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17/04/2013

Citoyens gogos et irresponsabilité politique

Gogo. En langage familier, le mot qualifie une personne naïve, qui peut être facilement roulée.

La crise financière - avec ses deux volets : l’endettement d’Etat et la fraude bancaire – a été favorisée par la multiplication des gogos.

L’irresponsabilité politique a nourri l'emballement.

En Espagne, l’actuelle restructuration du secteur bancaire met au jour cette vérité : plusieurs centaines de milliers de petits actionnaires se sont laissé abuser.

Ces gogos citoyens se désolent aujourd’hui d’avoir perdu leur argent en achetant des « produits financiers complexes », des placements pourris vantés par des institutions « respectables ».

De modestes épargnants ont cru à des rendements annuels fixes de 7%, taux jamais vus dans l’histoire des petits patrimoines.

Le journal Le Monde, dans son édition du samedi 13 avril 2013, rapporte le témoignage d’un chômeur ainsi berné  par son banquier. L’homme avait pensé faire fructifier 50.000 euros sur son « compte épargne ». Bilan : des économies englouties par la finance internationale.

Les gogos forment la clé du système : sans eux, la fraude ne grossit pas. Même un joueur du PMU n’espère pas dans une martingale perpétuelle : il travaille ses pronostics et les sait fragiles.

Il ne s’agit pas de condamner les gogos, encore moins de les mépriser. Les institutions les ont provoqués, voire « fabriqués ».  

Dans toute l’Europe, les régimes politiques de ces dernières décennies ont nourri une illusion : le bonheur des peuples passerait par la société de consommation et le crédit facile.

En détruisant le lien entre travail et civilisation, bon nombre d’Etats européens – dont la France - ont amplifié les conséquences du manque de régulation financière. Sur nos écrans, des organismes de crédit continuent de mentir avec l’assentiment de l’Etat.

L’éducation et l’information ont aussi failli. En démocratie, les enseignants et les journalistes sont des piliers qui contribuent à assurer la liberté des citoyens. Mal renseignés et mal formés, les citoyens se fourvoient forcément.

Résumons : les gogos sont responsables, mais également victimes. Victimes de représentants politiques qui méprisent la liberté des peuples.

La vérité partagée avec les citoyens est aujourd’hui la clé du redressement et du retour à la responsabilité. Ce n’est pas en dénonçant des boucs-émissaires, comme l'expriment les extrémistes populistes, qu’on y parviendra.

La conduite à tenir requiert du courage et des mots justes. De la part de chacun et de tous, collectivement.

La méthode ? Elle est peut-être contenue dans ce mot attribué à Albert Einstein : « on ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés ».

Laurent Watrin

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog | Lien permanent | Tags : finance, épargne, citoyens, gogos, espagne, vérité | |  Facebook | | |