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23/01/2014

Allocations de solidarité : équilibre impossible ?

Les départements doivent verser le RSA et les autres allocations solidaires (APA, PCH). C'est le premier poste des dépenses budgétaires pour un conseil général. Avec un décalage entre recettes perçues et versements obligatoires. La situation économique plombant les finances locales. Surtout dans les départements les plus pauvres. Même si de nouveaux outils existent pour éviter le pire.

Prenons l'exemple de la Meurthe-et-Moselle. Le département, comme les 100 autres, est servi par deux nouveaux outils cette année : une nouvelle fiscalité et un fonds de solidarité nationale.

La mécanique fiscale concerne les "droits de mutations". Pour le dire simplement, c'est le prélèvement sur les ventes immobilières dans le département. Le taux départemental passe de 3,8% à 4,5%. Ajouté à un autre outil fiscal, le Conseil Général devrait récupérer environ 20 Millions d'euros. Mais la recette des droits de mutation dépend du marché immobilier, pas très actif dans la région.

C'est la raison pour laquelle les présidents de Conseil général, le socialiste Michel Dinet en tête, ont milité et obtenu auprès du gouvernement un autre outil : un fonds de solidarité nationale pour lequel tous les départements de France "cotisent". L'Etat organise, ensuite, la péréquation. Avec ce levier, la Meurthe-et-Moselle doit obtenir un peu moins de 13 Millions d'euros.

Total pour le budget solidarité du conseil général : 32,54 Millions €. Cette somme ne compense pas les besoins. L'assemblée départementale devra puiser dans ses réserves pour continuer de verser la totalité des Allocations Individuelles de Solidarité.

Sans une baisse significative du chômage, avec la hausse du nombre des personnes dépendantes, dans un marché de l'immobilier atone, la situation risque de rester tendue. A moins que la réforme fiscale s'accompagne d'un nouvel équilibre territorial et d'une autre manière de penser la redistribution sociale aux citoyens.

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog | Lien permanent | Tags : allocations solidaires, rsa, apa, pch, conseil général, michel dinet, adf, budget, péréquation, collectivités locales | |  Facebook | | |

03/04/2012

La solitude, thème des ateliers départementaux de Meurthe-et-Moselle

La solitude, c’est aussi l’absence de parole échangée

 

Le conseil général de Meurthe-et-Moselle ouvre le débat participatif sur le thème des solitudes et de l'entraide, ce jeudi 5 avril 2012, à l'hôtel du département. L'occasion d'éclairer une certaine forme de solitude, pas forcément liée aux conditions matérielles de l'existence.

 

Dans notre société de la communication et des connexions quasi-permanentes, la solitude n’est pas uniquement une souffrance liée à la précarité matérielle ou au manque d’entraide. La solitude apparaît aussi, très souvent, symptôme d’un mal de notre époque : l’absence de parole échangée, c'est-à-dire l’expression personnelle trouvant du sens dans le partage et la communauté.

 

Notre époque redoute la solitude parce que nos moyens de communication remplacent la communication elle-même. Parce que nos conventions contemporaines et nos outils nous amènent souvent à confondre les moyens et la fin.

 

On se sent moins seul quand on sait exprimer ce qu’on pense de façon à être entendu par l’autre. Cela peut paraître une évidence pour des gens habitués à exprimer leur position. Mais combien de nos concitoyens n’ont pas cette capacité, pour des raisons diverses ?

 

On est moins seul quand on sait qu’on sera écouté parce que soi-même, on a développé une capacité d’écoute et de communication. Cette seconde évidence n’est pas une réalité pour une personne dont la position sociale est défavorable.

 

L’Histoire nous enseigne que la solitude est une richesse quand elle engendre une parole finalement entendue. Il n’y a pas plus solitaire qu’un chercheur, un philosophe, un poète, un bâtisseur, qui a construit patiemment sa parole, son œuvre, en silence et dans l’ombre, avant d’être entendu et reconnu par les autres.

 

Permettre au citoyen de (re)trouver une parole libre et une oreille attentive, c’est l’objectif modeste des Cafés Citoyens, lancés, il y a une douzaine d'années par la Fédération Nouvelle Arcadie. Ce réseau bénévole, ouvert et démocratique, sans attache partisane, non subventionné, met en œuvre l’écoute de l’autre et l’expression de soi.

 

Comment fonctionne un café citoyen ? Une charte simple, un lieu d’accueil convivial, et une méthode d’animation permettent d’organiser des débats sur des sujets de société. Les thèmes sont choisis et votés par les participants eux-mêmes.

 

En Lorraine, trois points d’ancrage : dans le val de Lorraine, à Nancy et à Metz. Le réseau est servi par un site internet qui fédère les cafés (www.cafes-citoyens.fr) et qui offre au visiteur internaute la possibilité de lire - voire d'écouter - les comptes-rendus des réunions.

Le lien social est favorisé par le café citoyen dans le cadre d'une parole qui se forme.

Au fil du temps, les animateurs du café citoyen constatent que les paroles importantes, les questions pertinentes, les mots riches de sens, ne sont pas l’apanage des seuls experts et des « sachants ». Les expressions claires et justes sont aussi, très souvent, celles de monsieur et madame tout le monde, sans forcément tomber dans le "café du commerce".

 

Car la méthode des cafés citoyens atténue l’opinion et la conviction individuelle pour mieux aborder la réflexion, la contradiction et la complexité. Combien de fois ai-je entendu dans ces échanges citoyens : « tiens, ça, je n’y avais pas pensé » ou bien « aujourd’hui, j’ai changé d’avis sur ce sujet ». Certains participants avouent parfois qu'ils ont découvert avoir des choses intéressantes à dire et sont ravis d'avoir pu être entendus !

 

Au café citoyen, chacun forme sa propre parole, sans a priori. Cette parole peut s'affranchir de l’opinion et du jugement rapides. Chacun peut dépasser ses propres convictions. Même si l’échange n’est pas toujours facile.

 

En quelque sorte, l’oralité mise en œuvre par le café citoyen permet de rompre effectivement la solitude pour contribuer à l’expression du vivre ensemble.

 

Une remarque finale : de nombreux participants réguliers du café citoyen se demandent pourquoi les responsables de tous  bords, les élus de toutes tendances, ou les « experts » de la société, ne viennent pas plus souvent prendre part à la discussion, au même niveau que les autres. Les personnes ayant une position dominante peineraient-elles à s’inscrire dans une forme d’entraide pour la parole échangée ?

 

Prochain rendez-vous du café citoyen à Nancy, le 27 avril 2012

http://www.cafes-citoyens.fr/arcadies/nancy