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28/09/2011

L'Union européenne est-elle en train de s'engager résolument sur la voie fédérale ?

Devant les députés européens, en séance plénière, ce mercredi 28 septembre 2011, le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, déclare, dans son discours annuel sur l'état de l'Union : la "Grèce restera membre de la zone euro".

Le chef des commissaires européens est le premier garant de l'intérêt général des citoyens européens et de la bonne application des règles adoptées par les Etats membres et validées par le Parlement de l'Union. Mais M. Barroso, en bon représentant de l'exécutif européen, souhaite-il vraiment dépasser la crise de l'euro ou son propos relève-t-il de la diplomatie habile, ménageant la chèvre politique et le chou financier ?

Il semble que les coups de cornes de la chèvre politique - Parlement européen en tête - soient désormais pris au sérieux pour quelques grandes orientations.

Une taxe sur les transactions financières est ainsi proposée par le président de la Commission européenne. Une mesure réclamée depuis longtemps par la majorité du Parlement européen.

M. Barroso estime que cette taxe peut rapporter 55 milliards d'euros par an aux 27 Etats membres de l'Union européenne. Reste à savoir comment et à quel niveau mettre en oeuvre cette taxe, et pour quel objectif ? L'abondement direct du budget européen serait de nature à rendre plus lisible une politique fédérale pour l'Union. Mais, en l'état actuel, le projet de la Commission n'évoque qu'un versement partiel au budget de l'Union. On lira sur le sujet l'article éclairant du commissaire chargé de la fiscalité, Algirdas Semeta, publié par Le Monde.

Autre inspiration fédéraliste : la Commission réfléchit à la mise en place des euro-obligations. Ces "eurobonds" permettraient de réaliser la mutualisation des dettes dans la zone euro. Pour l'instant, la majorité des Etats n'en veut pas. Les dirigeants actuels de la France et de l'Allemagne sont les premiers à avoir montré leur frilosité devant cette hytpothèse.

Selon l'eurodéputé social-démocrate, Martin Schulz, "les capitales ne peuvent répondre seules aux défis qui se présentent.". Le parlementaire allemand pense qu'il "faut agir en tant que communauté, via les institutions européennes".

A l'inverse, le conservateur tchèque Jan Zahradil affirme que les citoyens sont, croit-il, contre tout nouveau transfert de pouvoirs à l'Union et que la taxe sur les transactions financières fera fuir l'industrie financière de l'espace européen.

"La seule solution est de transférer de nouveaux pouvoirs à l'UE", argumente de son côté le Belge Guy Verhofstadt. L'eurodéputé démocrate propose la création d'un ministre des finances de l'Europe pour faciliter sa lecture fédéraliste.

José Manuel Barroso se veut rassurant autant que volontaire : "on n'a pas besoin de nouvelles institutions" pour réaliser un gouvernement économique européen.

Sur ce point, les fédéralistes sont d'accord : les traités de l'Union européenne permettent en effet de décider toute mesure utile pour surmonter une crise économique.

Problème : l'intergouvernemental continuera de décider tant que la commission européenne, appuyée par le parlement, ne prendra pas l'initiative claire de passer outre les contradictions de nos dirigeants nationaux. 

 

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog | Lien permanent | Tags : europe, parlement, euro, barroso, fédéralisme, nationalisme | |  Facebook | | |