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10/08/2009

Sauver le monde ?

« On ne peut pas sauver le monde ». Voilà ce que dit ma mère, lorsqu’elle trouve que je parle un peu trop de politique. Elle a sans doute raison. Car On ne peut pas grand-chose. D’abord « On est un con ou un salaud», comme disait une ancienne institutrice, qui avait lu Jean-Paul Sartre. Le On c'est l’abandon de l’originalité de l’homme, le déni de sa singularité, la négation de sa liberté de regarder et de penser le monde.

 

 

Le salut du monde n’est-il pas le fruit d’une vision humaine ? Bien sûr, la plupart du temps, nous sommes nombreux à faire ce qu’on peut. Volonté limitée, désirs insatisfaits. Pour Arthur Schopenhauer, la majorité des hommes ne connaît pas « les joies de la pure intelligence » et « le plaisir de la connaissance désintéressée les dépasse : ils sont réduits au simple vouloir (…) action et réaction, voilà leur élément unique ».

 

 

Dans son Utopia (mot inventé) publiée en 1516, le chancellier anglais Thomas More lance un appel pour sauver l’humanité. La vision de More décrit les habitants de cette Utopie, territoire si bien gouverné, comme des hommes et des femmes « aiguisés par les lettres », ayant une aptitude au progrès. En pleine Renaissance, Thomas More fonde la société sur les principes de la connaissance et des institutions communes aux hommes d'un même pays.

 

 

Les hommes de bonne volonté, pour reprendre un titre de Jules Romains, n’ont-ils pas pour ambition de sauver le monde ? c’est-à-dire, de changer les règles du jeu pour que l’homme soit plus libre ? Comment refuser l’audace d’un honnête homme à « sauver le monde » ? Sans oublier la prudence, avec humour, si possible, grâce à Michel Audiard, par exemple : « les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ».

 

 

La société libérale et la démocratie sont censées limiter la progression de la bêtise, par le dialogue et le compromis. Dans ce régime du vivre-ensemble, les ambitions – individuelles ou collectives - confrontent pacifiquement leur manière de sauver le monde. A mon niveau, ma conscience de ce qui existe et de ce pour quoi j’agis peuvent participer, humblement, au salut du monde. Cela suppose un certain confort matériel pour pouvoir penser à autre chose qu'à survivre, et un certain niveau d'éducation afin de favoriser l'expression du libre-arbitre. Car si je n'ai plus rien, je n'aurais probablement que la volonté (au sens de Schopenhauer) de casser le monde. 

 

L’Histoire nous enseigne que les intentions de sauver le monde peuvent se révéler destructrices. Le XXè siècle a connu des totalitarismes qui prétendaient refaire le monde. Ce fut au prix de la mort de millions d’hommes, car le on d’une globalité déshumanisée était devenu plus important que la personne humaine et ses utopies de mieux vivre ensemble. Albert Einstein pensait que le monde serait «de plus en plus dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent sans rien dire ». Albert Einstein aurait pu être ma mère... Si un jour je tombe dans la rue et que personne ne vient à mon secours, c’est peut-être que la société des hommes que j’ai rêvée n’existe pas. Dans ce cas, pour quoi - ou avec qui - vivre ? « Il n’y a pas d’amour dans un monde malheureux », écrit Raoul Vaneigem, leader du mouvement situationniste. "Vivons heureux en attendant la mort", répond Pierre Desproges.  

 

Ma mère a raison : on ne peut pas sauver le monde, mais la conversation des hommes peut contribuer à son salut. 

 

Si vous voulez exercer l'expression de votre libre-arbitre, rendez-vous à Metz, le samedi 19 septembre, à 15h, café Jeanne d'Arc, pour le prochain café citoyen, sur le thème : "faut-il une utopie pour sortir de la crise ?". Merci à M. Jacques Pailler pour avoir proposé ce beau sujet de réflexion, adopté à la majorité des participants du dernier café citoyen.

 

Laurent Watrin

Écrit par eurocitoyen dans Edito | Lien permanent | Tags : philo, politique, utopie, europe, démocratie, humanité | |  Facebook | | |

Commentaires

j'ai apprécié ton article et je me dis, c'est pour ça que changer le monde est une utopie ( indispensable ) car il faut le sauver


Christian Nannini
VPmodem30

http://www.MOnpostDEMocrate.eu
http://www.monpostdemocrate.lesdemocrates.fr

Écrit par : nannini | 11/08/2009

Excellent article.
J'anime un café citoyen à Saint-Julien, Haute-Savoie dans le cadre de l'Université populaire du coin... voir mon site pour les annonces. Au plaisir.

Écrit par : Joel | 12/08/2009

@Laurent Watrin,

On peut sauver le monde dans une perspective christocentrique, à condition bien sûr qu'on ne se prenne pas bien sûr pour le sauveur du monde. A l'échelle humaine, il n'y a pas de salut dans l'Histoire. Le temps de Dieu n'est pas dans l'Histoire, car Dieu est éternel et immortel.
Il me paraît pertinent au contraire de se réapproprier le monde quand il n'est plus du tout; je vais vous raconter cette anecdote relatée par un résistant français déporté dans un camp de concentration en Allemagne pendant la Deuxième Guerre Mondiale : dans le camp, il y avait un petit groupe de résistants français communistes et non communistes; il y avait parmi eux des croyants et des athées : quelque soit leurs convictions respectives, les amis d'infortune se sont réunis ensemble pour réhumaniser leurs conditions d'existence dans le camp : un tel récitait un poème, un autre une prière ...

Engagé au modem depuis sa création, je suis désormais convaincu qu'il deviendra difficile de "faire bouger les lignes" dans le système politique actuel ... mais ce qu'il faut faire, il convient de le faire : responsable du modem de la petite ville de Saint Mandé dans le 94, je serai ravi de vous rencontrer à l'occasion d'une manifestation nationale; la conversation des hommes peut en effet contribuer au salut d'une culture ou d'un groupe, mais il me semble que le politique se prête en réalité assez mal au salut collectif.

Cordialement,
Pierre Jourdan

Écrit par : Jourdan | 28/09/2009

merci M. Jourdan, pour ce commentaire salutaire ! Je serai ravi de vous rencontrer lors d'une prochaine réunion ou d'un de mes passages en région parisienne. Cordialement, L.W.

Écrit par : watrin | 29/09/2009

moi je ne pense pas que sauver le monde soit une histoire de politique. Et je trouve ça encore plus décevant que ça puisse évoquer l'utopie dans la tête des gens.

Ca prouve bien a quel point ils se sentent concernés..

Moi je prend ça très au sérieux et j'aime moyennement quand je tombe sur un article qui traite de ce sujet et dont les posts tournent à la philosophie de comptoir.

J'ai bien aimé ce blog si jamais vous vous intéressez plus en profondeur, avec un point de vue moins sectaire (no offence, pour certains points faut le reconnaître) peut être cela vous donnera la foi ^^

>>>http://poursauverlemonde.blogspot.com/

Écrit par : zamzam | 12/12/2009

pour sauver le monde il suffit de controler sa vie et ce que l'on en fait:

Commencer par apporté des reponses comme sur ce site sur soi-même:

www.controlersavie.fr

Écrit par : rek | 24/01/2010

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