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13/11/2014

Bénévolat - Synthèse du café citoyen de ce mercredi 12 novembre à Nancy

« Le bénévolat et l’économie »

Une vingtaine de participants pour ce débat « très citoyen », selon Noëlle, qui introduit la discussion par une question et une proposition personnelle :

-    - le bénévolat est-il devenu à ce point nécessaire que l’Etat ne peut plus s’en passer pour répondre aux besoins des gens ?

-     -  les chômeurs pourraient peut-être donner un temps de bénévolat en contrepartie de leurs allocations.

Un premier tour de table confronte les expériences vécues et les ressentis des bénévoles ou ex-bénévoles présents.

Nelly garde un mauvais souvenir de son engagement dans le cadre associatif : les dérives mercantiles et les jeux de pouvoir l'ont dégoûtée. A l’inverse, ses missions d’accompagnement en Mission Locale, à Pompey, lui donnent satisfaction encore aujourd'hui.

Car le bénévolat, comme l'expriment plusieurs voix, est aussi une affaire personnelle. « On ne fait les choses que par intérêt », résume Jean-Pierre, mais il y a plusieurs sortes d’intérêt ! Et le bénévolat relèverait de "l'intérêt supérieur". Pour Jean-Pierre, "c'est une richesse qui permet de tenir debout".

Véronique confie avoir eu « besoin », pour elle-même, de donner de son temps aux autres, en visitant des détenus à la prison ou en lisant, à la radio, des lettres de familles de détenus.

Educateur sportif, Franck confie sa passion bénévole « depuis 55 ans, et la satisfaction se lit dans le regard des autres », parfois même longtemps après.

Le bénévolat serait-il une « thérapie » pour celui qui l’exerce, comme le suggère Nadine ? « N’allons pas jusque là », semble dire la majorité des réactions autour de la table.

Lucienne tempère : certains bénévoles « trop impliqués » peuvent se mettre en danger. Laurent note cependant que cette tendance négative ne concerne pas uniquement les bénévoles.

L’action bénévole peut offrir l’occasion d’éprouver ses limites, si l'on considère l’expérience d’Ingrid, bénévole dans un hôpital, à l’âge de 18 ans : « j’ai su alors que je ne pourrais pas travailler dans le milieu médical ».

A la source du bénévolat, Maëlle évoque les «échanges » - de compétences et de savoirs - qui répondent à des besoins partagés. Maëlle y voit même l’avenir de l’économie.

Pour Jean-Pierre, l’économie sociale et solidaire, sans but lucratif, « emploie plus de monde que l’économie marchande ».

Ingrid pose des limites au bénévolat : « je trouve anormal que des bénévoles nettoient les plages mazoutées ! ». Ingrid considère que c’est au pollueur de dépolluer. Jean-Pierre la contredit : « c’est l’intérêt général, c’est une démarche citoyenne ! », répond-il avec force.

A l’heure où l’Assemblée nationale planche sur les difficultés des associations (commission d’enquête en cours, rappelle Laurent), les bénévoles devraient être mieux reconnus, selon Jacques, un internaute favorable à un « statut » des dirigeants d’association (voir le débat en ligne sur le site des cafés citoyens). 

Mais quels seraient les critères d’un tel statut ?

« Trop difficile à définir de manière générale », selon Guy. Il pense que si l’on donne un avantage aux bénévoles, certaines personnes risquent de détourner la notion de bénévolat pour profiter de cet avantage.

A contrario, Anne rejette l’idée d’un bénévolat forcé, comme, dit-elle, "le service civique obligatoire que certains de nos politiques proposent".

Plusieurs réflexions comparent le bénévolat et le « volontariat » des pompiers, lesquels bénéficient d’un statut particulier dans le cadre de leur mission, indemnisée.

Un statut du bénévolat pourrait ouvrir « droit à des formations » pour les personnes impliquées dans les associations, estime Maëlle. D’autres propositions évoquent la reconnaissance officielle d’un temps de bénévolat. Une personne salariée pourrait ainsi se voir « dégagée » de son travail salarié, régulièrement, pour exercer son temps d’activité « donné » à la collectivité.

En attendant, comme le soulignent Jean-Pierre et Noëlle, le bénévolat reste un état d’esprit au cœur de la culture citoyenne.

Prochain sujet voté : « Peut-on être consommateur et citoyen ? »

Rendez-vous le mercredi 10 décembre 2014 à La Taverne du Livre à Nancy.

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, café citoyen | Lien permanent | Tags : café citoyen, nancy, bénévolat, économie, taverne du livre | |  Facebook | | |

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