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22/07/2015

Les agriculteurs de la FNSEA se bercent d'illusions

La FNSEA demande - et obtient - de l’aide au gouvernement (600 millions € sous forme de prêts essentiellement). Mais cette aide soutient un modèle malade : les consommateurs achètent moins de viande, les exploitations d’élevage sont toujours plus grosses. La production est surdimensionnée pour le seul marché français, et les exportations ne suivent pas. Les producteurs de lait vivent le même dilemme.

Les éleveurs qui s’en sortent aujourd’hui sont ceux qui maîtrisent leurs investissements et leurs coûts d’exploitation, et s'organisent pour vendre en priorité dans des circuits de proximité ; à des prix pas forcément plus élevés.

Ces dernières années, des producteurs ont été incités à investir lourdement : les organisations professionnelles, liées à la FNSEA, leur ont fait croire que les exportations suivraient, notamment vers l’Asie. Ces agriculteurs se retrouvent endettés, obligés de faire de la cavalerie.

Si la grande distribution peut être pointée du doigt pour sa responsabilité dans l’effet des prix bas, cette responsabilité n’est qu’un épiphénomène dans la crise du modèle productiviste à la française. En Bretagne, comme ailleurs, on produit autant de porc qu’il y a dix ans alors que la consommation a baissé.

Aujourd’hui, la FNSEA, premier syndicat agricole, porteur du modèle industriel agricole français, demande des aides pour des éleveurs dans l’espoir de sauver un système qui va dans le mur. C’est une illusion d’autant plus grande que le contribuable français paye déjà beaucoup pour les subventions agricoles.

Le plan d’aide du gouvernement risque de n’être qu’un pas de plus aujourd’hui vers un nouveau sauter dans la crise, demain. Même si les distributeurs payaient plus chers, dès maintenant, les producteurs, ou diminuaient leur marge, cela n’aurait que peu d’effet sur les volumes mis sur le marché. Et cela relancerait probablement les prix à la hausse pour le consommateur. Un pari perdant-perdant.

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Des pistes de solutions ? D’abord renforcer le verdissement de la PAC, comme en Allemagne, afin de pousser la diversification des cultures agricoles. Ensuite, réorganiser les filières de distribution vers l’exportation pour les plus grosses entreprises et vers les circuits courts pour les entreprises de petite taille.

Laurent Watrin

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog | Lien permanent | |  Facebook | | |