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09/10/2009

Allemagne : le centre relance le débat sur le revenu citoyen

Les libéraux démocrates allemands mettent le revenu universel à l’ordre du jour, dans le cadre des négociations pour la formation du nouveau gouvernement fédéral, après les élections législatives chez nos voisins. Le FDP, nouvel allié centriste de la CDU - fort de ces quelque 15% lors du dernier scrutin fédéral (voir précédent billet sur ce blog) - met le thème du Revenu Citoyen au premier plan. Et le sujet est abordé par la plupart des grandes obédiences en Allemagne.

 

Le FDP préconise un revenu citoyen qui remplacerait les allocations chômage, les aides au logements et les allocations familiales. Les partisans du Revenu Citoyen prônent une réforme radicale du système social allemand. Objectif double : simplifier les dépenses de l’Etat et motiver les chômeurs.


L’idée d’un revenu pour tous était déjà avancée, dans les années 60, par l’économiste Milton Friedman, inventeur de l’impôt négatif. Avec ce système, chaque foyer fiscal reçoit un crédit d’impôt. Si ce revenu est dépassé, le surplus doit être réglé par l’impôt. Si, en revanche, le revenu du foyer se trouve en deçà du crédit d’impôt, l’Etat compense la différence par une allocation.

Les experts allemands du FDP défendent un modèle qui se rapproche de celui proposé par l’économiste Joachim Mitschke. Selon lui, l’allocation est liée à la situation de celui qui la reçoit. Dans cette optique, le revenu citoyen n’est donc pas inconditionnel, contrairement à ce que proposent mes amis de l’AIRE, en France.

 

En Allemagne, Götz Werner, fondateur de la chaîne de magasins DM, suggère de verser 1500 euros à tous les citoyens du pays, quelle que soit leur situation sociale et leur activité. L’idée d’une allocation de ce type a déjà été proposée, dès 2007, par le Président du Land de Thuringe. Dieter Althaus préconise 600 euros pour un adulte et 300 euros pour un enfant, auxquels s’ajoutent 200 euros pour les dépenses médicales. Dieter Althaus propose d’imposer les revenus au-delà de 19200 €. Le foyer fiscal qui dépasse ce seuil paie une « flat tax » de 25%. Celui qui reste en deçà de ce revenu imposable reçoit le revenu citoyen, selon le principe de l’impôt négatif. Dans son modèle, les revenus supplémentaires sont imposés à 50%.

La plupart des partisans du revenu citoyen envisagent une réforme du système fiscal. Le FDP prévoit un montant de 662 euros, qui correspond à la moyenne des aides sociales actuelles chez nos voisins outre-rhin. Si le FDP relance le débat sur ce revenu citoyen, les grands partis allemands ont tous réfléchi à la question. Les Verts (Die Grünen) ont notamment inscrit, dans leur programme, le principe d’une allocation inconditionnelle qui serait versée aux enfants. Le Président Fédéral lui-même, Horst Köhler, pousse la discussion sur ce revenu citoyen.

Le président de l’Institut d’économie mondiale de Hamburg (HHWI), Thomas Strubhaar, soutient la proposition du président du Land de Thuringe, pour un « revenu citoyen solidaire ».

 

Une commission économique allemande a estimé que le projet proposé par Dieter Althaus engendrerait, pour l’Etat fédéral, un coût supplémentaire d’environ 227 Milliards d’euros. Le modèle défendu par le FDP coûterait moins cher, mais il n’est pas indolore pour les finances publiques. Force est de constater qu’en Allemagne, la crise offre l’occasion d’un débat renouvelé sur la redistribution des richesses et la place de l’Homme dans la société.

Écrit par Eurocitoyen | Lien permanent | Tags : revenu citoyen, allemagne, centre, fdp, crise, économie | |  Facebook | | |

29/09/2009

La percée libérale allemande conforte la CDU

L'option libérale est peut-être séduisante, même en période de crise, mais si les électeurs allemands viennent de saisir l'occasion de l'exprimer, ce n'est pas pour autant un chèque en blanc à une politique économique plus débridée.

Avec 14,6 %, en moyenne, aux élections fédérales, les candidats libéraux-démocrates du FDP obtiennent certes leur meilleur score historique, et décrochent le gain du moment le plus spectaculaire sur l'échiquier politique allemand (+5% par rapport aux scrutins précédents), tandis que les deux grands partis classiques (CDU et SPD) perdent de l'audience.

La CDU d'Angela Merkel fait son plus mauvais score historique (33,7%). Le camp conservateur peut cependant "triompher" car la chancelière et ses amis conservent le rôle moteur de former le prochain gouvernement fédéral. Et surtout, Angela Merkel, remise en selle, met fin à la fameuse "grande coalition" qu'elle avait dû former avec les sociaux-démocrates du SPD, au lendemain du précédent scrutin. C'était son objectif premier.

L'Allemagne est ainsi faite qu'on y verra les élus et les partis composer - "cohabiter", comme on dit en France. Le compromis à venir s'annonce intéressant à observer. La campagne des conservateurs allemands s'est notamment jouée sur le retour au nucléaire pour assurer l'indépendance énergétique du pays, et sur la promesse de baisser les impôts.

Compromis subtils

Ce qu'Angela Merkel a repris à son compte, sur sa gauche, ces dernières années, lui a sans doute fait perdre une partie de l'électorat classique de son parti. Cet électorat a probablement glissé vers le FDP. Les Libéraux veulent assouplir les règles de licenciement, diminuer sensiblement les impôts, et supprimer le Fonds fédéral de santé, récemment mis en place. Angela Merkel a déjà prévenu qu'elle n'était pas prête à tout.

La lutte contre les déficits publics semblent être la base de travail de la nouvelle coalition de centre-droit CDU-FDP. Pour le reste, on verra. Face à la crise, la promesse conservatrice de réduire les taxes est maintenue, mais sans calendrier précis.

Le système allemand impose un contrat de projet à l'issue des élections législatives. Le régime de nos voisins repose aussi sur le poids des élus des Länder, qui orientent en partie la politique économique et sociale. Le président CDU du Bade-Würtemberg, Günther Öttinger, explique que le "FDP sera, dans la nouvelle coalition, un partenaire plus petit que ne l'a été le SDP. Donc, il y aura plus de CDU".

A gauche, Die Linke (néo-communiste), et ses quelque 12% au niveau fédéral, invite les sociaux-démocrates à conclure des alliances dans les Länder, afin de faire contre-poids dans les Etats fédérés. La maladie social-démocrate semble se confirmer. Le SPD se fait taquiner par Die Linke (néo-communiste) mais les deux formations ont beaucoup de divergences. Quant aux Grünen, les Verts allemands, ils stagnent.

Les conservateurs de la CDU se sont engagés à signer, d'ici à un mois, une plateforme de coalition avec leurs nouveaux alliés libéraux, y compris sur la question ardue des impôts. La chancelière Angela Merkel veut installer son nouveau gouvernement le 9 novembre, date anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Tout un symbole.

Écrit par Eurocitoyen dans Actualités | Lien permanent | Tags : allemagne, libéraux, fdp, cdu, merkel, compromis, élections | |  Facebook | | |