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29/05/2009

Non sens

"Débat" sur France 3, avec les principales têtes de liste de la circonscription Est pour les élections du 7 juin. C'était ce jeudi soir.

Un débat sur l'Europe donc. L'émission, enregistrée dans l'après-midi, est diffusée, "dans les conditions du direct", vers... 23h ! Car, comme chacun sait, "l'Europe n'intéresse personne". Puisque les "grands médias" le répètent, c'est que ça doit être vrai. Donc un "débat" à la télé consacré à l'avenir de 500 millions de personnes et 27 pays, ça peut passer en fin de soirée. Logique.

En introduction, le présentateur indique que le député sortant Joseph Daul (UMP) fait partie du PPE, "la droite européenne, groupe majoritaire au parlement européen". Erreur. 288 députés sur 785 parlementaires, ça ne s'appelle pas une majorité, même si c'est le groupe le plus important. Il n'y a pas de groupe majoritaire au parlement de Strasbourg ; il n'y a que des majorités de projets, après la conclusion des débats et des votes qui sont personnels. Notons qu'aucun des candidats présents en plateau ne relève ce détail révélateur de la méconnaissance ambiante des Institutions européennes.

Ensuite, première question, sur la base d'un sondage (ah, les sondages !) : "comment expliquer le désintérêt des Français pour ces élections ?". Jean-François Kahn (Modem) explique : "désintérêt ?! Normal, vu ce que les médias rabachent". De son côté, Catherine Trautmann (PS) ose : "la crise a un effet démobilisateur".

Nous avons droit, pour continuer, à des sauts de coq à l'âne sur l'assiduité des députés au parlement, sur la crise (un sujet parmi d'autres, donc...), sur les quotas laitiers, sur la Turquie... Le tout ponctué par quelques "questions" de téléspectateurs triés (et enregistrés) sur le volet : des étudiants de Science-Po Nancy et Dijon. Pourquoi eux ?

Pourquoi ne pas avoir expliqué le rôle du parlement européen et le fonctionnement de l'Union, ces questions que se posent une grande majorité de citoyens ? Pourquoi ne pas avoir laissé chaque candidat exprimer, tranquillement, sa vision de l'Europe et les grandes lignes du projet qu'il porte ? Pourquoi ne pas avoir confronté les principales propositions de réponse à la crise, qui est devenue LE grand sujet politique de l'Europe et du Monde ?

Les torts sont toujours partagés. Les médias n'ont pas forcément les moyens d'organiser des émissions pertinentes. Les candidats acceptent le cadre qu'on leur propose et hésitent à le remettre en cause. Et le citoyen finit par s'en moquer par paresse, parce qu'il ne va passer son temps à réclamer qu'on l'informe. Et puis, vu l'heure, il s'endort un peu, le citoyen. Quand on regardera les chiffres de l'audimat, on pourra sans doute dire : "bon, ça se confirme, l'Europe n'intéresse personne". La boucle est bouclée. La démocratie avec.

Je sens que je vais encore me faire des copains. Mais le constat est là : de façon générale, le débat est un genre difficile, qui n'existe presque plus à la télévision. Albert Du Roy, ancienne figure de "L'heure de Vérité", émission hebdomadaire (!) politique, disparue, sur France 2, l'a très bien noté, dans son ouvrage "la mort de l'information" (2007). Ce n'est malheureusement pas un phénomène franco-français. Et c'est sans doute un défi pour la démocratie européenne.

Ne soyons pas négatifs. D'ici au 7 juin, pour trouver quelques réponses, cher concitoyen, vous pouvez surfer sur internet. Vous y trouverez les programmes des candidats, notamment sur des sites pédagogiques - et non partisans - comme celui du Mouvement Européen.

AUDIMAT -

En ce moment, vous êtes près de 200 chaque jour à visiter ce blog. Je ne sais pas si c'est beaucoup mais j'ai une petite inquiétude tout de même : il se pourrait que, comme à la télé, certains s'endorment avant la fin... Le chiffre de l'audimat est-il le bon critère ?

Écrit par Eurocitoyen dans Edito | Lien permanent | Tags : europe, débat, modem, ps, ump, verts, fn, télé, médias | |  Facebook | | |

02/03/2009

L'Europe des citoyens contre le mépris


Pas facile d’être député européen sous la présidence d’un eurosceptique notoire.

Le discours prononcé devant le parlement européen (le 19 février) par Vaclav Klaus, le président tchèque, qui mène le Conseil européen jusqu’à fin juin, est « un réel affront pour les parlementaires » comme l’écrit la députée Modem Nathalie Griesbeck, sur son site internet. L'élue lorraine a d’ailleurs quitté l’assemblée, comme ses collègues.

En effet, il y a de quoi être en colère devant certains propos extrémistes et contradictoires. Le dirigeant ultra-libéral tchèque dénonce à la fois un "déficit démocratique" et refuse de signer le Traité de Lisbonne. Le texte prévoit pourtant le renforcement du rôle du Parlement. Vaclav Klaus compare aussi l’Union à une entreprise totalitaire. Et il accuse l'intégration européenne d'accélérer la crise économique et financière… *

La vérité, c'est que sans l'Europe (même imparfaite) et sans monnaie unique (même si les prix ont parfois grimpé), les pays européens seraient encore plus frappés par la crise. Si chacun dans son coin devait encore gérer sa monnaie nationale dans un marché ouvert à tous vents, ce serait le règne de l'ultra-concurrence, à coup de dévaluations successives, catastrophiques pour les politiques sociales.

Ok, l’Europe n’est pas parfaite. Oui, elle manque de coordination réelle. Mais on ne peut pas l’accuser, sincèrement, de favoriser la crise actuelle. L’arrogance d’un président anti-européen n'arrêtera pas l’espoir. En juin prochain, les citoyens auront l’occasion d'exprimer le projet commun qu'ils souhaitent.

Écrit par Eurocitoyen dans Edito | Lien permanent | Tags : union, crise, tchèque, klaus, parlement, élections, juin | |  Facebook | | |