eurocitoyen

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/04/2013

"Un peu de légèreté..." Synthèse du Café Citoyen de Nancy

Ce compte-rendu s’efforce de rapporter la substance et la cohérence des arguments échangés le vendredi 19 avril 2013, au café citoyen de Nancy. Vos commentaires sont les bienvenus sur ce blog et sur le site internet des cafés citoyens.

Une petite dizaine de personnes pour ce sujet pas si léger, mais décalé et surprenant aux yeux de plusieurs participants. Les règles du café citoyen sont exposées aux nouveaux venus : respecter celui qui a la parole et exprimer des arguments personnels. Ni expert, ni tribune partisane.

Véronique, une habituée du café citoyen de Nancy, ouvre le bal, avec le sourire : « le citoyen a besoin de légèreté pour garder le moral » et supporter la gravité de l’actualité.

François, participant pour la première fois au café citoyen, évoque dans la foulée le débat de la veille, à l’Assemblée nationale, sur le projet de loi concernant le mariage homosexuel : sujet traité, selon lui, « avec une fausse profondeur par le PS ». François estime que, de manière générale, la légèreté n’a pas sa place « quand les enjeux du débat sont graves ».

« La légèreté est une notion subjective », répond cette autre participante, elle aussi nouvelle venue au café citoyen. « Le citoyen, dit-elle, a besoin d’être informé, d’avoir des explications : tout est sérieux pour le citoyen. Mais ce n’est pas une raison pour perdre son calme dans un débat ».

La société de consommation contribue à notre absence de légèreté, selon Yannick, qui préfère « la sobriété heureuse » de Pierre Rabhi.

Les échanges suivants mettent en lumière la contradiction entre le poids de la société et la capacité de l’individu à conserver une part de légèreté. La légèreté se trouverait « dans notre capacité personnelle à mettre à distance ses propres passions », comme le dit la nouvelle participante, déjà citée précédemment.

Pour Noëlle, « la légèreté, c’est d’abord l’image d’un danseur étoile ». Elle ajoute : « aujourd’hui, la légèreté, c’est une question de survie : si on se laisse aller à la morosité ambiante, on se tire une balle dans la tête ». Noëlle s’interroge, au passage, sur l’importance de la consommation d’antidépresseurs en France… François s’empresse de répliquer : « il y a plein de façons d’être léger : créer, faire du rock, c’est être léger… Et si on est les champions des antidépresseurs, c’est peut-être parce que les médecins ont la main… guidée ».

Le débat met aussi en cause les médias, qui peuvent nous conditionner. Plusieurs voix dénoncent ainsi la course au « sensationnalisme et le conformisme médiatique ». Alain réagit : « on peut aussi couper les infos pour ne pas se laisser plomber ! ». François : « la légèreté est un anti-stress », et, dans les médias, explique-t-il, il y a aussi des « bouffons utiles » qui y contribuent.

D’une idée à l’autre, la notion de « liberté » s’impose, et vient compléter celle de légèreté. « Moi je n’ai pas de téléphone portable, c’est une liberté », lance une participante. Selon la formule de Yannick, « si l’on n’est pas libre, on ne peut pas être léger ». Véronique nuance le propos : « dans certaines situations – chômage, difficultés personnelles - on ne peut pas être léger ».

La légèreté demanderait-elle un « effort » ? François l’imagine en effet comme une « activité pour contrebalancer les pressions environnantes ». François poursuit en citant Karl Jaspers [NDR : penseur allemand représentatif d’un existentialisme chrétien], qui invite à « faire la différence entre les vraies et les fausses lumières ».

Noëlle revient à du concret : « ma génération a vécu une période d’or dont il faut faire le deuil : « on avait du boulot facilement, des biens matériels, une liberté très large » sur différents plans, explique-t-elle en substance. « Cette période est finie, je ne dis pas que c’est dommage, mais que nous sommes passés à autre chose, et qu’il faut se le dire pour retrouver de la légèreté … ». Une autre voix se déclare « d’accord » avec ce propos et ajoute que « dans les années 70-80, il y avait plus d’espoir qu’aujourd’hui ».

« L’espoir offrirait-il de la légèreté ? », demande l’animateur. « Et si oui, est-ce que le politique peut encore être porteur d’espoir ? ».

Noëlle tente une réponse : « l’écologie, par exemple, est une forme d’espoir ». Elle ajoute : « l’espoir, ce sont les combats qui ne sont pas perdus d’avance ».

Sur un terrain plus philosophique, François plaide pour « l’altruisme et l’humour ». « Oui », approuve Noëlle, en riant : « c’est mieux que les antidépresseurs ! ». Cet échange rappelle à Véronique l’humour de Pierre Desproges : « lui, était léger ! Et jamais dans la vulgarité ».

Après des remerciements collectifs et chaleureux, puis une petite discussion finale sur le thème du prochain café citoyen, l’assemblée présente vote à l’unanimité un sujet unique :

« Le citoyen doit-il être passionné ? »

Rendez-vous le vendredi 17 mai 2013 à 18h30, à la MJC Pichon, Nancy. 

Écrit par eurocitoyen dans Blog, café citoyen, RENDEZ-VOUS | Lien permanent | Tags : café citoyen, nancy, mjc pichon | |  Facebook | | |

Commentaires

Très bon sujet pour le prochain café. Le citoyen n'a pas choisi d'être là; et si en plus, il doit être passionné ;-)

Écrit par : cyrille le praticien du bilinguisme | 22/04/2013

la séance a du être riche! bon compte-rendu, car on voit bien la difficulté du sujet...
J'aurais vu davantage d'approches pour un nouveau regard sur la vie: si l'on voit tout ce qui va mal, on est sûr d'être plombé; mais il y tant de choses positives dont on ne parle pas: il faut donc se méfier des médias qui ne sous servent que des cris d'alarme: c'est leur drogue! Reporter d'espoir a pris le contrepied de cette tendance, et a poussé Libération à sortir une fois par an un numéro qui ne comporte que des bonnes nouvelles (lme 28 décembre); le mouvement s'étant à toute la presse: le monde sortira le 24 juin un numéro de ce type, et la démarche est suivie par des quotidens célèbres d'une vingtaine de pays

Écrit par : Heron | 22/04/2013

Les commentaires sont fermés.