eurocitoyen

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/04/2016

Panama et évasion fiscale : la redécouverte de l’eau froide

Ce blog était vaguement en sommeil ; les voix noctambules, à la recherche d’un chemin révolutionnaire (?), viennent de le réveiller.

Parmi leurs griefs, les plus ou moins sympathiques acteurs fatigués des désormais fameuses « Nuits Debout » évoquent les paradis fiscaux.

Le "scandale du Panama" apparaît comme la goutte d’eau qui fait exploser la cocotte-minute. Est-ce bien raisonnable ? Quoi de neuf dans cette soi-disant « révélation » ? En réalité, on redécouvre l’eau qui coule sous les ponts depuis des lustres. Les riches ont les moyens de planquer leur argent là où certains systèmes légaux le permettent. Les moralistes peuvent s’en plaindre. C'est leur fonds de commerce, si l'on ose dire. Mais la politique se moque bien de la morale.

La réalité, c’est que l’évasion fiscale la plus importante se trouve à l’intérieur de nos Etats : les citoyens attachés à leur niche fiscale sont les premiers conservateurs du système ; et ceux qui payent leurs travaux domestiques ou le baby-sitting des enfants sans déclaration fiscale auront-ils le courage et l’honnêteté d’arrêter de filer en douce pour "changer" le système ? Et les patrons d'entreprise qui contournent la TVA feront-ils amende honorable ?

Autre question : pourquoi croyez-vous que les Etats-membres de l’Union européenne n’ouvrent pas le débat sur l’harmonisation de la fiscalité en Europe ? L'Europe ne peut rien sans l'aval de la Nation dans ce domaine. Et pourquoi pas un impôt européen pour un vrai service public de la lutte anti-fraude partagé dans l'Union ? Parce que le système international d’évasion fiscale arrange bien les Etats, qui ne font rien ou presque, comme le rappelle l'économiste Thomas Piketty et ainsi que le reconnaît le commissaire européen Pierre Moscovici, dans un entretien accordé au blog de Jean Quatremer.

L'affaire Panama, c’est la (bonne) cruche étrangère qui cache la marée bien de chez nous. Plutôt que de redécouvrir l’eau froide et de s’en indigner, les citoyens "révoltés" seraient bien inspirés de soutenir une politique européenne fédéraliste en matière de fiscalité et de redistribution des revenus.

Parlez-en à vos députés, national et européen, ça leur donnera du grain à moudre.

 

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog, Edito | Lien permanent | |  Facebook | | |

Commentaires

Je ne retiendrai que la proposition d'harmonisation fiscale : rien n'est fait en ce sens en Europe et je le regrette. L'impot européen aurait au moins l'avantage de faire se sentir membre d'une communauté. Le risque : aider les antieuropeens à cristalliser les oppositions. Mais tant pis, les avantages sont plus important que les inconvénients.

Écrit par : tallot | 13/04/2016

Quand sort un scandale comme celui-ci, il faut d'abord regarder à côté pour comprendre ce que ce scandale "pourrait cacher" !
Ensuite, on a eu Hsbc, Luxleaks, Swissleaks et Panama Papers, donc, les années se suivent et se ressemblent, la fête continue, rien ne change (ou si peu !).
Enfin, depuis 10 ans, la Cour des Comptes, l'Ocde, l'Oxfam, ... estiment que la France perd chaque année entre 60 et 80 milliards d'euros d'évasion fiscale, auxquels il faudrait rajouter les dizaines de milliards d'euros d'optimisation fiscale !
La France est riche et génère des richesses très importantes et on retombe sur le problème de la "TRANSPARENCE" qui permet l'inégalité de la répartition, qui permet l'opacité des comptes, qui permet la dissimulation d'une grande partie de cette richesse.
La France n'a jamais compté autant de milliardaires, de cent-millionnaires et de dix-millionnaires (en euros !!!), tout va bien, "Dormez bonnes gens" !

Écrit par : Brayer | 13/04/2016

Les commentaires sont fermés.