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29/11/2015

Café Citoyen de Nancy : compte-rendu du 11 novembre 2015

« La figure du patriarche sert-elle encore la démocratie ? »

Une quinzaine de participants interrogent le rôle et le modèle du statut présidentiel sous la Vè République française. En l’absence de Maxime, qui avait proposé le sujet (excusé pour raisons personnelles), l’animateur du débat, Didier, propose de définir, tout d’abord, ce que chacun peut entendre par « figure du patriarche », avant de lister ses avantages et ses inconvénients, puis de dégager d’éventuelles propositions alternatives à ce modèle.

Un modèle « dépassé », selon Ingrid et Maëlle. L’abstention grandissante serait même « une conséquence de ce système patriarcal qui infantilise les citoyens », selon Maëlle, qui accuse par ailleurs l’ENA de formater les élites et la parole politiques : « le savoir de quelques-uns pose le non-savoir des autres », résume-t-elle.

Noëlle et Josiane, pensent, au contraire, qu’il faut « un pilote dans l’avion », ce à quoi permet de répondre la Vè République et son chef suprême.

Laurent trouve étrange que toute décision passe par le chef de l’Etat, souvent au mépris du parlementarisme. Deux exemples : les lois sécuritaires récentes, élaborées à l’Elysée, et le maintien du budget de Radio France, avant changement de PDG, après une entrevue discrète entre François Hollande et Jean-Luc Hees, via l’entremise de Julie Gayet, bonne amie du chef de l’Etat. « Où se trouvent, ici, l’intérêt général et la démocratie ? » Même question posée par Damien, qui plaisante : « grâce à la Vè République, on a redécoupé les régions sans demander l’avis au peuple ».

Serge, agent territorial, estime que la fonction présidentielle, si est bien assumée par quelqu’un de qualité « pour incarner le pays », permet de « parler aux citoyens » avec sens. « Mais on n’est jamais au niveau réel des Institutions », précise Serge, car « les contre-pouvoirs, parlement et médias, notamment, sont aussi importants ».

Claudette, qui a travaillé à l’Assemblée nationale, fait un détour par l’Histoire : De Gaulle n’était pas un dictateur mais il a pu abuser du pouvoir, selon elle. Aujourd’hui, ajoute Claudette, « les commissions parlementaires » assurent la démocratie.

Ingrid s’interroge tout de même sur le rôle des députés et sénateurs : « pourquoi voter pour des élus qui eux-mêmes ne votent pas forcément ? ». Les parlementaires perçoivent donc un salaire « sans bosser », selon Ingrid et, en plus, ne tiennent pas leur promesse.

C’est le système de la « démocratie représentative » qui veut cela, explique Serge : « le député n’est pas tenu de faire ce qu’il a dit et il a le droit d’organiser son temps comme il le veut ». Nos Institutions organisent la démocratie de cette façon.

Didier y voit un « système de cour, comme sous la Monarchie, système clanique dominé par le chef suprême ».

Ingrid s’interroge une fois encore : « comme se fait-il qu’un président soit intouchable judiciairement ? ». Serge répond : en France, « les protections du chef de l’Etat fondent la nature de son pouvoir. On peut le juger comme on veut, mais c’est notre représentation de la Nation qui veut cela ». Serge ajoute que la « transparence » est difficile car nos Institutions sont complexes. Selon Didier, cette « complexité ne peut pas être un prétexte pour éviter la transparence ».

Serge reconnaît, avec ironie, qu’il faut une carrière politique longue, menée avec l’art du mensonge et de la tricherie pour devenir un « bon » candidat à la présidence de la République.

Pour Damien, « l’élu est un irresponsable juridique depuis le début de la Vè République. De Gaulle l’avait dit : ‘l’Assemblée nationale est une chambre d’enregistrement’ ».

Devant les constats majoritairement négatifs sur cette « figure du patriarche », plusieurs voix expriment l’idée que, au fond, la seule solution pour rééquilibrer le système, en cas de désaccord majoritaire du peuple, c’est… la révolution.

Voici quelques propositions exprimées pour corriger un système jugé trop présidentiel par une partie des participants (certaines propositions étant très minoritaires) :

  • Référendum sur des grandes questions d’intérêt général (Véronique) à condition de laisser du temps au débat, comme en Suisse (Laurent).
  • Une meilleure éducation du citoyen sur le fonctionnement des Institutions (Serge, Maëlle).
  • Promouvoir un équilibre réel entre les pouvoirs, y compris au sein du « 4è pouvoir », la presse française étant trop éloignée des faits (Serge).
  • Election du chef de l’Etat par les parlementaires (Laurent).
  • Régionalisation réelle avec plus d’autonomie et de budget (Laurent).
  • Supprimer l’ENA (Franck).
  • Tirage au sort des représentants dans les assemblées (Damien, Didier, Laurent).
  • Plaidoyer pour le mandat impératif : que les élus le soient sur des projets concrets avec possibilité de les révoquer (Didier).
  • Instaurer l’exemplarité des élus (Ingrid).

Les participants se quittent après avoir voté le sujet à débattre le mercredi 9 décembre 2015 : « Des régions pour quoi faire ? ». Rendez-vous au café librairie "L'oreille est hardie" à Nancy.

La charte des cafés citoyens, les rendez-vous et les lieux de débat en France, ici :

http://www.cafes-citoyens.fr

 

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18/09/2015

"Le rôle des citoyens dans la crise des réfugiés'. Compte rendu du café citoyen de Nancy, le 16 septembre 2015

Une dizaine de participants pour ce café citoyen de la rentrée à Nancy.

L'animateur de la séance rappelle le contexte : 500.000 migrants arrivés dans l’Union européenne, depuis le début de l’année (chiffre Frontex). Débat à l’Assemblée nationale ce jour : les députés français, de tous bords, ont souligné la nécessité d’une réponse européenne à la crise. L’Etat a fait appel aux « volontés » locales pour organiser l’accueil, en appuyant les communes financièrement. La crise révèle des tensions à l’Est, et une peur des peuples « accueillants ».

Un premier tour de table permet de faire la distinction entre les « migrants économiques », qui ont vocation à retourner dans leur pays, et les « réfugiés de  guerre » qui peuvent prétendre à une demande d’asile.

Les réfugiés de guerre, demandeurs d’asile, précise Nelly, ont un droit au travail. Henri ajoute que pour être légalisé il faut environ attendre 6 mois.

Un rappel de la règle Européenne par rapport au droit d’asile est fait par Ariel : l’accueil se fait par le 1er pays d’entrée des migrants. Cependant la réalité n’est pas celle-ci, comme on le voit avec la position de la Hongrie qui a d’abord laissé passer les migrants vers l’Autriche et l’Allemagne, avant de les refuser sur son territoire (en édifiant une clôture).

Pour orienter la réflexion, Laurent propose un débat en deux temps :

-          le regard du citoyen sur l’actualité

-          les actions « individuelles » possibles face à la situation

Regard du citoyen sur l’actualité 

Maxime évoque un sondage du FIGARO selon lequel 80% des français sont d’accord pour la construction du « mur » en Hongrie. Il y voit un risque de mise à l’écart de l’Union européenne pour les pays qui n’accepteraient pas l’accueil des migrants. Maxime pense qu’il faut laisser le choix aux pays européens. «  Si  notre devoir est moral et humaniste, » dit-il, certains pays, comme l’Allemagne, « font un calcul économique », assez éloigné de cet élan humaniste.

Plusieurs voix rappellent que, par le passé, les grandes migrations ont produit un essor économique et des richesses pour les pays d’accueil. Car les migrants sont une « masse silencieuse très efficace », selon Céline, « prête à accepter n’importe quel poste de travail ».

Nunzia pense que si on fait partie de l’Europe, il faut « partager » les migrants. Maëlle, en accord avec cette réflexion, souligne que, les fonds européens reçus par les Etats membres de l’Union doivent aussi servir à organiser l’accueil de réfugiés. Maëlle insiste sur la distinction entre les réfugiés (de guerre ou climatiques) et les migrants, qui, pour certains, peuvent avoir « l’intention de nuire ».

« Si ces réfugiés quittent leur pays, c’est par désespoir. Ils préféreraient rester chez eux », estime Céline, ajoutant que la communauté européenne a fermé les yeux sur les difficultés et la souffrance de ces pays pendant de nombreuses années et que « nous sommes aussi responsables » de la situation chaotique dans ces pays.

Réflexion sur une action citoyenne

« Si une action est engagée, elle doit être globale », affirme Maxime. Il ne faut pas faire un tri, il faut accueillir toute forme de misère. Maëlle pense qu’une politique commune des procédures, une réflexion sur les possibilités d’accueil, sont nécessaires. Chaque ville, selon elle, doit avoir la possibilité d’accueillir.

Aider les réfugiés à apprendre la langue du pays d’accueil doit être une priorité, pour Nelly.

Marion indique qu’il existe des structures d’apprentissage de la langue pour les demandeurs d’asile. Mais ces organismes, en lien avec les centres CADA (centres d’accueil pour les demandeurs d’asile), vont vite être débordés. Marion ne croit pas à l’initiative strictement personnelle, face au nombre important de migrants qui affluent.

Dans le même ordre d’idée, Céline propose de se rapprocher d’associations existantes car l’accueil individuel peut être angoissant, difficile.

Il ne faut surtout pas rejeter ou stigmatiser le citoyen qui se sent démuni ou incapable de « prendre sa part » dans cette crise, selon Laurent. Mais chacun peut apporter sa pierre à l’accueil, au sens large, ne serait-ce qu'en parlant, en exprimant « des valeurs communes », contre le repli qui gagne une partie de l’opinion.

Le débat se conclut par une ouverture lancée à l’assemblée présente : sous l'impulsion de quelques participants du café citoyen, une association d’aide à l’accueil des réfugiés est en cours de constitution à Nancy, en cohérence avec l’action publique de l’Etat et des collectivités. Les volontaires seront les bienvenus à condition de respecter les principes et les buts de l’association.

(compte-rendu : Nadine Auzias avec Laurent Watrin)

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