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31/05/2009

Une Europe fédérale

Il est grand temps de revenir à l'idée des pères fondateurs de l'Europe : construire une union politique. Face à la crise, c'est une urgence. Autrement dit, il nous faut une Europe fédérale. Les candidats du Modem proposent que ce noyau dur politique se constitue en priorité autour des Etats membres de la zone euro (16 pays depuis l'adhésion de la Slovaquie à l'eurozone, cette année).

Le 17 mai dernier, la Convention Européenne du Modem, organisée à Montpellier, a permis à un grand fédéraliste européen de rappeler les grands projets concrets qui peuvent être réalisés par une union politique forte. Cet homme c'est Guy Verhofstatd, ancien premier ministre belge. Le libéral-démocrate flamand (rien à voir avec l'ultralibéralisme, j'entends déjà certaines voix !), soutenu par mes amis du mouvement Vivant Europe, a écrit un livre limpide intitulé Les Etats-Unis d'Europe (2007, éditions Luc Pire, Bruxelles). Je vous le recommande, évidemment.

A la tribune du Modem, le fédéraliste Guy Verhofstadt a donc prononcé, le 17 mai, un discours clair et volontaire, dans la perspective des élections du 7 juin.

Voici la quasi-totalité de son propos (3 minutes de lecture, pas plus !) :

“Je viens au congrès du parti le plus pro européen de France. Il faut que les pro européens se défendent et se soutiennent mutuellement (...). L’enjeu de ces élections est énorme. Tout travailleur, tout dirigeant d’entreprise le sait, il faut faire un choix maintenant, c’est-à-dire continuer l’approche actuelle assez nationaliste, avec 27 plans de redressement différents… enfin petits plans différents, ou bien avoir une approche commune proeuropéenne qui est la seule méthode pour nous faire sortir de la crise ? Ce choix va être fait pendant les élections européennes. (...) Il y a actuellement des milliers d’entreprises qui font faillite, des millions de gens qui perdent leur emploi, il y a aussi encore des milliards d’euros d’épargne qui se volatilisent et je crois vraiment que ce n’est pas encore fini ; par exemple, dans le secteur bancaire, il reste encore plus de 700 milliards de produits toxiques aujourd’hui dans nos banques européennes. L’histoire nous apprend - il faut examiner un peu l’histoire de la crise japonaise pour le savoir, pays qui, dans les années 1990, est entré en crise - que jamais il n’y aura de reprise économique sans que le problème bancaire n’ait d’abord été réglé au niveau européen. Je dis au niveau européen, car c’est inutile de le faire au niveau national. (...) Comment voulez-vous que le secteur bancaire sorte de la crise avec 27 politiques différentes ? C’est pourquoi il est aussi déconcertant de voir l’absence totale de réaction européenne commune aujourd’hui et il est également déconcertant de voir que Bruxelles garde le silence à ce point. Il n’est pas acceptable que la Commission européenne ne fasse même pas de tentative pour présenter un plan pour le problème bancaire aujourd’hui et qu’elle n’essaie même pas de venir avec un plan de relance européen unique.

Aux États-Unis, il y a un grand plan de relance de 600 Md€ aujourd’hui. Les Chinois ont un seul grand plan de relance et, nous, nous disposons de 27 mini plans sans la moindre cohérence ni la moindre coordination.

(...) Effectivement, il y a toujours cet argument qui est utilisé, l’éternel argument du désaccord au sein du Conseil européen, le fait que les chefs d’État et de gouvernement balaieront, de toute manière, toute proposition d’approche commune.

Mais je vous demande, est-ce là une raison pour ne rien entreprendre ? N’en a-t-il pas toujours été ainsi en Europe ? Je n’ai jamais vu autre chose pendant ces 9 ans où j’étais premier Ministre.

C’était pareil dans le passé, par exemple sous la présidence du président de la Commission Jacques Delors, mais ce n’était pas une raison pour nos prédécesseurs pour rester les bras croisés et ne rien entreprendre.

Que faisaient-ils nos prédécesseurs pendant les crises des années 70 et 80 ? Ils ont déposé un Livre Blanc, une stratégie d’envergure pour sortir de la crise en sachant d’avance qu’on n’allait pas tout obtenir et que, si l’on demandait par exemple 100 pour cent, on n’allait garder que 30 pour cent, mais il n’empêche que ce sont ces 30 pour cent qui ont créé le marché intérieur, qui ont fait introduire l’Euro. Si nos prédécesseurs avaient raisonné comme on le fait aujourd’hui, jamais il n’y aurait eu de marché intérieur, jamais il n’y aurait eu de monnaie unique et l’Euro. Aujourd’hui, c’est cela la réalité.

(...) Je pense que les gens demandent quelque chose d’autre. Ils ne veulent pas d’une Europe molle, d’une Europe qui se croise les bras.

Ils veulent une Europe forte et active et qui offre une réponse à leurs soucis, à leurs questions justifiées, une Europe qui démontre que nous ne sommes pas le musée économique du monde. Nous n’avons donc pas besoin de moins d’Europe maintenant, mais au contraire de plus d’Europe. La solution, aujourd’hui, de cette crise, c’est l’Europe.

À vrai dire, chers amis, ceux qui critiquent aujourd’hui nos plans, ce sont en fait des sceptiques. On connaît les sceptiques. Les sceptiques sont de tous les temps, nous en avons vu défiler des tas ces dernières décennies.

Sceptiques en fait à l’égard de chaque idée pour faire avancer l’Europe, mais contents, comme un enfant, après que le succès soit avéré, par exemple faire coopérer l’Allemagne et la France, une idée de Jean Monnet et Robert Schuman. Irréaliste, disait-on dans les années de début 50. La libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, irréaliste, une monnaie unique en Europe, irréaliste.

Toutes ces idées que l’on taxait d’être irréalistes ont été réalisées.

Ce qui, selon moi, est irréaliste aujourd’hui, ce qui vraiment est une rêverie, c’est de croire que nous pourrons sortir de la crise sans prendre des mesures au niveau européen.

Voilà ce qui est irréaliste aujourd’hui.

Il est grand temps que l’Europe s’éveille avant qu’il ne soit trop tard et avant que la crise ne réduise notre continent à une simple note en bas de page du livre d’histoire.

Voilà alors notre proposition, c’est très clair, c’est que la Commission européenne présente, avant l’été, sa stratégie pour combattre la crise, un plan concret, un plan de relance européen composé de trois volets : d’abord, le nettoyage des produits toxiques dans le secteur bancaire, car, si nous ne sortons pas les produits toxiques des banques au niveau européen, nous n’allons jamais sortir de la crise, jamais retrouver la confiance.

Ensuite, il faut un plan d’investissement européen, de la même ampleur que celui de Barak Obama aux États-Unis avec aussi des investissements dans les secteurs les plus orientés vers l’avenir, car c’est là seulement que se situent les emplois de demain.

Enfin, nous devons trouver l’argent nécessaire. Cela se trouve où ? Sur le marché international des capitaux. Je puis vous assurer que la demande existe. J’étais en Chine et les Chinois n’achètent que des bons du Trésor américain pour le moment car il n’existe pas, aujourd’hui, de bonds au niveau européen. C’est même l’épargne européenne qui passe de l’autre côté de l’Océan atlantique pour financer le redressement américain, pour le moment. (NDR : Le modem propose, dans son programme, d'émettre des euros-bonds)J’étais en Chine pour la traduction d’un livre. Ils m’ont fait comprendre que, ce qu’ils attendent, c’est cela.

Vendredi passé (le 8 mai), c’était pour moi, pour tout le monde ici dans la salle, un fait marquant : les manifestations syndicales avec 40.000 manifestants à Bruxelles, 300.000 dans l’Europe entière. Et ces manifestants parlaient vrai, ils disaient que les 27 plans nationaux n’allaient pas régler la crise, qu’il fallait un seul plan européen, qu’il fallait, en fait, une seule vision européenne et des investissements européens. C’était la première fois que cela se passait. Vraiment, le monde syndical a massivement pris position dans notre sens.

Que manque-t-il aujourd’hui ? C’est suffisamment, je crois, de pression sur les institutions européennes pour les obliger de passer à l’action. C’est aux élections européennes de donner maintenant le coup de pouce.

Ces élections vont donner la possibilité pour la première fois de créer au Parlement européen une majorité avec une mission claire, c’est-à-dire couler nos propositions et nos idées dans des actions.

Je terminerai avec cela. Je ne connais pas très bien la politique française, mais je vois quelque chose, je vois quand même que l’UMP et le PS ne parlent que d’une chose : du MoDem et de François Bayrou pour le moment ! Des articles paraissent, des tribunes libres.

Je sais quelque chose. En politique, les autres partis ne parlent de vous que lorsqu’ils ont peur ! (...)

J’espère que le Mouvement Démocrate va emporter ces élections aussi importantes parce que François Bayrou sait ce qu’il y a lieu de faire maintenant, parce que François Bayrou veut faire entrer la France et l’Europe dans une nouvelle ère, une nouvelle ère de prospérité, de solidarité, de progrès et de liberté pour les citoyens européens."

Guy Verhofstatd est candidat, soutenu par les députés démocrates, comme prochain président de la Commission européenne. Rêvons d'Europe et faisons-là, le 7 juin !

Écrit par eurocitoyen | Lien permanent | Tags : europe, fédérale, modem, bayrou, verhofstadt, commission | |  Facebook | | |