29 novembre 2009

Vivre LE temps

Combien de messages « humoristiques » sur nos messageries électroniques ? On ne les compte plus. Parmi ces livraisons répercutées en chaîne, certains propos mettent le doigt sur des angoisses bien réelles.

Par exemple, vous avez peut-être reçu récemment ce texte qui commence ainsi : « on dit que chaque jour nous devons manger une pomme pour le fer et une banane pour le potassium. Une orange également, pour la vitamine C, et une tasse de thé vert sans sucre pour prévenir le diabète… », etc. Une vingtaine de lignes, comme ça, pour nous rappeler que « on » est obligé de faire des choses pour être en bonne santé, et qu'au bout du compte, on n'a plus le temps de vivre.

Autrement dit : pour « notre bien », il faut vivre avec son temps, ce temps qui nous murmure à l’oreille, avec insistance, des obligations forcément bienveillantes mais évidemment chiantes.

Première remarque : les doutes scientifiques existent, au sujet des vertus du thé vert contre le diabète, comme sur bien d’autres sujets.

Deuxième remarque : la pub, le gouvernement, les "experts", les logiques économiques, nos voisins, notre famille (ah ! la famille) nous rappellent régulièrement des contraintes et des comportements à suivre pour « notre bien ».

Troisième remarque : l’injonction « pour notre bien », c’est le début du conformisme, c’est l’infantilisation de tous, et c’est très dangereux (relire quelques livres d'Histoire, avant que Sarko les brûle).

Pour sortir de cette angoisse personnelle et collective, une proposition : préférons le « mieux » ! Comme dit la sagesse populaire, « le mieux est l’ennemi du bien ». Et tant mieux, précisément, car cet ennemi est bien utile !

Comment ? « Mieux » vaut, pour chacun, vivre le  temps plutôt que vivre avec son temps, pour tous.

Autrement dit, "on" peut sortir de l'angoissante injonction du temps obligé  en marchant mieux sur deux jambes (c'est une image, que les cul-de-jatte idiots restent tranquilles) : penser avec les autres, d’une part, et choisir pour soi, d'autre part.

La première jambe, c’est donc l'espace public, la discussion des contraintes utiles pour vivre ensemble ; la politique, quoi !

La seconde jambe, c'est l'espace privé, les choix personnels et associatifs ; la vie, quoi !

Sur ce, je vous laisse, je vais manger une pomme. Et c’est juste mon plaisir, je ne vous oblige pas à faire pareil.

;)

(spéciale dédicace à Gabriel, dont la conversation, lointaine dans le temps, m'a inspiré cette petite réflexion présente)

29 octobre 2009

Copié-collé

Un dessin signé Kat...

sarko.png

04 juillet 2009

Devoir de vacances

Le langage trahit-il la pensée ?

C'était l'un des sujets du bac. Tant pis pour les règles académiques, tentons tout de suite une conclusion : non seulement le langage trahit la pensée mais... c'est sa vocation !

L'idée pensée est trahie, transformée, transfigurée par le fait d'être communiquée. Communiquée, au sens étymologique : mise en partage. Partage : traduction par l'Autre - individu ou groupe, intentionné ou pas - donc trahison pour soi et potentialité nouvelle pour et avec les autres.

Et à quoi peut bien servir ce langage traître de la pensée ?

En principe et en humanité : à produire du débat et du sens. Pour soi, pour l'autre, pour vivre ensemble. Avec le partage, il y a un nouveau sens possible, qui n'est ni tout à fait le mien, ni tout à fait le tien, mais encore autre chose. Certains appellent cela le progrès. Disons, pour être neutre : l'évolution.

Résumons : le langage est donc trahison de la pensée pour faire société. Dès lors, cette trahison peut être stimulante (âge d'or de la pensée), acceptable (consensuelle) ou scandaleuse (terrorisme de pensée unique). La trahison de la pensée se fait espoir ou insulte.

Lorsque la confiance existe, le vivre ensemble est possible. Confiance en soi, confiance en l'autre, confiance dans un modèle de partage (nos Institutions). Hélas ! Il semblerait que nous vivions - de manière éclatante et froide depuis la crise financière (finance = langage d'échange) - dans un monde où le langage ne trahit plus grand chose.

Car il y a crise de confiance.

Et la confiance perdue n'accepte aucune trahison. Que nous reste-t-il ? La pensée du vide : la publicité. Celle-ci a des visages différents. Elle est commerciale (seins nus par ici) ou idéologique (burqa par là). En tout cas, elle est négation de l'Homme qui parle et qui pense.

Dans ce monde - totalitaire par essence - le langage n'est qu'un flux, un slogan, un logo, une image, bref une force de frappe au profit d'un Emetteur en direction d'un Récepteur : le Consommateur. Il gobe et se tait (en temps de paix), tout comme le soldat encaisse les coups (en temps de guerre).

Moralité : citoyen, redeviens un traître, exprime-toi ! C'est urgent. Sinon, ça va faire mal.

Du moins je le pense, et je vous autorise à trahir ma pensée.

Laurent Watrin

(Pour les royalties, voyez mon agent de change...)

07 juin 2009

La démocratie et le débat

Les dérives d'un dernier débat télévisé ont peut-être pesé sur le scrutin. Difficile à dire même si les médias en ont beaucoup parlé. François Bayrou a sans doute été maladroit face à Daniel Cohn-Bendit. Maladroit aussi en parlant des manipulations de sondages. On sait bien que les sondages détournent l'attention et influencent l'opinion, dans un sens ou un autre. Il aurait mieux valu proposer par exemple de les interdire en période de campagne électorale. Le président du Modem s'est un peu trop drapé dans la peau de la victime cible de toutes les attaques. François Bayrou a aussi voulu insister sur le lien entre la France et l'Europe. Message inaudible. Le président du Modem le reconnaît.

Dans la circonscription Est, Nathalie Griesbeck, Jean-François Kahn et Yann Wehrling ont réalisé une belle campagne de terrain (les scores à Nancy et Metz, notamment, le démontrent). Ces candidats de grande valeur se sont montrés dignes et compétents. Ils ont été appuyés par des militants actifs sur le thème de l'Europe d'abord.

La médiatisation trop nationale du Modem a peut-être détourné l'intérêt des électeurs pour le projet de société européen des Démocrates. Mes amis et mois, nous l'avons souvent répété : il n'y a pas eu de réel débat projet contre projet. Et au jeu de la communication et du réseau organisé, Cohn-bendit et ses amis sont les meilleurs aujourd'hui, toutes sensibilités confondues. Il faut saluer cette victoire du moment. C'est une leçon pour tous les partis classiques, et aussi pour le Modem, mouvement jeune, en construction, qui n'a pas fini de s'organiser. La formation Europe-Ecologie, très hétérogène, fait bouger les lignes. Les Ecologistes obtiennent 53 députés européens. L'alliance des libéraux et démocrates (où siègent les députés Modem) recueillent 81 sièges. Bien difficile de tirer des conclusions nationales, après ce scrutin européen.

La mauvaise nouvelle, c'est l'abstention (environ 60% en France). Cette campagne a révélé l'urgence de "réformer" nos Institutions, au sens latin du terme (lire le joli chapitre sur la question dans le livre "Abus de pouvoir" signé Bayrou). Réformer au sens de redonner une forme acceptable pour gérer les affaires de la cité. Remettre les choses à leur place, retrouver le sens du débat et de la démocratie parlementaire.

Après ce 7 juin, la démocratie parlementaire européenne prendra peut-être un visage un peu différent. Mais puisque c'est une élection multinationale, il va falloir mesurer de plus près les nouvelles tendances qui entrent au parlement de Strasbourg. Elles ne sont pas forcément réjouissantes. Voir par exemple la nouvelle droite populiste, antieuropéenne et islamophobe au Pays-Bas.

Du Modem aux écologistes sincères, en passant par d'autres humanistes, espérons que l'esprit de Robert Schuman continue de souffler sur l'avenir de l'Union européenne.

Laurent Watrin

31 mars 2009

Un Modem de société

Débat d’idées et propositions pour l’avenir de l’Europe et de la France. Au Modem, pendant la crise, c’est l’enthousiasme qui domine. Nouvelles preuves, lors de la convention Modem du 29 mars. Rapide tour d’horizon.

« Nous sommes en train de changer de monde, c’est une question de choix politique ». La formule est lancée par Corinne Lepage. Devant les militants et sympathisants réunis à Paris, dimanche 29 mars, la vice-présidente du Mouvement Démocrate note que beaucoup de mesures du plan de relance actuel ont tendance à « nous faire rester dans l’ancien système ». Pour la démocrate écologiste, nous devons réfléchir à de nouveaux indicateurs économiques. Rien ne nous en empêche. C'est une question de choix politique. « Nous avons une comptabilité de flux et non pas de stocks », et c’est une erreur, explique notamment Corinne Lepage. Car cette façon de voir les choses économiques ne permet pas de valoriser le patrimoine dans ce qu’il a de qualitatif et de durable.

Le projet de société démocrate repose « la question de la finalité », souligne Jean-François Kahn. Le candidat tête de liste dans l’Est évoque « le terrorisme de la modernité », qui n’est pas le progrès. « Entre le choix du tout-Etat d’un côté ou du tout-marché de l’autre », il y a une autre voie. François Bayrou le répète chaque fois qu’il en a l’occasion : le Mouvement démocrate porte un projet de société qui met la personne au centre de l’économie. Ce projet s’appelle « l’humanisme », et ce n’est pas « un mot passe-partout, ni un mot gentil », explique le président du Modem. « C’est un mot dur car il faut être dur pour combattre ce système de l’argent et des inégalités croissantes ». Le système de pensée ultralibéral s’est effondré, souligne le député pyrénéen : « nous ne vivons pas une crise car le mot crise signifie parenthèse ».

Pour Jean-Baptiste De Foucauld, également présent lors des tables rondes du Modem, le 29 mars, il faut appréhender la complexité, bien mesurer « l’interdépendance des sujets ». L’inspecteur général des finances, ancien commissaire au Plan, croit à une société plus sobre et plus créative, fondée sur "un nouveau contrat social". Dans cette période sombre, il convient de réhabiliter le crédit, souligne Maria Novak, présidente du réseau européen de micro-fiance et présidente de l’ADIE (association qui soutient des projets d’entreprises personnelles). Son message est clair : « le crédit n’est pas seulement une dette, c’est aussi une richesse pour l’avenir ».

François Bayrou résume : « un autre monde est possible ». Et ce n’est pas celui des extrêmes.

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
Parmi les premières propositions du Modem pour l’Europe : la suppression des paradis fiscaux, une Union renforcée avec les pays de la zone euro (noyau dur), le soutien aux PME, une directive-cadre sur les services d’intérêt général (idée avancée par Jean-Luc Benhamias notamment), et la promotion de l’agriculture verte. Le débat continue sur www.lesdemocrates.fr

16 mars 2009

Interrogation

"En temps de crise, on a besoin de gens fortunés"

Ce propos est signé Jean-François Copé. Le porte-parole du gouvernement français réagit ainsi à l'idée, défendue par une partie de la droite et par l'opposition, de rompre avec le "bouclier fiscal" (plafonnement des impôts à 50%).

Lorsque la crise est à la fois financière, énergétique et écologique, qu'est-ce que la fortune ?

Le président du Sénat, Gérard Larcher, estime que le débat sur une éventuelle remise en cause du bouclier fiscal "doit être ouvert". Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, a préconisé d'"augmenter le taux de l'impôt sur le revenu pour les personnes qui gagnent plus de 300.000 ou 400.000 euros par an". Sa proposition a été rejetée par une petite majorité de la commission (15 voix contre 12).

L'application du bouclier fiscal Sarkozy correspond à une perte financière 458 millions d'euros pour l'Etat en 2008 (information révélée par Le Figaro et les Echos ce mardi 16 mars).


04 mars 2009

Identité d'Europe

Le blog du projet européen du Mouvement Démocrate recèle quelques petits bijoux. Enthousiasme et utopie méritent le détour.

Pas convaincu(e) ?

Alez donc voir ce que dit le sénateur Denis Badré de l'identité européenne en construction...

Cliquer ICI

13 mars 2008

Sarkozy vu d'Espagne...

Voici la traduction d'un édito publié récemment dans le quotidien espagnol El Pais

"Les Français ont un problème. Ils croyaient avoir un superprésident, un hyper¬dirigeant capable de les sortir de la dépression et de la décadence, et voilà qu’ils ont écopé d’un président comme ils en ont déjà connu beaucoup d’autres : à savoir malade, limité, qu’il faut dorloter et protéger tout en s’organisant pour que la France tourne et que le gouvernement et les institutions fassent leur devoir.
La situation n’a rien d’inédit : Pompidou et Mitterrand étaient déjà des présidents malades et diminués. Le premier est même mort avant la fin de son mandat. Quant à Chirac, il fut un obstacle paralysant pendant une bonne partie de sa présidence. La maladie dont souffre Sarkozy n’a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle touche un organe vital s’il en est : l’ego. Celui du président est d’évidence atteint d’une hypertrophie probablement incurable.
Plus on s’approche du 9 mars 2008, date du premier tour des élections municipales, plus la nervosité des candidats du parti présidentiel augmente et plus on redoute les interventions de Sarkozy, susceptibles de faire perdre des voix à l’UMP. Le parti du chef de l’Etat est divisé à cause de tensions qu’il a lui-même créées. Le traitement qu’il a infligé en public aux uns et aux autres, y compris à certains de ses collaborateurs les plus proches, est digne du comportement d’un monarque bilieux et capricieux avec ses laquais.

Même son actuelle impopularité est extravagante : elle ne s’explique pas par un train de réformes puisque ces dernières sont encore largement inappliquées. Elle s’explique uniquement par son comportement public. Le trône qu’occupe Nicolas Sarkozy a été imaginé par de Gaulle pour lui permettre d’être le troisième larron d’un monde bipolaire. Le président français voulait être un fier contrepoids occidental dans l’affrontement entre Washington et Moscou. Or Sarkozy, arrière-petit-fils libéral et proaméricain de De Gaulle (après le petit-fils, Chirac, et le fils, Pompidou), s’est installé sur le trône élyséen porté par son ambition personnelle et sa conception égotique de la présidence : il a par le fait encore accru les pouvoirs de la présidence. Et, une fois parvenu à ses fins, il s’est consacré à lui-même, comme un ado narcissique obnubilé par ses sentiments et ses plaisirs.
Certes, le pouvoir peut en apporter beaucoup, mais la prudence conseille de ne pas trop en faire étalage. Sarkozy le téméraire fait tout le contraire et se vautre dans l’exhibitionnisme.

C’est sur trois points précis qu’est venu se briser le personnage : l’économie, qui n’a pas enregistré la moindre amélioration depuis son arrivée ; son idéologie plus néocons, voire “théocons”, que gaulliste – en témoignent des prises de position sur la laïcité contraires à la culture de la République ; et sa vie privée, étalée dans les médias.
En monarque thaumaturge qui par une simple imposition des mains devait augmenter le pouvoir d’achat, il a échoué au point de prononcer la formule maudite qui rompt les sortilèges : “Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?”

En monarque philosophe, il a manifesté les plus fortes réserves vis-à-vis des traditions républicaines, en exprimant avec désinvolture son affinité intellectuelle avec le pape. Il n’a pleinement triomphé que dans le rôle de sultan, seigneur en son sérail, paré des atours qui passionnent un certain public – et manifestement aussi ses pairs. Le voilà fasciné par son propre pouvoir de séduction, son goût exquis et sa désinvolture. Mais ce triomphe-là a le don de déprimer beaucoup de Français car il rabaisse la République au niveau de la principauté de Monaco. »

18 février 2007

Quand le café citoyen donne des idées à la région

Le dernier café citoyen de Metz, organisé samedi 17 février, a été suivi par une cinquantaine de personnes qui ont exprimé des propositions sur le thème retenu : peut-on parler d'une identité lorraine ?

La discussion a permis de dégager collégialement quelques pistes de réflexion et des propositions pour donner à la région toute sa place dans l'espace français et européen.

Voir le compte-rendu en cliquant ICI

Le café citoyen est un espace de débat et d'information ouvert à tous, dans le respect de l'opinion de l'autre. Chaque thématique donne lieu à une synthèse des paroles et des propositions éventuelles.

Prochains rendez-vous en Lorraine :
- Le vendredi 9 mars à Nancy (grand café Foye, place Stanislas 15h) : "comment être un acteur du développement durable au quotidien ?"
- Le samedi 17 mars à Metz (café le Rubis, 17h) : "quelle prévention de la délinquance ?"

01 janvier 2007

Bonne année !

Le collectif 9 mai en Lorraine vous souhaite des échanges fructueux et des rencontres utiles et belles tout au long de 2007. Tandis que la Bulgarie et la Roumanie rejoignent l'UE cette année, et la Slovénie intègre la zone euro, le fédéralisme est plus que jamais un enjeu pour l'avenir de l'Europe.

Que les amateurs rejoignent les rangs des cafés citoyens lancés à Metz et Nancy (voir plus bas sur cette page), et qu'ils continuent de fréquenter les espaces de réflexion autour des Jeunes Européens à Nancy, un mercredi par mois. La prochaine rencontre du Collectif 9 mai au Goethe Institut de Nancy est programmée le premier mercredi de février.

A bientôt et en attendant, tous nos voeux européens !


UN PEU D'HUMOUR>
medium_JoourlanDessin.2.jpg
En 2007, parmi les enjeux importants il pourrait y avoir... l'éducation par le sport

Toutes les notes