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27/01/2015

Grèce : le risque nationaliste

« Syriza » est l’abréviation de « Synaspismós Rhizospastikís Aristerás ». Traduction : « coalition de gauche radicale ». Mouvement associatif au début des années 2000, le courant s’est structuré comme un parti, assez peu démocratique, après 2012 (27% aux législatives d’alors), sous la conduite de son chef, Alexis Tsipras.

Syriza vient de remporter, ce dimanche 25 janvier 2015, la majorité des sièges au parlement grec, après avoir prospéré sur une colère populaire contre l’Europe, née de la crise et des plans de sauvetage imposant la rigueur dans ce pays.

Pendant plus de trente ans, partis socialiste et conservateur grecs ont menti sur les comptes publics, faisant croire à leurs partenaires de l’Union européenne que tout allait bien. La crise financière a révélé le désastre : absence de cadastre national, corruption massive, évasion fiscale, creusement des inégalités sociales…

« La crise humanitaire » vécue aujourd’hui par les Grecs – l’expression est employée par les cadres de Syriza - est effectivement une épreuve douloureuse. Le FMI, la BCE et la commission européenne soutiennent pour l’instant la Grèce dans la remise en état de ses Institutions et de son économie : 240 milliards d'euros de prêts internationaux, sécurisés par le mécanisme européen, en échange des réformes. C'est l'engagement conclu en 2012.

Les premiers signaux européens adressés aux nouveaux dirigeants de la Grèce augurent d’un dialogue tendu. La chancelière allemande estime que la Grèce doit "respecter les engagements pris".

Angela Merkel a écrit, ce mardi 27 janvier, dans un message personnel au nouveau premier ministre grec : "vous prenez vos fonctions dans une période difficile, dans laquelle vous allez être confronté à une grande responsabilité". Même son de cloche de la part du président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, qui doit se rendre à Athènes, ce vendredi 30 janvier 2014.

Le programme de Syriza risque de se heurter rapidement à ces rappels d'engagement autant qu'aux difficultés propres à la Grèce.

Comment instaurer la gratuité de l’électricité à trois cent mille ménages, supprimer l'imposition du patrimoine immobilier, créer trois cent mille emplois (dans quels secteurs ?), ou augmenter le salaire minimal à 751 euros (contre 586 euros aujourd’hui), si les garanties et les soutiens des partenaires européens deviennent incertains, au nom d'un rejet de l'austérité négociée ?

Le parti de M. Tsipras veut trouver 12 milliards d'euros en deux ans pour financer ses projets, en misant sur la relance économique, la lutte contre l'évasion fiscale et la contrebande, et en réorientant les ressources du fonds européen de stabilité financière.

Comme le note un éditorial de l’Institut Jacques Delors, Alexis Tsipras n’est pas Midas, le roi qui transformait tout en or.

La marge de manœuvre de Syriza pour contredire l’austérité est proche du néant.

Les espoirs de renégocier la dette sont d’autant plus faibles que le nouveau premier ministre grec a choisi de faire alliance avec la droite populiste et souverainiste, laquelle rejette tout compromis avec l’Union européenne et le FMI. C’est un peu comme si, en France, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan pactisaient pour envoyer Bruxelles et les marchés financiers sur les roses…

Avec un parti néonazi en embuscade, la Grèce court le risque d’un repli nationaliste qui serait fatal à toute relance économique à long terme. Ce serait aussi un échec pour l'Europe entière.

Stopper la haine de l’Europe est un impératif. Les partenaires de l’Union ont aussi une responsabilité à cet égard.

Le Fonds Européen de Stabilité Financière, mis en place en 2010, détient plus de 40% de la dette grecque. Le montant des prêts est garanti par les pays de la zone euro. Pour la France, c’est une enveloppe de 31 milliards. La Banque centrale européenne et le FMI détiennent chacun 25 milliards d'euros de dette grecque.

La situation grecque représente malgré tout une opportunité historique : l’Europe peut - et doit - faire un pas fédéral pour affirmer la solidarité financière dans la zone euro et développer des critères communs d’investissement au sein d'une Union fédéralisée.

Hors du dialogue avec l’Union, point d’issue à la crise en Grèce. Point d'issue non plus à la crise des  politiques européennes dans la zone euro.

> A lire également : http://www.robert-schuman.eu/fr/doc/oee/oee-1568-fr.pdf

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog, Edito | Lien permanent | Tags : grèce, syriza, tsipras, europe, dette, fmi, bce, merkel | |  Facebook | | |

14/12/2012

Zone euro : vers une surveillance fédérale des banques

Une étape à vocation fédéraliste est franchie pour les 17 Etats membres de la zone euro.

Jeudi 13 décembre 2012, les ministres des finances de l’Union européenne tombent d’accord pour instaurer une supervision unique des banques de la zone euro.

La banque centrale européenne (BCE), pivot du nouveau dispositif, mettra en œuvre les outils de supervision à partir du 1er mars 2014.

Entre 150 et 200 banques pourraient être directement supervisées par la BCE. Premiers établissements ciblés : les banques qui dépassent la barre des 30 milliards d'euros d'actifs.

Le mécanisme de supervision unique doit permettre la recapitalisation directe des banques en difficulté par le fonds de sauvetage de la zone euro.

Le compromis, trouvé difficilement par le conseil européen des Finances, sera discuté par le parlement européen. Le projet doit aboutir à des outils concrets pour prévenir les faillites bancaires, obliger les grandes banques à se doter de plans de redressement, inciter les autorités publiques à indiquer leurs mesures de gestion d'une banque en crise, permettre à un Etat membre de prendre le contrôle temporaire d’une banque en difficulté. La supervision doit aussi renforcer la coopération transfrontalière, avec le concours de l'Autorité bancaire européenne, laquelle concerne les 27 membres de l’Union.

Trois pays de l'Union ne souhaitaient pas rejoindre le mécanisme : le Royaume-Uni, la Suède et la République tchèque.

La zone euro et ses futures conditions d’existence mettent en lumière l'hypothèse d'un fédéralisme budgétaire. Car au-delà du contrôle et des préventions de défaillances du système financier, la question des investissements économiques devient prioritaire, surtout pour les PME de la zone euro. Et surtout en cette période de crise du crédit pour les entreprises.

 

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