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17/05/2011

De l'indécence de marcher sur les (présumés) cadavres

La basse politique se nourrit des remous de l'actualité, saute sur tout ce qui bouge surtout si c'est énorme, et réagit illico dans un souci d'efficacité pour tirer la couverture dans son camp.

Le sort de Dominique Strauss-Kahn entre dans la catégorie des cadavres sur lesquels la basse politique se plaît à se vautrer. Et la tactique basse dépasse les étiquettes politiques. A ce jeu, il apparaît aussi indigne et grossier de lyncher l'intéressé que de le défendre contre le lynchage... Les lignes écrites par Bernard-Henri Lévy sont, de ce point de vue, tout à fait confondantes.

Ce qui arrive à un homme - ou une femme - peut surgir comme un drame personnel. L'exploitation du drame doit être proscrite en politique, au nom de la hauteur du débat républicain. 

L'inculpation de Dominique Strauss-Kahn appelle chacun - si l'on tient aux valeurs socles de la société démocratique - à la décence et au respect. Respect des Institutions, respects des idées, respect des personnes - accusées comme victimes. Que les faits s'avèrent ou non, l'affaire DSK ne doit pas servir de marche-pied à une quelconque prise de position politique ou électoraliste.

François Fillon, à cet égard, se montre exemplaire. Le premier ministre a insisté, ce mardi 17 mai 2011, devant les députés UMP : "personne ne doit exploiter cette affaire".

Au Parti socialiste, on comprend l'embarras et les exercices de gymnastique collégiale étaient prévisibles. Endoloris par les excès de querelles individuelles, entretenues depuis des années, les socialistes pensaient retrouver la sérénité en se rangeant - enfin - derrière une figure charismatique et compétente très attendue.

Entre les déclarations et les agissements des uns et des autres, l'affaire DSK aura peut-être une vertu : clarifier le ton avant d'aborder le fond. Le débat sur les projets politiques avant l'élection présidentielle de 2012 n'en sera peut-être que plus riche.

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Edito | Lien permanent | Tags : dsk, ps, ump, sarkozy, présidentielle, 2012 | |  Facebook | | |

Commentaires

On ignore tout des faits; il convient donc d'attendre.
En revanche on constate, avec raison, une mise en accusation de l'archaïsme de notre justice et de notre presse.
Rappelons que l'élection des juges et la pratique du système accusatoire existaient dans nos 3 premières Constitutions (1791-93-95) et que c'est l'empereur qui a décidé de les nommer autoritairement et de passer à un système inquisitoire liberticide.

Réjouissons-nous : l'Europe nous contraint à aller vers le régime accusatoire.

Que notre presse n'arrive pas à la cheville du New York Times, tout le monde le sait et beaucoup le déplorent.
Il y aura sans doute un après DSK.
Les jeunes espagnols sont dans la rue en demandant une démocratie réelle maintenant(Democracia Real Ya) ; nous n'en ferons pas l'économie.

Écrit par : Mikael Moazan | 22/05/2011

merci pour cet éclairage !

Écrit par : laurent | 29/05/2011

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