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27/06/2011

Grèce : la démocratie européenne à l'épreuve des réalités comptables

Le parlement grec (Vouli) a entamé, lundi 27 juillet 2011, le débat sur de nouvelles mesures économiques et fiscales. Objectif des députés réunis à Athènes : un plan pluri-annuel de rigueur et de redressement des comptes de l'Etat.

Le vote des députés grecs doit avoir lieu mercredi. C'est un passage obligé pour que le FMI et l'Union européenne poursuivent leur soutien au gouvernement.

L'Union européenne est coupable. La Grèce est coupable, et notamment le gouvernement conservateur précédent, qui n'a pas été sincère avec son budget national. Le peuple est aussi responsable. Et si "nous devons réapprendre à nous aimer entre Européens", comme dirait Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois qui préside l'Eurogroupe, il y va aussi de l'intérêt des Européens de se dire clairement les choses en face pour remettre la démocratie économiquesur ses pieds.

En Grèce, le gouvernement socialiste de Georges Papandreou prévoit des hausses d'impôts nouvelles et des privatisations destinées à rembourser la dette du pays. Les salaires des fonctionnaires, les retraites et les allocations sociales vont baisser. Difficile d'être plus impopulaire... Les syndicats lancent une grève générale de deux jours.

La problème grec est multiple : depuis son entrée dans la zone euro, en 2001, la Grèce a vu sa productivité diminuer de 25% tandis que les revenus ont augmenté de plus de 120%. Cette aberration économique a aggravé les conséquences de la crise financière dans le pays. Il faut relancer l'initiative privée dans un pays habitué à la corruption de ses fonctionnaires et à une économie souterraine galopante. Des pans entiers de l'économie appartiennent à l'Etat sans plan de gestion viable. 68 industries sont répertoriées. Combien sont durables ? Le tourisme est affaibli. Les services publics trop peu développés et inefficaces.

L’absence quasi-totale de cadastre grec, malgré les promesses de réforme échafaudée depuis dix ans, constitue un handicap supplémentaire pour combattre l'économie parallèle et permettre la juste collecte de l'impôt.

Les banques françaises et allemandes sont officiellement prêtes à participer au futur plan d'aide européen pour la Grèce. Les investisseurs privés peuvent appuyer la remise à flot de l'édifice comptable.

Mais il en est encore pour rêver d'un autre idéal... 

Ne pas aider la Grèce à redresser ses torts (comme le préconisent les nationalistes en Europe) ou sortir de l'euro pour tenter d'écarter le risque de contagion par l'effacement des écritures comptables communes (comme le souhaitent les mêmes nationalistes) sont des solutions absurdes.

L'Europe doit réapprendre à se respecter elle-même. La solidarité est aussi une question démocratique. Rude épreuve pour les Grecs et pour tous les Européens. 

Un fédéralisme budgétaire , tel que le préconise le professeur d'économie Stefan Collignon, permettrait d'en sortir plus fort, ensemble.

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog, Edito | Lien permanent | Tags : grèce, fédéralisme, collignon, juncker, zone euro, dette, fmi, ue, europe, crise, économie, démocratie | |  Facebook | | |

Commentaires

Je partage en partie votre analyse, sauf sa conclusion. La crise actuelle n'est ni celle de l'Europe, ni celle de l'euro, mais celle des Etats souverains - ces Etats-nations obsolètes- qui ont dépensé sans compter.
Il ne peut y avoir de fédéralisme budgétaire sans fédéralisme politique. On doit être clair et aller jusqu'au bout du raisonnement. Le tryptique monétaire-budgétaire-politique doit être maintenu. Au cas contraire, ce sera l'échec.
Et on ne donnera pas dans la progressivité ; quand on doit sauter d'une rive à l'autre d'une rivière, il faut le faire d'un coup !
Cordialement,
Mikael

Écrit par : Mikael Moazan | 29/06/2011

C'est juste. Je partage. Merci Mikael.

Écrit par : laurent | 29/06/2011

Une analyse que je partage aussi, y compris celle de Mikael; à force de rester au mileu du gué, on risque de tomber dans l'eau et de tout perdre ! Ce ne sont plus des "petits pas" qu'il faut faire,(et même ne pas faire) mais un grand avec des politiques à la hauteur de l'enjeu européen
Cordialement
Viviane

Écrit par : viviane | 29/06/2011

Perfectly described. I am absolutely pleasured to come across this post. Thanks a lot for sharing.

Écrit par : hire web developer | 30/06/2011

Les commentaires sont fermés.