27 octobre 2009
La langue du voisin et la crise
Je reproduis ici, avec son aimable autorisation, et avec quelques très légers aménagements, une analyse d'un ami démocrate. Cet article sur la nécessité de bâtir des communautés de langues partagées ne manquera pas de réveiller les commentaires de nos amis espérantistes.
Bonne lecture, bon débat et merci à Frédéric Le Jéhan !
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Il est chic de parler français". Ce slogan en vogue dans l'Alsace de la Reconstruction, libérée de l'annexion de fait à l'Allemagne nazie, a rempli son objectif. Le français est pleinement devenu la langue majeure en Alsace, maîtrisée aujourd'hui par presque tous ses habitants. Mais à cet enrichissement de la connaissance de la langue nationale, répond un appauvrissement, celui de la chute de la pratique dialectale corrélée à celle de l'allemand standard. Breton d'origine, je peux certes témoigner que l'Alsace demeure sans doute la région française où la langue locale reste la plus ancrée. Et cela d'ailleurs pour une large part, car l'allemand demeura privilégié de 1871 à 1918 au sein du Reichsland. La IIIème République imposait à la même époque au sein de ses frontières la pratique d'une seule langue dans l'espace public comme à l'école pour les jeunes générations, au détriment de l'occitan, du breton, du basque, du corse, du flamand ou des patois français du Nord. Mais cet atout d'une persistance de la langue locale s'avère aujourd'hui en péril.
Si l'Alsace du début des années 2000 était la seule région française à connaître une situation proche du plein emploi (taux de chômage tombant à 4,8% en 2001), cela provenait pour une large part du grand nombre de ses habitants qui travaillaient en Suisse ou en Allemagne. La crise ou plutôt des crises successives sont survenues depuis. De nombreux frontaliers furent licenciés. Beaucoup moins ont été réembauchés ensuite par des employeurs de plus en plus dubitatifs devant la maîtrise d'année en année de plus en plus imparfaite du hochdeutsch par les Alsaciens. Les métiers ou postes concernés évoluent aussi et requièrent des compétences et qualifications souvent croissantes. En atteignant un niveau record de 8,4% au second trimestre 2009, le niveau de chômage alsacien se rapproche toujours plus de la moyenne nationale. Ces évolutions se révèlent extrêmement préjudiciables aux Alsaciens, qui disposaient jusqu'alors de l'atout de la pratique de deux langues pour leur mobilité. Cela devient même un véritable handicap, si l'on songe que l'espace compris dans un rayon de 250 km autour de Strasbourg englobe près de 25 millions de germanophones contre environ 6 millions de francophones, la mégalopole rhénane s'avérant beaucoup plus dense que les régions situées juste à l'Ouest ou au Sud des Vosges. Le problème de cette diversité linguistique ne se pose pas de manière aussi aigüe pour les actifs de la France de l'intérieur dans leur mobilité professionnelle.
Le paradoxe est qu'à l'heure des célébrations de l'amitié franco-allemande et des accolades à n'en plus finir sur le Rhin, ni l'intégration européenne toujours plus forte, ni la monnaie unique, ni même une jeunesse ouverte sur la diversité du monde n'empêche la frontière linguistique naguère dans les Vosges de se reconstruire progressivement le long de ce grand fleuve. L'obstacle à la communication tend à s'accroître au fil des ans. Rien n'est pourtant inéluctable. Certains pays, comme le Grand-Duché de Luxembourg tout proche, parviennent à faire vivre le bilinguisme (NDR : un jeune étudiant luxembourgeois parle régulièrement quatre langues, l'anglais étant le plus souvent additionné aux trois langues courantes du pays que sont le luxembourgeois, l'allemand et le français). D'autres ont su, comme l'Irlande ou Israël, raviver ou recréer une langue moderne.
Seule une politique publique très volontariste et une véritable prise de conscience des habitants pourrait endiguer le déclin de la pratique bilingue en Alsace. Mais cela ne se fera pas par quelques mesures incitatives ponctuelles ou des "clins d'œil" au dialecte. L'inflexion d'une évolution sociétale lourde de long terme réclame une action forte systématique et déterminée. Elle ne peux reposer sur une minorité d'engagements individuels. Elle suppose au contraire de rendre sa légitimité à la langue allemande comme langue d'Alsace au même titre que le français. Le bilinguisme paritaire devrait être généralisé dans l'enseignement à tous les niveaux, quitte à faire venir de nombreux professeurs des pays germanophones et à développer d'ambitieuses formations nouvelles. Nul doute qu'une telle remise en cause ferait l'effet d'une révolution intellectuelle au sein de l'éducation nationale. D'autres régions de France pourraient d'ailleurs en bénéficier, dans l'esprit la récente évolution constitutionnelle. Il n'y a pas d'autre issue pour éviter que l'allemand ne soit de plus en plus concurrencé par l'anglais dans les choix de familles conscientes que cette dernière langue devra de toute façon être maîtrisée par leurs enfants.
J'avais en septembre 2008 écrit au Président Jacques Bigot pour lui suggérer de remplacer "CUS magazine" (NDR : le journal de la communauté urbaine de Strasbourg) par une revue entièrement bilingue de l'Eurodistrict : en vain, M. Bigot ayant jugé un tel projet "prématuré". En réalité, toutes les collectivités alsaciennes (Région, conseils généraux, communes...) devraient donner l'exemple en rendant symboliquement à la langue allemande la même place que le français dans leur communication institutionnelle. La préservation de la compétitivité, de la prospérité et la sauvegarde la richesse linguistique de l'Alsace nécessitent de telles actions. Il sera encore plus chic demain de parler français et allemand.
et communautaire
de Strasbourg
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09 octobre 2009
Allemagne : le centre relance le débat sur le revenu citoyen
Les libéraux démocrates allemands mettent le revenu universel à l’ordre du jour, dans le cadre des négociations pour la formation du nouveau gouvernement fédéral, après les élections législatives chez nos voisins. Le FDP, nouvel allié centriste de la CDU - fort de ces quelque 15% lors du dernier scrutin fédéral (voir précédent billet sur ce blog) - met le thème du Revenu Citoyen au premier plan. Et le sujet est abordé par la plupart des grandes obédiences en Allemagne.
Le FDP préconise un revenu citoyen qui remplacerait les allocations chômage, les aides au logements et les allocations familiales. Les partisans du Revenu Citoyen prônent une réforme radicale du système social allemand. Objectif double : simplifier les dépenses de l’Etat et motiver les chômeurs.
L’idée d’un revenu pour tous était déjà avancée, dans les années 60, par l’économiste Milton Friedman, inventeur de l’impôt négatif. Avec ce système, chaque foyer fiscal reçoit un crédit d’impôt. Si ce revenu est dépassé, le surplus doit être réglé par l’impôt. Si, en revanche, le revenu du foyer se trouve en deçà du crédit d’impôt, l’Etat compense la différence par une allocation.
Les experts allemands du FDP défendent un modèle qui se rapproche de celui proposé par l’économiste Joachim Mitschke. Selon lui, l’allocation est liée à la situation de celui qui la reçoit. Dans cette optique, le revenu citoyen n’est donc pas inconditionnel, contrairement à ce que proposent mes amis de l’AIRE, en France.
En Allemagne, Götz Werner, fondateur de la chaîne de magasins DM, suggère de verser 1500 euros à tous les citoyens du pays, quelle que soit leur situation sociale et leur activité. L’idée d’une allocation de ce type a déjà été proposée, dès 2007, par le Président du Land de Thuringe. Dieter Althaus préconise 600 euros pour un adulte et 300 euros pour un enfant, auxquels s’ajoutent 200 euros pour les dépenses médicales. Dieter Althaus propose d’imposer les revenus au-delà de 19200 €. Le foyer fiscal qui dépasse ce seuil paie une « flat tax » de 25%. Celui qui reste en deçà de ce revenu imposable reçoit le revenu citoyen, selon le principe de l’impôt négatif. Dans son modèle, les revenus supplémentaires sont imposés à 50%.
La plupart des partisans du revenu citoyen envisagent une réforme du système fiscal. Le FDP prévoit un montant de 662 euros, qui correspond à la moyenne des aides sociales actuelles chez nos voisins outre-rhin. Si le FDP relance le débat sur ce revenu citoyen, les grands partis allemands ont tous réfléchi à la question. Les Verts (Die Grünen) ont notamment inscrit, dans leur programme, le principe d’une allocation inconditionnelle qui serait versée aux enfants. Le Président Fédéral lui-même, Horst Köhler, pousse la discussion sur ce revenu citoyen.
Le président de l’Institut d’économie mondiale de Hamburg (HHWI), Thomas Strubhaar, soutient la proposition du président du Land de Thuringe, pour un « revenu citoyen solidaire ».
Une commission économique allemande a estimé que le projet proposé par Dieter Althaus engendrerait, pour l’Etat fédéral, un coût supplémentaire d’environ 227 Milliards d’euros. Le modèle défendu par le FDP coûterait moins cher, mais il n’est pas indolore pour les finances publiques. Force est de constater qu’en Allemagne, la crise offre l’occasion d’un débat renouvelé sur la redistribution des richesses et la place de l’Homme dans la société.
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01 août 2009
Energie : l'Europe soutient l’Ukraine pour le gaz russe
L’approvisionnement de l’Europe en gaz provenant de Russie devrait être sécurisé par un accord de financement conclu avec l’Ukraine.
La Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) et la Banque mondiale vont soutenir la réforme des installations gazières de l’Ukraine, alimentées par la Russie. Environ 570 millions € doivent être débloqués, en octobre, pour permettre à l’Ukraine de renforcer ses installations et remplir ses réservoirs pour l’hiver. En 2010, les deux institutions financières doivent apporter une autre enveloppe de 640 millions €. Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) assure à l’Ukraine une aide complémentaire de plus de 2 milliards € pour appuyer des investissements structurels dans le pays. Une partie de cette aide doit servir le secteur énergétique.
En contrepartie, le gouvernement ukrainien s’engage à recapitaliser la compagnie nationale Naftogaz et à aligner ses tarifs intérieurs du gaz, à la hausse, sur les prix du marché mondial. Des experts de la Commission européenne et des représentants d’entreprises de l'Union sont en Ukraine pour vérifier les capacités de stockage de ce partenaire important. Un quart du gaz consommé dans l'Union européenne vient de Russie (80% passent par l'Ukraine).

La Commission européenne propose de renforcer la sécurité énergétique commune
Chaque État membre devrait désigner une autorité chargée de limiter les risques de rupture dans la fourniture de gaz, en prévoyant un plan d'urgence fondé sur la solidarité européenne. C'est le sens de la proposition de la Commission. Des agences nationales pourront, en cas de besoin, stocker du gaz excédentaire, afin d'éviter notamment des pannes générales d'électricité. 20% de la production électrique dans l'Union est liée aux approvisionnements en gaz. La proposition de la Commission invite les États européens à collaborer plus étroitement. Le débit des gazoducs pourraient par exemple être inversés, si nécessaire, pour alimenter un pays démuni provisoirement. Il s'agit aussi de renforcer l'interconnexion des réseaux nationaux d'électricité pour éviter qu'un pays soit isolé. Les investissements nécessaires s'inscrivent dans le cadre des plans de relance économique. (photo :gazoduc en Roumanie - source : site commission européenne)
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30 juin 2009
Le ratio 9
Citoyen contribuable, connaissez-vous la ligne la plus intéressante, en ce moment, dans le budget de votre commune ?
Regardez donc du côté du compte administratif. C'est le dernier acte budgétaire de l'exécutif de l'année passée, autrement dit ce qui a été effectivement réalisé en dépenses et en recettes, pour 2008. L'été, la saison du compte administratif, est riche de ses jolis ratios. Pas la peine de les calculer, c'est fait, c'est marqué dans le document, et c'est public, comme le veut la loi. Heureusement que la loi existe ! Bon, il faudrait aussi que les médias fassent leur boulot pour le rappeler de temps en temps. Mais, ça, c'est une autre histoire.
Or, donc, à la page des ratios, il y a notamment le ratio n°9. C'est celui qui présente la marge d'autofinancement d'une collectivité locale. Quand il est supérieur à 100 (c'est le cas de Nancy), cela veut dire qu'il n'y a plus de marge de manoeuvre financière. Et quand ça dure depuis quelques années (c'est le cas de Nancy), ça devient légèrement inquiétant. Zéro marge de manoeuvre = difficulté à investir dans des projets. Sauf si la commune renfloue ses caisses.
Pour cela, deux solutions : l'emprunt ou l'augmentation d'impôts. La ville peut choisir de faire les deux ensemble. Généralement, c'est ce qui se passe... A Nancy, la majorité UMP promet de ne pas augmenter les impôts. On verra. Petite précision : la commune peut décider de ne pas augmenter ses taux d'imposition locale tandis que l'impôt augmentera sous l'effet d'un autre ratio, voté par le parlement au moment de l'indexation de la loi de finance (en clair, si une commune veut stabiliser son imposition locale, il faut qu'elle baisse ses taux à proportion de l'indice voté par les parlementaires). Cette subtilité des finances publiques françaises permet aux élus locaux de se défausser sur l'Etat en disant "c'est pas nous" ! C'est un peu comme Bruxelles, dans ces cas-là... Bon, enfin, pour les prochains impôts de la commune, on verra dans quelques mois.
Revenons au présent municipal. La ville de Nancy accuse aussi un gros endettement : 112 Millions d'euros, si j'ai bien lu. Et si l'on entend ce que dit la majorité, le désendettement est sur la bonne pente. Ce qui veut dire qu'on n'a pas l'intention d'emprunter lourd dans l'avenir proche. Le conseil municipal de Nancy a voté le compte administratif, ce lundi 29 juin. C'est la moindre des choses, sinon la suite des budgets est impossible. L'opposition a - symboliquement - voté contre le compte administratif. Ce qui n'a pas de sens ! Elle aurait mieux fait de s'opposer à certains projets - qu'elle a votés - si elle ne voulait pas cautionner la dérive des finances locales. La politique politicienne estivale, en période de crise, ce n'est pas très raisonnable.
En résumé, la situation nancéienne paraît donc un peu délicate.
Cela dit, aujourd'hui, les grands projets de ville se décident et se financent surtout au niveau de la communauté urbaine (le futur éco-quartier autour de la gare par exemple). Et là, il y a un peu plus de marge. Ouf ! Et puis, à ce niveau-là, on peut embrouiller plus facilement le contribuable citoyen qui ne sait plus trop si c'est l'Etat, la commune ou l'agglomération qui justifie la baisse ou la hausse des impôts. Si vous ajoutez à tout ça, le département et la région (enjeu des prochaines élections), c'est le "grand bazar", comme dirait Cohn-Bendit...
Au fond, ce qui est rassurant, c'est qu'il y a toujours de l'argent à prendre dans la poche du citoyen pour envisager de renflouer les caisses qui financent les services publics. Avec un bon emprunt national là-dessus, on devrait être sauvé.
Re-Ouf !
(Cet édito n'a pas vocation à critiquer des majorités ou des oppositions en place mais simplement à pointer du doigt le fait qu'on est tous dans le même bâteau républicain avec les mêmes rames pour tout le monde)
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27 juin 2009
Les "Ni-Ni", les "Na !" et les autres
Le sénateur Jean Arthuis lance un nouveau parti. Un de plus. Ca s'appelle "Alliance centriste". Le congrès fondateur du mouvement vient de se tenir à Paris. L'ancien ministre de l'économie, qui n'a voulu rejoindre ni le Nouveau Centre (partenaire de l'UMP) ni le Modem (allié de personne) serait-il en train de vouloir refonder l'ancienne UDF ?
L'article premier des statuts de cette "Alliance" précise que le mouvement a vocation "à promouvoir l'unification des formations centristes". Ses valeurs sont "humanistes, sociales, libérales et européennes". Et Alliance Centriste met aussi en avant le "développement durable et l'économie sociale de marché".
C'est comme au Modem, en somme !
Le nouveau président de ce nouveau micro-parti (200 participants au Congrès fondateur) déclare : "la crise doit être un électrochoc pour rompre avec nos utopies, notre religion de l'hyper consommation". C'est marrant : on a déjà entendu ça, dès 2007, chez François Bayrou et Corinne Lepage. Et, depuis, bien d'autres affirment, peu ou prou, la même chose régulièrement.
Mais, la grande nouveauté c'est que grâce à Jean Arthuis - ô citoyen ! Toi qui recherche le grand frisson politique ! - tu vas pouvoir choisir un positionnement vraiment révolutionnaire : le Ni-Ni-Na !
Car l'Alliance centriste c'est une façon juste et saine d'exclure tout ce qui n'est pas centrisme doctement estampillé, tout en incluant tout ce qui pourrait l'être sans en avoir l'air, à condition que ceux qui pensent à gauche penchent à droite et vice-versa !
Oui, non, peut-être ? Vous ne comprenez rien ? Normal, la politique, c'est très compliquée, trop compliquée pour vous. Laissez tomber.
Le jour où l'on aura enfin relégué aux oubliettes les vieux schémas, on pourra parler rééllement d'alliances. Alliances autour de projets, élaborés par des citoyens conscients, organisés pour bâtir des possibilités de "vivre-ensemble", sans forcément suivre un chef. Pas des alliances autour de personnalités qui lancent des partis uniquement pour exister.
Bref, vivement la VIè République, parlementaire ! En attendant, Nicolas Sarkozy et ses amis peuvent continuer à s'amuser.
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23 juin 2009
La tactique du gouvernail
Le discours solennel du chef de l’Etat devant le Parlement,
réuni en Congrès à Versailles, navigue en plein consensus
Les eaux montent. Le fleuve de la crise grossit et Nicolas Sarkozy choisit de pagayer pour rester au milieu du courant. « Ayons le courage de changer », dit le chef de l’Etat. Mais il tempère le cap de la réforme. Pas question de remettre en cause la suppression des postes de fonctionnaires et la limitation des impôts. En revanche, tout licencié économique doit pouvoir bénéficier d’un an de salaire pour se former. Le dispositif du contrat de transition professionnelle (CTP) devrait donc être étendu selon la volonté présidentielle.
« Je ne ferais pas la politique de la rigueur », déclare le président de la République, qui souhaite un emprunt national pour financer les investissements. Le déficit est donc possible - et même bénéfique - à condition de favoriser la production et le travail. Le tout dans une perspective de développement durable. A Versailles, le chef de l’Etat qui voulait aller "chercher la croissance avec les dents" n’a pas montré les crocs. Le mot « croissance » est oublié. Discours « habile mais un peu vide » note le député PS du Doubs Pierre Moscovici.
Tout ça pour ça...
« Nous ne gaspillerons pas un euro d’argent public », dit Nicolas Sarkozy. La promesse vaut sans doute pour plus tard. Car le Congrès de Versailles a coûté plus de 400.000 euros. "Un petit plaisir un peu cher" pour notre "Roi Soleil", ironise le député PS de Meurthe-et-Moselle Hervé Féron. François Bayrou considère que le chef de l’Etat vient d'exprimer un catalogue de campagne présidentielle. La rupture revisitée...
On attend les prochaines mesures du gouvernement remanié. Et l’on espère un débat constructif. Dans une "démocratie apaisée", on s'écoute et on se respecte, et "personne ne détient seul la vérité", affirme Nicolas Sarkozy. Chiche ! Le gouvernail tranquille plutôt que le passage en force des rapides ? Avec un peu de chance, les parlementaires vont pouvoir enfin suivre le rythme des projets de loi futurs.
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21 mai 2009
Le choix et l'inconnu
Si vous êtes électeur en France, vous allez voter le 7 juin pour renouveler le parlement européen. Je vous souhaite d'y aller avec enthousiasme. Mais ce n'est pas évident. Petit tour d'horizon sur les enjeux de ce srutin à un seul tour.
Le parlement européen est l'institution démocratique la plus importante pour décider de notre avenir commun, en France et dans l'Union européenne. On peut avoir envie de sortir de l'Europe. C'est un choix ouvert en démocratie. Le nationalisme contre l'Europe, c'est ce que proposent certains candidats...
Mais si nous considérons que l'Union vaut mieux que le repli sur soi, et si nous mesurons les bienfaits de l'Europe et les possibilités qu'elle offre, alors posons-nous les bonnes questions.
1. Quel sera le futur fonctionnement de l'Union ?
C'est l'inconnue majeure, même après les élections du 7 juin. A l'heure qu'il est, le Traité de Lisbonne, qui permettrait de renforcer les pouvoirs des députés européens, n'est pas encore ratifié. Les Irlandais doivent voter de nouveau en octobre. Le président de la République tchèque attend ce résultat irlandais (!) pour ratifier le texte dans son pays. Et la justice constitutionnelle de l'Allemagne doit dire, dans quelques semaines, si le Traité est conforme aux lois fondamentales de la République fédérale allemande. La difficulté, c'est que ce Traité de Lisbonne doit recevoir l'unanimité des 27 Etats membres de l'Union pour être mis en oeuvre. Et si ce n'est pas le cas ? Il faudra des députés européens assez courageux et libres pour évoquer cette aberration, et tenter d'initier et d'accompagner quelque chose de neuf pour faire fonctionner l'Europe efficacement et démocratiquement, avec les peuples qui le souhaitent. C'est l'état d'esprit des candidats du Modem, car "une autre société est possible", même si ce n'est pas pour tout de suite (la démocratie, ça prend du temps).
2. Quel est le pouvoir des députés européens ?
Traité de Lisbonne ou pas, les eurodéputés n'auront toujours pas, après le 7 juin, l'initiative des lois européennes. Mais la plupart des lois élaborées au niveau de l'Union passent par eux. Avec le Traité de Lisbonne, presque plus rien ne se déciderait sans les parlementaires européens. Il faut aussi savoir que le parlement européen ne maîtrise pas ce qui relève de la politique nationale (social, organisation de la santé, éducation...). Méfions-nous des candidats du 7 juin qui disent qu'ils combattront à Strasbourg la politique de Sarkozy... Cela n'a rien à voir. Ca, c'est pour 2012 ! En revanche, les députés européens ont le pouvoir de refuser la Commission européenne. Les candidats du Modem veulent une commission capable de proposer des vrais projets d'intérêt général pour les citoyens européens. Petit rappel : la Commission Barroso, très libérale et qui a recentré la politique européenne sur la "cuisine" entre les dirigeants d'Etats, en laissant de côté le parlement européen, a été appuyée par les deux grandes formations politiques actuelles au parlement européen : le PPE (droite) et le PSE (gauche).
3. A quoi bon voter le 7 juin ?
Après le 7 juin, les eurodéputés français seront 72, sur un parlement de 736 sièges. On peut se dire que c'est peu. C'est vrai. Mais la façon de faire les lois en Europe permet à des députés courageux et travailleurs de faire basculer des majorités. Les partis classiques et les critères des Etats-Nations ont relativement peu de poids sur les grands projets votés par le parlement de l'Union européenne (on l'a vu pour le fameux "Paquet Telecom", ensemble de directives sur les télécommunication et l'internet). Conclusion : il vaut mieux voter pour des candidats qui connaissent le fonctionnement de l'Europe et qui proposent des engagements et des visions politiques réalisables, notamment pour faire face à la crise.
De l'info pédagogique ICI... et pour les électeurs de l'Est qui voudraient s'informer sur les choix des candidats du Mouvement Démocrate, rendez-vous le jeudi 4 mai à Shiltigheim (près de Strasbourg), Salle des fêtes, à 18h30. François Bayrou sera présent pour clore cette dernière grande réunion de campagne européenne.
Dans tous les cas, le 7 juin, allez voter !
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31 mars 2009
Un Modem de société
Débat d’idées et propositions pour l’avenir de l’Europe et de la France. Au Modem, pendant la crise, c’est l’enthousiasme qui domine. Nouvelles preuves, lors de la convention Modem du 29 mars. Rapide tour d’horizon.
« Nous sommes en train de changer de monde, c’est une question de choix politique ». La formule est lancée par Corinne Lepage. Devant les militants et sympathisants réunis à Paris, dimanche 29 mars, la vice-présidente du Mouvement Démocrate note que beaucoup de mesures du plan de relance actuel ont tendance à « nous faire rester dans l’ancien système ». Pour la démocrate écologiste, nous devons réfléchir à de nouveaux indicateurs économiques. Rien ne nous en empêche. C'est une question de choix politique. « Nous avons une comptabilité de flux et non pas de stocks », et c’est une erreur, explique notamment Corinne Lepage. Car cette façon de voir les choses économiques ne permet pas de valoriser le patrimoine dans ce qu’il a de qualitatif et de durable.
Le projet de société démocrate repose « la question de la finalité », souligne Jean-François Kahn. Le candidat tête de liste dans l’Est évoque « le terrorisme de la modernité », qui n’est pas le progrès. « Entre le choix du tout-Etat d’un côté ou du tout-marché de l’autre », il y a une autre voie. François Bayrou le répète chaque fois qu’il en a l’occasion : le Mouvement démocrate porte un projet de société qui met la personne au centre de l’économie. Ce projet s’appelle « l’humanisme », et ce n’est pas « un mot passe-partout, ni un mot gentil », explique le président du Modem. « C’est un mot dur car il faut être dur pour combattre ce système de l’argent et des inégalités croissantes ». Le système de pensée ultralibéral s’est effondré, souligne le député pyrénéen : « nous ne vivons pas une crise car le mot crise signifie parenthèse ».
Pour Jean-Baptiste De Foucauld, également présent lors des tables rondes du Modem, le 29 mars, il faut appréhender la complexité, bien mesurer « l’interdépendance des sujets ». L’inspecteur général des finances, ancien commissaire au Plan, croit à une société plus sobre et plus créative, fondée sur "un nouveau contrat social". Dans cette période sombre, il convient de réhabiliter le crédit, souligne Maria Novak, présidente du réseau européen de micro-fiance et présidente de l’ADIE (association qui soutient des projets d’entreprises personnelles). Son message est clair : « le crédit n’est pas seulement une dette, c’est aussi une richesse pour l’avenir ».
François Bayrou résume : « un autre monde est possible ». Et ce n’est pas celui des extrêmes.
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Parmi les premières propositions du Modem pour l’Europe : la suppression des paradis fiscaux, une Union renforcée avec les pays de la zone euro (noyau dur), le soutien aux PME, une directive-cadre sur les services d’intérêt général (idée avancée par Jean-Luc Benhamias notamment), et la promotion de l’agriculture verte. Le débat continue sur www.lesdemocrates.fr
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16 mars 2009
Interrogation
"En temps de crise, on a besoin de gens fortunés"
Ce propos est signé Jean-François Copé. Le porte-parole du gouvernement français réagit ainsi à l'idée, défendue par une partie de la droite et par l'opposition, de rompre avec le "bouclier fiscal" (plafonnement des impôts à 50%).
Lorsque la crise est à la fois financière, énergétique et écologique, qu'est-ce que la fortune ?
Le président du Sénat, Gérard Larcher, estime que le débat sur une éventuelle remise en cause du bouclier fiscal "doit être ouvert". Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, a préconisé d'"augmenter le taux de l'impôt sur le revenu pour les personnes qui gagnent plus de 300.000 ou 400.000 euros par an". Sa proposition a été rejetée par une petite majorité de la commission (15 voix contre 12).
L'application du bouclier fiscal Sarkozy correspond à une perte financière 458 millions d'euros pour l'Etat en 2008 (information révélée par Le Figaro et les Echos ce mardi 16 mars).
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02 mars 2009
L'Europe des citoyens contre le mépris
Pas facile d’être député européen sous la présidence d’un eurosceptique notoire.
Le discours prononcé devant le parlement européen (le 19 février) par Vaclav Klaus, le président tchèque, qui mène le Conseil européen jusqu’à fin juin, est « un réel affront pour les parlementaires » comme l’écrit la députée Modem Nathalie Griesbeck, sur son site internet. L'élue lorraine a d’ailleurs quitté l’assemblée, comme ses collègues.
En effet, il y a de quoi être en colère devant certains propos extrémistes et contradictoires. Le dirigeant ultra-libéral tchèque dénonce à la fois un "déficit démocratique" et refuse de signer le Traité de Lisbonne. Le texte prévoit pourtant le renforcement du rôle du Parlement. Vaclav Klaus compare aussi l’Union à une entreprise totalitaire. Et il accuse l'intégration européenne d'accélérer la crise économique et financière… *
La vérité, c'est que sans l'Europe (même imparfaite) et sans monnaie unique (même si les prix ont parfois grimpé), les pays européens seraient encore plus frappés par la crise. Si chacun dans son coin devait encore gérer sa monnaie nationale dans un marché ouvert à tous vents, ce serait le règne de l'ultra-concurrence, à coup de dévaluations successives, catastrophiques pour les politiques sociales.
Ok, l’Europe n’est pas parfaite. Oui, elle manque de coordination réelle. Mais on ne peut pas l’accuser, sincèrement, de favoriser la crise actuelle. L’arrogance d’un président anti-européen n'arrêtera pas l’espoir. En juin prochain, les citoyens auront l’occasion d'exprimer le projet commun qu'ils souhaitent.
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