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10/11/2013

Centre : allons plus loin !

Voici longtemps que j'ai écrit un article politique. Certains s'impatientaient. Alors, voilà.

Borloo est sympa, Bayrou, visionnaire. Ca commence bien, non ?

Honnêtement, on ne peut pas reprocher grand chose à ces deux hommes de conviction. Sauf si l'on est communiste et/ou frontiste...

Ah... J'entends quand même des critiques, voire des sifflets, sur le mot "conviction".

Les B&B ont tellement changé de cap qu'on peut se demander si leurs convictions sont solides. Eh bien, justement, c'est ça, le truc : ils ont tant de convictions qu'ils ont bien été obligés de les exprimer au gré des situations... Borloo fut un excellent maire de Valenciennes. Bayrou utile en ministre de l'Education. Bon, d'accord. Pas facile d'être au centre, en France.

Borloo a failli rallier Jospin, Bayrou a voté Hollande. Borloo a cofondé Génération Ecologie, avec Mamère et Lalonde. Bayrou a créé le Mouvement Démocrate, à vocation indépendante, avec des anciens Verts... Des choses que les moins de 20 ans ignorent.

Et alors ? Et maintenant ?! Une alliance, une coalition, une "Alternative" ? Au centre ? Pourquoi pas. Mais quel centre ? Celui qui couche à droite ou celui qui flirte à gauche ?

Et si le centre, c'était autre chose ! Une idée d'avance. Un peu plus loin. Si le centre était un élan citoyen sans les partis classiques ?

La tradition centriste est difficile à cerner politiquement. Mais, historiquement, le coeur du projet tient en trois termes : la démocratie, le peuple, la liberté. On lira avec bonheur, à ce propos, l'ouvrage de l'historien Jean-Pierre Rioux. Eclairant. Alors ? Bayrou-Borloo... Et après ? Que proposent-ils ? Passons sur l'échéance des municipales... Les villes françaises sont endettées. Surtout Nancy. La communication et les affiches convaincront les électeurs, mais la face du pays ne changera pas après mars prochain.

Que faire ?

La République française souffre, aujourd'hui, un mal absolu, un cancer incurable : la présidentialisation à outrance du régime. C'est la pire des exceptions culturelles parmi les démocraties modernes. Bref, la France est une exception en Europe.

Après Sarkozy, Hollande en souffre. C'est la fin du système. Il faut rompre. L'hyper-centralisme de cet Etat, que l'on retrouve dans tous les rouages et à tous les étages de l'administration et de la société - y compris dans l'entreprise - bloque le pays, freine les idées, souille l'imagination, interdit le débat, favorise la corruption (Anticor le démontre parfaitement), et néglige le peuple. Au fond, ce système - aujourd'hui - empêche la mise en oeuvre de la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité.

Supprimons l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct. Nous aurons fait un grand pas vers la démocratie moderne.

Laurent Watrin

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog, Edito, Web | Lien permanent | Tags : bayrou, borloo, centre, politique, anticor, europe | |  Facebook | | |

10/11/2007

Peut-on croire aux effets du Grenelle de l’environnement ?

(article revu et corrigé)

Nicolas Sarkozy a du mérite. Il réussit à placer autour d’une même table des gens d’une grande diversité. C’est sans doute le rôle du politique. Le Grenelle de l’environnement a été exemplaire en la matière. Patrons, syndicats, élus, associations, experts… se sont retrouvés autour de l’urgence écologue. Les groupes de travail de ce fameux Grenelle ont formulé des propositions et des pistes d’action pour tenter de répondre à la question prioritaire qui fait désormais l’unanimité écologique : comment réduire l’activité humaine qui pollue la vie et réchauffe la planète ?

Nicolas Sarkozy, avec l’aide précieuse de son super-ministre Jean-Louis Borloo, a réussi à satisfaire, ou du moins endormir, presque tout le monde. Nicolas Hulot soi-même - initiateur de cette belle idée pendant la pré-campagne électorale – a exprimé sa satisfaction après les conclusions rendues par les groupes de travail du Grenelle. La communication officielle a été relayée avec enthousiasme et vivacité par les grands médias (télévision en tête).

Pourtant, à y regarder d'un peu plus près, les pistes d’action issues du Grenelle de l'environnement sont à la fois maigres et floues. Passons donc en revue quelques points importants qui figuraient dans les dossiers de presse.

1. Les OGM.

Version entendue par le grand public : la culture commerciale des OGM est suspendue en attendant une future loi. Le discours de Sarkozy est en fait celui-ci : "dans le respect du principe de précaution, je souhaite que la culture commerciale des OGM pesticides soit suspendue. Ceci en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance créée avant la fin de l'année (...) je m'engage à ce que la France transpose au printemps 2008 la directive sur le sujet. (...) ». Premier commentaire : la directive en question, adoptée par le parlement européen en 2001 (!), a déjà été transposée chez la plupart de nos voisins. Deuxième commentaire : cette directive a d’abord une portée commerciale, inscrite dans les règles du marché communautaire. Cette loi européenne prévoit en effet une procédure d'autorisation de dissémination volontaire et de mise sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM) plus transparente. Elle a également pour but de limiter l’autorisation de mise sur le marché à une durée de 10 ans renouvelables, en introduisant un contrôle obligatoire après la mise sur le marché des OGM. Bref, s’engager à transposer cette directive en France, c’est bien, mais cela aurait pu être fait avant le Grenelle. Et cela ne résout pas une double question fondamentale : que fait-on des OGM et avec quelle démocratie ? La Suisse a posé cette question. Résultat : les OGM sont interdits en Suisse. La France est-elle capable de poser démocratiquement ce type de question ?

Sarkozy affirme aussi : « le Grenelle de l’environnement pose de nouveaux principes pour encadrer la recherche et la culture des OGM. Je pense au principe de transparence ». Cette phrase ne fait que reprendre le principe de la directive européenne. Enfin, le président de la République insiste sur le fait que « cette suspension de la culture commerciale des OGM pesticides ne signifie pas, là aussi, je veux être clair, que nous devons condamner tous les OGM, et notamment les OGM d'avenir ».

2. Les transports

Le compte-rendu du groupe de travail « mobilité et transports » du Grenelle propose une « écotaxe kilométrique sur les poids lourds pour l'utilisation du réseau routier national non concédé ». Les autoroutes sont donc exclues de l'idée de cette taxe. Pourtant, elles représentent une part majoritaire des trajets de poids lourds.

Autre bémol - de taille - les taxes en général sont un sujet sensible. « L'objectif est de taxer plus les pollutions, notamment les énergies fossiles, et de taxer moins le travail », a rappelé Sarkozy, en insistant qu'il ne voulait pas d'impôts supplémentaires sans compensation. Vu les cadeaux faits aux riches et l’enterrement du débat sur la TVA sociale, l’instauration d’une « taxe carbone » ne semble donc pas être pour demain.

Enfin, sous ce chapitre transports, le Grenelle a évoqué « l’arrêt des constructions d’autoroute », idée reprise par le chef de l'Etat. Mais Nicolas Sarkozy a mis en avant une exception importante : « le principe de l’intérêt local ». Autrement dit, si l’Etat, en concertation avec les collectivités locales, juge qu’il faut construire un axe routier pour développer une région, on le fera. On ne sort pas du schéma traditionnel centralisateur, et on n'avance guère dans le registre écologique. A titre d'exemple, en Lorraine, quand on pose la question au préfet de région, il ne se mouille pas. Bernard Niquet répond que l’Etat doit maintenant préciser si le projet d’A32 est stoppé ou pas… C'est un projet dont les études ont été payées, et pour lequel un tracé a été choisi par les services de l'Etat. Ce qui a suscité l’opposition de nombreux élus locaux en Moselle et en Meurthe-et-Moselle... Et ça va continuer, en attendant la fin du flou. Si fin il y a.

3. Les énergies renouvelables

Sur ce plan, la France est en retard et risque de le rester. Lire à ce propos le récent dossier du mensuel Alternatives Economiques (n° 262 - octobre 2007). Le Royaume-Uni, en tête des pays européens pour ses efforts récents, a vu sa quantité d'énergies renouvelables progresser trois fois plus qu'en France depuis 1990. Et notre pays est le seul qui a diminué sa part d’énergies renouvelables entre 1990 et 2004. La commission européenne a réussi à faire adopter l’objectif de 20% d’énergies renouvelables en Europe d’ici à 2020. Mais c'est un objectif global. La voix de la France a imposé, dans ce compromis européen, que le seuil de 20% ne soit pas appliqué par chaque pays mais en moyenne à travers l’Union, en tenant compte "du point de départ" de chaque pays. Dans la moyenne générale, la France espère pouvoir maintenir son parc stratégique de centrales nucléaires, que Nicolas Sarkozy ne veut pas remettre en question. Ce qui ne l'a pas empêché de proposer, après le Grenelle, le gel de la constructions de nouvelles centrales nucléaires, histoire de calmer les écologistes (ce qui n'a pas trop bien fonctionné d'ailleurs).

4. Déchets et pesticides

Le Grenelle a permis de réaffirmer l'intention de recycler plus et de réduire notamment les emballages. Mais rien n'est concrètement proposé dans ce sens. Les industriels peuvent continuer à inonder le marché de produits venant grossir les stocks d'ordures. Et le consommateur pourrait payer plus cher ses grosses poubelles dans la taxe des ordures ménagères. Ce principe, formulé par le Grenelle, est déjà appliqué dans une communauté de communes d'Alsace, notamment. Cela n'a pas donné de réduction significative des déchets.

Sur les pesticides, le Grenelle affiche aussi l'intention de les réduire. C'est déjà ce que prévoient les directives européennes, qui n'ont pas toutes été transposées... et la France reste le principal utilisateur de produits phytosanitaires (près de 70 kg par habitant et par an selon Eurostat), et le deuxième producteur européen, derrière l'Allemagne.

Conclusion provisoire

En attendant l’application des théories du Grenelle, on peut, grâce à Nicolas Sarkozy, applaudir l’art de proposer un peu tout et son contraire.

Un truc final

Pour finir, je vous propose un truc simple afin d'éviter les produits toxiques à la maison. Remplacez les détergents par du vinaigre d’alcool blanc. Pour nettoyer les sols, la vaisselle, la baignoire... et dissoudre le calcaire en prime, c’est efficace et naturel à 100% (il suffit de s’habituer à l’odeur !)

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités | Lien permanent | Tags : Grenelle, écologie, Sarkozy, Borloo, taxes, pollution | |  Facebook | | |