07.04.2008

Vive la Chine démocratique !

Ce lundi 7 avril, la Flamme Olympique a traversé Paris, protégée par 3000 policiers. Etrange parcours inaugural, au cours duquel les nombreuses réactions - légitimes - des défenseurs des Droits de l'Homme ont condamné une fois encore les actes de violence commis par la dictature communiste chinoise au Tibet mais aussi à l'intérieur de la Chine.

Ce 7 avril, le président du Comité olympique international a aussi renouvelé son appel à Pékin pour le respect des Droits de l'Homme. Les démocrates et les fédéralistes européens se doivent de relayer ces requêtes adressées au gouvernement chinois afin que ce régime prenne conscience du droit des Tibétains au respect de leur culture, de leur autonomie et de leur liberté d'expression.

C'est un chemin vers une mondialisation apaisée que nous devons appeler de nos voeux, par toutes les voies pacifiques possibles. Il ne s'agit pas de condamner le peuple chinois, qui mérite le respect, mais de demander fortement aux représentants de ce peuple qui subit des orientations difficiles, de cesser d'imposer le silence aux minorités qui composent la Chine. Seul un comportement démocratique permettra à la Chine de prendre la place qui lui revient dans le concert des grandes nations.

25.03.2008

Des voix plus fermes contre la répression chinoise

Certaines prises de position, en marge du cadre diplomatiquement correct, se font plus grinçantes que d'autres à l'égard de la Chine. Ainsi, le président du parlement européen, Hans Gert Pöterring, considère qu'un boycott contre la Chine pourrait être justifié, si Pékin ne donne pas des signes d'apaisement au Tibet. Ce n'est pas cinglant, certes, mais c'est un début de parole européenne qui tranche avec l'atonie du concert des Nations pas pressé de hisser les Droits de l'Homme au rang de cause internationale. Le président du Parlement européen a affirmé samedi dans un entretien publié par le Bild am Sonntag, que "Pékin doit traiter immédiatement avec le dalaï lama. Si aucun signe de communication n’apparaît, alors je considère que des mesures de boycott seraient justifiées". Le président du Parlement européen reconnaît que la Chine est un partenaire important de l’Europe mais que ce n'est pas une raison, selon lui, pour sacrifier le peuple tibétain. "Nous y perdrions notre amour-propre", affirme Hans Gert Pöttering. L'amour-propre, sans doute, et notre conscience collective, certainement.

Pour mémoire, le 19 mars dernier, la présidence slovène de l’Union européenne demandait, de façon bien plus tiède, "à toutes les parties en présence de faire preuve de retenue. Elle prie instamment les autorités chinoises de s’abstenir d’utiliser la force contre les personnes qui participent aux troubles et invite les manifestants à renoncer à la violence".

Mardi, c'est une voix bien plus dure qui s'est fait entendre. Celle d'Alain Juppé. Le maire de Bordeaux dénonce la miévrerie de certaines positions officielles : "qu'entendons-nous dans la bouche des responsables occidentaux, politiques ou diplomates, de Washington ou New York à Bruxelles en passant par à peu près toutes les capitales européennes ? Un appel à la retenue. En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de tuer avec retenue !". L'ancien premier ministre déclare : "je suis ébranlé quand je vois l'allant que certains mettent aujourd'hui à pratiquer cette realpolitik qu'ils fustigeaient tant hier. Il y a des grâces d'état. Des disgrâces aussi".


Laurent Watrin