eurocitoyen

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/08/2013

L’Europe face au regain de la haine

Quand un enfant lance avec rage « je suis le meilleur », cela rappelle les parents à leur devoir d’éducation. Les petits monstres ont besoin de limites. 

L’Europe semble nourrir ses propres monstres. La Hongrie a laissé prospéré, dans le sillage d’un gouvernement nationaliste et conservateur aux tendances autoritaires, l’une des formations politiques les plus rageuses existant dans l’Union européenne. Ce parti s’est baptisé « les meilleurs ».
 
Le Jobbik hongrois, né dans les milieux étudiants conservateurs, transformé officiellement en parti politique en 2003, mélange des ingrédients explosifs et paradoxaux.
 
Rejet de l’ancien système communiste, haine du capitalisme, refus de l’Europe parlementaire, chasse aux Roms et antisémitisme composent l’idéologie du Jobbik qui cultive aussi le fantasme d’un passé patriotique glorieux.
 
L’ancrage politique de ce parti néo-fasciste a commencé aux élections européennes de 2009. En Hongrie, Jobbik compte 47 députés au parlement de Budapest (17% des suffrages) et contrôle 4 municipalités. Le maire le plus récemment élu, en 2011, met en œuvre une politique locale d’une terrible clarté : les chômeurs Roms, et eux seuls, sont mis au travail d’intérêt général en contrepartie d'une rémunération inférieure au revenu minimum. S’ils refusent, toutes les allocations sont supprimées.
 
Ce 10 août 2013, le mouvement Jobbik a organisé, en Roumanie, une rencontre dans la région de Transylvanie. Chez ce voisin à forte minorité hongroise, le chef du parti extrémiste hongrois, Gabor Vona, a excité quelques centaines de jeunes radicaux Roumains d'origine hongroise : « si la défense des droits des Hongrois qui vivent en Roumanie mène à un conflit avec la Roumanie, le Jobbik assumera cette responsabilité. La Hongrie entière devrait le faire. »
 
La crise économique et l’apprentissage difficile de la démocratie n’expliquent pas entièrement ce discours de la haine et de la guerre. Il y a aussi l’Histoire. Car le fond idéologique du Jobbik rappelle les vieux démons européens. Jobbik rêve d’une refondation de l’Empire Austro-Hongrois démantelé après la première guerre mondiale. Le parti entretient des milices locales, certains de ses proches ont été condamnés pour crimes racistes. 
 
L’Europe ne peut pas se contenter d’espérer une sortie de crise pour contrecarrer ce type de discours. « L’espoir n’est que la méfiance de l’être à l’égard des prévisions précises de son esprit », écrivait Paul Valéry en 1919.
 

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Edito | Lien permanent | Tags : hongrie, roumanie, jobbik, europe, extrémisme | |  Facebook | | |