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09/05/2010

La coopération oubliée

Dimanche 9 mai. Fête de l'Europe. "L'ambiance n'est pas bonne". L'expression est lâchée par Jacques Delors, à l'occasion d'une table ronde, organisée par le journal La Croix, au centre européen de Scy-Chazelles (Moselle), maison Robert Schuman. L'ancien président de la commission européenne, considéré comme l'un des héritiers des "Pères fondateurs de l'Europe, même s'il s'en défend, insiste : "on a oublié la méthode communautaire" qui fait vivre l'Union européenne. "La Commission européenne n'est plus écoutée alors qu'elle a un droit d'initiative". Jacques Delors, président de la commission de 1985 à 1994, sait de quoi il parle : il fit voler les résistances nationales pour mener à bien le programme d'échanges européens Erasmus. Un progrès destiné aux jeunes qui pourrait être développé, mais "il manque de sous, car les pays ne subventionnent pas assez les étudiants". La faute aux égoïsmes des Etats.

Jacques Delors, qui refusa de se porter candidat à la présidence de la République française en 1995, estime que nous voyons "aujourd'hui des chefs d'Etat qui jouent les vedettes" et qui oublient la méthode européenne, celle de la coopération communautaire. Une méthode du bien commun imaginée par Jean Monnet, et portée par la Déclaration de Robert Schuman, le 9 mai 1950. La CECA, communauté du charbon et de l'acier, en fut l'aboutissement concret, à la sortie de la guerre, pour le "pardon et la promesse", entre les ennemis d'hier.

L'ancien syndicaliste Jacques Delors plaide aujourd'hui pour une nouvelle ambition, moderne : une communauté européenne de l'énergie. "Le paquet énergie européen est excellent techniquement", explique Delors. Mais "nous n'avons pas su le présenter" à Copenhague. Pour l'ancien président de la Commission européenne, il faut sortir de la "dépendance du pétrole et du gaz", qui renforce dangereusement la Russie. "En tant qu'Européen, j'ai honte", avoue Jacques Delors, quand "je vois les chefs de gouvernement se précipiter chez Poutine" pour négocier des morceaux de gazoduc.

"L'Europe ne pèse aujourd'hui que 6% de la population mondiale. La démographie est la mère de l'économie", explique l'ancien ministre socialiste des finances. Celui qui fit avancer les bases sociales de l'Union - en imposant notamment la charte des droits des travailleurs - nous trouve bien "ridicules". Pour lâcher nos individualismes et éviter le repli national, il faut, selon lui, renouer avec la "coopération", pilier de la construction européenne. Et retrouver "l'esprit de Schuman". Un esprit que Delors résume par une formule : "une grande modestie qui peut parfois déboucher sur une grande ambition".

Écrit par eurocitoyen dans Actualités | Lien permanent | Tags : delors, 9 mai, schuman, europe, crise, politique | |  Facebook | | |

Commentaires

Très bien tourné, Laurent ! Oui la modestie n'a jamais empêché l'ambition... et inversement. ;-)

Écrit par : Françoise Boulanger | 11/05/2010

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