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22/10/2012

Le temps du fédéralisme est venu

L’université du Mouvement Démocrate de Lorraine a réuni, ce dimanche 21 octobre, à Nancy, environ 150 personnes sur la journée ; militants, sympathisants et curieux. Thèmes de travail : l’énergie, le développement durable, la démocratie locale et l’Europe.

J’ai répondu à l’invitation d'amis centristes et fédéralistes pour évoquer la place du citoyen dans la « gouvernance européenne », avec la députée européenne Nathalie Griesbeck, le porte-parole du Mouvement Démocrate, Yann Wehrling, et le jeune président de l’association Youth Diplomacy, Thomas Friang.

Enthousiasme partagé pour un avenir fédéral européen.

Paradoxalement, la crise remet en lumière cet élan politique initié par les Pères de l’Europe moderne. Le débat sur l’Europe politique n’a jamais été aussi vif. C’est un "défi pédagogique" pour les fédéralistes, comme le remarque, fort justement, Thomas Friang.

Yann Wehrling fustige « la frilosité » des responsables politiques de gauche et de droite qui ont peur du mot et de la chose. Pourquoi pas le fédéralisme ? Nathalie Griesbeck se désole d’entendre les vieilles rengaines de certains pro-européens continuer d’en appeler, selon un terme de Jacques Delors, à « la fédération des Etats Nations ». François Hollande ne change pas de rail. Les chefs de l’UMP encore moins. L’élue centriste lorraine, Nathalie Griesbeck, peste : « la fédération d’Etats-Nations, c’est ce qu’on a aujourd’hui, et cela ne fonctionne plus.»

Il n’y a pas de joie plus urgente que d’exprimer un élan moderne pour la sortie de l’Etat-Nation. Sortie « par le haut », si l'on peut exprimer ainsi l’enthousiasme fédéraliste. Car le fédéralisme, c’est plus de souveraineté et plus de démocratie pour les peuples d’Europe. A condition de ne pas leur mentir.

Cette joie partagée, ce dimanche, à Nancy, rappelle un épisode précédent.

En 2007, le Parti Fédéraliste faisait entendre sa petite voix dans la campagne présidentielle en présentant alors son candidat, Christian Chavrier. Le slogan disait : « ni à gauche, ni à droite, devant ! »

L’idée-force, inscrite au cœur du projet fédéraliste, avait rencontré l’adhésion de plusieurs mouvements citoyens : l’Etat-Nation dépassé pour résoudre les problèmes de notre temps réunissait de nouvelles perspectives. Avec humour, certains répétaient ce mot attribué à Albert Einstein : « ce n’est pas avec ceux qui ont créé les problèmes qu’on peut régler ces problèmes ».

En 2007, après des discussions parfois difficiles, les fédéralistes avaient choisi d’appuyer la candidature de François Bayrou. Quelques-uns avaient considéré utile d’apporter une pierre à un édifice de la rénovation démocratique, dont la création du MODEM était un aspect national.

Cinq ans après, François Bayrou n'a peut-être pas suffisamment parlé de l’Europe. C’est peut-être un élément stratégique de l’échec centriste en 2012, tandis qu’à la même période, Jean-Luc Mélenchon engrangeait les ressentiments européens par défaut, avec la mauvaise foi d’un élu qui ne travaille pas : l’eurodéputé Jean-Luc Mélenchon ne produit presque rien ! Il est désolant d'apprendre que des fédéralistes amis aient pu voter pour ce représentant d’une gauche extrême dont le jeu consiste à exciter la foule.

Revenons au fédéralisme des centristes. C’est une idée claire pour un monde complexe dans lequel le « changement, c’est tout le temps », comme l’a exprimé récemment Jacques Chérèque, sur l’antenne de France Bleu Lorraine.

Les fédéralistes estiment dépassé le régime politique de l’Etat Nation, car il s'avère incapable de résoudre les problèmes économiques et sociaux de notre temps. Avec les fédéralistes, faisons le pari que les citoyens - européens et donc français – ont une envie d’Europe plus forte et plus sincère que leurs dirigeants.

Il ne s’agit pas seulement de proposer une « gouvernance » nouvelle, mais un véritable Etat européen aux attributions précises, porteur d’intérêt général, pour la France et ses régions, comme pour celles des voisins.

En Lorraine, on peut être surpris - agréablement - d’entendre, ces derniers jours, des salariés d’entreprises menacées de fermeture, manifestant sous la bannière de la CGT, faire appel à cette idée : « la solution contre la crise et les délocalisations, c’est plus d’Europe », disent-ils. Jean-Luc Mélenchon peut bien continuer à faire la sourde oreille. Pas les centristes fédéralistes.

Le temps du fédéralisme est venu. Les élections européennes de 2014 s’annoncent comme le moment de vérité devant le peuple. Une manière de référendum pour l’Europe fédérale.

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog, Edito | Lien permanent | Tags : modem, lorraine, griesbeck, wehrling, friang, fédéralisme, centre, bayrou, mélenchon, europe, citoyens, européennes 2014 | |  Facebook | | |