eurocitoyen

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/04/2011

Europe : bal des Ego sur air de crise

Gesticulations nationalistes, brossage du peuple dans le sens du poil le plus gras, mépris des règles européennes et des citoyens de l’Union.

Ce que nous montrent cerains dirigeants d'Etat membre de l'UE sur certaines questions majeures relève d'une impitoyable médiocrité. Le « sommet franco-italien » sur les migrants tunisiens, ce mardi 26 avril 2011, à Rome, est une illustration de cette situation affligeante.

Ce épisode franco-italien impose un rappel de principe sur les accords de Schengen. Contrairement à ce que laissent entendre des propos tenus à Paris et à Rome, le traité de Schengen ne favorise pas l’immigration incontrôlée et n'a pas besoin d'être corrigé pour apporter des solutions à la situation présente.

Ces accords, réunissant 22 Etats membres de l’Union et 3 Etats associés, engagent trois axes de politique commune :
- La mise en œuvre d’une régulation de l’immigration en Europe
- La liberté de circulation des personnes dans l’espace Schengen
- La coopération en matière de justice et de sécurité

En cas de crise grave, s’il y a risque de troubles à l’ordre public, les accords de Schengen prévoient la possibilité pour un pays de reprendre, temporairement, le contrôle de ses frontières. C’est ce que dit l’article 2 de la Convention de Schengen. Cette clause dérogatoire se discute en Conseil européen et doit être conforme à la Convention européenne des droits de l’Homme.

Lorsque le ministre des affaires européennes, Laurent Wauquiez, déclare que "la France veut étudier la possibilité de pouvoir rétablir les contrôles aux frontières en cas d'afflux majeur aux portes de l'Union", nous sommes dans l’irresponsabilité et le mépris de l’Europe ! Et Marine Le Pen en profite pour considérer, à juste titre, que ce sommet franco-italien est une « perte de temps ».

L’absence de vision commune, la faible stature du président permanent de l’Europe Hermann Van Rompuy, et le manque d’initiative de la Commission européenne profitent aux surenchères nationales et à la confusion des esprits.

L’urgence ? Remettre à l’ordre du jour la coopération, au sens où l’entend Jacques Delors. La coopération doit être, plus que jamais, à la base des politiques européennes face aux bouleversements du monde, chez nos voisins du Maghreb ou d’ailleurs.

LW