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14/04/2010

Réseaux sociaux : compte-rendu du café

Voici le compte-rendu du café citoyen de Nancy organisé,à la MJC Pichon, le vendredi 9 avril 2010, sur le thème :

« Les réseaux sociaux sont-ils les nouveaux réseaux d’influence ? »

 

Cette synthèse reflète les échanges aussi fidèlement que possible. Mais elle ne prétend pas être exhaustive.

Vous pouvez continuer le débat sur le site national des cafés citoyens : http://www.cafes-citoyens.fr

 

Une quinzaine de participants pour ce café citoyen en pleine actualité locale. Coïncidence ! La veille, un « apéro géant » réunissait, à Nancy, environ 400 personnes, sur la place Stanislas. Antoine, l’animateur, rappelle que cet « événement » nancéien, lancé sur internet, a recueilli plus de 8.000 inscrits, avant d’être « annulé » par son initiateur, sous la pression des pouvoirs publics. Témoin de la scène, Clémentine, 26 ans, analyse : « beaucoup de jeunes sont venus par provocation contre la mairie. Et finalement, il y avait surtout des gens ‘bourrés’... ». Clémentine fait le parallèle avec les « flash-mob », ces appels à mobiliser des gens dans la rue, autour d’un thème plus ou moins idéologique.

 

L'animateur demande aux participants de bien vouloir exposer leur manière d’utiliser les réseaux sociaux. Quasiment tous les présents ont un « compte » internet sur ce type de réseaux. Ahmed, la cinquantaine, apporte son regard personnel sur facebook : « pour moi, c’est le bistrot. J’adore les bistrots. Je suis content d’y croiser des gens. Mais c’est très difficile de construire quelque chose dans un bistrot. »

 

La majorité des personnes présentes, lors de ce café citoyen, semble s’accorder sur un point : un réseau d’influence construit des liens de manière discrète, voire « secrète », comme le note Pierre, qui ajoute : « le problème de Facebook, par rapport à cette notion d'influence, c’est que c’est public. » D’après Catherine, néanmoins, « sur les réseaux internet, Facebook ou Twitter, un tas de personnes ont de l’influence efficace pour le pouvoir en place ». Catherine souligne aussi ce qu’elle appelle le « panurgisme » des internautes : « une pente naturelle dont il est difficile de se défaire ».

 

Plusieurs participants affirment, en substance, que les réseaux sociaux créent effectivement du « suivisme » mais pas forcément du « sens ». Tout dépend des « objectifs poursuivis » et des « intérêts » des gens, estime Olivier, qui anime un réseau professionnel passant « du virtuel au réel ». Il affirme que la moitié des membres de ce réseau s’implique réellement. Pour Vincent, les réseaux sociaux font plus de la « résistance » que de « l’influence », car ils sont avant tout des « médias de contre-pouvoirs». Vincent évoque ce qui se passe en Egypte, où Mohammed El Baradei, l’ancien président de l’agence internationale de l’énergie atomique (AEIA), envisage de se présenter à l’élection présidentielle. « El Baradei a 250.000 supporteurs sur facebook mais pas de parti. A-t-il un avenir politique ? » interroge Vincent.

 

Laurent a le sentiment «  que ce qu’on appelle ‘réseau social’ est plutôt destructeur du lien social. Même si j’ai une page facebook, c’est très souvent inintéressant et inutile ». Pierre témoigne que, sur le réseau, il n’a « pas de relations avec les gens qu’il ne connaît pas » dans la vie réelle. Même point de vue exprimé par un jeune lycéen : « on s’échange surtout des photos, des trucs qu’on a en commun ». Expérience différente pour Catherine qui dit s’être fait « des amis » après des échanges sur facebook.

 

Revenant plus précisément dans le thème de ce café citoyen, Olivier pense qu’un réseau social est « clairement un réseau d’influence ». L’enjeu, selon lui, est d’y être « connu, promu, reconnu ». Laurent rebondit : c’est « du pop art moderne, pour faire référence à Andy Warhol : aujourd’hui, on peut avoir sa seconde de gloire plusieurs fois par jour sur facebook. Et après ? ». Pierre estime qu’un réseau traditionnel (club service par exemple) s’avère plus efficace pour concrétiser quelque chose. « Facebook est un réseau de liens faibles, et donc d’influence faible, mais tout de même…», d’après Olivier. Chacun sa réalité du réseau virtuel ? Christophe explique qu’il utilise les réseaux sociaux, à titre professionnel, pour recruter des personnes et « chasser des candidats ».

 

Sur l’aspect médiatique de l’internet, Vincent rappelle l’expérience récente des journalistes enfermés avec des ordinateurs pour seules sources d’information : « il n’en est rien sorti ! ». Catherine note que cet exercice a tout de même permis de mettre en lumière le fait que certains journalistes vérifient leurs sources et d’autres pas… Laki rappelle que l’affaire de l’EPAD – concernant Jean Sarkozy – est tout de même « sortie » sur un réseau social, avant d’être reprise dans la presse.

 

Influence ou simple caisse de résonnance ? Clémentine pense qu’un réseau social peut « entretenir » une idée ou un projet, mais que ce n’est pas « l’étincelle » du projet. Vincent estime que les réseaux sociaux nous apportent surtout une « rapidité » et une « massification » des messages, mais aussi un lien géographique qui nous donne l’impression d’une « appartenance globale ». La question technologique n’est évidemment pas neutre, selon plusieurs citoyens présents, mais « est-ce que c’est vraiment nouveau ? » se demande un enseignant : « des pratiques innovantes, moi, sur les réseaux sociaux, je n’en vois pas ». Laki estime que le réseau social est surtout un outil qui simplifie les « phénomènes marketing mais que les hommes ont besoin de contacts physiques et durables ». Avis majoritairement partagé par les citoyens présents qui se sont exprimés.

Merci à la MJC Pichon pour son accueil régulier et chaleureux. Prochain échange le vendredi 7 mai, à 18h30, sur le thème :

« Peut-on se passer de la voiture ? »

Retrouvez les cafés citoyens de toute la France sur www.cafes-citoyens.fr

Écrit par eurocitoyen dans RENDEZ-VOUS | Lien permanent | Tags : café, citoyen, réseau, social, influence, twitter, facebook, commerce | |  Facebook | | |

Commentaires

Facebook est sans doute utile pour des tas de choses mais attention que la virtualité des contacts ne tuent pas dans l'oeuf les vrais rapports humains, en direct. Notre société manque cruellement aujourd'hui de liens direct avec les gens. Un peu comme pour les sites de rencontres, un peu comme pour les films que l'on regarde en DVD. Rien ne vaut d'aller à un concert, dans une salle de ciné, rencontrer une personne en face à face. Attention à ne pas déshumaniser une société dont le fil social se détricote tous les jours, un peu plus.

Écrit par : SIATKA | 16/04/2010

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