eurocitoyen

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/09/2009

Le désir et l’identité

Quand on partage une amitié, est-ce pour l’autre, pour soi-même ou pour se projeter dans la relation ? Sans doute un peu des trois à la fois. Mais dans un monde où l’amitié devient valeur plus rare que la compétition, le désir et l’identité sont bousculés.

 

En politique, c’est un peu la même chose. Le désir politique est affaire d’amitié pour les idées (Aristote et sa philia). Si les idées sont floues, ou mal perçues, l’identité reste troublée.

 

Pour éviter le manque de clarté, soyons plus précis.

 

A l’Université de rentrée du Mouvement Démocrate, bon nombre de participants - et pas seulement les dirigeants - ont remis à l’honneur le désir de politique. Autrement dit, la volonté s’est exprimée d’échanger des idées pour rebâtir un vivre-ensemble. Et les belles idées ont besoin d’amitié forte (on n'y arrive rarement tout seul).

 

C’était le message de François Bayrou en 2007. C’est encore le sien aujourd’hui lorsqu’il répond à Martine Aubry que le Modem n’a pas à livrer des gages avant de discuter. « L’offre publique de dialogue » lancée par le président du Modem continue de bouger les lignes. C’est difficile, cela bouscule aussi l’identité des lignes Orange. Notamment chez celles et ceux qui aimeraient qu’on n’abandonne pas l’identité du centre.

 

Avec beaucoup d’émotion, à la tribune, dimanche dernier, Jacqueline Gourault a rappelé quelques épisodes de convictions et d’amitié. En 1998, année difficile déjà, l’actuelle sénatrice Modem de Loir-et-Cher, avait été élue conseillère régionale UDF, avec le RPR. Au moment de voter la présidence de région, la droite négociait ses places avec le Front national. « Sans aucune hésitation », Jacqueline Gourault n’avait pas apporté sa voix dans cette balance. Affaire d’amitié pour des convictions solides. Le socialiste Michel Sapin avait alors décroché la présidence de la région Centre. Et la vice-présidente du Modem se souvient : « pour certains, j’étais déjà passée à gauche, à l’époque ». Autre épisode : en 2002, le PS apporte son soutien à Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen. Jacqueline Gourault n’a pas le souvenir que les commentaires aient considéré alors que le PS avait viré à droite…

 

Bien sûr, le désir politique c’est aussi des intérêts plus personnels. La stratégie, les jeux de pouvoir, les carrières, les batailles de chefs et les querelles de méthode sont aussi le lot de la (dé)(re)composition politique.

 

Quelques points clés ont été rappelés ce week-end, à La Grande Motte :

- Le Modem est le parti de la décentralisation. C’est un élément important pour les élections régionales qui se préparent.

- Le Modem propose une alternative à l’économie financière, d'une écolonomie sociale de marché (Corinne Lepage fut très applaudie), sans remettre en cause la liberté d'entreprendre (qui ne va pas sans responsabilité). Yann Wehrling parle "d'écologie réaliste".

- Le Modem dénonce les menaces qui pèsent sur la démocratie, à cause d’un clan au pouvoir. A ce propos, François Bayrou insiste sur l’indépendance de la Justice et la priorité à l’Education et à la formation (compétence régionale).

 

« Je ne sais pas si nous savons faire de la politiquement autrement » dit l’ancien Vert, Jean-Luc Benhamias. Le vice-président du Modem complète : « mais nous savons la faire honnêtement et courageusement ».

 

Pour toutes ces raisons, le Modem devrait bâtir des listes autonomes et porter ses propres valeurs en mars prochain.

 

Aristote a raison : ce qui fait la valeur de la société, c’est l’amitié pour les idées. Surtout si elles portent des valeurs généreuses et libres.

Écrit par eurocitoyen | Lien permanent | Tags : modem, bayrou, gourrault, benhamias, lepage | |  Facebook | | |