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10/06/2009

Obsession présidentielle

On peut analyser le résultat des élections européennes jusqu’à plus soif. Mais la première leçon, c’est sans doute l’abstention. Quand 6 électeurs sur 10 ne votent pas, on peut - on doit - se demander pourquoi ? La faute à l’Europe « lointaine » ? C’est en partie vrai. Mais aux élections municipales de mars 2008, l’abstention était de près de 39% en moyenne, jusqu’à 60% dans les grandes villes. Deuxième hypothèse : nous sommes dans une démocratie bien paisible et une majorité de citoyens ne voit pas l’intérêt de mettre un bulletin dans l’urne. Difficile d’y croire, en période de crise. Troisième piste : les électeurs rejettent le système. Pas forcément la politique.

 

Ce sentiment semble largement partagé. Ceux qui ont fait campagne l’ont entendu très souvent. Et ce rejet populaire fait écho à un phénomène devenu primordial en France depuis le quinquennat : l’obsession présidentielle. Une fois tous les 5 ans, désormais, le peuple désigne le chef de l’Etat et, aussitôt dans la foulée, vote pour ses députés. Résultat : l’Assemblée est asservie à la victoire du chef suprême. Et l’élection présidentielle est la seule « utile » pour les partis. Bayrou le sait ; il l’a trop dit. Sarkozy le sait aussi ; il fait tout pour que ça dure. Les têtes du PS se déchirent ; l’obsession, chez eux, tourne au drame collectif. Les autres tentent leur chance.

 

Dans ce « délire », un OVNI déboule : Europe Ecologie, conjugaison d’horizons associatifs et citoyens, bien dans l’air du temps, échafaudée, en quelques mois, autour d’un chef de file charismatique qui rejette toute ambition présidentielle. Cohn-Bendit ne veut être ni président de la République, ni même président de parti. L’OVNI vert a, en quelque sorte, percuté l’obsession présidentielle, comme une brèche ouverte en psychanalyse.

 

Vers la fin de la Vè République ?

 

Il y a encore des électeurs fidèles à des socles classiques (minoritaires). Mais pour ceux qui attendent « autre chose », la cohérence du message est essentielle. C'est une question de stratégie. Sortir de l’obsession est donc nécessaire. Bayrou veut une VIè République. Cela tombe bien. Que le Modem se mette en cohérence avec son projet ! Et si cette République nouvelle abandonnait l’idée de l’élection suprême ? Cela permettrait plus facilement de présenter aux citoyens des projets plutôt que des chefs.

 

Chez les Verts et au Modem, on trouve des candidats et des militants motivés, des contenus élaborés, réfléchis collégialement, et un projet de société. Le Modem a mobilisé près de 4 mille personnes pour construire son programme européen, avec un message écologique fort mais mal mis en valeur.

 

Il y a sans doute un nouveau mode de gouvernance à trouver, comme le dit Corinne Lepage. Inutile de jouer les boyscouts au pied d'une pyramide qui s'enfonce. Il vaut mieux miser sur des réseaux pensants, organisés pour le débat et l'affirmation d’alliances électorales, le moment venu. Passer de l'obsession présidentielle à la nécessité de placer les personnes au centre de la politique.

 

L'idéal serait que les abstentionnistes viennent participer à cette nouvelle façon de faire de la politique. Un rêve ?

Écrit par Eurocitoyen dans Edito | Lien permanent | Tags : europe, bayrou, lepage, cohn-bendit, modem, verts, ps, ump, gauche, droite, centre | |  Facebook | | |

29/05/2009

Arrangements entre amis

Les Socialistes allemands viennent d'annoncer qu'ils soutiennent le président sortant de la Commission européenne pour lui donner un nouveau mandat. L'ultra-libéral Portugais José Manuel Barroso a donc les faveurs d'une grande partie de la gauche européenne, dont les candidats se présentent au parlement de Strasbourg. Barroso a aussi le soutien des conservateurs, et notamment de l'UMP. Le PS français, comme le rappelle Martine Aubry, est fier de présenter un "programme commun" avec ses voisins socialistes. Dans ce "Manifeste", on peut lire : "la droite suit le marché, nous suivons nos convictions". Et quelle sera l'attitude des députés europeéns socialistes élus en France, face à la nouvelle candidature de Barroso, l'homme du supermarché ?

Le président Barroso, pendant son mandat, a répété au parlement qu'il ne proposerait jamais d'initiatives sans avoir obtenu, avant, l'accord des 27 Etats membres ! Ce qui a donné une Commission à la solde des marchandages entre dirigeants, pas très respectueuse des députés européens et des citoyens de l'Union. C'est contraire au pouvoir d'initiative et à l'ambition théorique de la Commission européenne. C'est contraire au sens des Traités. C'est contraire à l'idée des Pères fondateurs de l'Europe. 

La Commission doit imaginer des pistes audacieuses pour servir les citoyens, même si les Etats sont a priori contre. C'est après que ça doit se discuter, dans la démocratie, entre le Conseil de l'Union et le Parlement (ce qu'on appelle la co-décision, que le Traité de Lisbonne prévoit de renforcer). Si l'Europe n'avait eu que des présidents de Commission comme Barroso, on n'aurait jamais vu ni les fonds structurels européens qui financent les régions, ni l'euro qui stabilise l'Union dans la crise...

Le 7 juin, le vote utile pour les citoyens, ce n'est pas celui qui permettra de reconduire Barroso dans ses fonctions, à la faveur de cette entente entre socialistes et conservateurs européens. Les candidats qui veulent faire avancer l'intérêt général européen, qui croient autant à la France qu'à l'Europe, portent des valeurs humanistes, pas des programmes d'arrangements entre les amis du pouvoir déjà en place.

Écrit par Eurocitoyen dans Edito | Lien permanent | Tags : magouille, tractage, commission, europe, ps, modem | |  Facebook | | |