eurocitoyen

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/01/2013

Synthèse du café citoyen de Nancy 18 janvier 2013 : « le projet de mariage homosexuel »

Ce compte-rendu ne présente pas la teneur complète des débats et des expressions. Il s’efforce de rendre la cohérence des arguments échangés. Vos commentaires sont les bienvenus. Le débat peut se poursuivre sur ce blog et sur le site internet de la Nouvelle Arcadie.

A quelques jours de l’ouverture du débat parlementaire sur le projet de mariage homosexuel, une quinzaine de personnes sont réunies sur ce sujet « clivant », selon l’expression largement partagée par les participants.

Un résumé de l’actualité introduit la discussion : le projet du gouvernement, discuté en commission parlementaire, prévoit d’autoriser deux personnes du même sexe à se marier. En l’état actuel des débats, la PMA (procréation médicale assistée) ne fait pas partie du projet de loi. Une partie des parlementaires de droite demande un référendum sur le sujet.

Un premier tour de table aborde les positions personnelles. Françoise, Marie-Thérèse, Arnaud et Jacques se disent défavorables au « mariage pour tous ». Les premières considèrent que le PACS suffit. Arnaud y voit surtout un problème juridique car, selon lui, «le mariage est l’héritage du code civil qui reconnaît l’union d’un homme et d’une femme ». Jacques s’interroge sur la place et l’équilibre des enfants. Colette exprime la même réticence même si elle se dit « ni pour ni contre le mariage homosexuel ».

David évoque le « niveau exécrable » de certains débats médiatiques et pense que c’est un sujet « d’atomisation de la société ». « Les situations existent », rappelle Jean-Pierre, soulignant qu’il y a « des enfants très heureux avec des homosexuels et des très malheureux avec des couples homme-femme ». Selon lui, le débat parlementaire doit permettre de « travailler sur une union laïque » qui aborde aussi la question de la procréation.

Godefroy, très favorable au mariage homosexuel, répond à certains propos sur l’aspect « naturel » de la famille classique : « élever un enfant est un choix de société, ce n’est pas la nature ». Danièle adhère à cette idée en citant un proverbe africain : « pour élever un enfant, il faut tout un village ». Danièle déplore que le débat ait lieu dans la rue et juge « dommage », voire « irresponsable », la demande de referendum formulée par des députés UMP. Godefroy précise que, sur ce type de sujets, la Constitution ne permet pas de referendum. Plusieurs participants considèrent le recours au vote populaire comme un piège.

« J’ai beaucoup d’amis homo », dit Christophe, estimant nécessaire de ne pas « mélanger les sujets » et de « bien établir les droits », notamment en matière de filiation. « J’irais beaucoup plus loin sur le PACS ».

Francis, volontiers provocateur, se déclare « totalement pour » le mariage homosexuel « parce que je m’en fous ! ». Francis rejoint l’avis de Jean-Pierre : « les situations existent et le droit ne suit pas ». Mais, au fond, estime Francis, ce sujet est une « diversion médiatique ».

Si le projet de mariage homosexuel est adopté, Jacques se demande ce que l’on pourra répondre, dans l’avenir, à un enfant de douze ans qui demanderait à ses parents homosexuels qui sont ses géniteurs. « On lui répondra ! », répond Didier. Godefroy explique que la filiation biologique est moins importante que le lien éducatif : « j’ai une petite cousine dont le père est partie à la naissance. Pour elle, son papa c’est celui qui l’éduque. Elle le sait. ». Godefroy souligne que la loi sur la PMA établit déjà ce fait : « si un tiers donne son sperme, cette personne n’a aucun droit ». Pour Arnaud, la PMA, c’est « l’horreur ».

Des voix s’élèvent contre le mot « mariage ». Serait-il un frein psychologique à la reconnaissance d’un nouveau droit ? Francis trouve une réponse qui amuse l’assemblée : « appelons ce projet ‘loi pour l’union en couple pour tous’ ! »

Didier pense qu’il faut « sortir des croyances pour aller vers le droit ». Danièle rebondit : « étrangement, en France, on peut encore se marier entre cousins. Par ailleurs, la loi interdit aux couples homosexuels vieillissants de partager une chambre dans une maison de retraite ».

Jusqu'au bout, le débat est resté respectueux des convictions de chacun.

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog | Lien permanent | Tags : mariage homosexuel, débat, députés, café citoyen | |  Facebook | | |

03/06/2012

Législatives : le vote organise et finance les partis politiques

Les élections législatives françaises ouvrent la voie à la ressource la plus importante des partis politiques : le financement public. Les impôts des Français abondent cette aide de l'Etat dont le montant global s'élève à près de 75 millions d'euros par an.

Cette ressource, établie annuellement pour la durée du mandat des députés (5 ans), est répartie entre une cinquantaine de groupements politiques inscrits officiellement à la Commission nationale des comptes de campagne.
 
Cette aide publique destinée aux partis politiques comporte deux étages de déclenchement : le nombre de voix recueillies aux élections législatives et le nombre de députés membres d'un parti. Ces deux étages forment ce que la loi nomme première et seconde fractions de l'aide au financement public des groupes politiques.

Au titre de la première fraction, une voix rapporte 1,63 € par an au parti que le candidat représente. Il arrive aussi que le candidat soit inscrit "sans étiquette". Dans ce cas, aucun groupe politique ne bénéficie des suffrages portés sur ce candidat.

Au titre de la seconde fraction de l'aide publique, un parti "gagne" une aide financière supplémentaire relative à la quantité de ses représentants élus à l'assemblée nationale. C'est ainsi que les deux grandes formations de France (PS et UMP) captent l'immense majorité de l'aide publique.

Autres ressources des partis politiques : les cotisations des personnes physiques, plafonnées à 7500 € par an. Une personne peut verser de l'argent à plusieurs partis.

Les groupes politiques peuvent aussi réaliser des opérations immobilières, des opérations de valorisation de leur épargne, etc... dans les conditions prévues par la loi.

Enfin, une subtilité de la loi sur le financement de la vie politique permet à tous les mouvements et groupes politiques de se verser de l'argent entre eux ! C'est la seule forme de financement par personne morale que la loi autorise. Mais cette originalité offre la possibilité aux "gros" partis de négocier certains accords de positionnement et de financement avec les "petits".

Le phénomène des "micro-partis" n'est pas étranger à cet aspect juridique, introduisant une forme d'effet pervers, permettant de contourner la limitation des ressources financières politiques. En effet, on peut imaginer que, sur une même circonscription, trois candidats différents aux yeux des électeurs représentent, en réalité, une seule source de financement pour un camp politique.

Votre voix financera certainement un ou des partis les 10 et 17 juin prochains.

Pour aller plus loin :

 

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog, Edito | Lien permanent | Tags : législatives, juin, partis, financement, cnccfp, députés, circonscription | |  Facebook | | |