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09/10/2011

Et si on tirait au sort (une partie de) nos représentants politiques ?

C'était le thème du Café Citoyen de Nancy, ce vendredi 8 octobre 2011. Coincidence : ce sujet, décidé avant l'été dernier, est tombé en pleine actualité démocratique, à la veille du premier tour des primaires socialistes. Voici le résumé des échanges.

En préambule, l'animateur rappelle la règle du café citoyen : la parole personnelle est respectée, celui qui parle n'est pas interrompu par les autres, il n'y a pas de tribune partisane, aucun expert a priori, et l'animateur (qui peut changer à chaque débat) organise la parole en essayant de faire avancer les réflexions.

Quelques questions permettent de lancer le débat : quel serait l'intérêt du tirage au sort en politique ? Serait-il réellement un progrès ? Quels seraient ces inconvénients ? Selon quelles modalités ce système pourrait-il être mis en oeuvre ?
 
D'abord un rappel historique : le tirage au sort - lotocratie ou stochocratie - était utilisé dans certaines cités antiques. Catherine nous éclaire : les cités grecques, explique-t-elle, avaient choisi ce système "pour mettre fin à la notion de combat pour le pouvoir".
  
Une des premières voix dans ce débat - celle d'une fidèle du café citoyen de Nancy, doyenne de la salle, engagée dans le milieu associatif - avoue sa "surprise" face à un sujet qu'elle juge plutôt loufoque : "franchement, la loterie pour désigner des responsables politiques, ce n'est pas sérieux !". Et même si le système existait dans l'Antiquité, poursuit-elle, "les citoyens sont aujourd'hui plus aptes à comprendre les problèmes" et donc... à voter pour leurs représentants. 
 
Pour provoquer la réflexion, Jacques pense que la désignation, par les partis, des candidats aux élections politiques s'apparente déjà à un "tirage", au sein des camps politiques. Le propos fait sourire plusieurs participants au débat.
 
La discussion s'anime petit à petit et les réflexions majoritaires s'orientent vers des solutions opérationnelles qui permettraient de faire du "tirage au sort" une nouvelle possibilité démocratique.
 
Jean-Marc se déclare résolument favorable au système, non seulement pour les responsables politiques mais aussi pour la vie associative. "Chaque citoyen participerait ainsi au fonctionnement de la société", explique Jean-Marc.
 
Son propos met l'accent sur l'éducation à la citoyenneté. Jean-Marc estime que le "mandat" du tiré au sort devrait s'accompagner d'une formation adéquate. Enfin il précise que l'élection, telle qu'on la connaît, ne disparaîtrait pas forcément avec le système du tirage au sort.
  
Anne considère que le tirage au sort a surtout l'avantage de remettre en cause le système des partis, "que je connais bien de l'intérieur", dit-elle ; le choix des candidats par un parti est souvent "artificiel" et "stratégique" et pas vraiment "démocratique". 
 
"Un de mes enfants a fait une grande école", raconte Francis, "et il ne va pas voter parce qu'il estime que les élections ne permettent pas de représenter le peuple". A titre d'exemple, Francis mentionne le projet d'agrandissement du stade Marcel Picot à Nancy pour lequel les élus, explique-t-il, décident d'engager de l'argent sans avoir consulté les citoyens. Plusieurs participants semblent partager la critique sur la représentativité du peuple (NDR : le conseil municipal de Tomblaine a voté contre ce projet).
 
Anne s'interroge toutefois sur les modalités pratiques du tirage au sort : quelles catégories sociales concernées ? Pour quelles assemblées ? Autre question pratique posée par Catherine : le tirage au sort ne risque-t-il pas de donner lieu à de simples assemblées de "gestion" et de "fonctionnement". Francis répond que, selon lui, ça ne sera jamais pire que le résultat des élections.
 
Manifestement enthousiaste à l'idée du tirage au sort politique, Anne propose de soumettre la proposition à un "député pour qu'il travaille à un projet de loi sur le sujet". Peine perdue, selon Francis : "nos élus ne prendront pas le risque de scier la branche sur laquelle ils sont assis". Rires dans l'assemblée.
 
La majorité des participants analyse le verrouillage de notre système politique comme un frein à ce type de réforme démocratique. Faudra-t-il une révolution, s'interroge la majorité ?
 
Une participante qui n'a pas encore parlé exprime sa perplexité : "il faudrait peut-être que la personne tirée au sort dise ses limites". Anne revient sur les modalités pratiques : "et si le tirage au sort se pratiquait dans chaque parti ?". Nouveaux sourires dans la salle.
 
En conclusion, la majorité estime qu'un système de tirage au sort politique pourrait être mis en place, plutôt sur la base d'une liste de volontaires, en conservant une partie de représentants élus, en assortissant le système d'une réforme de la durée des mandats et d'une formation adéquate. Le mot de la fin est laissée à l'opposante du début qui n'a pas changé d'avis : "c'est totalement utopique et impossible à réaliser".
Prochain rendez-vous : 4 novembre 2011 à la MJC Pichon

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog, RENDEZ-VOUS | Lien permanent | |  Facebook | | |

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