu'aucun des candidats présents en plateau ne relève ce détail révélateur de la méconnaissance ambiante des Institutions européennes.

Ensuite, première question, sur la base d'un sondage (ah, les sondages !) : "comment expliquer le désintérêt des Français pour ces élections ?". Jean-François Kahn (Modem) explique : "désintérêt ?! Normal, vu ce que les médias rabachent". De son côté, Catherine Trautmann (PS) ose : "la crise a un effet démobilisateur".

Nous avons droit, pour continuer, à des sauts de coq à l'âne sur l'assiduité des députés au parlement, sur la crise (un sujet parmi d'autres, donc...), sur les quotas laitiers, sur la Turquie... Le tout ponctué par quelques "questions" de téléspectateurs triés (et enregistrés) sur le volet : des étudiants de Science-Po Nancy et Dijon. Pourquoi eux ?

Pourquoi ne pas avoir expliqué le rôle du parlement européen et le fonctionnement de l'Union, ces questions que se posent une grande majorité de citoyens ? Pourquoi ne pas avoir laissé chaque candidat exprimer, tranquillement, sa vision de l'Europe et les grandes lignes du projet qu'il porte ? Pourquoi ne pas avoir confronté les principales propositions de réponse à la crise, qui est devenue LE grand sujet politique de l'Europe et du Monde ?

Les torts sont toujours partagés. Les médias n'ont pas forcément les moyens d'organiser des émissions pertinentes. Les candidats acceptent le cadre qu'on leur propose et hésitent à le remettre en cause. Et le citoyen finit par s'en moquer par paresse, parce qu'il ne va passer son temps à réclamer qu'on l'informe. Et puis, vu l'heure, il s'endort un peu, le citoyen. Quand on regardera les chiffres de l'audimat, on pourra sans doute dire : "bon, ça se confirme, l'Europe n'intéresse personne". La boucle est bouclée. La démocratie avec.

Je sens que je vais encore me faire des copains. Mais le constat est là : de façon générale, le débat est un genre difficile, qui n'existe presque plus à la télévision. Albert Du Roy, ancienne figure de "L'heure de Vérité", émission hebdomadaire (!) politique, disparue, sur France 2, l'a très bien noté, dans son ouvrage "la mort de l'information" (2007). Ce n'est malheureusement pas un phénomène franco-français. Et c'est sans doute un défi pour la démocratie européenne.

Ne soyons pas négatifs. D'ici au 7 juin, pour trouver quelques réponses, cher concitoyen, vous pouvez surfer sur internet. Vous y trouverez les programmes des candidats, notamment sur des sites pédagogiques - et non partisans - comme celui du Mouvement Européen.

AUDIMAT -

En ce moment, vous êtes près de 200 chaque jour à visiter ce blog. Je ne sais pas si c'est beaucoup mais j'ai une petite inquiétude tout de même : il se pourrait que, comme à la télé, certains s'endorment avant la fin... Le chiffre de l'audimat est-il le bon critère ?

21 mai 2009

Le choix et l'inconnu

Si vous êtes électeur en France, vous allez voter le 7 juin pour renouveler le parlement européen. Je vous souhaite d'y aller avec enthousiasme. Mais ce n'est pas évident. Petit tour d'horizon sur les enjeux de ce srutin à un seul tour.

Le parlement européen est l'institution démocratique la plus importante pour décider de notre avenir commun, en France et dans l'Union européenne. On peut avoir envie de sortir de l'Europe. C'est un choix ouvert en démocratie. Le nationalisme contre l'Europe, c'est ce que proposent certains candidats...

Mais si nous considérons que l'Union vaut mieux que le repli sur soi, et si nous mesurons les bienfaits de l'Europe et les possibilités qu'elle offre, alors posons-nous les bonnes questions.

1. Quel sera le futur fonctionnement de l'Union ?

C'est l'inconnue majeure, même après les élections du 7 juin. A l'heure qu'il est, le Traité de Lisbonne, qui permettrait de renforcer les pouvoirs des députés européens, n'est pas encore ratifié. Les Irlandais doivent voter de nouveau en octobre. Le président de la République tchèque attend ce résultat irlandais (!) pour ratifier le texte dans son pays. Et la justice constitutionnelle de l'Allemagne doit dire, dans quelques semaines, si le Traité est conforme aux lois fondamentales de la République fédérale allemande. La difficulté, c'est que ce Traité de Lisbonne doit recevoir l'unanimité des 27 Etats membres de l'Union pour être mis en oeuvre. Et si ce n'est pas le cas ? Il faudra des députés européens assez courageux et libres pour évoquer cette aberration, et tenter d'initier et d'accompagner quelque chose de neuf pour faire fonctionner l'Europe efficacement et démocratiquement, avec les peuples qui le souhaitent. C'est l'état d'esprit des candidats du Modem, car "une autre société est possible", même si ce n'est pas pour tout de suite (la démocratie, ça prend du temps).

2. Quel est le pouvoir des députés européens ?

Traité de Lisbonne ou pas, les eurodéputés n'auront toujours pas, après le 7 juin, l'initiative des lois européennes. Mais la plupart des lois élaborées au niveau de l'Union passent par eux. Avec le Traité de Lisbonne, presque plus rien ne se déciderait sans les parlementaires européens. Il faut aussi savoir que le parlement européen ne maîtrise pas ce qui relève de la politique nationale (social, organisation de la santé, éducation...). Méfions-nous des candidats du 7 juin qui disent qu'ils combattront à Strasbourg la politique de Sarkozy... Cela n'a rien à voir. Ca, c'est pour 2012 ! En revanche, les députés européens ont le pouvoir de refuser la Commission européenne. Les candidats du Modem veulent une commission capable de proposer des vrais projets d'intérêt général pour les citoyens européens. Petit rappel : la Commission Barroso, très libérale et qui a recentré la politique européenne sur la "cuisine" entre les dirigeants d'Etats, en laissant de côté le parlement européen, a été appuyée par les deux grandes formations politiques actuelles au parlement européen : le PPE (droite) et le PSE (gauche). 

3. A quoi bon voter le 7 juin ?

Après le 7 juin, les eurodéputés français seront 72, sur un parlement de 736 sièges. On peut se dire que c'est peu. C'est vrai. Mais la façon de faire les lois en Europe permet à des députés courageux et travailleurs de faire basculer des majorités. Les partis classiques et les critères des Etats-Nations ont relativement peu de poids sur les grands projets votés par le parlement de l'Union européenne (on l'a vu pour le fameux "Paquet Telecom", ensemble de directives sur les télécommunication et l'internet). Conclusion : il vaut mieux voter pour des candidats qui connaissent le fonctionnement de l'Europe et qui proposent des engagements et des visions politiques réalisables, notamment pour faire face à la crise.

De l'info pédagogique ICI... et pour les électeurs de l'Est qui voudraient s'informer sur les choix des candidats du Mouvement Démocrate, rendez-vous le jeudi 4 mai à Shiltigheim (près de Strasbourg), Salle des fêtes, à 18h30. François Bayrou sera présent pour clore cette dernière grande réunion de campagne européenne.

Dans tous les cas, le 7 juin, allez voter !

10 mai 2009

Mise au point sur... la liberté

Samedi 9 mai, à Metz, bel épisode de la pensée politique en formation.

Pensée collective et parole partagée, à l'occasion de la Convention européenne du Modem sur le thème : "l'Europe protège nos libertés".

L'espace judiciaire intégré européen est déjà une réalité, comme l'ont expliqué très clairement les juristes présents à la tribune, parmi lesquels Raphaël Vuitton, candidat Modem Grand Est pour les élections du 7 juin. L'Europe n'est pas seulement un marché, c'est aussi et d'abord une communauté de valeurs, comme l'a rappelé le député européen Gérard Deprez. Notre ami belge, membre du Parti Démocrate Européen (PDE) a souligné l'article 2 du Traité de Lisbonne précisant les principes de l'Etat de Droit et de la démocratie qui nous guident.

L'Europe protège nos libertés et, aujourd'hui, même dans l'Italie de Berlusconi, la presse et les médias ne sont pas aussi soumis aux directives du pouvoir qu'en France, comme l'ont exprimé François Bayrou et Jean-François Kahn (tête de liste aux élections européennes du 7 juin).

A titre personnel, j'ai exprimé, brièvement, les difficultés que les journalistes rencontrent dans leur métier aujourd'hui. C'est une réalité. Une majorité de confrères consciencieux, qui distinguent l'information de la comm' et de la pub, considèrent que ce métier est lourdement destabilisé sur ses bases et dans sa philosophie même. L'époque n'est pas à la philosophie, je sais... Tant pis. Parlons-en quand même. Le journaliste est un citoyen curieux, qui peut avoir des convictions, et qui interroge la société. Le débat est son quotidien. C'est aussi sa source d'inspiration. Et nous ne sommes pas tous d'accord. C'est la démocratie.

Le fondateur du journal Le Monde, Hubert Beuve-Méry disait : "l'objectivité n'existe pas ; l'honnêteté, oui !".

Aujourd'hui, dans quelques écoles de journalisme, on enseigne le contraire ! Et dans bon nombre de médias, on ne pense même plus, et on n'a même plus les moyens de la critique, du débat, de la distance...

L'honnêteté, c'est pourtant ce que propose le modèle de la presse libre aux Etats-Unis (on trouve parfois de bons exemples chez nos frères américains). Là-bas, un journaliste "encarté" déclare son appartenance à un courant d'idées (ah, les idées !). Ainsi, il est identifié, il n'y a pas d'ambigüité. Ce n'est pas un frein à son métier. Cela s'appelle l'honnêteté. Et ça fait partie de la démocratie et du pluralisme.

Après mon assertion, à Metz, j'ai reçu des marques de sympathie. Mais aussi une interpellation, de la part d'un... confrère. Ce journaliste voisin m'interpelle : "mais vous ne pouvez pas dire ça à une tribune politique, comme ça ! Le métier de journaliste, c'est un métier à part". Je lui pose la question : "à part de quoi ?". Pas de réponse...

Alors, j'ai pensé à Tocqueville, qui imagina, en son temps, l'émergence de la démocratie moderne : "la liberté est la première de mes passions". Les philosophes des Lumières, comme Tocqueville et Montesquieu, penseurs assidus de la séparation des pouvoirs, ont montré la voie il y a plus de deux cents ans.

En démocratie, une personne libre - quelle que soit sa fonction dans la société - a le droit d'exprimer librement ses opinions. J'assume les miennes et j'affirme que le projet du Mouvement Démocrate est - aujourd'hui, selon moi - le meilleur garant de cette liberté.

Laurent Watrin

(PS : merci à tous ceux qui m'ont témoigné leur soutien, même s'ils ne sont pas tous d'accord avec mes idées)

08 mai 2009

Le lieu de la démocratie

Voter le 7 juin, pour renouveler les parlementaires européens, c'est orienter les lois de demain.

Qu'on le veuille ou non, le parlement européen est l'institution démocratique la plus importante aujourd'hui pour l'avenir de nos lois nationales. 75% des projets de loi débattus à l'Assemblée nationale sont passés auparavant par le vote des eurodéputés. La relance économique passe par l'Europe. La protection sociale et la solidarité passeront de plus en plus par l'Europe. Ceux qui rejettent l'Europe défendent des idées nationalistes. Ce sont des positions respectables en démocratie. Mais qu'ils se posent une question : face aux menaces de la crise, les Etats seuls dans leur coin sont-ils capables de s'en sortir ? En tout cas, le 7 juin, quelles que soient vos convictions, allez voter.

06 mai 2009

La droite européenne freine une avancée sociale

Un projet sur le congé maternité repoussé après le 7 juin 

Le Parlement européen vient de renoncer (mercredi 6 mai) à un projet ambitieux concernant la durée du congé maternité dans l’Union européenne. Le texte proposait un minimum de 20 semaines de congé maternité et un congé paternité de deux semaines, dans toute l'Union. L'Allemagne, qui applique le minimum européen actuel (14 semaines de congé maternité) était contre ce projet, critiqué par plusieurs autres Etats membres. En première lecture, au parlement de Strasbourg, le texte est renvoyé en commission, à la demande des eurodéputés conservateurs (le groupe PPE où siège les élus de l'UMP).

La procédure législative repart donc à zéro. C'est le futur parlement, sorti des urnes après les élections du 7 juin, qui l'examinera de nouveau.

02 mai 2009

Liberté chérie : vive l'Europe

Le projet de loi français baptisé « hadopi » est révélateur. Avec ce texte, la ministre de la culture, Christine Albanel, propose d’instaurer une autorité admnistrative pour sanctionner les délinquants de l’internet. Il s’agit de protéger la création intellectuelle et les œuvres artistiques en évitant les téléchargements illicites. Bien sûr, il faut respecter les auteurs et leur permettre de vivre sans se faire pirater.

Les infractions sont déjà sanctionnées aujourd’hui par la loi française. La peine peut atteindre 3 ans de prison et une forte amende pour les pirates les plus costauds. Mais le projet « hadopi » introduit une logique différente : après deux rappels, un comité – désigné par le gouvernement – couperait la connexion internet du délinquant.

La ministre s’en moque

La France est ici en rupture avec les principes de la démocratie. Le parlement européen vient de le rappeler de façon éclatante. Par 573 voix, contre 74, les eurodéputés ont adopté un amendement qui rappelle la nécessité de passer par une autorité judiciaire, avec possibilité de recours pour la personne poursuivie.

Christine Albanel écarte l’argument d’un revers de main. La ministe affirme que « le conseil de l’Union européenne (ses collègues ministres de l’Europe) approuve majoritairement le projet de la France ». Ce qui signifie, cher concitoyen, que notre gouvernement français préfère l’Europe des Etats, contre l’Europe des citoyens et des représentants du peuple. Le parlement européen est-il, encore une fois, le paillasson des arrangements entre dirigeants des Etats ?

Position française honteuse

Quelle est cette démocratie qui tente d’imposer des autorités administratives en lieu et place de la justice ? Quelle est cette démocratie qui piétine à chaque fois qu’elle le peut les principes fondateurs de la liberté qu’elle a pourtant portés en Europe ? Pourquoi cette démocratie méprise-t-elle les parlementaires européens, ces femmes et ces hommes qui préparent - avec une grande liberté d'esprit et de conscience pour la majorité d'entre eux - 75% des lois transposées ensuite dans notre droit national ?

Le faux débat sur « Hadopi » est à rapprocher de la tendance générale de Nicolas Sarkozy : la recentralisation du pouvoir. Ce que François Bayrou nomme, avec raison, un « abus de pouvoir », titre du dernier ouvrage du député des Pyrénées-Atlantiques.

Le débat sur le projet de loi « hadopi » (repoussé une première fois faute de majorité UMP...) reprend ce lundi à l’assemblée nationale. Si le texte est adopté, la France se met hors jeu de l’Europe. Dernière question : cette loi est-elle techniquement applicable ? Des spécialistes de l’internet ont déjà répondu.

Laurent Watrin

---- Rendez-vous -----

Vive les congés et la liberté de parole ! J'aurais le plaisir de retrouver ceux qui le souhaitent, à Malzéville (près de Nancy), lundi 4 mai, à 20h30, salle des Fêtes, pour un échange sur le thème "Libertés et démocratie, l'importance de l'Europe", en compagnie de Fabienne Nicolas, juge d'instruction, déléguée du Syndicat de la Magistrature.

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