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21/06/2009

Modem : autonomie ou autarcie ?

Corinne Lepage a le mérite de la clarté et de la recherche d’efficacité. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit. La vice-présidente du Mouvement démocrate n’a pas raison toute seule. Elle le sait. Mais la présidente de CAP 21 propose une démarche intéressante lorsqu’elle souhaite qu'une alliance entre Europe Ecologie et le Modem "puisse être explorée" pour les élections régionales de mars prochain. Une préférence même si « l’exploration » concerne aussi  « d'autres alliances éventuelles », selon l’ancienne ministre de l’environnement. 

L’avantage, c’est qu’elle engage le débat. Dans un communiqué publié ce week-end, Corinne Lepage réaffirme « son attachement au MoDem" et "sa volonté de prendre toute sa part dans la rénovation souhaitée par une grande partie des militants du MoDem". Dès après les résultats des élections européennes (8,5% pour le Modem en moyenne nationale, près de 10% en Lorraine), Corinne Lepage avait réclamé plus de collégialité dans la gouvernance du Mouvement de François Bayrou.

 

Cohérence

 

La collégialité, c’est précisément ce qui a fait le succès de la vague verte. Le Modem, en associant les adhérents à son projet depuis de longs mois, s’était engagé sur cette voie également, mais le message général a été maladroit, incohérent entre le niveau national et le maillage du terrain. Jean-François Kahn l’a expliqué lui aussi, dans une tribune publiée la semaine dernière par Marianne.

 

La cohérence et la discussion de projet, Europe Ecologie a su le faire mieux que le Modem. J’entends la question : « oui, mais de là à faire alliance ?! » Sur le fond, il y a des divergences certes ; mais sur les intentions et le respect de la démocratie, de belles convergences.

 

Le défaut de naïveté (stratégie…) du « jeune Modem » consisterait, me semble-t-il, à croire qu’on peut continuer de bricoler une force, dans son coin, sans discuter avec d’autres de manière ouverte.

 

Le PS, empêtré dans ses querelles de chefs, n’y est pas prêt (ni avec le Modem, ni avec d’autres d’ailleurs). Quant à l’UMP, dirigée par une seule tête qui veut "tuer" Bayrou, que peut-on en attendre ? La donne à droite est-elle différente au niveau régional quand on sait que Nadine Morano figure sur la liste lorraine ?

 

Cette discussion sur une éventuelle plateforme de projet régional, il vaut mieux qu’elle soit ouverte et transparente. Cela nous changera des anciennes discussions d’appareils – repoussoirs des électeurs - qui se font traditionnellement dans le dos des citoyens. Rappelons-nous les élections municipales au Modem : alliances très souvent mal ficelées et incohérence généralisée (et François Bayrou battu à Pau !). Les électeurs n’ont-ils pas eu du mal à comprendre ?

 

Du point de vue de la cohérence, là encore, la démarche de Corinne Lepage peut marquer des points. La vice-présidente du Modem veut relancer le travail pour « un véritable effort programmatique fondé sur un développement solidaire et soutenable, démocratique et humaniste », a-t-elle précisé à l’AFP (Agence France Presse). Cette formule-là, tous les militants du Modem l’ont applaudie pendant la campagne européenne. Aurait-on changé d’avis, d’un seul coup ?

 

Autonomie

 

La région est l’échelon pertinent pour sortir le pays du partage classique entre la gauche et la droite, qui résistent tous deux au changement de système. La région, c’est aussi le niveau intéressant pour affronter le débat sur la régionalisation et la fiscalité locale (thèmes chers au Modem). C’est aussi l’échelon efficace pour coordonner l’Europe et la politique territoriale, un autre sujet clé pour le Modem. « La France et l’Europe, c’est la même chose » disait Bayrou à Schiltigheim, juste avant le 7 juin ! Hé bien, les régions et l’Europe, c’est encore plus  la même chose, si l’on peut dire.

 

Engager une discussion de projet régional avec les Verts, n’est-ce pas ouvrir un champ de réflexion qui permette de trouver des lignes communes pour sortir des schémas classiques ?

Certains crient déjà à la « perte d’autonomie ». Mais le premier ennemi de l’autonomie, c’est l’autarcie. Surtout quand on est un mouvement en construction. Autarcie : attitude rigide qui empêche de progresser avec les autres. C'est ce que les écologistes radicaux ont d’ailleurs appris à leurs dépens par le passé. L’autonomie, les mouvements la garderont, de toute façon. Car l’obsession  présidentielle de Bayrou - qui n’est pas un mal en soi (ce doit être dit clairement, cel aussi) - doit maintenir le cap et la cohérence jusqu’en 2012.

 C’est ce qu’on pourrait appeler une stratégie de projet sans se renier.

 

Au Modem d’imposer ses valeurs et ses idées force, dans un débat de programme. Maintenant, si les Verts ne veulent pas du débat, ce sera chacun pour soi. Mais au moins, on pourra être fier de dire que l’autarcie n’est pas une valeur humaniste pour le Modem.

 

Laurent Watrin

Écrit par eurocitoyen dans Actualités | Lien permanent | Tags : régionales, modem, europe ecologie, lepage, bayrou | |  Facebook | | |

Commentaires

Certes, certes... Mais... Corinne Lepage entre au gouvernement, que je sache....

Écrit par : Jean-Luc Théron | 21/06/2009

Les élections régionales ont lieu suivant un scrutin proportionnel de liste à deux tours.

La situation est donc simple : soit le MoDem se présente seul ou premier, soit il construit un projet avec d'autres.

A mon sens, il doit aller de manière autonome au premier tour et présenter son projet : ce n'est pas de l'autarcie mais l'expression de la volonté d'afficher un message politique propre.

Je sens toutefois dans ton billet que tu serais attiré par la seconde solution.

Mais, suivant cette hypothèse, pourquoi limiter la discussion aux Verts ? L'argument des querelles de chefs au PS n'est pas recevable, dès lors que, dans 21 régions, il y a un candidat PS en place et des interlocuteurs sérieux. Idem en ce qui concerne l'UMP, les chefs de files sont déjà désignés. Enfin, en choisissant de construire un projet avec les Verts, on choisit de ce faire, dès le premier tour, le positionnement du second...

Écrit par : Raphaël | 21/06/2009

Ma conviction est que l'appel du pied de Madame Lepage soit justement l'occasion de retomber dans ce que précisément les électeurs de Bayrou en 2007 refusaient: les combines électoralistes et l'opportunisme.
Or, lors des municipales, un certain nombre d'adhérents de Cap 21 ont reproché des alliances de premier tour avec une tête de liste UMP, à Bordeaux (Juppé), à Angers (Béchu), et à Périgueux (Darcos), tout cela parce que c'était soi disant sacrifier l'indépendance du Modem, et pour les régionales, aller avec les Verts (Cohn-Bendit, Bové...), ce ne serait pas sacrifier l'indépendance du Modem.
C'est simple, avec une telle stratégie, on ouvre un boulevard à l'UMP, qui une fois de plus siphonnera encore plus ce qui reste de sensibilité de centre droite au Modem.
N'oublions pas non plus que la vision de la société que promeuvent les Verts n'est pas tout-à-fait la même que celle du Modem, notamment en matière économique, mais aussi anthropologique.

Écrit par : Philippe JOUSSAIN | 21/06/2009

A Jean-Luc : je ne sais pas si la rumeur est juste mais elle semble venir du Modem lui-même. Lepage au gouvernement ? Et pourquoi ferait-elle ça ? Aucun intérêt ! Ni pour elle, ni pour Bayrou, ni pour l'écologie, ni pour CAP 21.. Enfin soyons sérieux !:!

Écrit par : didier | 22/06/2009

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