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06/02/2007

Peut-on désirer Bayrou ?

On peut penser ce qu’on veut de son projet politique, ou même ne pas le comprendre, mais il y a chez Bayrou une dignité qu’on ne trouve pas chez les autres.

L’homme a des principes, une certaine hauteur de vue et de la culture. Autant de qualités introuvables chez bon nombre de politiques aujourd'hui. Bayrou respecte les mots, même s’il a le langage parfois hésitant. Mais hésiter, c’est aussi chercher le mot juste, quand d’autres ont déjà tout préparé et répété comme des acteurs.

Bayrou ne méprise pas le peuple, il fait appel à l’intelligence plutôt qu’à l’émotion. Il sait écouter et met à l’honneur des valeurs fondatrices d'une société démocratique et républicaine. Dans le bruit médiatique de la campagne, François Bayrou se distingue.

Ce mardi soir, sur Canal +, le candidat centriste a dit qu’il avait parfois le sentiment d’être plus à gauche que Ségolène Royal, quand il entendait la candidate du PS. Face aux questions répétitives des journalistes sur son positionnement au centre, Bayrou défend sa ligne : la gauche et la droite ont fait beaucoup de mal jusqu’à maintenant et il faut en finir avec ce paysage coupé en deux. C’est peut-être un peu naïf. Mais c’est sincère.

Dans une campagne, les apparences sont trompeuses. Bayrou ne serait pas charismatique. C’est le sentiment qu’on peut avoir en le voyant à la télévision ou à la tribune. Mais dans la vraie vie, les gens qui le rencontrent constatent l’inverse. Bayrou ne serait pas assez « rentre dedans ». Ce n’est pas tout à fait ce que disent ses proches. Il est même capable de colère. Comme tout le monde. Mais pourquoi serait-il un boxeur ou un pitt-bull devant les caméras ? Pour amuser la galerie ? Pour jouer au méchant parce que le monde d’aujourd’hui est laid ? Non, pas la peine. Cet homme ne triche pas. François Bayrou, qui revendique des racines régionales même si ça déplait aux sphères parisiennes (qui ont beau jeu de lui dire que ce n’est pas bien de « diviser » la géographie des Français) a décidé de ne pas rentrer dans le « jeu » médiatique. C’est un principe plus que respectable.

Ne soyons pas béats : Bayrou aime le pouvoir, il le veut. Il est sans doute aussi un peu mégalo, même s’il parle peu à la première personne... Evitons le culte de la personnalité qui va comme un gant à d'autres, parce qu'ils n'ont que ça à se mettre !

L’intelligence de François Bayrou, c’est de dire qu’on ne peut pas tout faire et tout promettre mais qu’il y a des grandes orientations à prendre face à la complexité des choses, pour réformer en profondeur ou pour maintenir des caps : l’éducation (voir notamment sa position sur la carte scolaire), la formation, la réforme de l’Etat et l’Europe sont au coeur de ses orientations. Le président de l’UDF a le mérite de porter des convictions, sans décocher une batterie de mesures qui, mises bout à bout, font ce que l'on appelle « un programme de campagne ». Car c'est moins d’un programme électoral que d’un projet clair et simple que nous avons besoin.

Le niveau d'information des électeurs qui votent en conscience est aujourd'hui plus élevé que certains le pensent, et l'on peut espérer que les voix de la raison emportent la décision en mai prochain. On s'apercevra peut-être alors que faire du bruit ne garantit pas d'être entendu ou compris.

Pour toutes ces raisons, on peut avoir envie de voter Bayrou. C'est d'ailleurs pour ces raisons que le président du Parti Fédéraliste, Chavrier Chavrier, a décidé de soutenir le candidat centriste. Parce qu'on peut désirer l’intelligence et une certaine idée de la politique qui rejoindrait une émotion paisible, recentrée, bien plus humaniste qu’une "rupture tranquille" de droite ou un "ordre juste" de gauche.

Laurent Watrin (7 février 2007)

Écrit par eurocitoyen | Lien permanent | Tags : Bayrou, désir, vote, Canal+, centre | |  Facebook | | |