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10/05/2014

Europe : la "Déclaration Schuman", le 9 mai 1950

L'Europe moderne, notre Europe, fondée sur la paix contre la guerre, bâtie sur le droit face à la force, est née d'une volonté de quelques personnalités, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Robert Schuman, né au Luxembourg, homme politique français, est aujourd'hui considéré comme l'un des "pères de l'Europe", engagée sur la voie de l'unification et des échanges. Le 9 mai 1950, Robert Schuman lançait sa Déclaration jetant les bases d'une construction politique inédite. Deux jours auparavant, Robert Schuman adressait une lettre personnelle au chancelier de l'Allemagne, Konrad Adenauer.

«Paris, le 7 mai 1950,

Monsieur le Chancelier,

A la veille de proposer au gouvernement français de prendre une décision importante pour l'avenir des relations franco-allemandes, de l'Europe et de la Paix, je souhaite analyser pour vous la déclaration que je vais demander à mon gouvernement d'accepter et de rendre publique mardi soir 9 mai. Je désire aussi vous expliquer l'esprit dans lequel j'ai rédigé cette déclaration.

La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien de relations pacifiques. En se faisant depuis plus de vingt ans le champion d'une Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. L'Europe n'a pas été faite, nous avons eu la guerre.

L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble. Elle se fera si des réalisations concrètes créent d'abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l'opposition séculaire de la France et de l'Allemagne soit éliminée. L'action entreprise doit toucher au premier chef la France et l'Allemagne.

Vous avez vous-même, dans des déclarations publiques et lors des conversations que nous eûmes ensemble, souligné votre parfait accord avec un tel objectif. Vous avez notamment suggéré l'établissement d'une union économique entre nos deux pays.

Le moment est venu pour le gouvernement français de s'engager dans cette voie. Pour cela, il se propose de porter immédiatement l'action sur un point limité mais décisif.

Le gouvernement français propose de placer l'ensemble de la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une haute autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d'Europe.

Le principe ci-dessus énoncé fera l'objet d'un accord intergouvernemental. Les négociations indispensables pour préciser les mesures d'application seraient poursuivies avec l'assistance d'un arbitre désigné d'un commun accord. Celui-ci aurait la responsabilité de veiller à ce que les accords soient conformes aux principes et, en cas d'opposition irréductible, fixerait la solution qui serait adoptée.

L'institution de cette haute autorité ne préjuge en rien du régime de propriété des entreprises. Dans l'exercice de sa mission, cette haute autorité devra tenir compte des pouvoirs conférés à l'Autorité internationale de la Ruhr et des obligations de toute nature imposées à l'Allemagne, tant que celles-ci subsisteront.

Telles sont sommairement esquissées les lignes générales d'un système qui modifierait complètement les relations économiques entre nos deux pays et les orienterait définitivement vers une coopération pacifique. Nous jetterions en même temps les bases concrètes d'un organisme économique européen, accessible à tous les pays attachés à un régime de liberté et conscients de leur solidarité.

Ce principe devra naturellement faire l'objet d'une étude technique approfondie: je souhaite vivement que le gouvernement allemand juge possible de participer à cette étude.

C'est mardi soir, je le souligne à nouveau, que cette déclaration sera sans doute rendue publique par le gouvernement français. Je vous demande de bien vouloir considérer, en attendant cette publication, la présente communication comme strictement personnelle et confidentielle.

Veuillez agréer, Monsieur le Chancelier, l'assurance de ma haute considération.

Schuman.»

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog | Lien permanent | Tags : 9 mai, europe, schuman, fédéralisme | |  Facebook | | |

26/04/2014

Européennes : méfiez-vous des menteurs !

Le 25 mai, les électeurs français désigneront leurs 74 représentants au parlement européen. Ces futurs élus, désignés à la proportionnelle intégrale, siégeront parmi 751 parlementaires issus des votes dans les 28 Etats membres de l'Union européenne.

Pour la première fois, les eurodéputés choisiront le président de la future Commission européenne, chargée de l'intérêt général européen, initiatrice des futurs projets de l'Union, dans le cadre des orientations générales fixées par les Etats.

Les eurodéputés votent le budget de l'Union, qui représente aujourd'hui 1% du PIB des 28. Les eurodéputés participent à la méthode européenne, très éloignée de ce que les Français connaissent : pas de clivages partisans opposés frontalement, pas de projets votés dans l'urgence, des missions diplomatiques et techniques au long cours, des allers-retours nombreux entre la Commission, les Conseils et le Parlement européens. Les eurodéputés peuvent aussi produire des recommandations qui corrigent les projets européens et font entendre la voix des peuples de l'Union. Ce n'est pas simple, c'est un travail de longue haleine, qui concerne plus de 500 millions d'Européens.

Les députés européens ont le pouvoir d'amender des projets proposés par les Etats et préparés par la Commission. L'union bancaire et la régulation de la finance - qui ont le mérite de juguler les crises en Europe, même si le peuple peut croire le contraire - c'est aussi le travail des parlementaires européens.

Parmi les candidats du 25 mai, certains annoncent qu'il faut bannir l'austérité "imposée par l'Europe", d'autres prétendent qu'ils peuvent nous "sortir de l'euro", d'autres encore militent pour "une Europe plus démocratique". Toutes ces voix mentent. Les eurodéputés n'ont pas le pouvoir de changer les Traités européens. Après le 25 mai, nous ne sortirons pas de l'euro et nous n'aurons pas une Europe plus lisible pour le citoyen.

Les évolutions institutionnelles se jouent ailleurs : au Conseil européen, c'est-à-dire à la table des dirigeants des Etats membres de l'Union.

Changer l'Europe, c'est d'abord changer de chefs d'Etat et de gouvernement.

Mais travailler pour améliorer l'Europe, c'est choisir des députés qui ne mentent pas. 

En attendant, chacun peut s'informer : les sites internet des institutions de l'Union sont souvent plus clairs que ceux des administrations nationales.

(des liens utiles sur l'Europe sont disponibles dans la colonne de droite de ce blog)

 

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog | Lien permanent | Tags : europe, parlement, eurodéputés, élections, 25 mai 2014 | |  Facebook | | |