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29/06/2010

Lobby bio : commerce ou idéal ?

Compte-rendu du café citoyen de Nancy, réuni le vendredi 18 juin 2010 à la MJC Pichon

"lobby bio : commerce ou idéal ?"

 

Une quinzaine de participants pour ce dernier café citoyen nancéien avant les vacances estivales, sur un sujet régulièrement médiatisé… et pourtant ! Plusieurs citoyens présents se montrent sceptiques et expriment leurs doutes sur la production biologique. La notion de "lobby", contenue dans le titre du débat, et contestée par plusieurs personnes, alimente les premières minutes de la discussion. Puis les échanges s'orientent vers le coeur du sujet.

 

Un membre de l’équipe des cafés citoyens de Lorraine précise que, au sens du ministère français de l’agriculture, le bio qualifie une agriculture respectueuse de l’environnement, qui n’utilise pas de pesticides de synthèse.

 

Une étudiante met les pieds dans le plat :  « je ne suis pas consommatrice de bio, et je me demande si ce n’est pas juste un critère commercial ».

 

Une dame plus âgée explique qu’elle achète bio, quand elle peut, mais s’interroge sur les labels et les prix élevés. D’après elle, «il faudrait plus de consommateurs ».

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Pierre, jeune homme manifestement convaincu des bienfaits de l’écologie active, affirme sa position de citoyen consommateur. Le bio représente, selon lui, « la garantie qu’il n’y a ni OGM ni pesticides, et c’est aussi le respect du territoire ». Pierre modère toutefois son propos en évoquant le besoin d’information et de transparence, pour éviter les pièges du marketing.

 

 (ci-dessus : logo du label écologique européen)

 

 

D’autres participants rappellent que l’Europe autorise un pourcentage d’OGM dans les produits labellisé bio au niveau de l’Union européenne.

 

Jean-François, qui fait partie d’un réseau de distribution de produits bio, considère que le bio ne devrait pas avoir à se justifier. Avec humour, il plaide, à l’inverse, pour un label « agriculture chimique » ! Jean-François explique qu’une pomme « conventionnelle » contient « 40 pesticides potentiellement mortels ». Un bémol : la proximité de la production bio, vantée par Pierre, un instant plus tôt, « ce n’est pas toujours évident : quand on achète des bananes, évidemment, elles viennent de loin ».

 

Un couple, qui essaie de consommer du bio selon ses moyens, soulève des questions largement partagées : les labels bio ont-ils tous la même valeur ? Que dire des marques bio mises en avant sur les rayons des enseignes de la grande distribution ? Pourquoi des prix si élevés par rapport au conventionnel ?

 

Un autre participant affirme qu’acheter bio en grande surface sera toujours plus sain que de choisir des produits conventionnel ailleurs. Une autre voix témoigne du fait qu’il a déjà remarqué que les prix des produits de base n’étaient pas toujours très différents entre bio et conventionnel. Certains légumes de saison seraient même moins chers en bio.

 

Sur le thème des prix, Jean-François répond, à deux niveaux : si l’on compare les qualités nutritives, selon lui, le bio n’est finalement pas si cher. Ensuite, l’agriculture « chimique », comme dit Jean-François, est beaucoup plus subventionnée que le bio. Ce citoyen militant cite l’exemple de producteurs de blé, en Lorraine, qui vendent difficilement leur production parce que les industriels de l’agroalimenaire préfère acheter du blé ukrainien, moins cher…

 

« C’est un problème européen », selon Pierre (voix différente du premier Pierre), qui déclenche une petite controverse sur la limite entre label bio national et label bio européen. Ces questions n’ont pas fini d’évoluer, explique Laurent, qui souligne par ailleurs que l’Europe fixe un compromis minimum, par principe, et que « les Etats membres peuvent avoir des exigences plus sévères » en matière de respect de l’environnement et de conditions de production agricole. Sur ce point, le débat reste entier.

 

Elargissant le débat, Jean-François estime que la société d’abondance, que beaucoup considèrent comme un « progrès », produit du gâchis et nous détourne de certaines « utopies » possibles. Pour lui, le végétarisme et la maîtrise de la démographie sont les utopies qui permettraient de respecter la ressource naturelle et les générations futures.

 

Pierre (le second) estime que « le progrès, c’est aussi que la part des dépenses alimentaires dans nos budgets a baissé ». Et il provoque les voix écologistes présentes avec cette formule : « je ne suis pas sûr que le bio sauve la planète ». Cette position suscite plusieurs réactions.

 

Plusieurs participants pense que c’est au consommateur de choisir et de faire pression. Avis divergent de Pierre (le premier) : « le consommateur n’a pas le choix, il est orienté ».

 

En forme de boutade, Laurent tente une manière de synthèse : « le bio est sans doute un idéal qui a besoin de faire du commerce ».

 

Pour finir, voici quelques propositions évoquées pendant ce débat : soutenir les produits locaux qui respectent la nature, mieux subventionner le bio, pousser plus loin le débat au niveau européen, mieux informer le consommateur sur la qualité des labels et l’origine des produits.

 

Prochain rendez-vous du café citoyen de Nancy, en septembre 2010 (date à préciser), sur le thème :

Quel avenir pour les retraites ? (9 voix au second tour)

Autres sujets proposés :

Quelles vérités sur le nucléaire ? (7 voix)

Faut-il faire moins d’enfants ? (6)

Comment développer l’apprentissage ? (2)

Quel avenir pour les personnes âgées ? (5)

LW 

Écrit par eurocitoyen dans Blog | Lien permanent | Tags : bio, europe, café, citoyen, nancy, arcadie, mjc pichon, débat, écologie, politique | |  Facebook | | |

Commentaires

Une quinzaine de participants pour ce dernier café citoyen nancéien avant les vacances estivales, sur un sujet régulièrement médiatisé… et pourtant ! Plusieurs citoyens présents se montrent sceptiques et expriment leurs doutes sur la production biologique. La notion de "lobby", contenue dans le titre du débat, et contestée par plusieurs personnes, alimente les premières minutes de la discussion. Puis les échanges s'orientent vers le coeur du sujet.??

Écrit par : louis vuitton men briefcase | 20/07/2010

Pour finir, voici quelques propositions évoquées pendant ce débat : soutenir les produits locaux qui respectent la nature, mieux subventionner le bio, pousser plus loin le débat au niveau européen, mieux informer le consommateur sur la qualité des labels et l’origine des produits.??

Écrit par : louis vuitton replica handbags | 20/07/2010

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