11.06.2007

Dynamique d'avenir

Lucienne Redercher et moi-même sommes fiers d'avoir contribué au lancement du MoDem dans la 3è circonscription de Meurthe-et-Moselle. Notre score (9,89%) est honorable étant donné le contexte. La déception est relative.

Nous remercions chaleureusement les 3288 électeurs qui ont fait confiance au souffle d'avenir porté par notre position d'ouverture et nos propositions d'avenir.

Le MoDem est dorénavant ancré comme une troisième force politique, même si les futurs élus du mouvement seront moins nombreux que nous pouvions l'espérer. Nous ne donnons pas de consigne de vote pour le second tour. Chacun est libre de se déterminer en son âme et conscience. Je crois cependant qu'il faut se rendre aux urnes dimanche prochain. Ce réflexe citoyen apparaît plus que jamais indispensable pour ne pas laisser passer le rouleau compresseur du gouvernement sans contre-poids parlementaire, qu'on soit de gauche, du centre ou de droite.

Les électeurs doivent comprendre l'intérêt du vote aux législatives, même si Nicolas Sarkozy a laissé croire qu'il était seul maître à bord, à grand renfort de ralliements stratégiques qui ont anesthésié l'opinion. Durant notre campagne, Lucienne Redercher et moi-même avons rencontré bon nombre d'électeurs résignés, qui ne comprenaient pas l'utilité de désigner leur futur député. Les parlementaires sont pourtant les garants du débat démocratique et du contrôle du gouvernement. Bien sûr, le système majoritaire et l'hyper concentration du pouvoir freinent l'enthousiasme de millions de personnes dans ce pays. C'est compréhensible. L'abstention record enregistrée dimanche 10 juin est révélatrice de ce désarroi.

Mais cette abstention n'est pas pour autant un abandon du politique. Elle est un signe qu'il faut changer ce système. Ce sera le credo du MoDem durant les années qui viennent. Il faudra travailler, porter des idées et des pratiques nouvelles, remettre en cause le centralisme et ses dérives.

Que ceux qui ont voté MoDem soient convaincus que nous ne les laisserons pas orphelins. Qu'ils se souviennent de cette campagne législative, et qu'ils participent à ce que j'appellerai la campagne permanente pour la démocratie et le débat d'idées. Dans l'immédiat, la permanence nancéienne du MoDem, rue du Haut-Bourgeois, va rester ouverte aussi souvent que possible, jusque fin juin, pour recueillir les commentaires et les soutiens.

Appuyée par l'indépendance de candidats neufs, une dynamique d'avenir est née. Ne la laissons pas s'essouFfler !
Nous avons besoin de toutes les paroles libres, sans sectarisme.

Laurent Watrin

Retrouvez tous les résultats du premier tour en Meurthe et Moselle en cliquant ICI

28.05.2007

Menaces sur la démocratie

Onze ministres du gouvernement formé par Nicolas Sarkozy vont se présenter aux élections législatives. C'est en quelque leur devoir, selon le nouveau chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy a insisté pour que ces éminents représentants de l’exécutif affrontent le suffrage universel. L'élu suprême du suffrage universel y voit une question de légitimité pour son équipe. Mais il s’agit en réalité d’une claque à la démocratie et à nos Institutions. L'alinéa 3 de l'article 20 de la Constitution dispose en effet que « les membres du gouvernement sont responsables devant le parlement ». C’est un des fondements de la séparation des pouvoirs.

Que devient cette responsabilité gouvernementale si les ministres deviennent députés pour aussitôt démissionner ? Car en vertu du principe légal d’incompatibilité entre un mandat d’élu et une fonction de ministre, un membre du gouvernement doit laisser tomber son mandat national.

La confusion a déjà été entretenue souvent par le passé. Mais dans l'autre sens. Jusqu'à présent, on avait plutôt l'habitude qu'un élu démissione de son siège une fois nommé ministre. Christian Pierret, le maire socialiste de Saint-Dié, par exemple, avait dû quitter son poste municipal quand il était devenu ministre de l'Industrie. Mais on sait bien que ce retrait ne l'empêchait pas de piloter les affaires de sa commune.

Avec Nicolas Sarkozy, on passe à la vitesse supérieure des pratiques anti-démocratiques qui sabordent les contre-pouvoirs. Voter aux législatives pour des ministres en exercice revient en effet à voter pour leurs suppléants, qui seront d'autant plus fidèles et attachés au gouvernement. Cela ne fait aucun doute. Non seulement Nicolas Sarkozy veut une force pour soutenir son action gouvernementale, mais il la souhaite muselée. C’est désormais très clair.

Rappelons par ailleurs que le président de la Répulbique ne remettra pas en cause l’article 49.3 de la Constitution, qui permet à un gouvernement de passer en force sur un projet de loi, sauf si l’Assemblée le renverse. M. Sarkozy a aussi annoncé qu'il y aurait une "pause dans la décentralisation". Ce qui veut dire qu'il n'entend guère laisser de pouvoir aux régions et aux collectivités locales. Et le très centralisateur premier ministre François Fillon sera aux ordres. Avec des godillots à l'Assemblée nationale, aucun risque de voir cette logique remise en question ou même simplement critiquée.

On entend bien les justifications de l'UMP sur la nécessité d'une majorité stable pour appuyer l'action d'un gouvernement issu d'un président dignement et largement élu. C'est incontestable : pour avancer une action politique, il faut une majorité pour trancher. Mais le débat et le pluralisme, eux aussi, peuvent servir l'action du gouvernement.

Encore une réflexion : imaginons que Nicolas Sarkozy, après avoir concentré tous les pouvoirs selon ses voeux, déclare une maladie génétique inconnue qui le fasse délirer et faire n'importe quoi. Sera-t-il encore temps de débattre de l'opportunité de changer des pratiques dangereuses pour la démocratie ?

Laurent Watrin,
candidat suppléant du MoDem-UDF sur la 3è circonscription de Meurthe-et-Moselle

11.05.2007

Démocrate et indépendant

J'ai assisté avec enthousiasme au conseil national de l’UDF, réuni à Paris. La résolution y a été prise de lancer le Mouvement Démocrate. Ses statuts et son organisation seront adoptés l’automne prochain. En attendant, le MD est une marque d’indépendance pour les électeurs et les candidats qui suivront François Bayrou aux législatives, les 10 et 17 juin. Partout où les candidats démocrates pourront se maintenir au second tour, ils le feront. Des désistements, il y en aura peut-être, au cas par cas, mais pas en fonction d’accords nationaux entre partis, fixés à l’avance, comme c'était le cas auparavant. On se souvient encore de l'époque où l'UDF, vassale du RPR, devait se désister parfois même lorsque ses candidats arrivaient 2è au premier tour ! Ce jeu de dupes et de soumis est donc terminé. C’est en tout cas ce qu’a réaffirmé Bernard Lehideux, député européen, chargé de l’organisation des législatives pour le MD.

La ligne indépendante, réaffirmée par François Bayrou à la tribune de la Mutualité, et précisée lors du bureau politique confirmant les investitures des candidats, a fait naître une certitude : les UDF-démocrates motivés qui souhaitent penser par eux-mêmes dans la prochaine Assemblée et concrétiser la rénovation des pratiques politiques de la France sont désormais clairement reconnaissables. Les autres - et notamment certains élus UDF un peu trop marqués par leur passé avec la droite ou leurs accointances diverses avec le système - font la tête. C'est évident. Et c’est tant mieux ! Tant pour la démocratie. Tant mieux pour la France. Tant mieux pour l'explosion programmé de ce système majoritaire et hyper-concentré qui finira bien par changer.

Il serait temps qu’une démocratie moderne, ouverte, avec des contre-pouvoirs légitimes, soit instaurée dans notre pays, comme elle l’est chez nos principaux voisins européens. Gardons le cap et faisons vivre le MD, dont les premiers signes sont plus qu'encourageants. Aux dernières nouvelles près de 35 mille personnes ont déjà souhaité adhérer au Mouvement Démocrate. Ce sont très majoritairement des personnes ne venant pas des rangs traditionnels du centre. En outre, des électeurs nous interpellent en disant : "on votera démocrate" aux législatives. Et le plus intéressant, c’est que parmi ces électeurs, certains n’ont pas voté Bayrou au premier tour de la présidentielle. De quoi motiver les troupes, non ?

Laurent Watrin, démocrate et fédéraliste

08.05.2007

La démocratie progresse en paradoxes...

Où sont passés les électeurs de François Bayrou ? Un commentateur de la télévision a posé ironiquement cette question ce week-end.

Hier midi, à Nancy, j’ai croisé l’un de ces électeurs, tout fier d’arborer encore maintenant un badge « Bayrou président ». Il semble donc que non seulement les électeurs de Bayrou n'aient pas disparu mais qu'en plus, ils aient envie de continuer d'affirmer leur affinité avec un projet différent pour gouverner la France.

Il y a même mieux : certains électeurs qui ont voté Royal ou Sarko dimanche se disent qu’ils serait intéressant de voter aux élections législatives pour des candidats du nouveau Mouvement Démocrate, annoncé cette semaine par Bayrou. Histoire de ne pas offrir tous les pouvoirs au vieux système gauche-droite.

Ce n'est pas étonnant, si l’on en croit ce sondage d’opinion qui montre 66% de personnes souhaitant voir Bayrou au gouvernement… Le chef de file démocrate décroche la première place de cette enquête, avec un score supérieur à tous les autres noms cités (Hulot et Borloo arrivent ensuite). Mais Bayrou ne risque guère de se retrouver ministre de Sarkozy : les deux hommes n'ont pas la même vision de la société.

Encore mieux : selon le baromètre FIGMAG/TNS SOFRES de mai 2007, les Français sont 65% à considérer que François Bayrou devrait jouer un rôle important dans les années à venir. Ce souhait est partagé à égalité entre les gens de sensibilité de gauche et de droite. François Bayrou arrive largement en tête devant Nicolas Sarkozy (56%) et Ségolène Royal (52%). (Échantillon national de 1000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas )

Ces deux récentes enquêtes d'opiniont rappelle un précédent paradoxe : avant le premier tour de la présidentielle, dans les sondages, Bayrou était le troisième homme (qu’il est resté dans les urnes) mais dans tous les cas de figure, il gagnait au second tour.

On peut en déduire, sans trop se tromper, que les législatives seront plutôt serrées. C'est d'ailleurs ce que disait humblement, ce lundi soir, le député sortant PS Jean-Yves Le Déaut, lors d'un débat sur France Bleu Sud Lorraine.

Quoiqu'il en soit, en attendant les 10 et 17 juin, pour refonder la démocratie, vous pouvez adhérer au Mouvement Démocrate : et/ou au parti fédéraliste, qui reste associé au projet démocrate et autonome dans sa réflexion. La démocratie, quoi !

Laurent Watrin

14.04.2007

Pourquoi je soutiens Bayrou

Les habitués de ce blog engagé diront : "on s'en doutait !"

Mais cette fois, c'est officiel : je soutiens François Bayrou et je fais campagne pour lui, en Meurthe-et-Moselle, pour l'élection présidentielle. Et là où j'habite, à Pompey, je serai candidat suppléant pour la législative, avec Lucienne Redercher, dame de coeur et de convictions.

Ma position n'est pas celle d'un idolâtre, ni d'un opportuniste de la dernière heure. Ce soutien à Bayrou est mûri, clair et ferme. En 2002 déjà, j'avais voté Bayrou. Je suis centriste et fédéraliste européen depuis plusieurs années. Mon mouvement de référence - le Parti Fédéraliste - discute depuis plus d'un an maintenant avec le parti de François Bayrou.

Nous avons initié une culture de travail en commun et resserré des liens au niveau local. Vendredi dernier, j'étais à Besançon pour une discussion ouverte entre Fédéralistes et citoyens venus de tous horizons. Coïncidence du calendrier : nous avons croisé dans la soirée quelques responsables de l'UDF, Antoine Waechter et ses amis écologistes indépendants, ainsi que des représentants d'autres mouvements capables d'entendre le discours de François Bayrou sur la "révolution civique".

Personnellement, je me définis aujourd'hui comme un centriste démocrate-social. La liberté et la solidarité sont au coeur de mes préoccupations en politique. Je pense que la responsabilité doit être au coeur de l'action politique. Je pense qu'on peut agir pour un résultat. Je rejette les politiques qui provoquent la fracture du pays en deux camps depuis trente ans. Chaque gouvernement qui a pris le pouvoir depuis près de 30 ans, a détruit ce que le précédent a réalisé, même si c'était bien ! Cette querelle absurde pouvait amuser les amateurs des péripéties de Don Camillo... Mais depuis le temps, le peuple et la France ont accumulé les souffrances, les tensions, les haines.

François Bayrou veut une politique de réconciliation, avec des hommes et des femmes d’horizons variés, mettant en commun leurs compétences pour l'intérêt général. C'est une voie que je soutiens. Même si elle doit n'être que provisoire, le temps de réformer le dialogue social et le débat démocratique en profondeur. Cette volonté d’agir pour le bien public, je souhaite la mettre en oeuvre, au service de la 3è circonscription de Meurthe-et-Moselle (Nancy-Ouest, Laxou, Maxéville, Villers, Pompey et son bassin).

Avec Lucienne Redercher, candidate convaincue et ouverte, je serai un suppléant actif pour contribuer à une société plus équilibrée, qui retrouve raison et respect, et qui laisse de côté l'hystérie ambiante des "grands" candidats du moment.

Laurent Watrin, candidat suppléant sur la 3è circonscription de Meurthe-et-Moselle