30 juin 2009
Le ratio 9
Citoyen contribuable, connaissez-vous la ligne la plus intéressante, en ce moment, dans le budget de votre commune ?
Regardez donc du côté du compte administratif. C'est le dernier acte budgétaire de l'exécutif de l'année passée, autrement dit ce qui a été effectivement réalisé en dépenses et en recettes, pour 2008. L'été, la saison du compte administratif, est riche de ses jolis ratios. Pas la peine de les calculer, c'est fait, c'est marqué dans le document, et c'est public, comme le veut la loi. Heureusement que la loi existe ! Bon, il faudrait aussi que les médias fassent leur boulot pour le rappeler de temps en temps. Mais, ça, c'est une autre histoire.
Or, donc, à la page des ratios, il y a notamment le ratio n°9. C'est celui qui présente la marge d'autofinancement d'une collectivité locale. Quand il est supérieur à 100 (c'est le cas de Nancy), cela veut dire qu'il n'y a plus de marge de manoeuvre financière. Et quand ça dure depuis quelques années (c'est le cas de Nancy), ça devient légèrement inquiétant. Zéro marge de manoeuvre = difficulté à investir dans des projets. Sauf si la commune renfloue ses caisses.
Pour cela, deux solutions : l'emprunt ou l'augmentation d'impôts. La ville peut choisir de faire les deux ensemble. Généralement, c'est ce qui se passe... A Nancy, la majorité UMP promet de ne pas augmenter les impôts. On verra. Petite précision : la commune peut décider de ne pas augmenter ses taux d'imposition locale tandis que l'impôt augmentera sous l'effet d'un autre ratio, voté par le parlement au moment de l'indexation de la loi de finance (en clair, si une commune veut stabiliser son imposition locale, il faut qu'elle baisse ses taux à proportion de l'indice voté par les parlementaires). Cette subtilité des finances publiques françaises permet aux élus locaux de se défausser sur l'Etat en disant "c'est pas nous" ! C'est un peu comme Bruxelles, dans ces cas-là... Bon, enfin, pour les prochains impôts de la commune, on verra dans quelques mois.
Revenons au présent municipal. La ville de Nancy accuse aussi un gros endettement : 112 Millions d'euros, si j'ai bien lu. Et si l'on entend ce que dit la majorité, le désendettement est sur la bonne pente. Ce qui veut dire qu'on n'a pas l'intention d'emprunter lourd dans l'avenir proche. Le conseil municipal de Nancy a voté le compte administratif, ce lundi 29 juin. C'est la moindre des choses, sinon la suite des budgets est impossible. L'opposition a - symboliquement - voté contre le compte administratif. Ce qui n'a pas de sens ! Elle aurait mieux fait de s'opposer à certains projets - qu'elle a votés - si elle ne voulait pas cautionner la dérive des finances locales. La politique politicienne estivale, en période de crise, ce n'est pas très raisonnable.
En résumé, la situation nancéienne paraît donc un peu délicate.
Cela dit, aujourd'hui, les grands projets de ville se décident et se financent surtout au niveau de la communauté urbaine (le futur éco-quartier autour de la gare par exemple). Et là, il y a un peu plus de marge. Ouf ! Et puis, à ce niveau-là, on peut embrouiller plus facilement le contribuable citoyen qui ne sait plus trop si c'est l'Etat, la commune ou l'agglomération qui justifie la baisse ou la hausse des impôts. Si vous ajoutez à tout ça, le département et la région (enjeu des prochaines élections), c'est le "grand bazar", comme dirait Cohn-Bendit...
Au fond, ce qui est rassurant, c'est qu'il y a toujours de l'argent à prendre dans la poche du citoyen pour envisager de renflouer les caisses qui financent les services publics. Avec un bon emprunt national là-dessus, on devrait être sauvé.
Re-Ouf !
(Cet édito n'a pas vocation à critiquer des majorités ou des oppositions en place mais simplement à pointer du doigt le fait qu'on est tous dans le même bâteau républicain avec les mêmes rames pour tout le monde)
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28 juin 2009
Travailler le dimanche ?
Faut-il travailler le dimanche ? C'était le débat du dernier café citoyen à Metz. En pleine actualité. L'Assemblée nationale doit examiner une proposition de loi (UMP) sur le sujet, lors de la session parlementaire de juillet. Voici une synthèse des réflexions échangées le 20 juin dernier, au café Jeanne d'Arc. Prochain débat le 18 juillet (voir à la fin de cet article).
La proposition de loi sur le travail du dimanche vise à étendre la possibilité de travailler le dimanche tout en organisant le volontariat. Le repos dominical reste le principe à la base de la future loi. Il existe déjà des dérogations préfectorales, temporaires ou permanentes, pour certaines activités (urgences vitales, zones commerciales spécifiques...) ou certains secteurs géographiques (zones touristiques). En revanche, la majoration des salaires le dimanche n’est pas prévue actuellement par la loi ; elle est régie branche par branche.
Que peut donc changer la nouvelle loi ?
C’est l’interrogation générale. Du point de vue économique, le gouvernement espère un regain de croissance et de consommation. Mais la pression sur les salariés, en période de crise, risque de multiplier les problèmes sociaux. Qu’en sera-t-il du volontariat ? La loi aura probablement du mal à l’imposer. Comment le contrôler ? Imaginons une mère célibataire, plus ou moins contrainte de travailler le dimanche, et obligée de payer une nounou ce jour-là. Selon certains, l’extension du travail du dimanche vient du lobbying de la grande distribution, que le petit commerce ne peut pas suivre.
Le jour de repos du dimanche, inspiré historiquement de la religion catholique, pose la question du vivre-ensemble. Un jour à vivre en commun plutôt qu’une journée supplémentaire d’activité économique ? D’un côté, avec l’extension du travail du dimanche, nous allons vers la rentabilisation maximale de l’économie ; de l’autre, il y a l’utopie et le partage possible, au-delà des considérations religieuses. Les services publics pourraient être ouverts plus souvent le week-end. Peut-être pas le dimanche, mais au moins le samedi.
Travail et utopie
La société a bougé. La définition du travail doit bouger aussi. Il faut peut-être redéfinir notre relation au travail avant de répondre à la question des jours travaillés. Travailler, c’est d'abord avoir une activité choisie, entre l'effort consenti et le plaisir qu'on y trouve. C'est plus inventif que d’être employé, dans un cadre où la "servitude" existe. Pourquoi pas une société de patrons plutôt que de salariés ? Vision utopique ?
Pour la majorité des participants de ce café citoyen du 20 juin, à Metz, la proposition de loi sur le travail du dimanche risque d’apparaître décalée par rapport aux préoccupations liées à la crise et à la place de l’Homme dans notre économie en mutation.
> Le café citoyen de Metz continue cet été ! Prochain rendez-vous, le samedi 18 juillet, à 15h, au Café « Le Jehanne d’Arc », place Jeanne d’Arc. Discussion prévue : « Quelle place pour la religion dans notre société laïque ? ».
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27 juin 2009
Les "Ni-Ni", les "Na !" et les autres
Le sénateur Jean Arthuis lance un nouveau parti. Un de plus. Ca s'appelle "Alliance centriste". Le congrès fondateur du mouvement vient de se tenir à Paris. L'ancien ministre de l'économie, qui n'a voulu rejoindre ni le Nouveau Centre (partenaire de l'UMP) ni le Modem (allié de personne) serait-il en train de vouloir refonder l'ancienne UDF ?
L'article premier des statuts de cette "Alliance" précise que le mouvement a vocation "à promouvoir l'unification des formations centristes". Ses valeurs sont "humanistes, sociales, libérales et européennes". Et Alliance Centriste met aussi en avant le "développement durable et l'économie sociale de marché".
C'est comme au Modem, en somme !
Le nouveau président de ce nouveau micro-parti (200 participants au Congrès fondateur) déclare : "la crise doit être un électrochoc pour rompre avec nos utopies, notre religion de l'hyper consommation". C'est marrant : on a déjà entendu ça, dès 2007, chez François Bayrou et Corinne Lepage. Et, depuis, bien d'autres affirment, peu ou prou, la même chose régulièrement.
Mais, la grande nouveauté c'est que grâce à Jean Arthuis - ô citoyen ! Toi qui recherche le grand frisson politique ! - tu vas pouvoir choisir un positionnement vraiment révolutionnaire : le Ni-Ni-Na !
Car l'Alliance centriste c'est une façon juste et saine d'exclure tout ce qui n'est pas centrisme doctement estampillé, tout en incluant tout ce qui pourrait l'être sans en avoir l'air, à condition que ceux qui pensent à gauche penchent à droite et vice-versa !
Oui, non, peut-être ? Vous ne comprenez rien ? Normal, la politique, c'est très compliquée, trop compliquée pour vous. Laissez tomber.
Le jour où l'on aura enfin relégué aux oubliettes les vieux schémas, on pourra parler rééllement d'alliances. Alliances autour de projets, élaborés par des citoyens conscients, organisés pour bâtir des possibilités de "vivre-ensemble", sans forcément suivre un chef. Pas des alliances autour de personnalités qui lancent des partis uniquement pour exister.
Bref, vivement la VIè République, parlementaire ! En attendant, Nicolas Sarkozy et ses amis peuvent continuer à s'amuser.
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23 juin 2009
La tactique du gouvernail
Le discours solennel du chef de l’Etat devant le Parlement,
réuni en Congrès à Versailles, navigue en plein consensus
Les eaux montent. Le fleuve de la crise grossit et Nicolas Sarkozy choisit de pagayer pour rester au milieu du courant. « Ayons le courage de changer », dit le chef de l’Etat. Mais il tempère le cap de la réforme. Pas question de remettre en cause la suppression des postes de fonctionnaires et la limitation des impôts. En revanche, tout licencié économique doit pouvoir bénéficier d’un an de salaire pour se former. Le dispositif du contrat de transition professionnelle (CTP) devrait donc être étendu selon la volonté présidentielle.
« Je ne ferais pas la politique de la rigueur », déclare le président de la République, qui souhaite un emprunt national pour financer les investissements. Le déficit est donc possible - et même bénéfique - à condition de favoriser la production et le travail. Le tout dans une perspective de développement durable. A Versailles, le chef de l’Etat qui voulait aller "chercher la croissance avec les dents" n’a pas montré les crocs. Le mot « croissance » est oublié. Discours « habile mais un peu vide » note le député PS du Doubs Pierre Moscovici.
Tout ça pour ça...
« Nous ne gaspillerons pas un euro d’argent public », dit Nicolas Sarkozy. La promesse vaut sans doute pour plus tard. Car le Congrès de Versailles a coûté plus de 400.000 euros. "Un petit plaisir un peu cher" pour notre "Roi Soleil", ironise le député PS de Meurthe-et-Moselle Hervé Féron. François Bayrou considère que le chef de l’Etat vient d'exprimer un catalogue de campagne présidentielle. La rupture revisitée...
On attend les prochaines mesures du gouvernement remanié. Et l’on espère un débat constructif. Dans une "démocratie apaisée", on s'écoute et on se respecte, et "personne ne détient seul la vérité", affirme Nicolas Sarkozy. Chiche ! Le gouvernail tranquille plutôt que le passage en force des rapides ? Avec un peu de chance, les parlementaires vont pouvoir enfin suivre le rythme des projets de loi futurs.
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21 juin 2009
Modem : autonomie ou autarcie ?
Corinne Lepage a le mérite de la clarté et de la recherche d’efficacité. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit. La vice-présidente du Mouvement démocrate n’a pas raison toute seule. Elle le sait. Mais la présidente de CAP 21 propose une démarche intéressante lorsqu’elle souhaite qu'une alliance entre Europe Ecologie et le Modem "puisse être explorée" pour les élections régionales de mars prochain. Une préférence même si « l’exploration » concerne aussi « d'autres alliances éventuelles », selon l’ancienne ministre de l’environnement.
L’avantage, c’est qu’elle engage le débat. Dans un communiqué publié ce week-end, Corinne Lepage réaffirme « son attachement au MoDem" et "sa volonté de prendre toute sa part dans la rénovation souhaitée par une grande partie des militants du MoDem". Dès après les résultats des élections européennes (8,5% pour le Modem en moyenne nationale, près de 10% en Lorraine), Corinne Lepage avait réclamé plus de collégialité dans la gouvernance du Mouvement de François Bayrou.
Cohérence
La collégialité, c’est précisément ce qui a fait le succès de la vague verte. Le Modem, en associant les adhérents à son projet depuis de longs mois, s’était engagé sur cette voie également, mais le message général a été maladroit, incohérent entre le niveau national et le maillage du terrain. Jean-François Kahn l’a expliqué lui aussi, dans une tribune publiée la semaine dernière par Marianne.
La cohérence et la discussion de projet, Europe Ecologie a su le faire mieux que le Modem. J’entends la question : « oui, mais de là à faire alliance ?! » Sur le fond, il y a des divergences certes ; mais sur les intentions et le respect de la démocratie, de belles convergences.
Le défaut de naïveté (stratégie…) du « jeune Modem » consisterait, me semble-t-il, à croire qu’on peut continuer de bricoler une force, dans son coin, sans discuter avec d’autres de manière ouverte.
Le PS, empêtré dans ses querelles de chefs, n’y est pas prêt (ni avec le Modem, ni avec d’autres d’ailleurs). Quant à l’UMP, dirigée par une seule tête qui veut "tuer" Bayrou, que peut-on en attendre ? La donne à droite est-elle différente au niveau régional quand on sait que Nadine Morano figure sur la liste lorraine ?
Cette discussion sur une éventuelle plateforme de projet régional, il vaut mieux qu’elle soit ouverte et transparente. Cela nous changera des anciennes discussions d’appareils – repoussoirs des électeurs - qui se font traditionnellement dans le dos des citoyens. Rappelons-nous les élections municipales au Modem : alliances très souvent mal ficelées et incohérence généralisée (et François Bayrou battu à Pau !). Les électeurs n’ont-ils pas eu du mal à comprendre ?
Du point de vue de la cohérence, là encore, la démarche de Corinne Lepage peut marquer des points. La vice-présidente du Modem veut relancer le travail pour « un véritable effort programmatique fondé sur un développement solidaire et soutenable, démocratique et humaniste », a-t-elle précisé à l’AFP (Agence France Presse). Cette formule-là, tous les militants du Modem l’ont applaudie pendant la campagne européenne. Aurait-on changé d’avis, d’un seul coup ?
Autonomie
La région est l’échelon pertinent pour sortir le pays du partage classique entre la gauche et la droite, qui résistent tous deux au changement de système. La région, c’est aussi le niveau intéressant pour affronter le débat sur la régionalisation et la fiscalité locale (thèmes chers au Modem). C’est aussi l’échelon efficace pour coordonner l’Europe et la politique territoriale, un autre sujet clé pour le Modem. « La France et l’Europe, c’est la même chose » disait Bayrou à Schiltigheim, juste avant le 7 juin ! Hé bien, les régions et l’Europe, c’est encore plus la même chose, si l’on peut dire.
Engager une discussion de projet régional avec les Verts, n’est-ce pas ouvrir un champ de réflexion qui permette de trouver des lignes communes pour sortir des schémas classiques ?
Certains crient déjà à la « perte d’autonomie ». Mais le premier ennemi de l’autonomie, c’est l’autarcie. Surtout quand on est un mouvement en construction. Autarcie : attitude rigide qui empêche de progresser avec les autres. C'est ce que les écologistes radicaux ont d’ailleurs appris à leurs dépens par le passé. L’autonomie, les mouvements la garderont, de toute façon. Car l’obsession présidentielle de Bayrou - qui n’est pas un mal en soi (ce doit être dit clairement, cel aussi) - doit maintenir le cap et la cohérence jusqu’en 2012.
C’est ce qu’on pourrait appeler une stratégie de projet sans se renier.
Au Modem d’imposer ses valeurs et ses idées force, dans un débat de programme. Maintenant, si les Verts ne veulent pas du débat, ce sera chacun pour soi. Mais au moins, on pourra être fier de dire que l’autarcie n’est pas une valeur humaniste pour le Modem.
Laurent Watrin
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19 juin 2009
Café Citoyen samedi 20 juin
Faut-il travailler le dimanche ?
C'est le thème du café citoyen ce samedi à Metz, au café jehanne d'Arc, à 15h.
Le dimanche est en principe le jour de repos des salariés. Il y a des dérogations, temporaires ou permanentes, selon les activités et les professions. La loi ne prévoit pas, de façon générale, une majoration de salaire pour les employés du dimanche. Le système du volontariat n'est pas non plus organisé. Faut-il étendre l'économie et le commerce le dimanche, comme le préconise le projet de loi en préparation ? Faut-il laisser faire les patrons ? Peut-on instaurer un volontariat des personnels ? Ou bien faut-il tout fermer le dimanche, en dehors des activités "vitales" ? Travailler ou pas le dimanche, mais au nom de quoi ? La religion, la tradition, la nécessité d'un jour de repos en commun pour tous ? Et pour quoi faire ?
Venez débattre, au café citoyen, dans le respect de la parole des autres, ce samedi 20 juin, au café citoyen de Metz, à partir de 15h
(happy hour sur la bière et café pas cher !)
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12 juin 2009
Vers une Europe plus démocratique ?
Le taux d’abstention record aux élections européennes (56,9%) fait réfléchir le parlement européen. Jo Leinen, député allemand socialiste, qui vient d'être réélu, estime que l’Europe doit avancer vers un « système électoral européen ». Le président sortant de la commission parlementaire des Affaires constitutionnelles propose que chaque groupe politique au parlement européen désigne son propre candidat à la présidence de la Commission. Les déclarations du député britannique Graham Watson vont encore plus loin. Le président du groupe ADLE, où siègent les députés Modem, propose que les commissaires européens soient désignés par le parlement parmi les élus de l’assemblée européenne. Ce système donnerait une légitimité démocratique à la Commission. Cela éviterait le marchandage entre Etats pour la formation de la Commission.
Toujours au chapitre du renforcement du rôle du parlement, bon nombre de députés européens souhaitent attendre l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne pour désigner le prochain président de la Commission. Des membres du PSE, des Verts, des Libéraux et de la Gauche Unitaire discutent le sujet en ce moment. Le sommet européen des 17 et 18 juin prévoit que les Etats membres envisagent la mise en place de la Commission européenne sans attendre. Le chef du groupe socialiste européen, l’Allemand Martin Schulz, demande que la présidence tchèque de l’Union retire ce point de l'ordre du jour de ce sommet. Le président du groupe ADLE, Graham Watson, et le vice-président des Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, sont d’accord.
Le président sortant de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, soutenu par les conservateurs européens, souhaite que son mandat soit renouvelé sans attendre. Les députés européens démocrates (ADLE et Modem) soutiennent la candidature de Guy Verhofstatd. L'ancien premier ministre belge est favorable aux Etats-Unis d'Europe.
> A lire également dans l'actualité : le Conseil constitutionnel français donne raison à l'Europe : sur le blog de Jean Quatremer.
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10 juin 2009
Obsession présidentielle
On peut analyser le résultat des élections européennes jusqu’à plus soif. Mais la première leçon, c’est sans doute l’abstention. Quand 6 électeurs sur 10 ne votent pas, on peut - on doit - se demander pourquoi ? La faute à l’Europe « lointaine » ? C’est en partie vrai. Mais aux élections municipales de mars 2008, l’abstention était de près de 39% en moyenne, jusqu’à 60% dans les grandes villes. Deuxième hypothèse : nous sommes dans une démocratie bien paisible et une majorité de citoyens ne voit pas l’intérêt de mettre un bulletin dans l’urne. Difficile d’y croire, en période de crise. Troisième piste : les électeurs rejettent le système. Pas forcément la politique.
Ce sentiment semble largement partagé. Ceux qui ont fait campagne l’ont entendu très souvent. Et ce rejet populaire fait écho à un phénomène devenu primordial en France depuis le quinquennat : l’obsession présidentielle. Une fois tous les 5 ans, désormais, le peuple désigne le chef de l’Etat et, aussitôt dans la foulée, vote pour ses députés. Résultat : l’Assemblée est asservie à la victoire du chef suprême. Et l’élection présidentielle est la seule « utile » pour les partis. Bayrou le sait ; il l’a trop dit. Sarkozy le sait aussi ; il fait tout pour que ça dure. Les têtes du PS se déchirent ; l’obsession, chez eux, tourne au drame collectif. Les autres tentent leur chance.
Dans ce « délire », un OVNI déboule : Europe Ecologie, conjugaison d’horizons associatifs et citoyens, bien dans l’air du temps, échafaudée, en quelques mois, autour d’un chef de file charismatique qui rejette toute ambition présidentielle. Cohn-Bendit ne veut être ni président de la République, ni même président de parti. L’OVNI vert a, en quelque sorte, percuté l’obsession présidentielle, comme une brèche ouverte en psychanalyse.
Vers la fin de la Vè République ?
Il y a encore des électeurs fidèles à des socles classiques (minoritaires). Mais pour ceux qui attendent « autre chose », la cohérence du message est essentielle. C'est une question de stratégie. Sortir de l’obsession est donc nécessaire. Bayrou veut une VIè République. Cela tombe bien. Que le Modem se mette en cohérence avec son projet ! Et si cette République nouvelle abandonnait l’idée de l’élection suprême ? Cela permettrait plus facilement de présenter aux citoyens des projets plutôt que des chefs.
Chez les Verts et au Modem, on trouve des candidats et des militants motivés, des contenus élaborés, réfléchis collégialement, et un projet de société. Le Modem a mobilisé près de 4 mille personnes pour construire son programme européen, avec un message écologique fort mais mal mis en valeur.
Il y a sans doute un nouveau mode de gouvernance à trouver, comme le dit Corinne Lepage. Inutile de jouer les boyscouts au pied d'une pyramide qui s'enfonce. Il vaut mieux miser sur des réseaux pensants, organisés pour le débat et l'affirmation d’alliances électorales, le moment venu. Passer de l'obsession présidentielle à la nécessité de placer les personnes au centre de la politique.
L'idéal serait que les abstentionnistes viennent participer à cette nouvelle façon de faire de la politique. Un rêve ?
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07 juin 2009
La démocratie et le débat
Les dérives d'un dernier débat télévisé ont peut-être pesé sur le scrutin. Difficile à dire même si les médias en ont beaucoup parlé. François Bayrou a sans doute été maladroit face à Daniel Cohn-Bendit. Maladroit aussi en parlant des manipulations de sondages. On sait bien que les sondages détournent l'attention et influencent l'opinion, dans un sens ou un autre. Il aurait mieux valu proposer par exemple de les interdire en période de campagne électorale. Le président du Modem s'est un peu trop drapé dans la peau de la victime cible de toutes les attaques. François Bayrou a aussi voulu insister sur le lien entre la France et l'Europe. Message inaudible. Le président du Modem le reconnaît.
Dans la circonscription Est, Nathalie Griesbeck, Jean-François Kahn et Yann Wehrling ont réalisé une belle campagne de terrain (les scores à Nancy et Metz, notamment, le démontrent). Ces candidats de grande valeur se sont montrés dignes et compétents. Ils ont été appuyés par des militants actifs sur le thème de l'Europe d'abord.
La médiatisation trop nationale du Modem a peut-être détourné l'intérêt des électeurs pour le projet de société européen des Démocrates. Mes amis et mois, nous l'avons souvent répété : il n'y a pas eu de réel débat projet contre projet. Et au jeu de la communication et du réseau organisé, Cohn-bendit et ses amis sont les meilleurs aujourd'hui, toutes sensibilités confondues. Il faut saluer cette victoire du moment. C'est une leçon pour tous les partis classiques, et aussi pour le Modem, mouvement jeune, en construction, qui n'a pas fini de s'organiser. La formation Europe-Ecologie, très hétérogène, fait bouger les lignes. Les Ecologistes obtiennent 53 députés européens. L'alliance des libéraux et démocrates (où siègent les députés Modem) recueillent 81 sièges. Bien difficile de tirer des conclusions nationales, après ce scrutin européen.
La mauvaise nouvelle, c'est l'abstention (environ 60% en France). Cette campagne a révélé l'urgence de "réformer" nos Institutions, au sens latin du terme (lire le joli chapitre sur la question dans le livre "Abus de pouvoir" signé Bayrou). Réformer au sens de redonner une forme acceptable pour gérer les affaires de la cité. Remettre les choses à leur place, retrouver le sens du débat et de la démocratie parlementaire.
Après ce 7 juin, la démocratie parlementaire européenne prendra peut-être un visage un peu différent. Mais puisque c'est une élection multinationale, il va falloir mesurer de plus près les nouvelles tendances qui entrent au parlement de Strasbourg. Elles ne sont pas forcément réjouissantes. Voir par exemple la nouvelle droite populiste, antieuropéenne et islamophobe au Pays-Bas.
Du Modem aux écologistes sincères, en passant par d'autres humanistes, espérons que l'esprit de Robert Schuman continue de souffler sur l'avenir de l'Union européenne.
Laurent Watrin
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