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26/04/2014

Européennes : méfiez-vous des menteurs !

Le 25 mai, les électeurs français désigneront leurs 74 représentants au parlement européen. Ces futurs élus, désignés à la proportionnelle intégrale, siégeront parmi 751 parlementaires issus des votes dans les 28 Etats membres de l'Union européenne.

Pour la première fois, les eurodéputés choisiront le président de la future Commission européenne, chargée de l'intérêt général européen, initiatrice des futurs projets de l'Union, dans le cadre des orientations générales fixées par les Etats.

Les eurodéputés votent le budget de l'Union, qui représente aujourd'hui 1% du PIB des 28. Les eurodéputés participent à la méthode européenne, très éloignée de ce que les Français connaissent : pas de clivages partisans opposés frontalement, pas de projets votés dans l'urgence, des missions diplomatiques et techniques au long cours, des allers-retours nombreux entre la Commission, les Conseils et le Parlement européens. Les eurodéputés peuvent aussi produire des recommandations qui corrigent les projets européens et font entendre la voix des peuples de l'Union. Ce n'est pas simple, c'est un travail de longue haleine, qui concerne plus de 500 millions d'Européens.

Les députés européens ont le pouvoir d'amender des projets proposés par les Etats et préparés par la Commission. L'union bancaire et la régulation de la finance - qui ont le mérite de juguler les crises en Europe, même si le peuple peut croire le contraire - c'est aussi le travail des parlementaires européens.

Parmi les candidats du 25 mai, certains annoncent qu'il faut bannir l'austérité "imposée par l'Europe", d'autres prétendent qu'ils peuvent nous "sortir de l'euro", d'autres encore militent pour "une Europe plus démocratique". Toutes ces voix mentent. Les eurodéputés n'ont pas le pouvoir de changer les Traités européens. Après le 25 mai, nous ne sortirons pas de l'euro et nous n'aurons pas une Europe plus lisible pour le citoyen.

Les évolutions institutionnelles se jouent ailleurs : au Conseil européen, c'est-à-dire à la table des dirigeants des Etats membres de l'Union.

Changer l'Europe, c'est d'abord changer de chefs d'Etat et de gouvernement.

Mais travailler pour améliorer l'Europe, c'est choisir des députés qui ne mentent pas. 

En attendant, chacun peut s'informer : les sites internet des institutions de l'Union sont souvent plus clairs que ceux des administrations nationales.

(des liens utiles sur l'Europe sont disponibles dans la colonne de droite de ce blog)

 

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog | Lien permanent | Tags : europe, parlement, eurodéputés, élections, 25 mai 2014 | |  Facebook | | |

21/12/2013

Européennes : l'enjeu fédéral

Certains commentaires sur le précédent billet de ce blog m'invitent à préciser certaines choses. Quand j'écris que nous avons besoin, selon moi, de députés européens qui "aiment l'Europe plus qu'ils ne la critiquent", je ne veux pas dire qu'il convient d'aimer l'Union européenne telle qu'elle est.

L'enjeu est important : le parlement européen aura plus de poids à partir de 2014. Et c'est la clé du changement.

Le peuple européen, transnational, est à la recherche d'une cohésion sociale depuis plusieurs décennies déjà. La construction européenne a fondé initialement la paix dans un objectif de développement commun. La réunification des "deux Europe", après la chute du Mur de Berlin (1989), a accéléré les conditions de l'ouverture du marché européen. La libre circulation et la paix ont progressé de concert.

Les Institutions actuelles de l'Union sont largement critiquables. Mais on ne peut pas dire en permanence : "c'est la faute à Bruxelles". Car "Bruxelles" n'est pas responsable de la crise financière mondiale, pas plus que des dettes des Etats membres de l'Union européenne. "Bruxelles" n'est pas non plus responsable du manque de soutien aux PME - créatrices d'emplois partout - dans certains pays de l'Union. Et puis, Bruxelles - si j'ose une digression - c'est avant tout une ville agréable.

L'Europe repose sur deux grands acteurs : les dirigeants d'Etat-Nation et des Institutions largement fédérales. Le parlement européen est un organe fédéral de l'Union. Ce facteur fédéral va augmenter.

Les élus du peuple européen auront un rôle plus important dès 2014. Les candidats aux élections européennes qui, aujourd'hui, disent "c'est la faute à Bruxelles", devront, demain se regarder dans la glace et rendre des comptes.

Nadine Morano, Edouard Martin et les autres doivent abandonner leur posture qui consiste à protester, souvent à contre-sens, plutôt qu'à proposer pour le sens commun. C'est en cela qu'ils doivent aimer l'Europe pour pouvoir la changer.

L'avenir de l'Europe dépend du parlement européen.

Les fédéralistes européens entendent porter le débat sur la manière de "repenser" l'Union, de fond en comble. Le fédéralisme budgétaire, qui avance pour l'instant dans le cadre des arrangements d'appareils d'Etat-nation, impose une intégration politique plus forte que jamais.

Les nationalistes de tous bords ont du mal à entendre qu'un fragile pouvoir de gouverneur régional - celui d'Angela Merkel ou de François Hollande - est dépassé pour répondre à cet enjeu-là. Et c'est un enjeu populaire.

Un Etat Fédéral européen, sur des bases régaliennes nouvelles, doit émerger du débat démocratique. Un déplacement sensible de la notion de souveraineté est au coeur de ce débat. Au moment où les citoyens protestent contre les stratégies financières de certaines entreprises multinationales, c'est bien la clé des politiques nouvelles.

Les candidats aux élections européennes doivent répondre à cet enjeu-là.

> A lire aussi :

http://www.taurillon.org/la-constitution-des-listes-pour-...

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog, Web | Lien permanent | Tags : europe, élections, députés européens, fédéralisme, nationalisme, edouard martin, nadine morano | |  Facebook | | |