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02/02/2011

La pub en ville fait réagir et réfléchir... Compte-rendu dernier café citoyen de Nancy

La publicité en ville : nécessité ou pollution ?

 

Plus d’une vingtaine de personnes à la MJC Pichon, pour ce premier café citoyen de l’année à Nancy. Public varié, générations diverses. Les échanges nous donnent l’occasion de percevoir comment chacun peut réagir à la publicité, en quoi elle constitue une ressource financière pour la collectivité, et quelles sont les moyens qui permettraient de mieux réguler la publicité (quelques pistes en fin de compte-rendu).

 

Un premier tour de salle permet d’exprimer les ressentis personnels, les manières de voir ou de subir l’affichage publicitaire dans le cadre urbain.

 

La formule « trop de pub » semble partagée par une majorité significative des présents. Fabienne estime que la publicité commerciale « nous est imposée » de façon si massive que « du coup, on ne voit plus ce qui est intéressant ».

 

Patrick avoue apprécier la pub « quand elle est bien faite ». Radicalement contre, Alain affirme qu’elle « ne sert à rien ». Une dame évoque la « pollution morale » que représente, selon elle, le contenu de certaines affiches, notamment celles qui donnent « une image dégradante de la femme ». Noëlle, qui se déclare pourtant publiphobe, répond que ce type de pub ne la gêne pas.

 

« Moi, la pub me distrait » confie Angélie, qui « aime bien regarder » les panneaux « au feu rouge ».

 

« J’ai fait une école de pub », raconte Clémentine. Elle se dit « sensible à la publicité » mais affirme garder l’esprit critique. « Peut-être devrait-on tous faire une école de pub ! » s’amuse l’animateur…

 

Julien, enseignant qui travaille sur l’image, se déclare « ni pro ni anti pub », et affirme qu’il choisit souvent de ne pas la regarder.

 

Ironique, Damien annonce que la publicité, présente depuis l’Antiquité, est une « liberté fondamentale ». Et il provoque un peu plus : « grâce à la pub, les médias sont indépendants de l’Etat ! ». Rires et réactions d’humeur dans la salle…

 

Plus sérieusement, Patrick fait précisément le lien entre publicité et information : un message commercial sur un produit peut déclencher sa curiosité pour aller plus loin.

 

« Est-ce que la publicité provoque l’acte de consommer ? », demande l’animateur.

 

Une majorité affirme ne pas être influencée par la publicité commerciale. Pourtant la pub nous « manipule » selon Bernard. Ce consultant en communication connaît le sujet et souligne que certains groupes financent des études cliniques pour connaître les effets de la pub sur notre cerveau.

Clémentine confirme et apporte un éclairage sur un certain cynisme des publicitaires, citant un mot d’un de ses anciens professeurs, à l’école de publicité : «ne prenez pas les gens pour des cons mais n’oubliez jamais qu’ils le sont ».

 

Noëlle reconnaît que si elle ne regarde pas la pub en général, elle a certainement « une influence sur moi ».

 

Un participant plus jeune évoque son « intérêt » pour certains messages et souligne, par ailleurs, que la publicité « rapporte de l’argent aux collectivités ».

 

Faisant écho à cette idée, un élu municipal d’une petite commune de Meurthe-et-Moselle évoque la loi de 2008 créant la Taxe Locale sur la Publicité Extérieure (TLPE).

 

Cette taxe peut être votée par la municipalité. Elle est facultative, calculée selon la surface des enseignes, et concerne tout affichage commercial, enseignes de boutiques, plaques professionnelles…

 

L’animateur rappelle que cette taxe, issue du Grenelle de l’Environnement, se fonde sur la nécessité de préserver le cadre de vie. Mais une bonne partie de l’assemblée du café citoyen a le sentiment que le système de la TLPE répond mal à cet objectif.

 
« Certaines communes ont décidé d’interdire carrément la publicité », déclare Damien, citant l’exemple de Forcalquier (Alpes de Haute Provence). Damien note aussi que la publicité fait vivre, en France, 50 à 60.000 personnes…

 

La dernière partie du café citoyen est consacrée aux solutions possibles pour réduire la publicité ou, du moins, mieux la réguler. Les principales pistes évoquées :

-          L’interpellation des élus locaux (même si plusieurs voix « n’y croient pas »).

-          L’interpellation directe des annonceurs qui font parfois pression sur les publicitaires et les fournisseurs de messages commerciaux.

-          Les actions personnelles, ou collectives de type « casseur de pub », contre les enseignes commerciales les plus « polluantes ».

-          La révision des conditions d’application de la taxe locale sur la publicité.

-          L’éducation des jeunes au décryptage des messages publicitaires.

 

La réunion se termine par le vote du thème du mois de février :

« Comment améliorer l’esprit critique ? » emporte la majorité des voix.

 Les autres sujets proposés étaient :

Comment loger tout le monde ?

A qui appartiennent le trottoir et la rue ?

Le bruit en ville

La gratuité des transports

Trop d’animaux en ville ?

 

Rendez-vous le vendredi 19 février 2011 – MJC Pichon – 18h30 -

"Comment améliorer l'esprit critique ?"

 

>>> Le débat permanent, c'est sur www.cafes-citoyens.fr

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