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26/01/2014

Le stress au travail : compte-rendu du café citoyen de Nancy

 

Voici le compte-rendu synthétique du café citoyen réuni à Nancy, le mercredi 15 janvier 2014. Le sujet avait été choisi le mois précédent par un vote des participants, comme le veut la charte des café citoyens de la fédération Nouvelle Arcadie.

18 personnes autour de la table, pour ce sujet... stressant. En préambule, Laurent rappelle que le stress au travail est pris en compte par un accord-cadre de 2008 en France, quatre après le débat européen sur le sujet.

Noëlle, à l’origine du sujet, entame le débat en évoquant le passage d'une réalité à un «problème» : stress, puis burn-out, jusqu’au suicide (télécoms, agriculteurs, police…). Noëlle précise que la loi permet de reconnaitre et d'établir une responsabilité pénale en matière de harcèlement moral au travail.

Laurent précise que derrière chaque cas individualisé, on retrouve un déséquilibre entre une demande (souvent excessive) et des ressources et capacités de l’exécutant qui ne peuvent pas toujours la remplir. Ce décalage entre la demande de l'entreprise et les ressources de la personne est la définition même du stress au travail.

La crise économique et le chômage expliquent certainement, au moins partiellement, ce phénomène pas récent, mais amplifié et à tout niveau de hiérarchie.

Les participants au débat ont des approches personnelles très diverses : du stress « jamais connu », ou a posteriori ou/et vaincu, au stress vécu encore aujourd'hui. Le niveau du stress dépend du caractère et de la personnalité de chacun, de la connaissance de soi, de ses propres capacités d’adaptation et des possibilités de formation.

Plusieurs voix estiment que l’outil informatique, devenu incontournable, souvent mal maîtrisé, favorise le stress. La machine aurait-elle dominé le travailleur et retiré du sens au travail (Françoise, Laurent, Catherine) ?

Quand cela va mal, c’est souvent qu’on a pu laisser de côté des objectifs pour se laisser envahir par des statistiques, bilans, grilles, culture du chiffre, course et indicateurs de performance. D’aucuns ont alors évoqué les formes de Management, la priorité au rendement, la compétitivité, la concurrence exacerbée et même les injonctions contradictoires, surréalistes et culpabilisantes des pressions individualisées (Nelly, Laurent, François).

La seule quantité prime parfois sur la qualité. Ce qui fait dire à Antoinette : « avant on s'épuisait au travail, maintenant on s’épuise à tourner autour du travail ».

Existe-t-il une prévention du stress ? Protection juridique, prévention médicale, alerte syndicale : la solidarité et le collectif sont reconnus comme des recours effectifs, mais parfois insuffisants.

Josy, retraitée de l'armée, évoque le souvenir de son emploi : la clarté des ordres donnés donnait du sens. Une mission réussie réclamait de choisir la bonne personne, capable de s'adapter aux objectifs. "Je me rends compte, a posteriori, que ce métier était stressant, mais je ne l'ai pas vécu comme tel", dit Josy.

Ingrid prend l'exemple des chefs d’établissements scolaires : on attend qu’ils soient "des chefs d’entreprise", selon elle, et "ils répondent plus aux demandes des parents qu’aux difficultés des enseignants", pense Ingrid.

Les échanges mettent ensuite en lumière le comportement des nouveaux travailleurs, jeunes salariés peut-être davantage adaptés aux nouvelles technologies et aux formes modernes d’organisation du travail. D'un autre côté, ils ont parfois des difficulté à se projeter, en raison de la précarité et du chômage. A eux de trouver les attitudes pour gérer cette adaptation (Lucienne). La fatigue, le manque d’envie, et le côté ludique du travail pénètrent aussi les jeunes esprits, comme le notent plusieurs participants.

Quid des travailleurs indépendants ? Valérie estime qu'ils n’ont pas "le luxe" de pouvoir combattre le stress. De plus, « plus on se dit stressé, plus on l’est »,selon Valérie.

Quelles propositions ?
- La reconnaissance au travail ne devrait pas être négligée (Noëlle)
- La formation (y compris initiale) devrait davantage développer les capacités et compétences d’adaptation (Valérie, Josy, Nelly)
- Le soutien du rôle collectif des contre-pouvoirs des délégués et syndicats (Laurent, François) : considérer cette lutte comme celle contre le harcèlement moral (Catherine) D’où l’importance de la loi.
- Savoir prendre du recul et lâcher-prise sont des formes personnelles de résistances possibles - On est trop soumis ! (Anne)- : « On va leur remplir leurs stat' et ils seront contents » (Valérie), Yoga et méditation possibles (Solange)
- Diminution du temps de travail lors d’événements familiaux : naissances, fin de carrière…(Noëlle)
- Rendre plus adaptés les objectifs, les cahiers des charges (Josy, Valérie), la communication interne (Alain), avoir des coordinateurs pour la répartition des tâches (Solange, Véronique)
- Privilégier d’autres formes de fonctionnement comme les AMAP et les SCOP (Anne) pour apporter des réponses collectives et solidaires et mettre ensemble du sens.

Mais il y a aussi ce bon stress qui permet de se "booster" ! (Catherine, Valérie, Ingrid) Ne pas dépasser la dose prescrite...

Prochain débat : les élections municipales - 26 février.

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog, café citoyen, RENDEZ-VOUS | Lien permanent | Tags : nancy, café citoyen, arcadie, stress, travail, harcèlement, entreprise, économie | |  Facebook | | |

23/01/2014

Allocations de solidarité : équilibre impossible ?

Les départements doivent verser le RSA et les autres allocations solidaires (APA, PCH). C'est le premier poste des dépenses budgétaires pour un conseil général. Avec un décalage entre recettes perçues et versements obligatoires. La situation économique plombant les finances locales. Surtout dans les départements les plus pauvres. Même si de nouveaux outils existent pour éviter le pire.

Prenons l'exemple de la Meurthe-et-Moselle. Le département, comme les 100 autres, est servi par deux nouveaux outils cette année : une nouvelle fiscalité et un fonds de solidarité nationale.

La mécanique fiscale concerne les "droits de mutations". Pour le dire simplement, c'est le prélèvement sur les ventes immobilières dans le département. Le taux départemental passe de 3,8% à 4,5%. Ajouté à un autre outil fiscal, le Conseil Général devrait récupérer environ 20 Millions d'euros. Mais la recette des droits de mutation dépend du marché immobilier, pas très actif dans la région.

C'est la raison pour laquelle les présidents de Conseil général, le socialiste Michel Dinet en tête, ont milité et obtenu auprès du gouvernement un autre outil : un fonds de solidarité nationale pour lequel tous les départements de France "cotisent". L'Etat organise, ensuite, la péréquation. Avec ce levier, la Meurthe-et-Moselle doit obtenir un peu moins de 13 Millions d'euros.

Total pour le budget solidarité du conseil général : 32,54 Millions €. Cette somme ne compense pas les besoins. L'assemblée départementale devra puiser dans ses réserves pour continuer de verser la totalité des Allocations Individuelles de Solidarité.

Sans une baisse significative du chômage, avec la hausse du nombre des personnes dépendantes, dans un marché de l'immobilier atone, la situation risque de rester tendue. A moins que la réforme fiscale s'accompagne d'un nouvel équilibre territorial et d'une autre manière de penser la redistribution sociale aux citoyens.

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog | Lien permanent | Tags : allocations solidaires, rsa, apa, pch, conseil général, michel dinet, adf, budget, péréquation, collectivités locales | |  Facebook | | |