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29/08/2010

Comment relancer l'intérêt général des Européens ?

En Europe, l'intérêt général des citoyens, c'est le boulot de la Commission européenne.

Dans la logique des Institutions de l’Union, la Commission dispose du pouvoir d’initiative. Et les commissaires européens font le serment d'agir selon les Traités européens et de rester indépendants de toute instruction venue d'un gouvernement ou d'un organisme extérieur. En période de crise, ces obligations, établies par les textes ratifiés par les 27 Etats membres de l'UE, devraient nous servir collectivement.

Malheureusement, le président actuel de la Commission européenne, José Manuel Barroso, apparaît comme le plus frileux et le plus influençable de l’histoire de l’Union. L’ancien premier ministre portugais se soumet trop souvent aux conditions des dirigeants et des politiques isolées des Etats de l’Union. 

Wolfgang Münchau, l’éditorialiste allemand du Financial Times, fait partie de ceux qui soulignent ce que produit, sur le plan économique, cet oubli récurrent de l'intérêt général européen.

L’Europe est gouvernée à vue, avec une géopolitique variable, et des sauts de puce et gesticulations inutiles dès qu’il s’agit d'orienter les grandes politiques publiques sur le Continent.

Dernier exemple, déprimant pour les citoyens de l'Union : un accord de « coopération transfrontalière » signé par six Etats membres (sur 27) avec deux pays hors UE afin de… prévenir les crises financières.

Quels sont les pays concernés ?

Le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, et la Suède. Ils engagent un partenariat avec l'Islande et la Norvège. Cet accord se fonde sur le fameux Protocole d'entente européen sur la gestion de crise, amendé en juin 2008.

Que prévoit cet accord ?

Les ministres des Finances, les banques centrales et les superviseurs des pays signataires instaurent un "Groupe de stabilité transfrontalière".

Ce groupe est surtout chargé d’échanger des informations, de réaliser de tests de résistance aux crises (?) et de lister les problèmes juridiques qui pourraient limiter la coopération dans le cadre de l'accord.

La cerise sur le gâteau ?

Cet accord demeure non contraignant juridiquement !

Si l’on continue ainsi, l’Europe se fera « bouffer » par les intérêts économiques d’autres grandes puissances régionales dans le monde. La Chine et les Etats-Unis finiront peut-être par s'arranger, sur le dos de l'Europe...

Hubert Védrine, l’ancien ministre français des affaires étrangères, rappelle cette éventualité, en cette rentrée de septembre 2010, dans un entretien croisé avec Etienne Balibar, dans les colonnes de Philosophie Magazine. La réflexion d'Hubert  Védrine, promoteur du concept d'hyperpuissance, est d'autant plus éclairante que cet humaniste n’a jamais été un chaud partisan du fédéralisme européen.

Relancer un "vieux" principe ?

A propos de philosophie, il suffirait – si l’on peut dire – de remettre à l’honneur un ancien principe pour le Vieux Continent. Ce principe peut tenir dans la formule : « ce qui est bon pour l’Union est bon pour les Etats de l’Union ». Même si cela n'est pas immédiatement visible.

C'est ainsi qu'un ancien président de la Commission européenne avait coutume de faire avancer l'intérêt général des citoyens et des peuples de l'Union. Tout en n'hésitant pas à crever certains abcès pour sortir par le haut. Hélàs, les Delors ont disparu de la scène européenne active.

Enfin, du côté des Etats-Nations, on ne voit guère de personnalités aptes à mettre en oeuvre la nécessaire primauté de l'Union européenne. Nos dirigeants nationaux ne sont plus simplement égoïstes (ce qu'on ne peut pas vraiment leur reprocher, selon Védrine), mais ils continuent de nous faire croire qu'ils peuvent tirer, seuls dans leur coin, « leur » épingle du jeu mondial tout en se vantant d'être européen.

L.W

 

Écrit par eurocitoyen dans Blog | Lien permanent | Tags : europe, barroso, fédéralisme, citoyen, etat, union, nationalisme, crise, financière, grèce, régions, france, sarkozy | |  Facebook | | |