eurocitoyen

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/12/2013

Européennes : l'enjeu fédéral

Certains commentaires sur le précédent billet de ce blog m'invitent à préciser certaines choses. Quand j'écris que nous avons besoin, selon moi, de députés européens qui "aiment l'Europe plus qu'ils ne la critiquent", je ne veux pas dire qu'il convient d'aimer l'Union européenne telle qu'elle est.

L'enjeu est important : le parlement européen aura plus de poids à partir de 2014. Et c'est la clé du changement.

Le peuple européen, transnational, est à la recherche d'une cohésion sociale depuis plusieurs décennies déjà. La construction européenne a fondé initialement la paix dans un objectif de développement commun. La réunification des "deux Europe", après la chute du Mur de Berlin (1989), a accéléré les conditions de l'ouverture du marché européen. La libre circulation et la paix ont progressé de concert.

Les Institutions actuelles de l'Union sont largement critiquables. Mais on ne peut pas dire en permanence : "c'est la faute à Bruxelles". Car "Bruxelles" n'est pas responsable de la crise financière mondiale, pas plus que des dettes des Etats membres de l'Union européenne. "Bruxelles" n'est pas non plus responsable du manque de soutien aux PME - créatrices d'emplois partout - dans certains pays de l'Union. Et puis, Bruxelles - si j'ose une digression - c'est avant tout une ville agréable.

L'Europe repose sur deux grands acteurs : les dirigeants d'Etat-Nation et des Institutions largement fédérales. Le parlement européen est un organe fédéral de l'Union. Ce facteur fédéral va augmenter.

Les élus du peuple européen auront un rôle plus important dès 2014. Les candidats aux élections européennes qui, aujourd'hui, disent "c'est la faute à Bruxelles", devront, demain se regarder dans la glace et rendre des comptes.

Nadine Morano, Edouard Martin et les autres doivent abandonner leur posture qui consiste à protester, souvent à contre-sens, plutôt qu'à proposer pour le sens commun. C'est en cela qu'ils doivent aimer l'Europe pour pouvoir la changer.

L'avenir de l'Europe dépend du parlement européen.

Les fédéralistes européens entendent porter le débat sur la manière de "repenser" l'Union, de fond en comble. Le fédéralisme budgétaire, qui avance pour l'instant dans le cadre des arrangements d'appareils d'Etat-nation, impose une intégration politique plus forte que jamais.

Les nationalistes de tous bords ont du mal à entendre qu'un fragile pouvoir de gouverneur régional - celui d'Angela Merkel ou de François Hollande - est dépassé pour répondre à cet enjeu-là. Et c'est un enjeu populaire.

Un Etat Fédéral européen, sur des bases régaliennes nouvelles, doit émerger du débat démocratique. Un déplacement sensible de la notion de souveraineté est au coeur de ce débat. Au moment où les citoyens protestent contre les stratégies financières de certaines entreprises multinationales, c'est bien la clé des politiques nouvelles.

Les candidats aux élections européennes doivent répondre à cet enjeu-là.

> A lire aussi :

http://www.taurillon.org/la-constitution-des-listes-pour-...

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog, Web | Lien permanent | Tags : europe, élections, députés européens, fédéralisme, nationalisme, edouard martin, nadine morano | |  Facebook | | |

19/12/2013

Martin, Morano : bientôt au parlement européen… Et après ?

L’Europe aura-t-elle de bons députés français l’an prochain ? C’est à peu près la seule question utile en 2014. Année charnière pour les Institutions européennes et nouvelle mandature clé pour l’avenir du fédéralisme budgétaire dans la zone euro.

Edouard Martin, ancien chef de file de la CFDT de l’usine ArcelorMittal de Florange (Moselle), est recyclé en tête de liste du PS aux Européennes dans le Grand Est. Nadine Morano, ex-ministre sarkoziste, conseillère municipale de Toul (Meurthe-et-Moselle), est relancée vers un mandat prestigieux grâce à l’UMP dans cette même circonscription européenne.

Critiquer les personnes ne fait guère avancer l’intérêt général. On peut toujours condamner les stratégies des partis politiques lancés dans la campagne des élections européennes de mai prochain. Mais à quoi bon ?

Les « grands partis » ont fait leur choix. Les dirigeants du PS ne sont pas rancuniers, après avoir été taxés de tous les noms par leur nouveau chouchou. L’UMP pense faire une affaire en éloignant Nadine Morano du champ national.

Tant pis pour les députés sortants qui ont travaillé. Catherine Trautmann (PS), qui sera n°2 sur la liste européenne du PS dans le Grand-Est, et Arnaud Danjean (UMP) sont clairement désavoués, et contraints d’avaler la pilule avec la grimace.

Triste paradoxe : le terrain politique français regorge du cumulards à répétition, dans la durée et dans les mandats. A l’inverse, au niveau européen, les parlementaires sortants sont régulièrement sur un siège éjectable. Quelle est la cohérence ?

Pour l’Europe, la désignation de personnalités médiatiques – qui font le buzz, comme on dit maintenant – a au moins le mérite de faire parler de l’Europe. En bien ? En mal ? A chacun son opinion.

Le citoyen électeur ne doit pas oublier que le parlement européen n’est pas l’assemblée nationale.

Les groupes politiques partisans sont souvent dépassés dans l'exercice du travail parlementaire. Les nationalités croisées sont une richesse pour bien travailler. Les députés européens débattent de dossiers très techniques qui engagent les politiques européennes et les convergences entre Etats sur du long terme. Pour toutes ces raisons, les nationalistes et les élus extrémistes ne portent aucun projet au parlement européen : l’Europe ne les intéresse pas.

D’où qu’ils viennent, quel que soit leur nom, espérons que les élus français de mai prochain apprendront à aimer et animer l’Europe plus qu’à la critiquer. Espérons que les électeurs sauront donner cette chance à l’Union.

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités, Blog, Edito | Lien permanent | Tags : europe, edouard martin, nadine morano, européennes, mai 2014, florange | |  Facebook | | |