eurocitoyen

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/04/2015

L'Etat islamique, le délire totalitaire et l'Europe

Les révélations du journaliste allemand Christophe Reuter, dans l'hebdomadaire Der Spiegel, jettent un éclairage utile sur les origines de l'organisation auto-proclamée "Etat Islamique" (Daech), en Irak et en Syrie.

Le journal de Hambourg a récupéré une partie des documents d'un ex-colonel de l'armée irakienne du dictateur Saddam Hussein. L'homme, qui se faisait appeler Haji Bakr, a été tué en janvier 2014, en Syrie, laissant dans sa maison des documents sur les sources de la mouvance terroriste actuelle, selon le Spiegel. 

Ces documents, ajoutés à d'autres sources d'information, révèlent, après plusieurs mois d'enquête et de recoupement, une stratégie de prise de pouvoir, fondée sur deux ressorts :

1. L'instrumentalisation des bigots de l'islam, en Irak et en Syrie, mais aussi partout où ils peuvent servir, et la captation de l'argent des familles les plus influentes de cette mouvance radicale (y compris par le jeu de mariages orchestrés par l'organisation : un chapitre édifiant de l'enquête du Spiegel).

2. Des méthodes héritées de la dictature laïque de Saddam Hussein : renseignements, espionnages, surveillances, infiltration, double jeu, enlèvements et assassinats.

L'enquête du journaliste Christophe Reuter brosse le portrait d'un "cerveau", soutenu par d'autres héritiers du nationalisme irakien, souvent d'anciens militaires désoeuvrés et frustrés après la chute de leur leader, petits chefs avides de puissance et de revanche.

L'article du Spiegel rappelle que l'émergence de la mouvance "Etat islamique" se situe peu de temps après la chute de Saddam Hussein.

En filigrane, ces révélations nous rappellent la part de responsabilité occidentale dans  la situation présente.

Le chaos a été "importé", il y a plus de dix ans, par les forces américaines et leurs alliées sur la foi d'un mensonge : la présence supposée d'armes de destruction massive en Irak.

Les forces américaines, et leurs alliés, ont imposé leur langage : une communication sur des valeurs, sans jamais penser à la possibilité de mise en oeuvre de ces valeurs. La première opération lancé par G.W. Bush s'appelait "Justice sans limite"… Oxymore révélateur.

Le jeu trouble continue aujourd'hui, en Syrie, avec les forces en présence dans la guerre civile de ce pays, sous la pression des terroristes de "l'Etat islamique".

L'enquête du Spiegel montre bien que l'Islam n'est qu'un outil au service d'une entreprise totalitaire, outil manié au contact de populations parfois veules (on se soumet par peur ou par manque de moyens de lutte), parfois ignorantes (on croit que la religion du prophète peut assassiner), parfois délinquantes avides d'argent et de reconnaissance (on peut gagner de l'argent et un statut social comme agent de Daech).

L'Histoire du délire totalitaire est un éternel recommencement...

Maintenant, plusieurs questionnements - européens - peuvent naître à la lumière de ce que les démocraties occidentales considèrent aujourd'hui comme une menace majeure, y compris à l'intérieur de nos Etats (voir à ce propos le site du gouvernement français).

L'enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Vouloir faire de la "menace islamiste" une priorité en Europe, aujourd'hui, n'est-il pas une communication de plus, sans contenu réel et sans possibilité de lutte efficace ? Peut-on éviter le risque d'amalgame, à long terme, entre la religion islamique des uns (celle des Européens musulmans) et la revendication terroriste des autres (l'instrument islamisant de la terreur) ? Jusqu'à quand pourra-t-on soutenir la nécessité d'une présence militaire occidentale dans les régions touchées par ce chaos moderne ? 

Pendant ce temps-là, on ne se préoccupe guère des intentions d'un autre discours autoritaire : celui du président russe, Vladimir Poutine. Il connaît des alliés au sein de nos démocraties (Marine Le Pen notamment), au nom, justement, de la sécurité, de l'ordre et de la lutte contre le terrorisme. Le discours russe méprise l'Europe et ses valeurs, au moins autant que les fanatiques de Daech.

Quelles valeurs mettre en oeuvre, chez nous, en Europe, pour éviter l'emprise du délire totalitaire ?

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog, Edito | Lien permanent | Tags : etat islamique, europe, spiegel | |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.